26 janvier 2012
Le livre de la semaine de Livralire

Libres !
Collectif
Bayard jeunesse, millezime
janvier 2012, 11,50 euros
nouvelles
collège ado et lycée
Lire la présentation de ce livre
sur le site de Livralire
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Sélection Prix Sorcières 2012
La commission Prix Sorcières suite aux votes des libraires et bibliothécaires jeunesse a procédé à la 1ère sélection des 30 titres arrivés en tête pour le Prix 2012.
La sélection finale sera déterminée par la commission le lundi 6 février prochain.
La remise des prix aura lieu le lundi 19 mars au Salon du livre de Paris mais auparavant une conférence de presse se tiendra le 5 mars à l'Hôtel de Massa où l'affiche illustrée par David Merveille sera découverte.
TOUT PETITS
Le loup ne nous mangera pas
Emily Gravett
Ed. Kaléidoscope
13 €
Un peu perdu
Chris Haughton
Ed. Thierry Magnier
14 €
Aujourd'hui je suis
Mies Van Hout
Ed. Minédition
14 €
A la rencontre
Claudine Morel
Ed. Didier Jeunesse
12,90 €
Non
Claudia Rueda
Ed. Rue du monde
14 €
ALBUMS
De quelle couleur est le vent ?
Anne Herbauts
Ed. Casterman
19,50 €
Faites la queue !
Tomoko Ohmura – traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier
Ed. Ecole des Loisirs
12 €
A-A-A-A Atchoum !
Philip C. Stead
Ed. Kaleidoscope
13 €
Le masque
Ilya Green
Ed. Didier Jeunesse
14 €
Une Chanson d’ours
Benjamin Chaud
Ed. Hélium
14,90 €
PREMIÈRES LECTURES
Lettres à plumes et à poils
Philippe Lechermeier
Ed. Thierry Magnier
9,90 €
L’enfant
Colas Gutman
Ed. Ecole des Loisirs (Mouche)
7 €
Waldo et la mystérieuse cousine
Catharina Valckx
Ed. Ecole des loisirs (Mouche)
8 €
Il faut le dire aux abeilles
Sylvie Neeman
Photographies : Nicolette Humbert
Ed. La Joie de lire
11 €
Le dur métier de loup
Collectif
Textes de Kéthévane Davrichewy, Marie Desplechin, Christian Oster, Alex Cousseau, Olivier Solminihac (de)
Illustrations : Delphine Perret
Ed. Ecole des loisirs
7 €
ROMANS JUNIORS
Le bébé tombé du train
Jo Hoeslandt
Illustrations : Andrée Prigent
Ed. Oskar jeunesse
12,95 €
Mercedes cabossée
Hubert Ben Kemoun
Ed. Thierry Magnier (petite poche)
5 €
Les invités
Charlotte Moundlic
Ed. Thierry Magnier (petite poche)
5 €
L’envol du dragon
Jeanne A Debats
Ed. Syros (Mini Syros Soon)
2,95 €
Mandela et Nelson
Hermann Schulz
Ed. Ecole des loisirs (Neuf)
10,50 €
ROMANS ADOS
La fourmilière
Jenny Valentin
Ed. Ecole des loisirs (médium)
11 €
Le monde dans la main
Mikaël Ollivier
Ed. Thierry Magnier
16 €
L'innocent de Palerme
Silvana Gandolfi
Traduit par Faustina Fiore
Ed. Les Grandes Personnes
16,50 €
Waterloo Necropolis
Mary Hooper
Ed. Les Grandes Personnes
17,50 €
Un jour
Morris Gleitzman
Ed. Les Grandes Personnes
16 €
DOCUMENTAIRES
Chimères génétiques
Julie Lannes
Ed. Atelier du poisson soluble
17 €
La fabrique à théâtre
Ghislaine Beaudout et Claire Franek
Ed. Thierry Magnier
18,80 €
Le ginkgo, le plus vieil arbre du monde
Alain Serres
Ed. Rue du monde
17 €
Tout sur l'automne
Charline Picard, Clémentine Sourdais
Ed. Seuil Jeunesse
18 €
Street art : un musée à ciel ouvert
Ambre Viaud
Ed. Palette (L'art et la manière)
18 €
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De l'audace, de l'audace, toujours de l'audace : Christian Bruel, journée d'étude
Présentation et programme de la journée d'étude consacrée à Christian Bruel :
programme_journee-C.Bruel.pdf
24 janvier 2012
Citrouille n°56, imprimable et téléchargeable
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23 janvier 2012
Cherub: enfants espions... ô la jolie littérature pour la jeunesse... (lien blog Patrice Favaro)
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22 janvier 2012
Nickel Blues

- Nadine Monfils
- Mijade - 8 €
Initialement sorti dans une collection adulte en 2008, ce livre ressort aujourd’hui pour les ados chez Mijade et c’est une très bonne chose. Il eut été dommage que ceux-ci passent à côté d’un texte aussi drôle et déjanté.
Deux frères, Ralph et Tony, ont profité des vacances pour « s’occuper » de la maison. Plusieurs semaines de fêtes non-stop et la maison ressemble à un champ de bataille où se mêlent ketchup, mayo, boîtes de pizzas, cadavres de bouteille et vomi… Une porcherie passerait pour un palace à côté… Mais toute bonne chose prenant fin, les parents et la grand-mère rentrent dans deux jours ! Nos deux ados ne sont pas très motivés pour nettoyer ce taudis. L’aîné va alors avoir la très bonne mauvaise idée de kidnapper une fille du quartier et de la forcer à faire le ménage. L’heureuse élue se nomme Rita et la tâche s’annonce impossible…
Nickel blues est un roman qui plaira assurément à tous les ados, grands mais aussi petits lecteurs. Il est vraiment agréable à lire, intense avec une belle pointe d’humour noir, très plaisante.
Florian Trohel, M’Lire
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Un goûter en forêt

- Akiko Miyakoshi
- Illustrations Akiko Miyakoshi
- Traduction Nadia Porcar
- Syros - 13,95 €
Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son père se met en route pour aller déblayer la neige devant la maison de Grand-Mère. « Oh là là, Papa a oublié le gâteau pour Grand-Mère ! Si je pars maintenant, je peux le rattraper… ». S’enfonçant dans la neige au cœur de la forêt, la petite Kikko, coiffée d’un bonnet rouge, nous invite dans la féerie des contes. Petit chaperon, Alice ou Chihiro, la fillette traverse bientôt le miroir et la réalité bascule dans la poésie. Les dessins noir et gris, réalisés au fusain, participent au mystère : une étrange bâtisse est apparue sur le chemin, ses hôtes, sous leurs lourds manteaux, ont le visage d’ours, de biches, de lapins ou de sangliers ; la forêt toute entière a revêtu une forme humaine et se retourne vers Kikko. Chacun se fige un instant. Puis c’est la rencontre et toute la bienveillance de ces personnages aussi inquiétants qu’hypnotiques qui réchauffent la grisaille ambiante et le cœur de Kikko. Les illustrations et la mise en couleur de certains détails – les parts de gâteaux, le cuivre d’un trombone – illuminent le froid de l’hiver et transcende cette intrigue presque banale. Transportée, Kikko retrouvera son chemin et Grand-Mère découvrira son gâteau, la magie disparaîtra comme elle est venue mais l’on se frottera encore une fois les yeux : était-ce un rêve ? Akiko Miyakoshi réussit le pari de la simplicité en offrant aux lecteurs un album silencieux, emprunt de douceur et d’une fantastique étrangeté.
Lucie Charrier, Les Enfants Terribles
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Petites histoires zen

- Dominique Tellier
- Illustrations Sébastien Pelon
- Poche cadet, Milan - 5,50 €
Douze toutes petites histoires zen, d’une page ou deux chacune. Petit lama y croise une mouche, un tigre, un dragon, un singe, c’est quelquefois un peu absurde, c’est surtout doux, drôle et très bien illustré. Mention particulière pour l’histoire intitulée L’Hiver, qui est un vrai bonheur de sagesse…
Madeline Roth, L’Eau Vive
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21 janvier 2012
Bestiaire du Gange

- Rambharos Jha
- Illustrations Rambharos Jha
- Actes Sud Junior - 21,50 €
Bestiaire du Gange... L’ouvrage est beau. Un grand format à l’italienne d’un bleu saisissant nous happe déjà l’œil et l’esprit, et c’est avec émerveillement que l’on plonge dans les pages, que l’on se surprend à caresser, à renifler pour humer la bonne odeur du papier tout juste sérigraphié. Réalisé entièrement à la main, Bestiaire du Gange est bien plus qu’un album. Chaque page est un tableau offert au lecteur, une jubilation visuelle entrelacée de poèmes tamouls adaptés et traduits, qui légendent les sérigraphies. À la manière de haïku, les textes sont brefs et toujours puissamment évocateurs : grondement de tambours, pluie battante, poissons déchaînés, quelques mots suffisent pour accompagner le tourbillon de couleurs et traduire la vie qui anime les eaux du Gange. Les animaux aquatiques s’animent sous la finesse et la précision du trait de Rambharos Jha, héritier de la tradition du Mithila. Cet art pratiqué principalement par les femmes du Nord-Est de l’Inde consistait à décorer les murs et sols des maisons de dessins colorés à l’occasion de fêtes et de célébrations. La minutie des détails et l’emploi de pigments naturels (curcuma, jasmin), caractéristiques de cette pratique, viennent ici sublimer les ondulations et remous du fleuve qui a fait naître cet imaginaire, entre mythologie et rêves d’enfant.
Lucie Charrier, Les Enfants terribles
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Liber et Maud

- Nadia Marfaing
- Illustrations Rascal
- Médium, L’École des Loisirs - 9,86 €
Maud est devenue aveugle à la suite d'un accident. Adolescente populaire dans son lycée, elle refuse maintenant tout contact avec le monde extérieur et reste cloîtrée dans sa chambre. Seul Liber, un garçon de sa classe pour lequel elle n’a eu jusqu’à présent qu’indifférence, a l’audace de forcer cette barrière et de s’instituer nouveau compagnon de la jeune infirme.
Nadia Marfaing pose d’emblée les pieds sur un terrain glissant, nous imposant une histoire qui pourrait être à priori l’argument d’un épisode de Joséphine ange gardien. Les premières pages du roman racontent comment Liber réussit à s’introduire dans la chambre de Maud : d’abord sceptique, on est très vite saisi par la justesse de la situation et conquis par le culot, l’énergie de Liber. Manifestement attachée à décrire toute l’ambiguïté des démarches du garçon, l’auteure démêle petit à petit les liens étroits entre la pureté et la manipulation, entre la générosité et le désir de domination. Liber est un beau personnage, solaire, tourné vers l’action, capable de recevoir les coups sans faillir. Ce qui le pousse vers Maud repose sur une volonté au bout du compte admirable qui dépasse largement la question sexuelle (la fameuse première fois). Mais c’est Maud qui nous intéresse. Tour à tour touchante et insupportable, elle est portée malgré elle par un instinct destructeur qui donne à la dernière partie du roman un tour passionnant, une indécision follement romanesque.
Liber et Maud est un roman magnifique, le grand coup de cœur de cette rentrée 2012.
Gwendal Oulés, Récréalivres
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L’homosexualité s’invite au rayon jeunesse (lien + archives)
En complément de L'HOMO BIBLIO de Comptines (là), un article de Têtu (ici) , deux articles à retrouver dans le blog de Citrouille : Le droit d'aimer et Merci Zoé, et, ci-dessous, les articles qui les accompagnaient dans le dossier du n°42 de Citrouille.

Marius
Les difficultés que les gays doivent surmonter pour élever en couple un enfant, dans les années 60 comme à l’heure actuelle, viennent d’abord de l’entourage.
David est né en 1931. En 1959, malgré une homosexualité déclarée, il épouse Ginette qui lui donne un fils en 1960, Fabien. Avant les trois ans du petit garçon, David et Ginette se séparent. C’est David qui a la garde de Fabien, qu’il élèvera avec son nouveau compagnon pendant de nombreuses années.
Anne: A la lecture de l’album Marius, qui doit probablement te faire écho, peux tu évoquer les différences ou les points communs entre ta propre expérience de père dans un couple homoparental au début des années 60 et celle du père de Marius qui se passe de nos jours ?
David : Marius parle de la séparation de ses parents en ces termes dans l’album : « ils se sont séparés et ça leur a donné beaucoup de chagrin. Ils ont pleuré. ». Et bien, pour mon épouse et moi aussi, cette séparation a été une douleur terrible, avec ce petit garçon entre nous à peine âgé de trois ans. Pourtant, nous savions l’un comme l’autre que le divorce était inéluctable… On a même éclaté en sanglots devant le juge de conciliation, à qui bien sûr on a caché le fond de l’histoire, c’est à dire mon homosexualité… C’était il y a quarante ans… Et je voulais à tout prix la garde de mon fils… Alors mieux valait se taire. Mon épouse était beaucoup plus jeune que moi, sans situation professionnelle, et savait quelle brisure cela aurait été de me séparer de mon fils. Elle était au courant de ma sexualité lorsque l’on s’était rencontrés, je ne le lui avais jamais caché. Notre mariage avait été un mariage éclair, et notre séparation très rapide, telle un coup de tonnerre. Peu de temps après cette séparation, j’ai rencontré un homme qui est venu vivre avec moi et mon fils. Fabien, mon fils, s’entendait très bien avec lui, qui était tendre à son égard et sans doute moins exigeant que je ne l’étais envers lui. La mère de Fabien venait nous visiter, elle aussi reconstruisait sa vie de son côté. Quant aux grands–mères du petit Fabien, toutes deux étaient au courant de mon homosexualité et de notre situation. J’avais joué la carte de l’honnêteté dès le début et ça payait.
Anne : Et le regard de la société, de l’école, sur ta situation familiale ? Dans quelle mesure peut-on comparer ton expérience à celle des réactions décrites dans l’album de Latifa Alaoui ?
David : J’étais en fait peu en contact avec l’école. J’avais une vie professionnelle très chargée, et j’avais embauché une nounou pour m’occuper de mon fils jusqu’à mon retour du bureau le soir. C’est donc elle qui avait la charge d’aller chercher le petit Fabien à l’école et de faire la jonction entre le foyer et l’institution scolaire. Extérieurement du moins, on semblait respectés par les gens du quartier, mon compagnon et moi. Avec notre intérieur soigné et notre vie hyper stable, on ne se faisait pas remarquer, en tout cas c’est le souvenir que j’ai. Un jour pourtant, mon fils revient de l’école perturbé. Suite à des incidents, l’institutrice leur avait parlé de la pédophilie… Et donc de l’homosexualité… Il devait alors avoir six ou sept ans, et c’est à cette occasion que je lui ai parlé et vraiment expliqué les choses. Il a alors commencé à se poser et à me poser des questions sur les schémas familiaux, et la présence des autres mamans à l’école. Je me souviens qu’il a alors été suivi par un psychologue. Les difficultés que les gays doivent surmonter pour élever en couple un enfant, dans les années 60 comme à l’heure actuelle, viennent d’abord de l’entourage. C’est ce que nous montre le livre, et c’est vrai. J’avais alors la chance d’évoluer socialement et professionnellement dans un milieu très libre sur le plan des mœurs, celui de la haute couture, et de vivre un peu dans ma bulle. Et puis Fabien avait une vie de famille stable et régulière. D’autres barrières fortes moralement contre l’homosexualité et encore vivaces de nos jours sont les religions…
Anne : Comment aurait été reçu le livre si il était paru dans les années soixante ?
David : Les seuls ouvrages qui sortaient alors sur le thème étaient exclusivement destinés aux adultes. C’était pour la plupart des ouvrages médicaux et philosophiques. Publier alors un livre pour enfants sur l’homoparentalité n’était vraiment pas dans l’air du temps !
Anne : Quel a été ton ressenti personnel à la lecture de Marius ? Cet ouvrage t’aurait-il été utile ?
David : Personnellement, je n’en aurais pas eu besoin alors. Et pourtant, il retrace tant ce qui m’est arrivé, hormis l’incompréhension de la belle mère dans le livre. Je le fais circuler autant que je peux. C’est un ouvrage qui m’a paru tout à la fois émouvant et amusant dès la première lecture. Pour ma part, je n’ai pas vécu l’homoparentalité comme un drame. Et puis, on devrait se pencher un peu plus sur la parentalité des hétéros parfois ! Qu’on nous oublie un peu… Et qu’ils se regardent un peu !
Anne Helman , librairie Chat Perché
Les tabous tombent un à un…
Mais les mentalités restent bien souvent à la traîne et il est encore indispensable, comme il le sera encore longtemps, de favoriser l’apprentissage des différences
Grib Borremans est confondatrice et redactrice du magazine Love Pirates, bimestriel lesbien, trans, gay. Elle est également o-fondatrice de l'association Pink Pirates (à Besançon), une bibbliothèque associative proposant des ouvrages de culture homo, et dotée d'un rayon jeunesse. Elle a récémment publié aux Editions gaies et lesbiennes un roman adulte, "Generation arc-en-ciel" co-écrit avec Cécile Bailly , dont elle nous a poposé de découvrir le Paradis de Paco, écrit pour la jeunesse.
« PD », « sale lesbienne »… qui n’a pas entendu un jour dans la rue, dans les cours d’école, ces injures vociférées ? Vocables faisant référence à l’homosexualité et tombés dans le langage grossier commun… Tellement commun qu’on en oublie parfois le sens premier, qu’on ne s’aperçoit même plus qu’ on est est en train de traiter stupidement l’autre de « préférence sexuelle » ! Pour beaucoup, tout ceci n’est pas grave… puisque les susceptibilités seraient celles d’une minorité ! Et on continue à parler ainsi sans réfléchir, sans imaginer que ces mots blessent, peuvent même tuer. Non je n’exagère pas : regardez les statistiques concernant le suicide chez les jeunes : plus de la moitié de ceux qui mettent fin à leur vie sont des homosexuels confrontés en permanence à cette stigmatisation. Bien sûr les temps changent, me direz-vous. Les programmes télévisés affichent leurs quotas d’homos, les députés votent une loi contre l’homophobie… Même le sacro-saint mariage est remis en question. Mais les mentalités restent bien souvent à la traîne… Puisque chacun sait que l’ignorance favorise la discrimination, il est encore indispensable, comme il le sera encore longtemps, de favoriser l’apprentissage des différences dès le plus jeune âge. Un des premiers outils d’éducation et de connaissance est le livre. Jusqu’a récemment, la quasi-totalité des ouvrages ne proposait aux jeunes que des schémas d’amour hétérosexuel… même si l’auteur du Club des cinq était lesbienne, et tandis que les célèbres garçons de Pierre Joubert, illustrateur de « Signe de piste », suggéraient secrètement bon nombre de fantasmes chez les adolescents… Mais A l’heure des débats sur l’homoparentalité, les tabous tombent un à un. Et les maisons d’éditions de littérature jeunesse se font de moins en moins frileuses… Ce n’est pas moi qui irai m’en plaindre !
Un des dernier ouvrages en date, Le droit d’aimer paru dans la collection J’accuse des éditions Syros, est signé Julien Picquart, journaliste mais aussi directeur de la rédaction du rapport annuel sur l’homophobie de l’association SOS homophobie – il n’est donc pas un inconnu dans le milieu militant gay et lesbien. Conformément au principe de cette excellente collection, ce livre propose un court récit, deux témoignages et un dossier. Dans la première partie, Simon est amoureux, un adolescent découvre le sentiment de honte qu’il éprouve en tombant amoureux d’Achille, un garçon de son lycée. Cette nouvelle est un peu décevante, tant sur le plan de l’écriture que sur celui de la narration. On souhaiterait plus de profondeur, toucher l’intime des personnages. On a du mal à y croire. C’est dommage. S’ensuivent alors deux témoignages très émouvants. Celui d’une lesbienne, Nadine, et celui d’un gay, David. Ces personnes ont été victimes d’agression, verbale ou physique. Chacun à sa manière réagit face au traumatisme, à la bêtise humaine. A travers leurs paroles, leur pudeur, on ressent la difficulté de vivre, de dire sa différence. Quand au dossier, il est remarquablement bien construit : simple, concis, informatif sans être rébarbatif ou trop didactique. Il faut noter que c’est la première fois que la lesbophobie est traitée au même titre que l’homophobie. Chapeau à l’auteur pour ce très bon travail de synthèse.
Le paradis de Paco, de Cécile Bailly, est paru quant à lui il y a un an. Apres Dis maman de Muriel Douru, qui s’adresse aux 3/5 ans et traite de la famille homoparentale, les Editions Gaies et Lesbiennes (il faut oser se lancer dans l’aventure jeunesse, avec un tel nom !) s’adresse cette fois aux 12/15 ans. Surtout ne vous fiez pas à la couverture : il n’est pas question de vache… même folle ! Ce n’est qu’une interprétation très parisienne de la campagne… Paco, un ado des villes, déménage de Pantin pour le sud de la France. Changement de vie, changement de copains. Là-bas, il retrouve Fifi, un gamin de cirque, rencontre Luky, un gosse du village pas vraiment ordinaire… Lors de ces nouvelles rencontres, Paco va devoir expliquer qu’il a trois parents, ses deux mères et son père dont le compagnon est mort du sida… Son auteure précise : « dans ce roman l’homosexualité apparaît en filigrane. C’est une volonté de ma part. Je raconte d’abord une aventure, celle du déménagement de Paco de la ville à la campagne. Sa vie familiale, il la vit par ailleurs très bien de l’intérieur. Mon idée était de banaliser une famille qui pourrait paraître différente – ou d’autres formes familiales, comme la vie communautaire» » .Cécile Bailly signe ici, avec naturel, son premier roman jeunesse (elle a par ailleurs publié en « adultes »). Un chouette bouquin, dynamique, qui dit simplement la vie. Malheureusement jusqu’à présent il a été relégué au rayon gay des librairies et n’a pu véritablement se confronter à un public élargi.
Grib Borremans
Petit manuel de gayrilla à l'usage des jeunes
Michel Dorais et Eric VerdierH et O éditions, 11€
Voici un ouvrage qui plaide avant tout pour la reconnaissance de la diversité sexuelle sous toutes ses formes… même si son intention première semble être de monter à l'assaut de la citadelle impérialiste de « l'hétérodoxie hétérosexuelle » (la table des matières, dans toute sa sécheresse ressemble au vademecum du combattant L.G.B.T. !). Certains reprocheront peut-être aux auteurs le tableau noir qu'ils dressent du monde hétéro-sexuel, hétéro-conservateur, hétéro-intégriste, hétéro-sexiste, et religieusement homophobe, ou de ne pas le « resiginifier » plus positivement. Mais c’est oublier les « faits divers » qui défraient régulièrement la chronique (et ceux dont on ne parle pas) ; c’est oublier ces insidieuses et incessantes humiliations dont on ne s’aperçoit pas de la cruauté quand on n’en est pas victimes. Le but de Michel Dorais et Eric Verdier est d'aider ceux qui se cherchent et se découvrent « différents » à témoigner, assumer, affirmer, reconnaitre leur préférence sexuelle pour trouver un équilibre satisfaisant dans leurs relations. Ceux-là puiseront dans cet ouvrage les raisons justes du respect d'eux-mêmes et de leur dignité. Mais c’est aussi un guide pour les hétéros de tous accabits, filles et garçons, qui ont trop souvent tendance à croire que leur orientation est la seule, unique et inéluctable. Or il est bon d'entendre ceux qui ne voient pas comme nous… Réfléchir sur ses propres préjugés permet de s'ouvrir au regard de l'autre - à sa vérité qui ne sera jamais la nôtre. On sera alors à même de se demander : "Quelle liberté suis-je capable de donner ?". Cet ouvrage à la conception et la réalisation claires et réussies peut nous y aider.
Jean-Claude Ponsgen, Le Liseron, Colmar

Tout schuss !

- Bjorn Rune Lie
- Traduction Pascale Mender
- Thierry Magnier - 15,50 €
Bientôt les sports d’hiver ! Mais heureusement, pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de goûter aux joies de la poudreuse, il y a sûrement un livre pour ça…
Celui-là est norvégien. Une valeur sûre donc, question froidure, et question sport. Mais l’intérêt de ce livre réside avant tout dans son contenu, presque documentaire, sur la vie et les activités dans une station de haute montagne, laquelle station pourrait tout aussi bien se situer dans les Alpes chères à une libraire que je connais. Mais loin de nous frigorifier, question illustrations, Bjorn R. Lie réchauffe l’atmosphère. Les couleurs sont
vives et particulièrement gaies. L’univers graphique un peu délirant, où les humains côtoient des animaux chaussant les mêmes skis dans des tableaux extrêmement vivants, dépeint fidèlement l’ambiance d’un village de montagne en haute saison. On prêtera aussi une attention toute particulière à la palette de l’artiste, qui tout en usant de couleurs vives, donne à ce livre un petit côté suranné, et qui sent bon la cannelle et le vin chaud. Un très joli livre pour les plus jeunes, avec un texte riche en vocabulaire, à lire ou à faire lire pour découvrir l’hiver sous l’angle des vacances à la neige.
Cyril Malagnat, Rêv’en Pages
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Boucle d’or et les trois ours

- Olivier Douzou
- Éditions du Rouergue - 15 €
Certains jouent avec les chiffres comme d’autres avec les mots. Le résultat est souvent surprenant et original. Et de l’originalité, il en faut, lorsque l’on décide de s’attaquer à un grand classique. Or s’il en est un qui fait partie du patrimoine des histoires à dormir debout, ou encore couché dans un lit d’ours, c’est bien Boucle d’or et les trois ours, ici revisité par Olivier Douzou. Et la surprise est de taille. L’auteur rompt génialement avec l’imagerie classique pour la remplacer par des compositions géométrique, pour ne pas dire arithmétiques, avec les chiffres. Quasiment indescriptible sur le plan graphique, cet ouvrage est tout simplement magnifique. Un pur chef-d’œuvre et un magnifique exemple de ce que l’on peut faire de plus singulier avec une matière pour le moins… ordinaire. Avec un zéro et un joli jaune soleil, la boucle est bouclée, ce sera évidemment « Boucle d’or ». Un 3, à l’horizontal, et voici une jolie tête d’ours. C’est bien ça. Olivier Douzou cultive l’évidence. Il nous ouvre les yeux sur ce que nous avons finalement appris à ne plus voir, dissipés que nous sommes par des illusions hypnotiques. La barre du 1 ? Facile. Une forêt dense bien sûr. Un 4 à l’envers pour un fauteuil, des ours 13 en colère parce que quelqu’un 7 à 6 sur leurs 16… 3 ours et 3 couleurs primaires pour un livre conceptuel qui hésite entre le rayon « livres d’art » et « contes classiques ». Et si on le laissait dans le rayon « gros coup de cœur » ?
Cyril Malagnat, Rêv’en Pages
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20 janvier 2012
Asdiwal, l’Indien qui avait faim tout le temps

- Manchette
- Illustrations Loustal
- Gallimard Jeunesse - 14 €
C’est au cours de l’été 1966, à Paris, que Jean-Patrick Manchette écrit pour son fils, alors en vacances en Provence loin de lui, les aventures d’Asdiwal, un Indien Tsimshian. Le début du conte est absolument délicieux, et la langue immédiatement truculente, inventive. Je trouvais le mot Tsmishian particulièrement difficile à prononcer plusieurs fois de suite dans la même phrase, et j’étais convaincue que ce peuple d’Indiens sortait tout droit de l’imaginaire de Manchette, mais pas du tout, les Indiens Tshimshians existent bel et bien et Asdiwal est un héros de leur mythologie (Claude Lévi-Strauss fit d’Asdiwal, en 1958, le modèle de son analyse des mythes amérindiens). Manchette se moque bien des ethnologues, en tout cas, et raconte des aventures incroyables, savoureuses, drôles, que Loustal illustre avec talent.
Madeline Roth, L’Eau Vive
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Le Livre des vrais faux

- Gérard Dhôtel
- Illustrations Benoît Perroud
- De la Martinière - 12,90 €
La guerre de cent ans a-t-elle vraiment duré cent ans ? Le nombre de pois des coccinelles indique-t-il leur âge ? Les voitures noires ont-elles plus d’accidents que les autres ?
Ce documentaire ludique et très illustré tente de dénouer le vrai du faux et c’est un plaisir à feuilleter. Un vrai/faux par page, une approche drôle et des illustrations détonantes. Il ravira les petits curieux avides de détails et d’anecdotes croustillantes.
Et le roi Dagobert, il avait vraiment mis sa culotte à l’envers ?
Vanessa Iscariot, Nemo
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CITROUILLE N°58, imprimable et téléchargeable
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18 janvier 2012
"Le coup de cœur du libraire" sur le site du SPLJ 93....
17 janvier 2012
Le livre de la semaine de Livralire

Revolver
Marcus SEDGWICK
Thierry Magnier
janvier 2012, 11,20 euros
roman
lycée et adulte
Lire la présentation de ce livre
sur le site de Livralire
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1. 2.. 3... image

- Catherine Chaine
- Illustrations Marc Riboud
- Gallimard Jeunesse/Les Trois Ourses - 14 €
Voici un beau livre d’images. Catherine Chaîne y joue avec les nombres comme elle s’est plu auparavant, à jouer avec les lettres, à partir des photographies de Marc Riboud.
Paradoxe d’une société qui voue un véritable culte à l’image, il est finalement peu de livres pour nous apprendre à lire l’image. Cet ouvrage nous apprend donc à lire et à compter. Et pourquoi pas, à conter. Car s’il est vrai que chaque image contient à elle seule au moins une histoire, les magnifiques clichés noir et blanc de Marc Riboud fourmillent d’anecdotes et de situations sur lesquelles on a envie de poser des nombres mais aussi des mots qui raconteraient ces nombres. Mille et une histoires se cachent donc derrière ces images qui se passent tellement bien de couleurs. Un livre qui compte et qui s’invente et se réinvente à chaque reprise en main. Une sorte de boulier iconographique, hommage à un grand photographe spécialiste de la Chine, et qui ravira tous les yeux grands ouverts sur le monde.
Cyril Malagnat, Rêv’en Pages
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Mon père est américain

- Fred Paronuzzi
- Roman, Éditions Thierry Magnier - 9,10 €
Léo est un ado a priori sans problème. Il vit avec sa mère depuis toujours et ne sait pratiquement rien de son père sauf qu’il est américain, qu’il n’a été pour sa mère qu’un amour de passage et qu’il n’a jamais cherché à recréer des liens avec son fils… Pourtant un jour, Léo découvre que sa mère est encore en relation avec lui. Des transferts d’argent circulent du compte bancaire de sa mère vers les États-Unis et tout porte à croire qu’ils lui sont destinés. Après le choc et la colère, le jeune garçon va découvrir un terrible secret qui va changer sa vie…
Fred Paronuzzi, qu’on avait découvert avec le très bon Un cargo pour Berlin, confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Mon père est américain est un roman qui sonne juste, et ce malgré la thématique assez lourde qui est abordée. La relation qui se tisse, avec beaucoup de retenue et de pudeur entre le père et le fils est très bien décrite, sans trop en faire. Le père sait ce qu’il a fait et en parle avec beaucoup de franchise. Léo, lui, est perdu et cela semble tout à fait réaliste. La fin du roman, qui n’est en fait qu’un autre début, permet d’éviter toute ébauche de joie surréaliste et m’a beaucoup plu également.
Mon père est américain est décidément un très bon roman !
Simon Roguet, M’Lire
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