07 novembre 2009

Qui a dit…

Je dirais que la beauté des découvertes adolescentes, c'est de rencontrer des livres qui vous dépassent. C'est pour cela que je n'aime pas l'idée de la littérature pour la jeunesse. Il est merveilleux de lire à 14 ans, 15 ans, des romans qui ne vous sont pas destinés. Quand j'ai lu Les Carnets du sous-sol, de Dostoïevski, à 15 ans, j'ai été bouleversé.

Alain Finkielkraut, dans le Figaro.Chri

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Aux arts etc… Ça donne envie d'habiter Rennes, non ? :-)

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Cours et stages dans l'atelier du b du chat, art récup, art brut, dessin, collages, couleurs etc..

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animé par Benoît Morel, le b du chat....

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06 novembre 2009

Les Librairies Sorcières ont lu…

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Il y a de la dispersion de mots, quelques dissensions aussi (Nadia Roman au SILA 09 - 6)

Où il est question d'Azouz Begag, de Fadela M'rabet, de Tassadit Yacine, des éditions Magela et de granules d'arnica au fond de la salle de l'Aurassi… (Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.)

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Bonjour !

La matinée commencée un peu plus tard se passe en partie dans la voiture, ce qui laisse le temps de parler et même de travailler. Je ne dis plus rien de la météo stationnaire, des rues quasi printanières où les rares femmes en collants sont celles qui croient que le temps de Paris est le même partout ! Ici les filles rêvent de bottes et moi je me régale à voir la végétation encore, ou plutôt, à nouveau en fleurs. L'arrivée des premières mandarines et des dattes fraiches trahissent à peine les doutes saisonniers.

Le choix de l'emplacement du Sila écarte toute possibilité de manger des sardines grillées au cumin. À midi c'est chawarma et orange pressée, assis sur les bords des trottoirs où nous nous disputons l'ombre de maigres peupliers. Il y a une dauphine grenat sur le parking officiel ! Elle doit dater de temps immémoriaux, enfin du temps dont on parle un peu mais pas trop, ici comme chez nous. Sur le salon, un livre d'un compagnon d'arme du colonel Hamirouche, écrit par son homonyme qui vit en partie en Californie depuis sa retraite. Il reprend les faits et leur analyse, avec recul, vu de l'intérieur, et un questionnement insistant ; qu'avons-nous fait ? qu'en avons-nous fait ? La présentation qu'Anouar fera demain de son nouveau roman sera aussi l'occasion de reposer avec lui cette question. Il évoque entre autre Mélousa.

05 novembre 2009

Animatrice de marmothèque

«C'est dommage que cette bibliothèque ne soit pas en centre ville…» Ben non, c'est pas dommage. C'est exprès. Portrait de l'animatrice du lieu, Christine Kékré.

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Les Portes Ferrées. Je connais bien ce quartier. Du moins je l'ai bien connu parce que j'y ai grandi. Ma famille a emménagé là à sa création. Un groupement d'immeubles, plus ou moins grand au bout de Limoges. Un groupe scolaire, un collège, un gymnase et un petit centre commercial avec les commerces de proximité, la boulangerie pour les malabars, la papeterie-presse pour la colle Cléopâtre et les Picsou Magazine... Et la ligne de trolley, pas loin qui nous «descendait en ville». C'était un quartier vivant, multiculturel comme on dit. Nous nous retrouvions en bas de nos immeubles, pour jouer tous ensemble au foot ou à autre chose sur les parkings, entre les voitures. Y'avait des Frédéric, des José, des Rachid, des Cécile. Nos parents n'avaient pas la même couleur de peau, de nos cuisines ne sortaient pas les mêmes odeurs, nos vacances n'étaient pas sur les mêmes plages de la Méditerranée. Mais nous étions tous des Portes Ferrées et nous allions tous à la même école. Depuis, on a ravalé les façades, mais elles en ont à nouveau besoin. On changé le nom de l'école, l'école des Portes Ferrées est devenue l'école Victor Hugo, mais ça n'a pas arrêté l'hémorragie... De l'autre côté de la 2x2 voies, on a construit un supermarché. Le petit centre commercial semble à l'abandon, il n'y reste quasiment plus d'autres commerces qu'un discount. À côté, a ouvert une crèche, et pas loin, au rez-de-chaussée d'un immeuble, la bibliothèque Bébés des Portes Ferrées.

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04 novembre 2009

Le livre de la semaine de Livralire

Le livre des Têtes
Claire DIDIER
illustré par Beppe GIACOBBE
Nathan
novembre 2009, 16,90 euros
documentaire
tout public + de 8 ans

Lire la présentation de ce livre
sur le site de Livralire

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Et oui, je reviendrai encore et encore (Nadia Roman au SILA 09 - 5)

Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.

ninisse_la_petite_berbere.jpgBonjour !

Temps légèrement voilé, rush avant le long week end de fête nationale, 1er Novembre ; ceux qui avaient 20 ans en ont 75.

Je pars tôt, rendez-vous 10h sur le salon avec des élèves des Glycines. Presque tout est installé  quand ils arrivent en rang, en uniforme avec casquette, filles et garçons issus des 3 CM1, une maitresse, un accompagnateur et un bouquet de roses rose digne d'une mariée, quelle belle attention. Il décore notre stand maintenant. Certains me reconnaissent de l'an dernier, ils ont aussi vu des photos (pas moi !) et lu Le réveil dans leur bibliothèque à l'école. On a fait un petit coin pour eux, tapis et pouf, j'envahis un peu le stand, mais personne ne s'en plaint.

Et puis quoi, il y a des livres, il y a des enfants, ils se mettent à les feuilleter, se parler, s'échanger et je les regarde en pensant « ben voila, c'est pas plus compliqué, donnez leur des livres et ils liront... ». Ils sont une quinzaine, chacun fait son choix ; là je dois dire que le ministère ne va pas être content ; tous les enfants prennent les livres en français alors que j'avais bien fait attention de les choisir dans les deux versions autant que possible. Ils lisent le français plus volontiers, la maîtresse le confirme. Et pourtant, ça ce n'est pas elle qui me le dit, les consignes vont, même pour les écoles bilingues sous contrat, vers un renforcement de l'arabe. Ils ont tous un cahier et notent les mots qu'ils ne connaissent pas ; oui il doit y avoir un long travail enseignant derrière tout ça. Ils demandent aussi le sens des mots, occasion de faire une leçon de vocabulaire sur la famille du mot, sa racine. Je les laisse lire un bon moment, histoire de ne pas donner et couper au milieu de l'histoire et pendant ce temps on parle pédagogie avec la maîtresse qui fait pas mal de travail sur l'écrit. Il y a un livre en version Tamazirt qu'une petite fille me dit apprendre un peu à la maison. Il s'agit de Ninisse la petite berbère de Fatima Kerrouche (Hibr Editions), qui vit à Montpellier et travaille à l'accompagnement de la culture berbère. Je comptais en lire une histoire, mais ils ont choisi autre chose.

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Les Librairies Sorcières ont aimé…

Cliquez sur les couvertures pour lire les critiques.

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03 novembre 2009

La littérature jeunesse, une langue accessible ;-)

sriimg20091102_11437501_2.jpg«J'ai fait travailler mes étudiants de deuxième année pendant un semestre sur plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse, dont un de Suisse romande», explique-t-elle. La Française, établie à Canberra, prépare d'ailleurs une thèse à ce sujet. «Que les étudiants soient faibles ou forts, le conte ou le livre de jeunesse permet de rendre la langue accessible, même s'il y a parfois un vocabulaire spécifique aux traditions suisses, comme dans 'Reine', de Jacqueline Delaunay.» - Christèle Maizonniaux, chargée de coursl'Australian National University - swissinfo.ch

world_fantasy_statue.jpg«Tender Morsel, roman orienté jeunesse, avait créé une petite polémique à sa sortie pour ses traits violents (la première phrase n’est autre que : Pour cela, beaucoup de gens la traiteraient de salope), ce à quoi Philip Pullman, auteur bien connu de A la croisée des mondes, avait répondu qu’il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualitéElbakin.net, à propos des World Fantasy Awards 2009

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31 octobre 2009

En début d’après midi, une réception sur le stand Alpha pour fêter la sortie du premier livre CD audio en Algérie (Nadia Roman au SILA 09 - 4)

Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.

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Bonjour !
Il pleut sous la tente et pourtant pas d’orage à l’horizon mais un ciel bleu d’azur, le matin gris puis rose sur la mer. Mon réveil sans pile marche du tonnerre et sans orage je vous assure !
Les livres gondolent c’est vrai, on protège au mieux. Mais tout va bien, les toilettes sont raccordées !!!

logo1.gifJe ne fais pas trop de tourisme, je crois que la circulation est de pire en pire et le trajet pour monter au 5 juillet est interminable. Heureusement, on dit des bêtises dans la voiture avec Amine et Meriem qui s’occupent du stand LLE. On parle aussi souvent de Katek Yacine qui marque la nouvelle génération par le réalisme de son propos de son regard et la beauté de son écriture. Enfin la nouvelle génération qui lit… Il habitait dans un centre de repos et de vacances pour les ouvriers algériens, du temps où on pensait social, transformé en logements tout court depuis, sans compensation ; c’était du temps où les ouvriers étaient ouvriers et où ils prenaient des vacances… pas besoin de traverser la Mer pour ça, en effet. Mais je passe tous les jours devant ce lieu et j’ai une sorte de frisson à penser qu’il faisait là son tour de vélo quotidien, qu’il ne voulait pas plus grand ni mieux, qu’il regardait le monde de là et qu’il l’appréhendait de quelle manière et de le dire aussi et de l’écrire. Le personnage de Lakhdar dans Nedjma me poursuit, la vertu de l’écrivain, distraire les paysans quelques instants de leur tâche…

30 octobre 2009

Kébir nous a fait la lecture à haute voix, entre chorba et vin rouge (Nadia Roman au SILA 09 - 3)

Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.

LeRapt.jpgIl fait chaud, beau, et autres constats quotidiens auxquels on ne s’habitue pourtant pas. Mon nouveau réveil, écolo en diable, consiste à ne pas fermer le rideau afin que le soleil entre direct sur mon lit, pile poil à 7 heures moins le quart. Et pourquoi si tôt ? me demanderez-vous ! Parce que je suis à Alger et que j’aurai bien le temps de dormir à Nice ! 

Hier journée inauguration du salon, c'est-à-dire la moitié de la ville bloquée, déjà qu’en temps normal c’est pas fluide fluide… service de sécurité renforcé à bloc, difficultés à entrer sous le chapiteau, badge spécial puis pas badge, enfin on entre, deux par stand. Le président arrive vers 14h, visite trois stands et repart. Il est entouré de nombreuses personnalités de ses ministères. Un quart d’heure. Le communiqué de presse fait écho des satisfactions de l’organisation. 345 exposants, 145 nationaux, de beaux stands bien décorés (les livres sont sortis des cartons de cigarettes maintenant et certains éditeurs font des stands « comme à la maison »). quelques petits bémols omis… une telle condensation se fait sous la tente que les montants ruissellent et les livres… gondolent et parfois se mouillent carrément, comme après la pluie. Pas assez de ventilation, on promet de mettre des souffleries chaudes la nuit pour assécher l’air. Dans le cadre des inconvénients, quand autant de monde est réuni dans un lieu, ce n’est pas très glamour, mais le problème des wc devient non négligeable. La veille, deux sortes d’algéco étaient en place mais « pas tiyaux » j’avais compris sans traduction ! Ce matin nous sommes entrés derrière un camion de goudron, il venait boucher la tranchée, ouf des tuyaux ! et à 17h les portes toujours closes… bon, c’est prosaïque mais il a fallu sortir loin du stade pour trouver un restau, face à la fac de lettre de Bouzaréa ; le baiser de l’air, oui quel beau nom somme toute. J’ai acheté une carte de téléphone avec photocopie du passeport et tutti quanti. Rassurée de me savoir autorisée à la garder et la réactiver, les coordonnées sont enregistrées, au moins c’est clair.

28 octobre 2009

Le livre de la semaine de Livralire


Poulette Coquette
Polly DUNBAR
illustré par elle-même
Kaléidoscope
octobre 2009, 12,50 euros
album
maternelle petit

Lire la présentation de ce livre
sur le site de Livralire

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Ici le smic n’a pas bougé, 15000 dinars un peu moins de 150€, les prix ont augmenté, les livres ont de plus belles couleurs (Nadia Roman au SILA 09 - 2)

Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.

couv_10744.jpgLundi 26 octobre 2009.

Ce matin, réveil avec le lever du soleil sur la baie, y'a pire, après, il faut le dire, un repas du soir exceptionnel ; des champignons nommés « cèdres » car ils poussent dessous vers Blida, excellents et très parfumés et un loup, pas de la forêt mais de la mer !

Ce matin donc, la tournée des fournisseurs, imprimeur et publicitaire, avant de rejoindre le salon, situé cette année à la sortie d’El Biar, sur le site olympique du 5 Juillet. Il faut plus de temps pour le faire que pour le dire. La circulation à Alger c’est toujours un poème, dont mon ami Yahia Belaskri* a le secret de la narration !

Pour le SILA cette année, Le livre roi avec une affiche Harry Potterienne, un chapiteau loué en Allemagne, tous les exposants sous le même toit, toujours un peu loin du centre ville, bus avec un changement et le dernier arrêt pas tout près, grand parking certes et des préparatifs houleux dont on peut lire les avancées sur le site d’El Watan début octobre (et, si je peux me permettre un conseil, prendre le temps de lire les commentaires des lecteurs, vraiment très intéressants, pas uniquement sur le Sila, mais sur ce que ces démêlés provoquent comme réactions, élargissent le débat finalement).

je ne suis pas là juste pour nettoyer le pare-brise et faire briller les voitures ! (Sylvain Levey - lien)

091027_M0910239507.jpg(…) - Avec votre projet, vous luttez aussi contre « un théâtre enfant loin des clichés, des poncifs et des facilités »(…)
- J’écris en jeunesse et en adulte, même si ça ne veut pas dire grand-chose… En gros, j’ai des livres qui sortent en littérature jeunesse et d’autres en adulte ! Moitié-moitié à peu près. Concernant la jeunesse, je considère qu’on ne doit pas prendre les enfants pour des imbéciles. Évidemment, il ne s’agit pas de leur démonter le moral dès cinq ans. Mais on n’est pas dans un monde idyllique, loin de là. Alors on peut leur montrer l’imperfection du monde avec de l’humour, de la poésie, du théâtre… Il est possible, dès le plus jeune âge, d’être titillé légèrement, d’avoir un regard critique sur le monde. C’est notre métier d’écrivain – même si tout le monde ne partage pas cet avis – de mettre les mains dans le cambouis, de regarder l’état du moteur de la société. Du coup, même avec des enfants, je vais continuer à faire de la mécanique… Peut-être sur un moteur plus simple… Mais je ne suis pas là juste pour nettoyer le pare-brise et faire briller les voitures !(…) Intégralité de l'itw sur le site du Petit Bulletin

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27 octobre 2009

Chui snob !!! (Nadia Roman au SILA 09 - 1)

Nadia Roman est de retour au pays Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions. Où il est question de H1N1 en image, de Jean-Pierre Blanpain son prochain illustrateur, de brochettes avec son ami l'éditeur Lazhari Labter, d' Ernest Pignon-Ernest qui fait réapparaître Maurice Audin, d'un hommage à Boris Vian (déserteur ?), et d'un François qui connaît Citrouille…
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(photo extraite du site http://www.pignon-ernest.com)

À l’aéroport d’Alger, je croyais qu’en plus de la douane papiers, il y avait un détecteur image, car franchie la susdite douane, on passe devant une caméra - dont l’image reproduite sur un écran plat immense est certes colorée saturée, mais j’y ai affiché mon plus beau sourire… Et j’ai appris ensuite qu’il s’agissait d’une caméra infra rouge qui sert à détecter les fébriles, donc les potentiellement H1N1 qui arrivent !!! Oui je mets 3 points d’exclamation, pas que j’en sois rapiat d’ordinaire ! (encore un !) mais peut-être que tout le monde sauf moi connaît cette pratique ? Elle vient des Etats-Unis comme le matériel et je n’y suis jamais allée et donc pas non plus depuis la grippe, enfin La grippe (il en faudrait encore un là de…ça !). J’avais un rhume, ça m’a laissé passer, ouf.

23 octobre 2009

Folio Cadet Premières lectures = on n'est pas contents !!

1. Il était une fois un garçon qui vivait de ce côté-ci des montagnes. Il s'appelait Louis.
De l'autre côté des montagnes, un loup menait une vie de luxe incroyable. Son nom à lui, personne ne le connaissait. Le loup était très bon chic, bon genre. (Pour un loup, bien sûr).
Parfois il enfilait son habit...

2. Il était une fois un garçon qui vivait de ce côté-ci des montagnes. Il s'appelait Louis.
De l'autre côté des montagnes vivait un loup. Personne ne savait comment il s'appelait. Le loup était très chic (pour un loup, bien sûr).
Parfois il enfilait son habit....

1897633655.jpgPrenez la peine de relire ces deux petits textes, de les redire à voix haute et dites-moi lequel vous préférez. Pour moi il n'y a aucun doute, le premier nous fait goûter la saveur de la langue, le second énonce simplement les faits, sans saveur, sans « rêve ».
Le premier texte est le début du classique et savoureux album de Tony Ross : Le garçon qui criait : « Au loup ». En Folio Benjamin c'était une histoire sympathique comme de nombreux titres de cette collection. Les adultes pouvaient les lire à leurs enfants et surtout, pour les lecteurs débutants, la mise en page, les illustrations et les textes « riches » faisaient que nous aimions conseiller les titres de cette collection Folio Benjamin.
1837040633.jpgMais la deuxième version, plate, triste et insipide est la version que désormais les enfants auront à leur disposition, avec une nouvelle collection : Folio cadet - premières lectures.
Et ce qui me désole c'est que j'ai bien peur que peu à peu il ne nous reste plus que cette nouvelle version : expurgée, triste à mourir.
Les enfants de maintenant n'ont plus droit à la richesse des mots, ceux que l'on aime répéter, ceux qui font rêver... serait-ils plus « sots » que les générations précédente ??? Ou veut-on les rendre plus sots ???????
Je dois reconnaître que tous les textes n'ont pas subi ce terrible sort. La belle lisse poire du prince de motordu est intacte.
Aurait-on plus de respect pour Pef que pour les auteurs étrangers ??? Mais en étant honnête, je dois reconnaître que je n'ai pas pu vérifier tous les textes, certains étant manquants.

Annie Falzini (article publié sur le blog de la librairie L'Oiseau Lire)

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