09 juillet 2010
Merci Zoé
UN ARTICLE DE 2005 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010
Rencontre autour de quatre livres entre Zoé, 14 ans, et Leslie Vega, librairie Rêv’en pages. (Article paru dans le n°42 de Citrouille - dossier homosexualité, homophobie et homoparentalité)
Quand Zoé avait neuf ans, cela faisait déjà quatre ans qu’elle vivait auprès de sa mère et de la femme que celle-ci aimait et que Zoé considérait comme un autre parent… en plus de sa maman et de son papa qui avaient divorcé. Dans sa classe de CE2 personne ne connaissait sa situation, pas même ses copines proches. Sa mère est venue un jour à la librairie, me demander des livres sur le thème de l’homosexualité. Elle n’avait aucun mal à parler de sa préférence sexuelle et de son choix de vie avec Zoé mais visiblement, il manquait quelque chose… Cet après-midi-là, elle est repartie avec Marius (Marius, L. Alaoui et S. Poulin, éd. L’Atelier du poisson soluble) et Je ne suis pas une fille à papa (Ch. Honoré, éd. Thierry Magnier). Zoé les a lus et a décidé d’apporter le second en classe pour le présenter et le résumer aux autres élèves. Son institutrice étant d’accord, elle a donc parlé de son livre… puis s’est endormie sur sa table pendant que les conversations s’engageaient dans tous les sens : sur la situation familiale de Zoé, sur le divorce d’autres parents… L’institutrice confia ensuite à la mère combien avait été riche et extraordinaire ce qui venait de se passer en classe, pendant que Zoé dormait après l’avoir permis…
15 octobre 2009
Lire aux tout-petits, c’est découvrir, pleurer, rire et rêver avec eux
(Un article publié en mai 2002) Il y a ces moments forts, vécus avec mes enfants. Des moments drôles, tendres, passionnants, de lectures au corps à corps, à l'heure du coucher, mais aussi au parc, à la bibliothèque, dans le sable, ou sous un arbre dans la chaleur de l'été... Ces moments de surprise et jubilation, qui se répètent autant de fois que je leur relis le livre... Ces moments où l'histoire les émeut, et où ils me dévisagent pour rencontrer chez moi le miroir de cette émotion...
Mais lire à 25 enfants de 2, 3 ou 4 ans, c'est un peu différent ! Assis sur un tapis ou un podium, il leur faut d'abord faire silence (et ensuite, au cours de la lecture : laisser ou ne pas laisser leurs mots se dire spontanément ? Je ressens toujours leur frustration, et la mienne, à différer leurs réactions à la fin de l'histoire - sinon, c'est vite la cacophonie...). Voilà. Les oreilles et les yeux sont grand ouverts (vive les livres aux grandes images !). Alors je lis... et c'est toujours le même moment privilégié.
Je leur lis des poèmes, en fin d'après-midi, à la lueur d'une bougie. Des poèmes pas forcément "pour eux", qu'ils ne "comprennent" probablement pas toujours, mais dont ils perçoivent la musique des mots, la magie... Je leur lis des livres drôles, qui les font, avec Le Monstre Poilu, se traiter "d'espèce de cucurbitacée", ou crier moult "poil au nez" et "poil aux fesses" ! Je lis aussi des albums tristes. Que de questions après la lecture de Flon-Flon et Musette...
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01 avril 2009
Mouvements d’humeur de Régine (Abracadalire) sur le blog de L'Eau Vive…
Pourquoi tu cours ?
Karin Serres
Zig Zag, Le Rouergue
Une fillette de 8 ou 9 ans se lève les matins et se prépare un thé (je précise qu’elle n’est pas anglaise), voit passer une fille de sa classe qui fait du jogging avant d’aller à l’école (?!), et entame une réflexion sur les gens qui courent et sur ce qui les poussent à courir. J’ai trouvé ce récit décalé par rapport à l’âge auquel un enfant pourrait le lire, et je ne l’ai pas trouvé assez explicite. Une fillette qui va en école primaire se dit-elle vraiment que si on court, c’est peut-être pour ne pas se regarder dedans ?!...Quant au chien qui parle alors que nous sommes bien dans la réalité, alors là, non !, un cheveu est tombé dans ma soupe !
A l’ombre des pirates
Boris Le Roy
Romans Cadet, Actes Sud Junior
Ça pourrait commencer par : « et si on dirait qu’on est des pirates ? ». Bon, OK ! Un pirate, son fils à bord, la maman sur un autre bateau ennemi (maman moderne qui a quitté son pirate de mari pour un capitaine bien sous tout rapport), un abordage en prévision, c’est parti, mille sabords ! Mais, mais tout bascule lorsque sur le même ton joueur, l’enfant découvre le trafic des esclaves et comprend tout, en une seule fois, compassion, altruisme, respect de l’autre et de la différence etc… Là, ça ne colle plus du tout. Je trouve que le jeune lecteur est pris pour un sot. Et je n’en dirai pas plus sur la fin : « mais demain est un autre jour ». ça ne te rappelle rien, chère Scarlett !!... Trop, c’est trop.
Ni vu, ni connu
Olivier Adam
Neuf, L'école des loisirs
Tout d’abord, moi je l’aurais vu en Médium, c’est un souci récurrent à L’école des loisirs entre leurs deux collections Neuf et Médium, mais passons. C’est Olivier Adam, c’est bien écrit, intimiste et triste. J’ai vraiment eu envie d’aider ce garçon à y voir plus clair et à ne plus se sentir invisible. Toutefois, j’ai un goût amer dans la bouche. Olivier Adam parle de l’humain tel qu’il le découvre sur son chemin de vie à lui et ramène tout cela à un enfant de 9 ans. C’est un peu trop ! Et la fin ne laisse pas beaucoup de place à l’enfant pour grandir avec espoir de changement. Est-ce la propre histoire d’Olivier Adam ? un enfant lecteur peut-il être le réceptacle d’un travail sur soi d’un écrivain? J’ai dit …nombriliste ?
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28 mars 2009
Bonjour Yves [Grevet, auteur de Méto, chez Syros]
Commentaire laissé après la critique de Méto (ici) :
Bonjour Yves, Vous connaisez très bien francois, C'est mon proffeseur. Je suis en CM2. A propos de Méto je n'est chez moi que le premier Méto. Je n'ai lu que le début car je n'arrivait pas trop à suivre et je ne comprenait pas grand chose Mais je n'est pas grave je le relirai plus tard. Ma mère elle la lu et elle a bien aimée donbc je pense que j'aimerais votre livre au revoir et merci d'écrire Méto - Thiefaine
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13 novembre 2008
Les ateliers Envols d’Enfance
Vient de paraitre :
Les ateliers Envols d’Enfance se sont mis en place en étroite collaboration avec chaque participant du projet.
Ce sont des structures, des services, des établissements hospitaliers qui accueillent :
Des enfants présentant des troubles de la personnalité, troubles du langage, déficience intellectuelle légère ( selon les enfants ces troubles sont plus ou moins cumulés).
Des enfants avec des troubles du comportement et (ou) du développement nécessitant une hospitalisation en psychiatrie infanto-juvénile.
Des enfants prématurés, présentant diverses « fragilités ».
des enfants et adolescents, de 6 à 20 ans dits « sans solution », présentant des troubles du caractère et du comportement qui perturbent fortement la socialisation et l'accès aux apprentissages.
Pour certains s’ajoutent à ces difficultés des pathologies sociales et/ou des carences éducatives.
Les artistes ont élaboré des thématiques de travail en fonction du public d’enfant.
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13 octobre 2008
Dans le Mercantour
Ces photos sont celles d'élèves d'une classe de 2de du lycée Jules Ferry de Cannes, où une prof de lettres et son collègue d'histoire géo ont organisé un raid lecture dans le Mercantour. Ces élèves participent au Prix des Apprentis et Lycéens de PACA. Ils sont "montés" 3 jours dans un chalet où les portables ne passent pas, sans DVD... Ils avaient comme autres occupations, outre l'intendance : marches, copains, géo historique et lecture… Pour la petite histoire, pas innocente ces temps-ci, ce chalet fut construit par les élèves de ce lycée professionnel en guise de travaux pratiques. Il est devenu un refuge l'été, à la disposition des élèves durant l'année scolaire. Nadia Roman
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09 février 2008
Vos derniers messages
petitmagicien a écrit le 08/02/2008 à 13h50
"La grande aventure du Petit Magicien"
Une merveilleuse aventure humaine: des enfants CE1 et 4 enfants d'un IME ont entrainé enseignants, parents, enfants dans l'écriture et l'illustration de ce conte. Venez nous rencontrer sur le blog:
http://petitmagicien.over-blog.com/
L'instit ! a écrit le 08/02/2008 à 12h36
Nous avons étudié "L'histoire d'un épouvantail débutant" en classe (CE1-CE2) et nous avons adoré ce conte sur la différence, la difficulté d'être accepté par l'autre. C'est une jolie histoire servie par une belle écriture, des moments drôles (Ah ! la fille aux cinq caries qui se promène dans les champs ! Et l'écureuil sensible aux formules de politesse ! Et d'autres...), des moments tendres, et une manière de clore chaque chapitre qui plaît particulièrement à l'adulte que je suis.
Pour résumer, il s'agit d'un thème finement analysé, d'un style vif qui plaît aux jeunes (et moins jeunes) lecteurs. On a passé un agréable moment avec ce livre.
Julien. l'instit.
Blandine a écrit le 21/01/2008 à 13h01 Juste pour signaler l'Appel pour le livre lancé le 18 janvier par Lekti-écriture et relayé par les libraires, - dont je parle ici
LUCIEN a écrit le 17/01/2008 à 17h19
Bonjour, c'est Lucien, 8 ans, et moi aussi j'ai beaucoup aimé "Le petit garçon qui avait envie d'espace" de Jean Giono que je viens de terminer ! Découvrez ma critique du livre dans Les lectures de Lucien sur le site Lecture & Cie : http://leslecturesdemarie.free.fr/Index.htm
Voir ma fiche de lecture.
A bientôt, j'aime bien voir les livres que vous présentez. Lucien.
laure a écrit le 14/01/2008 à 11h48
Lune Indienne de Antje Babendererde
C'est un livre époustouflant de sincérité. Il nous fait découvrir un monde radicalement différent du notre à travers les yeux d'un ado de 15 ans obligé de suivre sa mère à l'autre bout du monde.
Un petit bijou!!!
Zawadzki Véronique a écrit le 13/01/2008 à 11h25

Monsieur T de F. Millard, ed. La cabane sur le chien.
Soutenu par Amnesty International, Monsieur T traite de façon originale de la résistance au totalitarisme.
Cet album est une remarquable démonstration de la transformation du regard par l'art. De même que la selle retournée de Picasso devient tête de taureau, ici... un sachet de thé devient un résistant qui sacrifie sa vie pour la liberté.
En effet; les illustrations sont composées de photos étonnantes d'un sachet de thé dans divers états. Ces images ne prennent sens que par le texte qui les accompagne. Un texte dont la typographie évoque celle des rapports de police et qui s'appuie sur des jeux de mots pour marteler son message : la lutte pour la "libeté/liberT/liber"T".
Le "T" est présent partout, dans l'image et dans le corps du texte ; l'un renvoyant sans cesse à l'autre. Par la magie de ce jeu de boomerang, une empathie se crée chez le lecteur qui souffre avec le sachet de thé "ligoté, trituré, tripoté, trifouillé" et qui voit dans les taches de "T" du sang. La mort du sachet est alors dramatique...
C'est là le tour de force de cet album que d'avoir rendu crédible un rapport signifiant/signifié a priori des plus improbables en personnifiant un vulgaire sachet de thé.
Exceptionnel !
A votre tour, postez vos messages ici :

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03 janvier 2008
Tout à fait, Thierry !
(Un témoignage du dossier DU SPORT DANS LES LIVRES, paru dans le n°47)
Tous les soirs, c’est obligatoire, Lise a droit à une histoire.
Tous les soirs, c’est la maman de Lise qui lui lit l’histoire.
Sauf le mardi et le vendredi parce que ces soirs-là, la maman de Lise fait du fitness dans le club de gym du quartier.
Le mardi et le vendredi soir, c’est le papa de Lise qui lui raconte l’histoire.
Enfin, ça c’est ce que croit la maman de Lise.
Car ces soirs-là, le papa de Lise lui aussi fait du sport.
Mais pas au club de gym du quartier.
Non, ses clubs (il en a plusieurs, c’est un grand sportif) s’appellent Eurosport, Canal +, L’Equipe TV, Sport +, TF1 et France 2 parfois aussi.
Et il ne fait pas que du fitness de nana, lui.
Il fait du foot, du tennis, de la boxe, du ski pendant les JO d’hiver, de l’athlétisme pendant les JO d’été. C’est un grand sportif le papa de Lise.
Le papa de Lise ne peut donc pas lire l’histoire du soir à sa fille.
Mais il a un secret.
Il a trouvé des livres qui se racontent tout seuls.
Des livres qui, quand on appuie sur la touche play du lecteur CD, se mettent à parler !
Tous les mardis et vendredis, ce n’est donc pas le papa de Lise qui lui raconte l’histoire, mais plein de gens différents, parfois même des célébrités : Marlène Jobert, Bernard Giraudeau, André Dussollier, Bruno Solo !
Lise a trop de chance…
Mais, parfois, l’histoire finie, la petite fille se glisse sur le canapé et elle s’endort bercée par Thierry Gilardi, Jean-Michel Larqué ou Alexandre Ruiz dans les bras de son papa.
Parce que les bras de son papa, aucun livre-CD ne pourra jamais les remplacer…
Sophie Nanteuil, éditrice
21 décembre 2007
Surfer et lire
(Un témoignage du dossier DU SPORT DANS LES LIVRES, paru dans le n°47)
Je ne goûte pas de meilleur moment de lecture que celui où j'ouvre un livre après avoir surfé…
C'est qu'il y a un rapport étroit, entre livre et surf. Depuis longtemps.
Les origines du surf sont floues et on ne sait pas vraiment si elles se situent à Hawaï ou à Tahiti. Ce que l’on sait davantage, c’est que sa pratique remonte au XVIIIe siècle. A cette époque où, en Europe, les textes dénonçant la torture devaient user de malice d'écriture pour parvenir à être lus, le surf fut interdit par les missionnaires chrétiens qui le jugeaient trop intimement lié aux rites religieux. Mais certains des peuples tournés vers la mer le cachèrent au fond de leur culture et le sauvèrent.
Surf et littérature n'ont pas que la répression et la résistance comme points communs, mais la tradition orale aussi. Au XVIIIe, la pratique du surf s'accompagnait de contes, de légendes. Leur tansmission fait encore partie aujourd'hui de ses rites. Le surf, comme le livre, contribue ainsi à ce que des récits passent de génération en génération…
Une autre des similitudes, et pas la moindre, entre la lecture et la pratique du surf, est l'ouverture. Avec les livres je suis en perpétuelle construction intimiste de moi-même, de ma relation aux autres et au monde. Le surf-trip est lui aussi une invitation permanente à la découverte d’autres cultures, au voyage, à l’aventure et à la liberté. Lorsque je fais du surf, je suis toujours désireux d’aller voir ailleurs. Ailleurs… pour voir d’autres vagues, d’autres plages, mais aussi d’autres histoires.
Mais pour réussir ces voyages, pour atteindre une dimension que certains qualifient de philosophique, il faut, pour le surf comme pour la lecture, consentir à quelques efforts. On ressent rapidement de la joie, et aussi un peu de fierté, à simplement pouvoir tenir debout sur une planche tout en glissant sur l’eau. Mais si on en reste là, on passe à côté du surf… comme on peut passer à côté d'un livre. Il faut parfois, pour le surf comme la lecture, faire preuve de persévérance pour aller plus loin dans cette quête de soi-même et d’authenticité avec les autres. C'est peut-être là aussi un point commun entre le surf et l'écriture, qui en partagent d'ailleurs peut-être un autre : les secrets de techniques souvent muettes car profondément intimes.
Au début dans l’histoire du surf, et contrairement à aujourd'hui, les surfeurs n’étaient pas attachés à leur planche. Le symbole de la pureté dans la glisse n'en était que plus fort. Je crois que je suis finalement à la recherche, dans mon rapport avec le livre comme avec le surf, d’une certaine simplicité.
David Chasseloup, médiateur du livre de la Communauté de Communes du Pays des Olonnes.
08 septembre 2001
» Villeneuve sur Inde

Trop petits pour comprendre l’album de voyage d’une adulte ?
Trop petits pour l’essentiel ? Allons donc…
(Dans la main de l’Inde, Chantal Detcherry, Editions Fédérop)
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01 septembre 1999
» Archives des témoignages de lectures publiés sur l'ancien site
LECTURES
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