28 juillet 2010

Rencontre avec Fred Bernard et François Roca

UN ARTICLE DE 2006 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010
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© François Roca



Vous venez de sortir Cheval vêtu. C’est maintenant votre treizième album en commun… Eprouvez-vous toujours le même enthousiasme ? Avez-vous acquis une certaine sérénité ?
Nous fêtons nos dix ans d’union puisque notre album La Reine des fourmis a disparu est sorti en 1996... Dix ans de vrai plaisir ! L'enthousiasme reste intact parce que nous nous sentons toujours plus proches et que les idées ne manquent pas. Le désir de faire est sans cesse croissant parce que nous avons le sentiment que tout reste à faire. Nous changeons nous-mêmes, nous sentons notre travail évoluer. L'excitation et la fébrilité accompagnent la réalisation de chaque album. Et la première difficulté réside encore et toujours dans ce fameux rapport texte-image, fragile et primordial. La deuxième difficulté va de pair avec la belle reconnaissance que nos projets ont acquis avec le temps et la jolie petite pression qui va avec… Il faut toujours réinventer! Nous rêvons toujours de faire mieux la fois prochaine, en sachant parfaitement que ce serait miraculeux de parvenir à se surpasser à chaque nouvel essai. Alors l'enthousiasme, oui. Mais la sérénité, non pas vraiment...

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Sale gosse !

Sale gosse ! - François Perri

  • François Perri
  • Communic’Art - 20 €

Les documentaires photographiques sur les enfants du monde sont plutôt légion depuis quelques années, mais rares sont ceux qui nous offrent autant de justesse et de tendresse. Une fois n’est pas coutume, je vous recopie la 4ème de couverture, car elle synthétise vraiment le superbe travail qu’a accompli le photographe François Perri durant les vingt dernières années…

« Quoi de plus innocent et porteur d’espérance qu’un regard d’enfant ? François Perri, « le tailleur d’images », comme l’ont surnommé les Touaregs, a rassemblé ces photos prises au cours de vingt années de voyages pour témoigner de la condition de l’enfance en difficulté ».

Au-delà de la détresse réelle de ces enfants souvent livrés à eux-mêmes, il a su capter cette lueur d’espoir qui se dégage de leur visage. L’UNESCO et Madame Chantal Biya, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour l’éducation et l’inclusion sociale, ont voulu, par cet ouvrage, marquer le 20e anniversaire de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Ce livre a bénéficié du soutien de Madame Chantal Biya.

Les fonds récoltés grâce à la vente de cet ouvrage seront reversés à des projets d’éducation gérés par l’UNESCO en faveur des enfants des rues.

Jean Pichinoty, La Soupe de l'Espace

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26 juillet 2010

«Je pars d'un principe très simple: les gens sont intelligents!» (Hassan Musa)

UN ARTICLE DE 2005 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

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(…)-Vous participez pourtant à ces manifestations. Comment expliquez-vous votre engagement ?
-Hassan Musa : Tout le monde sait ce que je pense. Je passe parfois pour l’emmerdeur de service ! A chaque fois qu’il y a un rassemblement d’artistes africains, je dis que l’art africain c’est un gros mensonge. Mais j’y suis quand même. Car si je n’y suis pas, je ne serai nulle part : c’est le seul endroit qui me permet de montrer ce que je fais. (…) Je pense que dans quelques années tout le monde va rigoler du fait qu’un jour on rassemblait des artistes noirs, on les mettait ensemble en leur disant « vous êtes des artistes africains ». Comme lorsque nous repensons aujourd’hui qu’il y a un siècle on a mis des Africains dans un zoo, ici à Paris, que les gens venaient regarder. Africa Remix, ou Africa 05 et toutes ces célébrations de l’art africain, ce sont les zoos d’aujourd’hui. Peut-être que dans cinquante ans, ou dans trente ans, les gens diront : comment ça se fait qu’on ait pu organiser une chose pareille ! (…)

A lire : une interview d'Hassan Musa sur Africacultures.com - Illustration extraite de L’alphabet de Schéhrazade, (superbe) album de Hassan Musa aux éditions Grandir.
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24 juillet 2010

Bon voyage !

Bon voyage ! - Didier Cornille

  • Didier Cornille
  • Hélium - 12 €

Didier Cornille nous avait déjà régalé les yeux d’un petit livre rouge, Mini maxi : le livre des contraires, chez le même éditeur, Hélium. Le voilà qui récidive, avec ce petit livre bleu, plus réussi encore, qui décline chiffres, formes, motifs, contrastes et « cartes postales ». Avec, comme fil conducteur, le voyage (les personnages sont des touristes, les objets des bagages…) et une dominante de bleu, rouge et jaune, plus une pointe de vert sapin, d’orange et de rose.

Ce drôle de petit livre presque carré aux coins ronds, revisite agréablement le classique livre des premières notions. Il est à la fois beau et plein d’humour. En quatrième de couverture, on apprend que Didier Cornille est professeur de design et créateur de lampes… On se dit qu’on aimerait bien en avoir une chez soi !

Ariane Tapinos, Comptines

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Le Laboratoire d'images

Le laboratoire d’images - Christian Janicot

  • Christian Janicot
  • Sarbacane - 29,90 €

Yes ! Voilà un beau projet éditorial, comme je les aime : un superbe projet même, ambitieux, qui mélange les genres et les personnes…

Pour ceux qui nous connaissent bien, vous savez que nous avons toujours eu un grand amour pour l’animation, le graphisme, et évidemment l’illustration. Pour la petite histoire, sachez qu’un de mes rêves d’étudiant était d’être admis dans la grande école de SupInfocom, mais le talent n’était pas au rendez-vous pour me permettre de l’accomplir (bon, je vous rassure je regrette rien, sinon je serais pas là, à vous vanter les mérites de ce beau coffret).

Le projet (expliqué par l’éditeur) : 12 artistes + 100 réalisateurs = 12 courts-métrages originaux en 3D. Douze créateurs d’images parmi les plus talentueux dans les domaines de l’illustration, du dessin, de la bande dessinée, de la presse, de l’édition, ont rencontré une centaine d’étudiants-réalisateurs de l’école SupInfocom, la meilleure école d’animation au monde, basée à Arles et Valenciennes, pour inventer l’image de synthèse de demain. Résultat, 12 courts-métrages originaux en 3D à visionner intégralement sur le DVD, dont ce livre raconte l’aventure tout en présentant l’univers de chacun de leurs créateurs. Les douze artistes ont répondu avec enthousiasme et créativité à l’invitation de Christian Janicot, l’initiateur du projet, curieux de découvrir comment leurs univers graphiques prendraient vie et mèneraient leur existence… en mouvement.

Bon, Sarbacane, c’est une chouette maison d'édition dont on n'a plus besoin de vanter les mérites, mais faut dire que l’idée a tout pour séduire : le laboratoire d’images, c’est donc un coffret, dans lequel vous trouverez :

- 1 DVD, comprenant tous les courts-métrages réalisés par les étudiants de SupInfocom

- 1 album making-of de 80 pages, où vous découvrirez les coulisses de cette excitante expérience et en apprendrez plus sur les illustrateurs à la base de chaque projet, et sur les différents intervenants

- 12 posters, où chaque créateur a librement imaginé l’affiche du film qui lui correspond

- 1 planche de stickers, pour décorer votre bel écran d’ordinateur, vos courriers, où pour améliorer le look des pylônes dans la rue

- Quelques cartes postales, pour partager votre joie avec vos proches.

On pourrait vous parler des heures durant de tous ces gens-là, qui ont fait un travail incroyable, et qui font preuve d’un style qui l’est tout autant, mais j’en ai malheureusement pas le temps. Par contre, si vous venez à la librairie, c’est avec plaisir que je taillerai la bavette avec vous, ça me rappellera mes vertes années de graphiste…

Bon, vous l’aurez compris, c’est LE coffret à offrir et à s’offrir, pour tous les amoureux du graphisme, de l’animation, de l’illustration, enfin, des belles choses quoi !

Jean Pichinoty, La Soupe de l'Espace

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23 juillet 2010

Salut, Hector !

 

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Hector Hugo est mort. Article du Point : lire ici

 

Pour naître, Hector hugo a profité d'une éclaircie entre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et le début de la guerre d'Indochine. Il a passé sa jeunesse face à la mer sur les falaises du pays de Caux. Dès 5 ans, il a montré son tempérament d'explorateur en entreprenant le périple tumultueux qui mène de l'école primaire au baccalauréat : 12 ans d'aventures. Après quelques années plus calmes à l'Université de Rouen, le démon des choses difficiles l'a repris et il est devenu enseignant... Aujourd'hui il écrit sur la paix et la guerre. Il aime le mois de mai, la mer, la chanson, Esméralda, les drapeaux rouges, noirs et toutes les couleurs vivantes derrière lesquels il a beaucoup marché, (il continue), rire, pleurer, lire, aimer.
Bref : il est animé des mêmes passions que toi, hypocrite lecteur... (biblio sur le site de l'ARL Haute Normandie)

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22 juillet 2010

Une interview de Thierry Dedieu dans Parole

UN ARTICLE DE 2007 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010 - Lire aussi : Je meurs mais j'écris encore (par Thierry Dedieu)

[Une interview menée par Anne Damon, bibliothécaire aux Bibliothèques municipales de Genève, section jeunesse, et rédactrice pour As-tu lu ? - publiée dans le dernier n° de la revue d'AROLE - couverture de Thierry Dedieu]

65b2901f37cf36aa9289f07b8f187a86.jpgCe qui frappe d’entrée chez Thierry Dedieu, c’est la richesse et la diversité de son univers graphique. Ses albums audacieux sont représentatifs du renouveau de l’édition jeunesse qui se joue des frontières et propose volontiers des ouvrages aux multiples degrés de lecture. De passage ce printemps à Genève pour une table ronde organisée par les Bibliothèques municipales, cet autodidacte à l’humour certain et à l’accent fleurant bon le Sud s’est livré avec passion et générosité.

Anne Damon : Après des études scientifiques, vous avez travaillé dans la publicité. Comment êtes-vous arrivé à l’illustration jeunesse ?

Thierry Dedieu : J’ai travaillé dans la pub comme rédacteur. C’est donc par l’écriture que je suis entré dans les livres pour enfants. Un jour, on m’a demandé d’écrire un conte de Noël qui serait lu à la radio. Finalement le projet n’a pas abouti et je me suis retrouvé avec ce texte. J’ai pensé qu’on pourrait en faire un livre. J’ai donc demandé à des collègues de l’illustrer et je l’ai porté chez Albin Michel. Entre-temps, j’avais refait les illustrations qui ne me plaisaient pas. Quand l’éditeur m’a appelé, il a dit qu’il voulait bien le livre, mais pas les illustrations. Je suis donc passé le voir avec celles que j’avais faites et là, il a tout pris ; Petit soldat Noël est ainsi paru chez Albin Michel en1992.

Dans vos albums, vous parlez souvent de sujets graves ou complexes comme la maladie dans Clown d’urgence, la guerre dans Le pacificateur ou la différence dans Le mangeur de mots ou Marie-Louise. A qui s’adressent vos livres ?

Cela va peut-être choquer, car je l’ai déjà dit et ça a été mal perçu, mais je suis le premier lecteur. Donc il faut que l’histoire me plaise d’abord à moi. Il y a la place pour plusieurs littératures dans l’édition pour enfants. Depuis l’histoire du nounours qui va à la plage et perd son sceau jusqu’au témoignage sur la Shoah. Il est vrai que pour beaucoup de mes livres il faut un médiateur, parent, instituteur ou bibliothécaire, car ils sont souvent difficiles. Je ne crois pas aux étiquettes, aux sujets non adaptés, aux limites d’âges. Tout dépend de la façon de raconter, d’accompagner les enfants. Prenez Le Pacificateur, qui est plutôt pour les 7-10 ans, il a été lu dans une classe de CP (5-6 ans). L’institutrice avait fait un tel travail de préparation que j’en ai été bouleversé. Ils avaient compris tout le message, c’est une vraie récompense.

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21 juillet 2010

Bonnes vacances… (Chroniques de Claude André)

UN ARTICLE DE 2007 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

b470c9b77b8331b1d1c994097f8244b6.jpgOn est début juillet, l’école est finie mais un enseignant me sollicite, dans l’urgence, pour que je l’aide à constituer une liste de livres sur l’Europe, l’Allemagne surtout, dans le cadre d’un projet Comenius. Il souhaite aussi trouver des albums en allemand car il enseigne l’allemand à de jeunes enfants de la banlieue de Nancy. On parle de Comenius : ce professeur des écoles sait plein de choses sur ce pédagogue tchèque du XVIIème siècle, si novateur et dont le nom sert à désigner aujourd’hui des opérations pédagogiques ouvertes sur l’Europe et concernant les enfants du primaire. Les crédits qui permettent tous ces échanges voyages ou acquisitions sont appelés « crédits Comenius »,voilà qui me rappelle, à quelques jours de mes vacances, que je dois écrire pour Citrouille un petit papier sur jan Amos Kominsky, dit Comenius, que je considère (c’est à vérifier) comme le premier auteur qui ait pensé à s’adresser aux enfants dans leur langue maternelle puisqu’il publia en 1658 le désormais célèbre Orbis sensualium pictus qui est à la fois un livre de leçon de choses et un imagier, un livre abondamment illustré pour l’époque et dont les légendes sont bilingues : allemand/latin. Le prochain numéro de Citrouille étant consacré à la traduction ce rappel du travail de Comenius m’a paru s’imposer.

bddaaa78ace862fd8c21c56051b2b031.jpgBeaucoup de visites en ce moment de bénévoles des bibliothèques relais de la Bibliothèque départementale, grâce cette fois à des crédits CNL, sensés faire entrer dans leurs collections des livres rares, exigeants comme ceux que j’aime à conseiller. C’est ce que la responsable de la B.D.P. qui les accompagne attend ne nous, mais parfois ces bénévoles, elles mêmes peu lectrices et en empathie avec leurs lecteurs les plus fragiles aimeraient acheter des Tom Tom et nana et des Titeuf. Hors les Bandes dessinées sont exclues des crédits CNL. Si cela paraît justifié pour des livres qui s’apparentent à des séries cela me paraît tout à fait infondé pour la B.D. Dans la B.D. comme ailleurs il y a de la grosse cavalerie et de la création.

Alors que je présente quelques romans tant aimés à ces dames un peu fatiguées l’une d’elle me demande si ça n’est pas lassant, à la fin, de lire tous ces livres…. Que répondre ? Que si je n’aimais pas lire je ne serais pas ici, que lire c’est mon métier, un peu vache pour elle, non ? Expliquer que s’il y a lassitude c’est face à ces livres « frères » ces épigones qui nous envahissent et que quelquefois, oui je suis accablée à la vue de toutes ces séries d’Heroïc fantasy mal écrites, mal construites, et surtout à la vue de tous ces livres que je n’aurais pas le temps de lire avant qu’ils ne repartent… pour faire de la place à d’autres qui… Mais aussi dire que si je lis c’est pour trouver quelques livres que j’aurai plaisir à partager, que je prendrai en pile, et qui entreront dans cette bibliothèque imaginaire que j’ai en commun avec tant d’enfants…

f81f6aff2da596df9305877802d02380.jpgHier une grand-mère (décidément j’en veux au troisième âge…) cherchait un livre pour sa petite fille de 3 ans et demi et comme je luis racontais Guili lapin Elle m’a dit –Oui, bien sûr … mais il faut le lire ! Comme je lui suggère qu’en principe les livres c’est fait pour ça elle précise que ce qu’elle aimerait c’est un livre que cette enfant puisse regarder toute seule. Toute seule… pauvre petite fille… d’autant plus que sa grand-mère n’a même pas voulu de Calinours va faire les courses (je pensais qu’un classicisme aussi abouti pourrait lui convenir) au prétexte qu’à trois ans et demi ils ne comprennent pas ça ! – « Mais si Madame » !

Il y a des jours où on aurait envie de vendre du chocolat….

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20 juillet 2010

Marcos, ou La grande histoire des couleurs…

Un article paru dans le n° 45 de Citrouille. UN ARTICLE DE 2006 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

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Interview de Sandrine Mini, directrice des éditions Syros, qui explique pourquoi et comment elle a édité l'album LA GRANDE HISTOIRE DES COULEURS (texte Sous-commandant Marcos, ill. Domi) - et présentation de cet ouvrage par la librairie Comptines : marcos.pdf

mise à jour été 2010 : voir également l'adaptation théâtrale de l'album par la compagnie Solentiname :

Et lire également le Message du Sous-Commandant Marcos à Mumia Abu-Jamal pour son anniversaire qui évoque l'histoire des couleurs.

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19 juillet 2010

J’ai quinze ans et je ne l’ai jamais fait

J’ai quinze ans et je ne l’ai jamais fait - Maud Lethielleux

  • Maud Lethielleux
  • Thierry Magnier - 9 €

(Petite plongée dans les réflexions d’une libraire… )

Sur l’enveloppe épaisse il y a mon nom ; pas de facture mais de la littérature. Bonheur. J’ouvre.

??

Oh non ! C’est quoi ce livre que m’envoie ma représentante ?! Encore un de ces bouquins genre fleur bleue en plus hard. Marre. Y’a rien d’autre à éditer ?

Bon, quand même je l’emporte à la maison. Ben oui, j’suis curieuse et puis c’est Stéphanie qui me l’a fait envoyer, et Stéphanie elle a de bons goûts littéraires. Et en plus, c’est Thierry Magnier qui l’a édité, et Thierry Magnier, ben c’est Thierry Magnier quoi !

Y’a rien à dire ou plutôt, y’a trop à dire ; dans les deux cas je ne peux que me lancer.

Ça commence un peu comme je le pensais. Une jeune ado qui panique parce qu’elle a quinze ans et que, comme le dit le titre, elle n’a jamais fait l’amour. Enfin, elle ne panique pas, elle a juste décidé qu’elle voulait le faire. Ouais bon, c’est pas forcément mieux et si tout le livre avance dans cette direction, ça va pas le faire avec moi et encore moins avec les ados de la librairie. Pas qu’ils soient coincés, pas qu’ils ne lisent que des histoires de fantômes et de spectres ; juste qu’ils cherchent un peu plus dense.

Donc, me voici arrivée à la fin du premier « chapitre » et les pensées de cette jeune fille. Bizarre, d’habitude les romans de Thierry Magnier ne sont pas écrits avec cette typo. Page suivante, nouvelle typo ou plutôt typo classique, celle qu’on connaît. Elle est destinée aux pensées d’un jeune homme. Donc, un roman à deux voix. N’empêche ça m’a l’air clair : une fille, un garçon, une histoire d’amour sur fond de groupe de musique. Un peu banal… mais je continue ma lecture. Ben oui, l’écriture est très agréable, même originale, dynamique et moderne.

J’me suis laissée embarquer par l’histoire, par ses personnages, par la musique. Un peu plus loin ça me titille sérieusement. Voilà qu’on parle d’un groupe que j’adore et que je connais depuis que je suis ado. C’est plutôt rare dans un roman ado de parler d’un groupe français actuel, de décrire son chanteur, son genre musical. Alors j’m’arrête ; c’est qui c’te nana qu’a écrit ? J’regarde la petite fiche qui était avec le livre (et que je ne lis jamais avant de me jeter dans la lecture afin de me forger mon opinion) et là, je comprends mieux. Maud Lethielleux est musicienne. Si ça se trouve, elle les connaît super bien les chanteurs dont elle parle.

Je reprends ma lecture et je n’arrive plus à décrocher. La musique prend toujours plus de place, les descriptions sonnent vraiment juste (et pour cause), la minette en manque de sexe est finalement pas si idiote que le titre pouvait le laisser présager, elle réfléchit et se questionne de manière intelligente sur sa situation, et même, ses fantasmes ne vont pas sur ce jeune garçon musicien. Tiens donc ! Pas si cousu de fil blanc ce livre…

Enfin un roman qui nous entraîne là où on ne pensait pas aller, des héros qui nous étonnent, des liens qui se créent entre des personnages sans qu’on les ait vu arriver. C’est bon ça.

Laissez-vous surprendre. Ça fait du bien.

Bénédicte Oudinet, Les Pages du Donjon

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Le Tueur à la cravate

Le Tueur à la cravate - Marie-Aude Murail

  • Marie-Aude Murail
  • Médium, L’École des Loisirs - 11,50 €

« Grâce à quelques clics et une adresse mail bidon, Ruth Cassel a pu s’inscrire sur le site perdu-de-vue.com et y déposer une vieille photo de classe en noir et blanc trouvée dans les affaires de son père. La manip n’a qu’un seul but : l’aider à différencier les deux blondes aux yeux noisette sur la photo, Marie-Ève et Ève-Marie, respectivement la mère de Ruth et sa sœur jumelle, décédées à vingt ans d’intervalle. Très vite, comme s’ils avaient attendu ce signal, des anciens de la terminale S3 se manifestent. L’ex-beau gosse de la classe, une prof de philo à la retraite, une copine des jumelles et, en prime, un grand-père dont Ruth ne soupçonnait pas l’existence, s’empressent de répondre. Tout pourrait s’arrêter là… Mais la photo de classe a réveillé de terribles souvenirs. Les e-mails évoquent un meurtre commis l’année de la terminale, celui d’Ève-Marie. Ils parlent d’un étrangleur récidiviste, le tueur à la cravate. Bien plus effrayant, ils mettent en cause l’une des personnes que Ruth aime le plus au monde, son propre père, Martin Cassel… »

Le Tueur à la cravate se termine par un sourire. Celui d’un père qui finirait par accepter de vivre mais aussi d’un personnage qui commencerait à exister vraiment.

Marie-Aude Murail est une grande dame de la littérature jeunesse et la façon dont L’École des Loisirs a choisi de présenter son texte à ses lecteurs a de quoi interroger.

Il est sûr qu’à l’issue de son thriller, beaucoup de ses admirateurs (dont je fais partie) feront la moue. Le savoir-faire est là : cette capacité à capter l’air du temps au travers de scènes bien croquées et de formules bien senties. Ce n’est pas tant l’intrigue relativement téléphonée que peut justifier le lectorat Medium qui pose problème, mais c’est un peu comme si le cœur n’y était pas. Les personnages ont parfois l’air clonés sur des modèles éprouvés (Bethsabée en particulier) et le coup du papa ténébreux ne fonctionne pas vraiment (un souvenir ému pour le Marc Doinel de Papa et maman sont dans un bateau).

Alors, évidemment, comme Mme Murail est loin d’être manchote son thriller est tout de même d’une lecture agréable. Le Tueur à la cravate pourrait après tout se contenter d’être un roman à moitié raté. Ça ne nous empêcherait pas d’attendre avec impatience le prochain.

Son annexe invite à une relecture attentive.

Ce journal de bord intitulé Comment naît un roman (ou pas) est un document passionnant qui donne à voir le processus de création littéraire dans ce qu’il y a de plus trivial et d’émouvant. Le choix d’adjoindre ce journal est en lui-même assez curieux car il n’est pas certain qu’il intéressera le même lectorat que le roman. Dans cette posture littéraire très proche de l’autoportrait, certains retrouveront peut-être l’auteur de Miss Charity qui s’adressait à toutes les générations de lecteurs. Marie-Aude Murail ne raconte pas seulement comment le roman se construit, elle raconte aussi ce qu’il aurait pu être (étonnantes réflexions de la journée du mardi 10 février) et l’impressionnant travail de documentation dont il se nourrit (découverte candide d’Internet ; lectures très détachées des romans de Mary Higgins Clark et celles hilarantes de la Bible protestante).

Marie-Aude Murail raconte peut-être aussi sa difficulté à créer un personnage de père au moment ou le sien risque de la quitter. En plaçant cette relation en regard de son roman, Le Tueur à la cravate se révèle être finalement (jusque dans ses défauts) un très beau roman mélancolique sur la figure paternelle.

Gwendal Oulés, Récréalivres

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Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes

(Article paru dans le n°42 de Citrouille - dossier homosexualité, homophobie et homoparentalité - UN ARTICLE DE 2005 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010 )

medium_gayrilla.jpgPetit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes
Michel Dorais et Éric Verdier
H et O éditions
Voici un ouvrage qui plaide avant tout pour la reconnaissance de la diversité sexuelle sous toutes ses formes… Même si son intention première semble être de monter à l’assaut de la citadelle impérialiste de « l’hétérodoxie hétérosexuelle » (la table des matières, dans toute sa sécheresse ressemble au vade-mecum du combattant LGBT !). Certains reprocheront peut-être aux auteurs le tableau noir qu’ils dressent du monde hétéro-sexuel, hétéro-conservateur, hétéro-intégriste, hétéro-sexiste, et religieusement homophobe, ou de ne pas le « resiginifier » plus positivement. Mais c’est oublier les « faits divers » qui défraient régulièrement la chronique (et ceux dont on ne parle pas) ; c’est oublier ces insidieuses et incessantes humiliations dont on ne s’aperçoit pas de la cruauté quand on n’en est pas victimes. Le but de Michel Dorais et Éric Verdier est d’aider ceux qui se cherchent et se découvrent « différents » à témoigner, assumer, affirmer, reconnaître leur préférence sexuelle pour trouver un équilibre satisfaisant dans leurs relations. Ceux-là puiseront dans cet ouvrage les raisons justes du respect d’eux-mêmes et de leur dignité. Mais c’est aussi un guide pour les hétéros de tous acabits, filles et garçons, qui ont trop souvent tendance à croire que leur orientation est la seule, unique et inéluctable. Or il est bon d’entendre ceux qui ne voient pas comme nous… Réfléchir sur ses propres préjugés permet de s’ouvrir au regard de l’autre – à sa vérité qui ne sera jamais la nôtre. On sera alors à même de se demander : « Quelle liberté suis-je capable de donner ? » Cet ouvrage à la conception et la réalisation claires et réussies peut nous y aider.

Jean-Claude Ponsgen, librairie le Liseron

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17 juillet 2010

Moi, le loup et les vacances avec pépé

Moi, le loup et les vacances avec pépé - Delphine Perret

  • Delphine Perret
  • Thierry Magnier - 12 €

Vous n’êtes pas sans savoir que si le loup ne rôde plus du côté de la forêt d’une certaine mère-grand ni du côté de la ville de trois cochons plus ou moins bons bâtisseurs, c’est parce que Louis l’a invité dans son placard.(Rappelez-vous, on avait tous craqué pour Louis et ses chocos dévorés par le loup ; un loup qui n’avait rien de terrifiant mais qui se disait pourtant être LE grand méchant loup).

Cette fois-ci, l’année scolaire se termine et pépé a prévu d’emmener Louis à la mer. Mais pour Louis, il est impensable de laisser son copain loup.

Nous voilà plongés dans un road-movie mouvementé et délirant. Autoroute, pots d’échappement, odeurs de campagne, ventres qui grognent, tous les petits soucis des voyages accompagnent les trois héros pour nous faire rire du début à la fin.

Les illustrations en noir et blanc viennent compléter le texte et parfois le substituer avec autant de finesse, d’humour et de sensibilité. BD, album, roman, première lecture, grâce à Delphine Perret il n’y a plus vraiment de frontière, pour le bonheur de tous les lecteurs.

Bénédicte Oudinet, Les Pages du Donjon

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16 juillet 2010

Mangas : Jungle ou nouveaux bonheurs de lecture ?

medium_hikaru.jpg(un article d'Olivier Anselm et Thomas Savary, Librairie Voyelles - in Citrouille 44 - UN ARTICLE DE 2006 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010)

Faut-il encore, dans un article exposant un très bref aperçu de la grande richesse du manga, commencer en désamorçant plusieurs idées fausses ? Non, les mangas ne véhiculent pas particulièrement violence ou sexualité. Non, les héros de manga n’ont pas tous de grands yeux étoilés. Non, les mangas ne s’adressent pas qu’aux enfants ou aux fans de robots géants. Non, les dessinateurs de manga n’ont pas un trait moins talentueux que ceux de la BD franco-belge… Facile à dire ? Il suffit en fait d’aller à la rencontre du continent manga pour que bien des préjugés s’estompent et que la curiosité naisse. Petit voyage dans cette étonnante contrée  où quelques repères, c’est vrai, sont très utiles. Origines et originalité du manga. Le manga a des racines lointaines dans l’art japonais. Cependant, retenons deux moments clés. Le premier, vers 1820, quand HOKUSAI (1760-1849), grand maître de l’estampe et de la caricature, invente le terme «manga»  à l’aide de deux mots signifiant à peu près « dessin dérisoire » ou  « esquisse rapide » ; cette filiation explique en partie le style adopté par les mangakas (nom donné aux dessinateurs de manga) au siècle suivant. Second moment, après 1945, quand les conditions matérielles obligent les éditeurs à n’employer quasiment que le noir et blanc et du papier bas de gamme ; cela a induit un modèle économique fondé sur des publications dans des magazines présentant des chapitres à suivre, ce qui oblige les auteurs à produire beaucoup et vite, en peaufinant un style ne visant pas le «  beau » ou le « réaliste » (à l’inverse de notre BD), mais recherchant l’efficacité et la qualité narrative ainsi que l’expression vivante des mouvements et des émotions.

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15 juillet 2010

Le livre de la semaine de Livralire

Pensée en herbe
jacques SIMON
Passage piétons
juin 2010, 20 euros
album
grand large

Lire la présentation de ce livre
sur le site de Livralire

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Yves Pinguilly, barde et griot

UN ARTICLE DE 2006 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

medium_yvespinguilly.jpgCitrouille – Yves Pinguilly, d’où vous vient cette passion de l’Afrique ?

Tout l’implicite du mot AFRIQUE est, pour l’homme blanc difficilement atteignable, dans toute sa force, toute sa chair, tout son sang… Les mots, disait le grand écrivain Congolais Sony Labou Tansi, sont du silence qui parle. Mais qui sait entendre dans le monde blanc l’une des deux mille langues encore parlées sur le continent noir ? Qui sait lire l’amharique qui s’écrit sur le continent noir depuis aussi longtemps que le latin, dans la vieille Europe ?

Derrière le mot Afrique se cache un des plus grands continents du monde, et qui prononce Afrique pour commencer une conversation peut vous emmener vers le pays aussi mouillé que l’Irlande qu’est la Guinée Conakry ou vers les terribles déserts du Sahara ou du Namib, là où le soleil a fondé sa patrie ; il peut aussi vous guider dans la forêt équatoriale où les arbres mangent la lumière, ou sur quelques uns des grands fleuves du monde que sont le Nil et le Niger. Encore, celui qui raconte, le plus souvent brasse sans précision géographique et historique les mots baobab, éléphant, griot, génie, ancêtre, pygmée, calebasse, masque, balafon, pagne, excision, cora, mandingue, esclavage, taxi- brousse, colonialisme, savane, zoulou, cauri, boubou, case, piste, tradition orale, apartheid… on pourrait continuer la liste, bien sûr. En fait l’Afrique est peut-être trop grande pour être aimée, et souvent quand un voyageur blanc l’embrasse ou quand l’écrivain blanc l’écrit, les baisers qu’ils lui donnent sont des baisers de Judas. Pourquoi ? Parce « ce blanc là », qui a de grands yeux ne voit rien ! Parce que l’Afrique ne se laisse pas deviner aussi facilement sans doute. Et puis le Blanc, de France et de Navarre doit se défaire de son histoire coloniale, cette histoire mensongère qu’on lui a racontée. « Ce blanc là » quand il aura bien compris que rien de bon, de grand, ne peut naître de la soumission, de l’humiliation et des offenses perverses, engendrées par l’esclavage et le colonialisme pourra commencer son apprentissage et espérer pouvoir un jour ouvrir réellement les yeux et en prendre plein la vue avec ce monde que l’on nommait encore, il n’y a pas si longtemps la terra incognita et monstruosa !

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12 juillet 2010

Zarra

Zarra - Carole Fives

  • Carole Fives
  • Neuf, L’École des Loisirs - 8 €

Zarra est un très chouette roman. Un peu barré, un peu fou-fou, très drôle et très sensible. Oui oui, tout ça à la fois ! On y suit une tranche de vie d’Axelle, une jeune « pré-ado » pas trop mal dans ses baskets, malgré un quotidien pas toujours tendre, et une mère qui l’est encore moins. La vie n’est pas facile avec elle, mais elle le sait, elle s’en accommode comme elle peut, elle gère. En plus, malgré tout ça, et à défaut de pouvoir gommer ses propres problèmes, Axelle décide un jour d’endosser un costume de super-héros, et de traquer sans cesse les injustices de la planète (en commençant par celles de son quartier). Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner !

Une fois, notre amie Julie nous a dit : « ben oui, les romans, c’est pas la vraie vie ». Elle a raison, Julie. Et même si on se reconnait parfois (souvent ?) dans de nombreuses situations empruntées à des romans, il n’en résulte pas moins que ce qui se déroule dans ces histoires est parfois (souvent ?) très éloigné de notre quotidien. Alors oui, c’est vrai que les enfants de 9-12 ans ne vivent pas toujours les mêmes péripéties que leurs héros de romans (des romans ancrés dans notre société contemporaine hein ? Je vous parle pas d’Harry Potter, Eragon et Cie !!! mais je pense sincèrement qu’ils aiment les lire. Ils aiment trouver par eux-mêmes les clés de la compréhension d’un tel univers, d’une telle problématique. Je me rappellerai toujours cette maman venue à la librairie pour choisir des livres pour ses enfants, dont un roman pour son aîné de douze ans. Je lui avais conseillé à l’époque Le Premier qui pleure a perdu de Sherman Alexie chez Albin Michel, qui n’est a priori pas le livre le plus accessible et le plus joyeux de ces dernières années pour cette tranche d’âge, et elle est revenue me voir en me remerciant, car grâce à ce livre, elle a pu avoir une chouette discussion avec son « grand », et parler avec lui de choses délicates, sur la vie, la mort, la misère des gens, la pauvreté… mais aussi sur l’espoir pour en sortir, le courage, la volonté, l’humour pour se désengorger de situations délicates…

À mon sens, Zarra fait partie de ces romans. Et même si je le présente en disant qu’il s’agit là d’un roman qui parle d’une jeune fille dont le père est quelquefois aux abonnés absents et dont la mère maniaco-dépressive lui en fait voir de toutes les couleurs, je ne manque pas de dire que c’est gorgé d’espoir, qu’on en rigole énormément, et que ça permet en même temps d’ouvrir les yeux, en toute simplicité et sans pathos ni culpabilité sur un phénomène bien réel de notre société…

Un extrait, page 22, où Axelle parle de son père :

« Mon père nous dit toujours, au Petit Frère et à moi : Une heure, deux livres !

Ils parlent de cette façon les pères cadressup, ils vont droit au but. « Une heure, deux livres », en langage cadressup, ça veut dire que t’as une heure pour trouver les deux livres les plus classes du rayon romans. Les meilleurs livres. Ceux qui changeront ta vie, te donneront des solutions à tous tes problèmes.

Moi, j’ai lu tous les livres de la Bibliothèque Rose, sauf Oui-Oui, c’est bien trop bébé. Franchement, ils se mettent le doigt dans l’œil s’ils croient que les histoires d’un nain et de sa voiture jaune peuvent intéresser une fille comme moi.

J’ai commencé par le Club des Cinq, avant j’adorais, mais après j’ai découvert Fantômette et ma vie a changé ».

Un autre passage, avec sa mère, page 69, que j’aime beaucoup, mais que je préfère vous laisser découvrir de vous-même, et qui est super, super beau…

Merci à Carole Fives de nous avoir offert tout ça !

Jean Pichinoty, La Soupe de l'Espace



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10 juillet 2010

Est-ce qu'une littérature adressée peut être désignée comme de la littérature ? (par Christophe Honoré)

Il y a d'abord eu les critiques sur le blog de L'Eau Vive ( et ) à propos du dernier roman de Christophe Honoré (J'élève ma poupée),  puis la publication dans la rubrique "rétroviseur 2010" d'un article de Citrouille paru en 1999 (ici), republication à laquelle a réagi Fabrice Vigne (ici) en signalant un article publié en 2008 sur son blog, et enfin la critique de J'élève ma poupée par Gwendal Oulès (Récréalivres) sur le blog de Citrouille (ici). Aujourd'hui nous publions le commentaire qu'a posté Christophe Honoré à cette occasion. (photo : site de L'école des Loisirs)

521.gifJe ne sais pas si j'ai le droit d'apporter mon commentaire sur une discussion où je suis en cause. C'est étrange de lire ainsi plus de dix ans après des réactions à une citation ( tronquée, mais bon c'est le principe des citations) de mes propos. J'ai eu l'occasion, notamment dans un roman adulte, que j'avais avec affectation titré Le livre pour enfants, d'expliquer ce que j'avais en tête lors de cet entretien. Aujourd'hui, j'ai la tentation de m'expliquer encore, bien que je craigne qu'on prenne ça pour de la justification mesquine. Bien que dans un sens, ce dernier livre, J'élève ma poupée, est sans doute une nettement plus précise image de ma réflexion, que ce que je risque de mal dire ici. Pourtant, il y a une chose sur laquelle j'aimerais m'arrêter, c'est la question de l'adresse, question essentielle, j'allais écrire constitutive de la littérature jeunesse. A qui s'adresse-t-on quand on écrit pour la jeunesse ? Et est-ce qu'une littérature adressée peut être désignée comme de la littérature ? Dans les écrivains parents d'élèves, ou les écrivains orphelins que je désignais, c'était uniquement de ça dont je parlais. Et quoi qu'on ait voulu me faire dire, je n'ai jamais mis dans cette catégorisation provocatrice et je l'espérais - à tort, ironique - une balance de qualité. Juste émis cette idée que tous les écrivains pour la jeunesse, n'écrivaient justement pas pour des enfants, mais que certains écrivaient avec leurs enfance. Voilà qui est précisé, je ne suis pas contre être à la place de l'accusé lors des procès, mais j'aimerais autant qu'on me donne la possibilité d'avouer.

Et je sens que finalement, on continue de me reprocher quelque chose avec ce J'élève ma poupée, on continue de soupçonner que je n'écris pas pour les enfants. Alors que s'il y a bien un livre qui dans sa forme même, est un livre d'adulte s'adressant à un enfant, c'est ce roman là. Je me suis souvent dit que le narrateur adulte était le grand absent de la littérature jeunesse, comme s'il fallait à tout prix faire croire avec tous ces narrateurs enfants, qu'un livre jeunesse n'était pas une "littérature absolument adulte", du coup, j'ai souvent préféré les écrivains qui ne se cachaient pas à ceux qui jouaient avec trop de conviction le simulacre de l'enfance. Dans ce J'élève ma poupée, je mets un adulte en scène, un adulte qui s'en prend directement et agressivement aux lecteurs, mais je crois que l'humour, "la connaissance effective" des poupées des lecteurs, permettent à ceux-ci de remettre en cause la parole de l'adulte, même si celui-ci est désigné comme l'auteur du livre, donc à priori intouchable. Si ce livre donne l'occasion à ses lecteurs de s'échauffer, de s'indigner et de traiter l'écrivain qui l'a écrit de dernier des crétins, je crois que ça suffira à mon bonheur... Aïe, ce commentaire est beaucoup trop long, et il a la couleur du pensum... désolé... Bon été à vous.

Christophe Honoré

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09 juillet 2010

Merci Zoé

UN ARTICLE DE 2005 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

Rencontre autour de quatre livres entre Zoé, 14 ans, et Leslie Vega, librairie Rêv’en pages. (Article paru dans le n°42 de Citrouille - dossier homosexualité, homophobie et homoparentalité)

medium_paco.jpgQuand Zoé avait neuf ans, cela faisait déjà quatre ans qu’elle vivait auprès de sa mère et de la femme que celle-ci aimait et que Zoé considérait comme un autre parent… en plus de sa maman et de son papa qui avaient divorcé. Dans sa classe de CE2 personne ne connaissait sa situation, pas même ses copines proches. Sa mère est venue un jour à la librairie, me demander des livres sur le thème de l’homosexualité. Elle n’avait aucun mal à parler de sa préférence sexuelle et de son choix de vie avec Zoé mais visiblement, il manquait quelque chose… Cet après-midi-là, elle est repartie avec Marius (Marius, L. Alaoui et S. Poulin, éd. L’Atelier du poisson soluble) et Je ne suis pas une fille à papa (Ch. Honoré, éd. Thierry Magnier). Zoé les a lus et a décidé d’apporter le second en classe pour le présenter et le résumer aux autres élèves. Son institutrice étant d’accord, elle a donc parlé de son livre… puis s’est endormie sur sa table pendant que les conversations s’engageaient dans tous les sens : sur la situation familiale de Zoé, sur le divorce d’autres parents… L’institutrice confia ensuite à la mère combien avait été riche et extraordinaire ce qui venait de se passer en classe, pendant que Zoé dormait après l’avoir permis…

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L’arbrier: Découvre les arbres en t’amusant

l'arbrier.jpg

  • Delphine Chedru
  • Albin Michel Jeunesse - 14,90 €

Delphine Chedru invente pour nous amuser. Nous avions aimé son travail chez Naïve ou Hélium ; nous la rencontrons en train d’herboriser, pardon, arboriser chez Albin Michel.

Elle nous propose de récolter quelques feuilles d’arbres de nos parcs ou forêts. Au retour, on plonge dans son arbrier pour jouer avec nos trésors de promenade. Un peu de gouache et d’eau, un pinceau, nos feuilles et voilà de drôles de tampons ! La feuille du saule se transforme alors en chapeau pour le squelette dansant, celle du tilleul forme les écailles du poisson, l’osier se perd dans les nuages et ainsi se succèdent à gauche une page d’herbier, à droite une invitation à se laisser porter par l’art, nos envies et les couleurs.

26 arbres et arbustes à découvrir, autant de feuilles à recueillir, voire plus, car outre leur utilisation artistique on peut aussi les collectionner et les ranger dans une pochette en fin d’ouvrage.

À chacun son arbrier!

Bénédicte Oudinet, Les Pages du donjon

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