Accueil - 02 février 2008

Boycotter Leclerc ? (Tribune libre de Martine Bourre)

6fbe9a070d68e27373f18ed6d3d06d3e.jpgJ’aimerais bien attirer l’attention des chartistes [auteurs, illustrateurs et traducteurs adhérents de La Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse, ndlr] sur un problème qui nous concerne tous : la difficulté de subsister et la disparition progressive des librairies en province (villes moyennes ou petites).

Dans l’Eure où j’habite actuellement, à Verneuil-sur-Avre, la libraire vient de fermer boutique, étranglée par les circuits de distribution et le manque de fidélité de sa clientèle. A l’Aigle, ville proche, dans l’Eure, les trois librairies ont fermé depuis qu’un « espace culturel » Leclerc s’est installé.

Comment réagir ? Et dans quelle mesure ce mouvement nous concerne-t-il ? Je crois que les « passeurs » que sont les librairies indépendantes, et les librairies sorcières en particulier, sont là pour proposer au public un éventail d’albums riche et varié, des coups de cœur, des conseils, des rencontres. Il ne suffit pas de remplir des présentoirs pour assurer la vente de livres faciles, les lecteurs enfants et adultes méritent autre chose.

J’ai donc refusé hier de répondre à l’invitation du centre commercial Leclerc de Nantes qui proposait des signatures sur place, en expliquant, bien sûr, le motif de ma décision. Et je ne participerai plus aux salons ou aux rencontres qui ne seront pas alimentés en albums par de VRAIS libraires. Il me semble que cette attitude est bien le moins que nous puissions faire, nous, auteurs et illustrateurs, pour tenter de freiner cet inquiétant mouvement.

Qu’en pensez-vous ?

Martine BOURRE


Accueil - 03 décembre 2007

Propos sur le sport et la librairie…

Sport ou librairie, faudrait-il choisir ? Alain Fievez (librairie Libr’Enfant à Tours), lui, a tranché.… (Un article du dossier DU SPORT DANS LES LIVRES, paru dans le n°47)

ac0eeee78e1f8dfb20506909fe573a77.jpg1973…
Etudiant en Science Politique, militant au Parti Socialiste, questionné par les rapports adultes/enfants, la transmission des valeurs et l’imposition des normes, je lis un ouvrage publié dans  la Petite Collection Maspero en 1972, Sport, culture et répression, un recueil d’articles de Ginette Berthaud, Jean Marie Brohm, François Gantheret et Pierre Laguillaumie. C'est ce livre qui a décidé de mon travail de doctorat : Les partis de gauche et le sport,  une analyse des caractéristiques structurelles du sport, des réactions face à lui de la SFIO et du Parti Communiste durant le XXème siècle et de propositions critiques pour une activité physique ludique…
Sport égale compétition, compétition égale exclusion !…
«  Le sport est un système institutionnalisé des pratiques compétitives à dominante physique délimitées, codifiées, réglées conventionnellement dont l’objectif avoué est, sur la base d’une comparaison de performances, d’exploits, de démonstrations, de prestations physiques, de désigner le meilleur concurrent ou d’enregistrer la meilleure performance » écrit Jean-marie Brohm…

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Accueil - 24 juillet 2007

La meilleure façon de partager le bonheur de lire est de faire la lecture aux élèves

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, l'extrait d'un ouvrage d'Yves Nadon, initialement mis en ligne en juin 2004]

17ae45a8d33bacc0b2af5430dd6faf0b.jpgLire et écrire
Yves Nadon
Chenelière / McGraw-Hill
distribué en France
par les éditions Pirouette

Introduction du chapitre 2 :

"La meilleure façon de partager le bonheur de lire est de faire la lecture aux élèves. Non pas comme récompense à la fin de la semaine, mais bien comme rituel régulier de la classe. Cela exige que nous, enseignants de la lecture, soyons des lecteurs qui éprouvent du bonheur à lire.

 Un rituel crée des attentes et donne de l'importance à l'acte. Avant de dormir, le rituel bain-lecture-dodo aide l'enfant à se calmer, à se préparer à ce qui viendra et à laisser derrière lui la journée. Ce rituel quotidien (le mien dure environ 20 minutes par jour) apporte à l'enfant un élément de sécurité dans sa vie familiale.

 Lire aux élèves comporte un rituel comme toute la vie en classe. En lisant, nous partageons le bonheur de lire, les bons auteurs, les bons textes, les belles phrases. En lisant aux élèves, nous créons une communauté culturelle qui aime les mêmes textes, qui en discute, qui y puise et qui s'en nourrit.

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Accueil - 22 juillet 2007

Personne ne veut d'une police de l'imaginaire

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, une tribune libre québécoise initialement proposée en mars 2004]

abd9b4a8e6ac0d8b8049fd093d5bf5ac.jpgLes véritables enjeux de la pornographie juvénile - Un texte de Bruno Roy, Président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, et de Charles Montpetit, qui pilote le comité Liberté d'expression de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois

«Comme la plupart des jeunes au Canada, Camille et Claude ont commencé à faire l'amour vers 16 ans.» D'après le Code criminel, la phrase qui précède constitue de la pornographie juvénile, puisque les personnages y ont moins de 18 ans. Si la police vous trouve en possession de ce passage, elle peut vous arrêter, confisquer vos biens et vous jeter en prison. La seule façon de vous en tirer consiste à invoquer la nature artistique, éducative ou scientifique de ce texte. Mais bien que la loi autorise présentement de telles exceptions, cela pourrait bientôt changer.

En effet, sous le couvert de la lutte contre les sévices sexuels, le gouvernement fédéral étudie en ce moment le projet de loi C-12, qui éliminerait les moyens de défense ci-dessus. Dorénavant, un document traitant de sexualité adolescente ne serait autorisé que s'il sert le «bien public». Pourtant, l'âge du consentement est fixé à 14 ans au Canada. Il est donc étrange qu'on ne puisse parler de cette réalité alors que l'acte lui-même est parfaitement légal. Et il est encore plus absurde de prohiber des oeuvres de fiction portant sur ce thème. On n'arrête pas une auteure de roman policier pour meurtre, alors pourquoi le ferait-on pour l'écrivain qui relate un premier amour ?

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Accueil - 18 juillet 2007

Cessez de délirer, avec votre littérature jeunesse !

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un échange initialement mis en ligne en avril 2002]

9be239519850861daacdb9505ca46994.jpgQuestion d'un internaute :
«Monsieur ou madame Citrouille,
A l'orée de son déjà bon paquet de printemps, je voudrais vous poser une question à propos de la littérature de jeunesse.
Depuis le temps que des gamins y sont nourris, à votre littérature de jeunesse, y a-t-il moins de violence et de racisme dans les cours de récré, moins de guerres et de haine dans la monde ?
La littérature de jeunesse a-t-elle empêché la bête immonde de grogner dans le ventre de ses lecteurs devenus élécteurs ?
Le Petit Prince a-t-il apprivoisé le monde, et Chien Bleu protégé les petites filles menacées ?
Vos Murails et consorts sont-ils des remparts ?
Ça se saurait ! Alors cessez de délirer, avec votre littérature jeunesse !» 

Réponse d'une stagiaire en librairie jeunesse :
« Cher Monsieur Bougon,
Comme stagiaire dans une librairie de jeunesse (où je passe quelques heures par semaine pour apprendre le français – je suis allemande) je viens de lire votre courrier électronique à la Citrouille. Le contenu m´a un peu choquée et je voudrais y répondre en vous précisant mon point de vue.
Je suis tout à fait d’accord en ce que concerne la situation de notre monde que vous avez décrite. Vous avez raison, nous vivons toujours dans une sorte de jungle moderne qui semble être régie par les lois primitives de «tuer ou être tué», «le plus fort gagne», aussi bien sur le plan physique que psychique.
Mais je ne partage pas du tout votre opinion sur l'inutilité, la futilité du travail des libraires jeunesses – des marchands de mots, d'images, d´idées, de pensées.
Dans les librairies jeunesse vous trouvez tout ce qui aide la génération qui nous suit de trouver son chemin dans ce monde que nous leur avons préparé et dont aujourd’hui nous sommes responsables. Il y a des livres documentaires sur n’importe quel sujet qui peuvent être intéressants ou utiles pour eux. Il y a les cadeaux merveilleux de grands poètes rêveurs et grands esprits et il y a les œuvres des auteurs moins connus, moins célèbres, mais tout aussi précieuses.
Est-ce que tout ça sert à quelque chose? Moi, je suis profondément convaincue que oui.
Pour quelle raison?
Dans les livres que les libraires de jeunesses choisissent parmi des innombrables publications qui inondent le marché et dont il doivent séparer le bon grain de l’ivraie on trouve certes, aussi, les mêmes images décourageantes que vous avez décrites. Mais contrairement à ce que vendent les grandes librairies et les grandes surfaces (qui vendent surtout ce que se vend bien) un libraire de jeunesse peut conseiller quelque chose qui ne s’arrête pas là. Ce qu’ils savent conseiller sont des livres qui donnent des réponses, qui incitent à se lever pour changer quelque chose, qui montrent qu’il y a une issue de toute situation, aussi désespérée qu’elle soit. En bref, on y trouve de meilleurs chemins et des aides pour pouvoir les emprunter.
J’ai suivi maintenant depuis plus de deux ans leur travail plein d’engagement et de dévouement. Et j’espère de tout mon cœur que ces petites librairies pourront continuer leur action positive au service des enfants et adolescents et ne se laisseront pas décourager. Puisque à part de leur charge de travail déjà très élevée ils doivent en plus se battre quotidiennement contre la concurrence économiquement plus forte et écrasante. La semaine des 35 heures restera pour eux certainement encore, un petit moment, un rêve lointain.
Pour moi, ces librairies jeunesse sont comme des phares. Elles sont là, elles illuminent et montrent le chemin à chacun qui s’y confie.
Je vous souhaite comme je souhaite aux libraires de jeunesse un avenir heureux, plein d’espoir et de sérénité et de joie.
Meilleures salutations,
Caren Gayk »

Dessin : illustration d'Alan Metz, pour les 20 ans des Librairies Jeunesse de l'ALSJ

Accueil - 17 juillet 2007

Comment parler de Hitler aux enfants ?

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un débat paru dans le n°8 de notre revue, en avril 1995, et consacré à l'album JE M'APPELLE ADOLPHE de Pef]

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page 1.pdf(Alain Fievez) page 2.pdf(Denis Hooge)
page 3.pdf(Pef / Susie Morgenstern)  page 4.pdf
page 5.pdf
(Thierry Lenain) page 6.pdf (Germaine Pican)

Accueil - 15 juillet 2007

Dis moi, à quoi ça sert un écrivain en Afrique ? - par Emmanuel Dongala

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un article initialement mis en ligne en avril 2000]

1d4a3be5375ed41ffb9771b7b8693a30.jpegJe viens d'Afrique, le continent premier, celui d'où émergèrent les premiers humains qui partirent ensuite à la conquête du reste de la Terre. Je pourrais pavoiser parce que je suis le fils de cette terre originelle, mère de toute l'humanité.

Hélas, je viens aussi de la terre de Yaguine Koïta et Fodé Tounkara, ces deux adolescents guinéens découverts morts dans le train d'atterrissage d'un avion dans une capitale européenne. Deux enfants qui ont sacrifié leur vie sur le chemin d'Europe, car, ont-ils écrit, "on souffre trop en Afrique".

On souffre trop en Afrique : je peux traduire en statistiques ce que ces deux enfants ont compris intuitivement : l'Afrique est le continent qui abrite actuellement le plus grand nombre de conflits armés ainsi que le plus grand nombre de réfugiés au monde, l'Afrique est le continent où se trouve 95% des orphelins du Sida, l'Afrique est un continent en train de se déscolariser, l'Afrique est le continent qui abrite 18 des 20 pays les plus pauvres au monde. Arrêtons-nous là. Oui Yaguine et Fodé, vous avez raison "nous souffrons énormément en Afrique".

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Accueil - 03 juillet 2007

Les écrivains jeunesse volent-ils la parole aux enfants ?

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un dossier paru en 1993 dans le n°4 de notre revue -  L'illustration, élément d'une image de la nouvelle Hunors de Chantal Montellier (dans le recueil Blues, éd.Kesselring) a été ajoutée pour cette nouvelle mise en ligne.]

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Dans un ouvrage aujourd'hui épuisé, Lettres à ma planète  (textes produits lors d'ateliers d'écriture animés par Alain Serres), des enfants interpellaient les auteurs jeunesse. «J'eusse été malheureux de me voir reprocher par des enfants de parler pour eux, de penser pour eux, d'écrire et de juger pour eux» écrivait alors Renaud en préface de ce livre.
En leur donnnant à lire la lettre aux écrivains de trois enfants, le n°4 de Citrouille posa à cette occasion la question Les écrivains jeunesse volent-ils la parole aux enfants ? à Jennifer Datrymple, Claude Clément, Christian Poslaniec,  Azouz Begag et Nicole Schneegans.

  • La lettre des enfants
Chers écrivains,
Pourquoi ce sont toujours les adultes qui parlent des enfants, aux enfants ou à la place des enfants ?
Vous écrivez des livres où vous parlez de nos droits, de nos vies, de nos rêves, de ce qui nous fait rire, ou de ce qu'on doit découvrir, pourquoi pas nous ?
Laissez les enfants écrire des livres si ça leur plaît. Le jour ou même la nuit s'ils veulent. Laissez la parole aux enfants, ils ont toujours quelque chose à dire. Laissez-les penser et s'exprimer.
Lisez ce livre écrit par des enfants.
Apprenez-le bien et je vous ferai réciter demain matin.
C'est un livre important. Vous avez l'habitude de ne pas tout nous dire. Dans ces pages, nous, on vous dit toute la vérité.
Latifa, Clara, Kévin

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Accueil - 02 juillet 2007

Défi-lecture : stop ou encore ?

[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un débat publié dans notre revue en 1994]

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Ancienne et nouvelle page d'accueil
de defis-scolaires.com

CONTRIBUTIONS :

Pouce ! - Par Thierry Lenain - texte publié dans Citrouille n°6
Encore merci, monsieur le plumitif ! Par Mr Y. Defaye (CPAIEN, Limoges) - texte publié dans Citrouille n°7
Iceberg - Par Emest Bois, instituteur au Centre-Lecture de Grenoble -  texte publié dans Citrouille n°7
Pouce, on continue ! - Par C. Bastien instituteur -  texte publié dans Citrouille n°7
Jouer sans défier - Par Catherine Le Roulluy, Réseau d'aides spécialisées pour enfants en difficultés, Dol de Bretagne -  texte publié dans Citrouille n°7
Des ailes, pas des défis ! - Par Raymond Rener, Gallimard Jeunesse - texte publié dans Citrouille n°8

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Accueil - 04 novembre 2005

» Cinq chroniques de Patrice Wolf

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(De septembre 2002 à mars 2003, le site de Citrouille a publié 5 chroniques de Patrice Wolf. Continuant nos remontées d'archives, nous les remettons en ligne… )

medium_wolf.jpgLe livre pour enfants n’est pas un médicament
(septembre 2002)
Tous les libraires, tous les bibliothécaires, ont un jour ou l’autre reçu dans leur officine des parents inquiets pour leur enfant. Celui-ci parce que son fils a peur du noir, celui-là parce que sa fille est dépressive depuis la mort de sa grand-mère, cet autre encore parce que son enfant refuse l’ idée d’avoir un petit frère…
"S’il vous plait, docteur, auriez-vous un livre qui l’aide à surmonter ce passage difficile ?"
“Difficile”… Des livres sur ce thème, il y en a, bien entendu : chez Gallimard par exemple, cet album de Mercer Mayer, Il y a un cauchemar dans mon placard. Pour la petite, on peut penser au Sourire de Sara de Michelle Daufresne chez Gautier-Languereau ou à Ce changement-là de Philippe Dumas à l’Ecole des Loisirs. Et puis, pourquoi pas Tout change d’Anthony Browne chez Kaléidoscope pour le futur grand-frère ?
Mais attention le résultat n’est pas garanti !
Vous savez, les livres pour enfants, même sur ordonnance, c’est tout le contraire des antibiotiques ! C’est la vie, les livres pour enfants ! Et si l’on y prend pas garde, ça peut même devenir pernicieux. Il y a des phénomènes d’accoutumance. J’en connais moi des gens qui ont été contaminés par la littérature de jeunesse. Ils ne s’en sortent pas. Ils ont pourtant tout essayé : le sport, la télé, le jardinage. Même la radio. Rien y fait. Ils sont accros. Et ça fait des années que ça dure.
Non, croyez moi, les livres pour enfants, ça vous donne des mots de tête à n’en plus finir… !

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