29 septembre 2004

Sélection Noël 2004


Nabil
Gabrielle Vincent
Pas comme les autres, Rue du monde - 26 €
Dans la vie de libraire, il y a quelques livres comme cela. Quelques petits bijoux que l’on a tout le temps près de soi, pour les conseiller, mais aussi pour se rassurer. Ces livres référence que l’on aime savoir dans nos étagères. Souvent, ce ne sont pas les livres les plus faciles, souvent, ils demandent une attention particulière, un moment d’intimité pour pouvoir tirer toute leur saveur, pour qu’ils se laissent apprivoiser aussi. Mais ils sont là, toujours et c’est sans doute pour eux que l’on continue notre travail de défrichage et de découverte… Nabil, incontestablement, est l’un d’entre eux. On le ressent dès qu’on l’ouvre. Un choc. Une émotion. Quelque chose qui nous émeut instantanément.
Gabrielle Vincent, la créatrice d’Ernest et Célestine, est disparue en 2000. Mais ce livre magnifique n’avait jamais vu le jour en France, ni en Belgique, sa terre natale.Il était publié au Japon, pays où elle est considérée avec raison comme l’une des auteures-llustratices les plus importantes. C’est donc seulement des années après sa parution que ce livre arrive chez nous. Enfin ! pourrait-on dire, on peut découvrir comment par de simples coups de crayons noir et blanc, elle parvient à cerner et retranscrire parfaitement les émotions de Nabil, un jeune enfant égyptien qui ne rêve que d’une chose : voir et toucher de ses doigts les pyramides dont son maître lui parle avec passion.

 


Tout le monde lui dit que ce n’est pas possible, que c’est trop loin mais le jeune garçon va insister et s’enfuir pour accomplir son rêve. Tour à tour, son visage exprime l’envie, le découragement, la bouderie, la fierté et enfin l’immense bonheur de voir son rêve se réaliser. Toute la magie de cet album tient dans ces expressions d’enfant. Gabrielle Vincent parvient parfaitement à intercepter ses moments éphémères où l’expression se forme sur le visage d’un enfant… Tout son talent explose dans cet œuvre remarquable de sa sobriété et de puissance. Le tout est remarquablement restitué dans un objet luxueux et magnifique. On retrouve ici toute la sensibilité des japonais et leur amour des choses bien faites. Grâce à cela, ils ont servi du mieux qu’ils pouvaient l’une des dernières œuvres de Gabrielle Vincent. Merci aux éditions Rue du monde de nous permettre d'en profiter nous aussi.
M’Lire


Le chemin bleu
Anne Brouillard
Seuil jeunesse - 13 €
Je ne sais plus ce qu’on appelle un « album jeunesse ». Le chemin bleu est destiné à toute personne humaine, enfant ou adulte qui y trouvera une paix tranquille et sereine, un écho profond à ses questions les plus intimes et une proposition d’harmonie. Il y a les images, offertes, données, DONNER A VOIR et il y a les mots, on ne peut pas les séparer, et voilà un livre où s’installe la vie, simple et évidente, comme « notre » vie à nous, parfois.
Chaque élément est à sa place, entre rêve et réalité, même le paquebot entrevu entre les arbres n’est pas étranger, tout est rassurant, apaisant : l’arbre n’a pas bougé, le cheval blanc, immuable, attend le bon moment pour nous emmener « voir l’autre côté de la forêt » , l’école redevient maison, le passé et le présent se réconcilient, rien ne chavire, tout est à portée de main, même le ballon rouge incontrôlable, porteur de désirs et d’escapades, même le globe terrestre, ramené aux dimensions de la maison.
Pourquoi avons-nous oublié que notre vie est faite d’instants comme ceux là, qu’il est peut être facile d’en éloigner les angoisses et les contraintes superflues, qu’il suffirait juste de regarder autrement et de laisser entrer la lumière jaune des matins d’hiver, en considérant toute l’importance d’une balle écarlate, d’un cheval patient et d’un arbre noir, gardien de notre enfance… Il y a là une posture face aux évènements, une façon d’être et de ressentir très profondément l’alliance de l’humain avec la nature, éléments indissociables, complémentaires, comme dans tous les albums d’Anne Brouillard. Comme aussi dans certaines œuvres de peintres et de poètes chinois où l’épure et la recherche de la simplicité nous amène à considérer enfin l’essence même des êtres et des choses. Et à rester à notre place dans ce monde.
Martine Bourre, pour l’Oiseau Lire



Dans la forêt profonde
Anthony Browne
Kaléidoscope – 12,50 €
Superbe. Le dernier album d’Anthony Browne est tout simplement superbe. Il laisse sans voix. L'auteur a entrepris de fabriquer un conte avec d’autres, semer le doute, l’inquiétude, dans le texte, l’image… Le premier personnage rencontré, on le connaît, on l’a déjà vu quelque part, mais où ? Il y a tant de choses à découvrir dans cet album, tant de lectures différentes à en faire. Anthony Browne crée des images très fortes, avec une utilisation parfaite des contrastes entre le noir et blanc et la couleur. Le personnage en couleur traverse des paysages noirs et blancs, comme si cela représentait son imagination, ou l’histoire des contes, la mémoire… Et ce manteau rouge vif lorsque tout est noir. Et, cachés dans l’image, une citrouille, un escarpin en vair, une clé, un chat, un rouet… Dans la forêt des contes. Dans la forêt de l’imaginaire. Du patrimoine. Tout cela dans un univers bien réel, avec une histoire à tiroirs, à sous-entendus. Une histoire à inventer ensemble. Chacun sa version, et peu importe. Un très grand album.
L’ Eau Vive



Il faudra
Thierry Lenain, Olivier Tallec
Sarbacane – 14,90 €
L'enfant de cette histoire, on ne le comprend qu'à la fin, est sur le point de naître. La réserve blanche dans laquelle il apparaît dans chaque image, superbement colorée de rouge et de jaune chaleureux, en est l'indice. Donc cet enfant à venir constate ce qui ne va pas dans le monde tel qu'il ne va pas... Et imagine ce qu'il faudra faire. « Faudra », pas « faudrait » ... La liste est longue, vous vous en doutez, mais ce futur petit d'homme, courageux, décide de naître quand même. Jo Hoestlandt, dans Le Petit mouchoir de ciel bleu , listait poétiquement toutes les misères du monde, celles contre lesquelles on ne peut rien mais Thierry Lenain, animé d'une démarche bien différente, décide ici de faire confiance aux hommes et fait le pari qu'on peut changer le monde. On a envie de le croire.
L’ Autre Rive



Les jours bêtes
Delphine Perret
L’atelier du poisson soluble - 5 €
Un petit livre destiné aux plus petits comme aux plus grands, à feuilleter au moment où les choses ne se passent comme on le souhaiterait, pour se rappeler que demain ira mieux. Un dessin en noir et blanc représentant un animal, une bête, met en valeur une expression que l’on a tous l’habitude d’utiliser. Du coup les mots jouent avec les images, ce qui fait que l’on retrouve rapidement le sourire. Chaque page est drôle et l’on en ressent immédiatement tout le sens. C’est tellement réconfortant.
La Luciole




Histoire courte d’une goutte
Béatrice Alemagna
Autrement jeunesse - 20 €
Quelle vie peuvent avoir les gouttes d’eau ? Sortie d’un robinet un beau matin, l'une d'elle est très vite emportée par une cascade d’eau et se retrouve dans la tuyauterie de l’immeuble. Après une longue traversée, où elle rencontre mille et une merveilles, elle atterrit dehors, sur un trottoir. La fin n’est pas difficile à imaginer.…Une vie certes pas très palpitante, mais qui mériterait peut-être, comme bien d’autres choses qu’on s’attarde dessus. C’est ce que Béatrice Alemagna tente de nous faire comprendre dans ce magnifique album aux illustrations très abstraites, mélange de collage et de dessins, qui laissent une grande liberté d’imagination à ses lecteurs. Un album à contempler et à méditer !
Nemo




Pierre et le loup
Serge Prokoviev, raconté par Tom Novembre, Illustrations de Bono
Musique et arrangements : Gavin Friday et Maurice Seezer
Naïve - 20 €
Naïve, éditeur de disques, lance un secteur livres jeunesse avec l’ambition de défendre des projets « au particularisme fort ». Premier exemple, un superbe coffret de Pierre et le loup qui comprend un livre illustré, un CD d’une heure de musique et de narration, un mini-film sur CD-Rom, ainsi que la version anglaise de l’histoire. Le livre est étonnant, avec des illustrations très fortes de Bono (le chanteur de U2) dans des tons noirs et rouge sang. Des images cruelles avec un Pierre en lunettes noires et un grand-père effrayant. Sur le CD, la voix chaude de Tom Novembre envoûte très vite, et l’orchestration, aux accents irlandais avec cordes, banjo et tambours, est superbe. Un objet surprenant avec une histoire qui traverse les années sans vieillir. Elle est ici adaptée avec bonheur aussi bien dans l’image, la voix que dans la musique, le tout réuni dans un magnifique coffre.
L’ Eau Vive




Lundi
Anne Herbauts
Les albums Duculot, Casterman – 14,95 €
Voici le nouvel album d’Anne Herbauts que l’on attendait avec impatience après Et trois corneilles. Lundi est avant toute chose un objet superbe, avec une couverture et des pages intérieures gaufrées. Avec délicatesse. Presque avec pudeur. L’illustration est toujours magnifique, avec des paysages splendides, des silences glaciaux et des étés éclatants. Quant au texte, c’est un bonheur de le lire à haute voix. Lundi est un pingouin. Il a comme amis Théière et Deux-Mains, avec lesquels il joue du piano. Ils voient passer le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Et pendant l’hiver, Lundi sort. Sous la neige. Et se perd. On ne cesse d’admirer le talent d’Anne Herbauts de dire autant avec si peu, et de susciter toutes ces émotions avec une illustration superbe, à la fois hors et dans tout. Universelle.
L’ Eau Vive




Qui a tué Rouge-Gorge ?
Etienne Delessert
Gallimard Jeunesse - 13,50 €
Les enfants dans leurs splendides costumes de volatiles occupent toute la double page. Ils enfilent leurs masques et vont commencer le jeu. Ce jeu, c’est celui de la mort. Le moineau a tué d’une flèche Rouge-Gorge. Mais « qui l’a vu mourir ? ». Le jeu de s’arrête pas là : il faut passer par tous les moments du rituel funéraire pour pouvoir mettre bas les masques et redevenir des enfants. Il faut, coudre un linceul, creuser une tombe, dire des prières et sonner le glas. Ce très bel album est à mettre en relation avec celui d’Elzbieta, Petit lapin Hoplà, puisqu’il constitue une variation autour de la même comptine « Cock Robin ». Mais alors que la mort du lapin d’Elzbieta pouvait passer pour un accident – le renard l’avait fauché avec sa « petite auto » - celle de Rouge-Gorge est sans conteste un assassinat. Qui a tué Rouge-Gorge ? est aussi beaucoup plus sombre. Point de tons pastel mais des couleurs denses et tranchées. Un texte à la fois plus archaïque et plus sophistiqué que celui d’Elzbieta. Ultime différence, dans l’ouvrage de Delessert, se sont les enfants qui se travestissent pour jouer à la mort et non des animaux qui personnifient des humains. Cependant, le rythme répétitif de la comptine peut être un bon moyen d'aborder la mort avec les touts petits. C’est aussi une plongée dans l’univers visuel d’un très grand illustrateur.
Comptines




Qui va là ?
Tamio Khosino, Jun Takabatake
Mango jeunesse – 15 €
Un jeu de questions réponses tout en nuances de bleu, jaune et noir. De grands à-plats de couleur superbes, où les silhouettes des animaux se détachent d’une nuit au bleu profond. Sur chaque double page, une encre phosphorescente fait ressortir un élément du dessin (les dents du lion, par exemple). Qui va là ? « Moi, je vis toujours avec mes amis. Quand ils s’envolent, je m’envole ; quand ils se posent, je me pose. Peut-être que je m’ennuie, mais je vois la vie en rose. » Deux ou trois phrases qui dressent comme une comptine des portraits insolites du lion, du zèbre, du crocodile… L’image est douce, les couleurs somptueuses et le tout fonctionne très bien pour les plus petits.
L’ Eau Vive




En allant acheter des œufs
Chen Chih-Yuan
Picquier jeunesse – 12,50 €
La légèreté, la gaieté, la délicatesse, la finesse, l'humour, la poésie : tout est présent dans la lecture de cette histoire où une petite fille va acheter des œufs. Nous la suivons au long de sa promenade dans les rues. On la voit accomplir tous ces menus faits et gestes de la vie quotidienne d'un enfant ; gambader, rire, s'accroupir, chausser des lunettes, souffler des bulles, examiner l'épicier, tout ça empreint de malice et d'humour. Le plaisir est aussi dans les illustrations et les pages de garde. Chen Chih-Yuan a eu recours à deux techniques : celles des papiers découpés et celle du dessin au trait, qui, appliquées à du papier kraft et au carton ondulé, créent un effet de contraste original. De même, le traitement des couleurs posées par aplats donne une harmonie et une sérénité à cette lecture.
Chat Pitre




Enfants d’ailleurs racontés aux enfants d’ici
Caroline et Martine Laffon, Geneviève Hüe
Le monde raconté aux enfants, De la Martinière jeunesse – 12 €
« Si au Nord comme au Sud il n’y avait qu’une façon de vivre, quel intérêt y aurait-il à se rencontrer ? ». Après la terre, l’avenir de la terre, le tour de France, le football, les chats… De la Martinière jeunesse continue d’explorer le monde pour les enfants. L’intérêt de cette collection est évidemment son large choix de photographies superbes prises sur les cinq continents. Des photos qui ne manqueront pas d’attendrir et d’impressionner les « enfants d’ici », mettant en scène des coutumes différentes, que ce soit dans l’alimentation, le jeu, le corps, l’éducation, la manière de grandir. Une large place est donc faite à ces photographies, avec un texte assez court et de petites illustrations très douces pour les accompagner
L’ Eau Vive




Méli- Mélo en Chine
Martine Perrin
Milan - 11 €
Ce tout nouveau Méli-Mélo là ne décevra pas les enfants qui connaissent les deux premiers albums de la série : après l’Afrique et l’Europe, celui- ci aborde l’Asie et nous fait faire un petit tour dans la Chine éternelle. Le pays est caractérisé dès la couverture par une belle couleur rouge, comme une laque déclinée en mat et brillant, sur laquelle se découpe la silhouette d’un dragon noir et blanc. Puis on entre dans le livre et commence le jeu des devinettes rythmées qui enchantent petits et grands : « Qui épies- tu, panda si doux ? – cet homme qui piétine mes bambous ! Où allez- vous, poissons combattants ? - loin de cette jonque poussée par le vent... ». Les animaux emblématiques du pays sont représentés : le paon, le tigre, le buffle d’eau, la tortue et le singe dansant. Ils sont confrontés aux personnages que l’on découvre, joliment campés, derrière les découpes qui jouent astucieusement avec les formes, les lignes et les couleurs : une ravissante chinoise qui sert le thé, un calligraphe, le pêcheur dans sa jonque, des paysans dans la rizière et « le grand sage qui dîne au coin de la rue ». La Chine est là, dans les décors stylisés et les couleurs brillamment contrastées : les verts des bambous, de la rizière, de la tortue ; les rouges orangés de la grande muraille, du dragon, des poissons ; le bleu du paon et le jaune d’or du tigre... L’auteure-illustratrice est architecte de formation, on le sent à la beauté et à l’équilibre des formes et des couleurs.
Comptines




Mon miel ma douceur
Michel Piquemal, Elodie Nouhen
Didier jeunesse - 11 ,90 €
Tous les étés Khadija et ses parents prennent le bateau de Marseille pour aller voir leur famille dans le bled. Khadija aime bien retrouver la terre native de ses parents, mais ce qu’elle aime par-dessus tout c’est sa grand-mère Zhora qui en représente pour elle toute la douceur, toute la richesse. Avec son aïeule, elle découvre les odeurs, les mets et surtout les mots de « son pays », les mots, les comptines que Khadija ne comprend qu’à moitié mais qu’elle aime tant entendre. Cependant le temps accomplit inexorablement son oeuvre, et un jour un télégramme annonce la mort de grand-mère Zhora. C’est une grande douleur et beaucoup de larmes pour Khadija et sa mère. Mais deux jours plus tard la fillette reçoit une tunique brodée par grand-mère Zhora… Une tunique pour adoucir sa peine et nourrir ses rêves… Une tunique qui l’aide à faire son deuil. Un bel album sur la double culture. Michel Piquemal a subtilement mêlé des mots d’arabe au récit en les associant à des moments de tendresse, des mots doux, des gâteaux, des contes et comptines qui laissent entendre la tendresse qui lie les deux personnages. Les illustrations d’Elodie Nouhen, dans des tons de bleu et de sable, suggèrent le voyage, le Maghreb, la tendresse, elles font rêver et contribuent à la dimension poétique du récit.
L’ Oiseau Lire




Les douze manteaux de Maman
Marie Sellier, Nathalie Novi
Adam Biro jeunesse – 14 €
Marie Sellier a composé un texte en tendresse, et Nathalie Novi, comme à son habitude, l’a superbement illustré. Les douze manteaux de Maman, ce sont douze petits poèmes très courts pour les humeurs différentes des mamans. Il y a le manteau mille pages où se cachent les lutins et les trolls des livres d’images, le manteau de feu de la colère, le manteau arc-en-ciel qui a une doublure d’ailleurs, le manteau de glace fragile comme le verre, le manteau dame tartine… C’est un texte très doux qui dit une maman peut être mystérieuse, triste, en colère, rouspéteuse… S le propos n'est pas nouveau, les pastels chauds de l'illustratrice confère toute son émotion au texte.
L’ Eau Vive




La parade des musiciens
Béatrice Fontanel
Les globe-croqueurs, Actes Sud Junior / Cité de la Musique – 23 €
Après le superbe L’art pour comprendre le monde, paru en 2003, la collection des globe-croqueurs accueille de nouveau un titre remarquable, La parade des musiciens. Béatrice Fontanel nous offre un panorama complet des différents genres musicaux, de la musique des hommes préhistoriques aux musiques du monde. La maquette est particulièrement réussie, laissant une large place aux images somptueuses, photographies, peintures. Conçu et édité avec la Cité de la Musique, La parade des musiciens réussit là où d’autres déçoivent : un documentaire passionnant en plus d’un beau livre cadeau.
L’ Eau Vive




Prince de naissance attentif de nature
Jeanne Benameur, Kathy Couprie
Thierry Magnier – 17 €
Kathy Couprie nous revient en force avec un petit chef-d’œuvre haut de 34 cm ! Même technique déjà utilisée pour Tout un Monde, elle dessine et colorie des personnages qu’elle découpe et photographie en univers réel. Une sorte de Qui veut la peau de Roger Rabbit littéraire et poétique… Poésie largement enrichie par le texte de Jeanne Benameur : une histoire de prince, de découverte du monde, de patience, d’intégrité, de foi, d’avenir et d’écologie… Bref, c’est riche ! Elles ont du talent au bout des doigts ces deux-là !
Le Préau




Le cœur de Pic
Lise Deharme, Claude Cahun
Memo – 30 €
Publié pour la première fois en 1937 chez José Corti, Le cœur de Pic est réédité en fac-similé et avec un soin tout particulier par les éditions mémo. Lise Deharme, poétesse amie de Breton et Eluard, est l’auteur ici de trente-deux petits poèmes, illustrés par vingt photographies noir et blanc de Claude Cahun, artiste surréaliste.

« Une plume est tombée
par terre.
Va la ramasser.
Pourquoi faire
Il va pousser un plumier »

Des textes très oniriques, qui vous emportent loin, des sonorités douces, de la magie. Les photographies de Claude Cahun sont très étranges, la plupart ressemblent à s’y méprendre à des tableaux peints. L’artiste y assemble objets divers, broches, épingles, matériel de couture, et place des personnages découpés dans des décors comme des petits théâtres miniatures. Un univers à la Lewis Carroll dans lequel flotte une odeur vieillotte, même si à la première photographie, on a pensé à… Kathy Couprie… Un univers curieux, presque angoissant, qui emprunte à l’enfance ces mises en scènes merveilleuses.
L'Eau Vive

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