21 octobre 2009
Frédéric Clément, collectionneur d'images

A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage «Bashô le fou de poésie» aux éditions Albin Michel, Frédéric Clément a été convié par les libraires de l'Oiseau Lire pour une séance de dédicaces.
Matsuo Bashô n'aime ni les batailles, ni les sabres, ni l'uniforme, ni le sang. Il aime la paix, le silence, la lune, les pinceaux bien lissés... Matsuo Bashô ne sera pas samouraï. Il sera poète. C'est sur les pas de son disciple que le lecteur va découvrir la vie du grand auteur de courts poèmes, les haïkus. Ses voyages, ses rencontres et l'ouverture d'une école de poésie pour tous dans un Japon du XVIIème siècle.
Un texte sur la vie du poète japonais Matsuo Bashô, raconté par Françoise Kérisel et mis en valeur par l'art de Frédéric Clément. Les papiers, les supports, les matériaux, les couleurs, l'omniprésence des végétaux, la finesse, l'élégance... rien n'est choisi au hasard pour transporter le lecteur au fil des quatre saisons de la vie du poète dans une ambiance japonisante. [lire la suite sur le blog de la librairie L'Oiseau-Lire]
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14 octobre 2009
Jaime Alfonso Sandoval, Pierre Clavilier, Frédéric Lepage, ITW
Interviews au Salon du Livre de Paris - Auteurs jeunesse 1
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Trois auteurs jeunesse :
- Jaime Alfonso Sandoval, auteur mexicain, "Oasis dans le Pacifique" - Thierry Magnier
- Pierre Clavilier, auteur, "Frida Kahlo : les ailes froissées"- Éditions du Jasmin
- Frédéric Lepage, auteur, "La Malédiction de Mara" - Éditions MsK, itw
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30 septembre 2009
La Saga Mendelson (itw de Fabrice Colin)
Fabrice Colin nous éclaire sur ce qui l’a poussé à entreprendre ce périple dans le siècle sur les traces d’une famille d’exilés juifs.
CORINNE CHIARADIA. La construction de votre roman –émaillé d’entretiens, d’allers-retours temporels, de documents réels ou reconstruits –est une très belle manière de rendre compte de ce voyage chaotique. C’est également plutôt audacieux pour un livre « jeunesse » où l’on a plus souvent l’habitude de la linéarité narrative et d’un point de vue unique. Cette audace stylistique s’exerce en plus dans une aire très vaste – de la Russie à Hollywood, en passant par les Carpates et l’Autriche-Hongrie – et sur près d’un siècle… Une sacrée gageure, non ? (et une sacrée preuve de confiance en la curiosité des lecteurs…)
FABRICE COLIN. Ma trilogie est née d’une ambition un peu folle: faire découvrir au lecteur la face cachée du XXe siècle – les catastrophes moins connues, les guerres dont personne ne parle, les génies cachés du monde. À l’origine, elle devait comporter dix tomes, un par décennie, mais j’ai dû vite me rendre à l’évidence: le projet était trop difficile à vendre sous cette forme. Nous avons donc décidé, avec le Seuil, de le ramener à trois volumes. Pas question en revanche de transiger sur la forme: dès le début, j’avais en tête une chronique familiale, narrée et orchestrée par un observateur extérieur, a priori neutre. La famille Mendelson est le prisme par lequel le lecteur découvre le monde. La plupart de ses membres n’ont rien de remarquable, à ceci près qu’ils se trouvent souvent au bon endroit au bon moment (ou au mauvais, si vous préférez). Au départ, je les voyais comme de simples témoins. Par la suite, je me suis attaché à eux, j’ai aimé leurs faiblesses et c’est leur vie qui m’a intéressé. À présent, ils ne sont plus seulement des rapporteurs mais des victimes ou des héros – des exilés, des insoumis, des fidèles. Je ne parie pas spécialement sur l’intelligence des lecteurs. Je parie sur leur amour des histoires. J’écris ce que j’ai envie d’écrire et j’invite les gens à me suivre. La forme n’est pas un obstacle. Si le paysage est beau, si la compagnie est enrichissante, si on vous confie des secrets, vous oubliez vite les difficultés de la marche. Tout roman est un exercice d’hypnose. Le lecteur doit laisser ses doutes au vestiaire.
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07 septembre 2009
Les voyages d'Anne-Laure Bondoux
Il y a des auteurs dont on attend leur prochain livre; Anne-Laure Bondoux en fait partie. À réception des épreuves du roman Le Temps des miracles, en décembre dernier, je savais qu'un bon moment de lecture s'annonçait. Et me voilà dans l'aventure, dès les premières pages, avec Koumail et Gloria; je ne suis pas en train de lire pour le travail, je suis dans l'intimité des personnages principaux du roman, un enfant et une femme, exilés parcourant des kilomètres en quête d'une terre refuge. Espoir, courage, imagination, solidarité entre les peuples: d'une envergure humaniste, ce récit me fait l'effet d'une barre vitaminée! À la lecture du Temps des miracles, quelque chose s'ouvre en nous. Et rencontrer Anne-Laure Bondoux a été aussi simple que son écriture est fluide…
NATHALIE MAINGUY. Anne-Laure, quelle est l'origine du roman Le Temps des miracles, cette histoire d'enfant du Caucase?
ANNE-LAURE BONDOUX. Comme très souvent l'origine est multiple… et un peu dans le brouillard de mes souvenirs. Pour certains romans, il y a un déclic; là ce fut plutôt une lente maturation… Depuis fort longtemps j'avais dans mon ordinateur un bout de texte provisoirement intitulé «Le bon côté des choses»; je voulais raconter une histoire avec des personnages à qui il arriverait un tas de tuiles mais qui en verraient toujours le côté positif… Je n'ai pas été plus loin dans ce projet, mais il n'est cependant pas étranger au Temps des miracles, notamment en ce qui concerne le personnage de Gloria, cette femme dont je voulais justement qu'elle montre en permanence le bon côté des choses à l'enfant avec qui elle voyage. Si vous me demandez maintenant d'où vient cette idée d'un bon côté des choses… Je ne sais plus! Mais c'est une façon de voir la vie que j'essaie d'adopter moi aussi. Je ne suis pas très éloignée de Gloria. J'adhère complètement à beaucoup de ses points de vues et de ses attitudes, que je fais miennes aussi, à mon échelle, et même si je ne suis pas confrontée aux mêmes circonstances. Ça fait partie de ma personnalité, mais c'est également un crédo. Dans les moments où ça va moins bien, je n'oublie pas que la moindre expérience, qu'elle soit douloureuse ou pas, va enrichir ma perception de la vie et que j'en tirerai un bénéfice pour mon écriture. Même les plus douloureuses sont un merveilleux matériau pour l'écrivain! Elles me permettent d'expérimenter une sensation que je pourrais essayer de traduire en mots, tout en distinguant la vraie vie de la vie fictive. À terme, cela fera peut être écho chez un lecteur, cela viendra peut-être l'éclairer sur lui-même… Sinon, et de manière beaucoup plus consciente, ça faisait longtemps que je cherchais à travailler avec le même élan que celui d'un poème de Blaise Cendrars, La Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France; c'est un poème qui m'accompagne depuis mon adolescence. Mes parents sont des dévoreurs de poésie et très régulièrement -mon père surtout- ils sortaient un recueil et nous en faisait la lecture. Adolescente, ça me barbait plus qu'autre chose! Mais il y a des poèmes qui ont été lus et relus et qui, du coup, m'appartiennent maintenant; j'en ai fait mon propre miel. La Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France , je voulais depuis longtemps m'en servir comme tremplin. J'avais d'abord pensé à une histoire qui aurait repris la vie de Blaise Cendrars, remplie d'évènements et nimbée de mystères. Une histoire que je n'ai pas écrite, mais dont le projet n'est pas non plus étranger au Temps des miracles. Voici une autre source que je peux identifier parmi d'autres! Un livre arrive par des biais très divers et quand il est prêt on ne sait plus trop d'où ça vient…
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04 septembre 2009
Sandra Poirot-Chérif de A à Z
En février dernier, Sandra Poirot Chérif a accepté de rejoindre notre librairie pour vous dédicacer ses albums, notamment son dernier paru chez Rue du Monde, L'Abécédaire des amoureux. Ce fut une belle rencontre qui méritait d'être partagée. Pour vous présenter Sandra à l'image de son livre, je lui ai proposé de construire ensemble un abécédaire. C'est avec plaisir (plaisir partagé!) qu'elle a accepté de rebondir sur des mots que je lui ai suggérés et de dévoiler un peu de sa vie. À vous de la découvrir... - Claire Bretin

Abécédaire
Ailleurs: Dans presque tous mes bulletins scolaires, c'était écrit «Appliquée mais lente, souvent dans la lune». Et figurez-vous que dernièrement, la maîtresse de ma fille en moyenne section me tend son évaluation de quatre pages (!) et le verdict tombe: «lente, dans la lune»...
Dedans: Pour réussir, il faut que je me laisse aller, pour bien être dans ce que je suis en train de raconter. Soit par les mots, soit par les images. Certains jours, je n'arrive pas, je suis à mille autres endroits. Et avec un peu de recul, si je regarde le travail que j'ai fait ces jours-là, je vois que dans ce dessin, je n'y suis pas, je suis absente... (Heureusement, ça ne m'arrive pas très souvent)
Écriture: Alors l'écriture, c'est mystérieux, c'est rare et ça m'échappe complètement. Des fois, pendant plusieurs jours, je suis agitée, je n'arrive à me concentrer sur rien, ça ne va pas comme je veux, et puis tac, à un moment je m'assois et il y a une histoire qui arrive. Boum, d'un seul coup! Après, souvent j'ai un peu la tremblote jusqu'à ce que je me couche le soir. Alors je mets l'histoire dans un casier en plastique et je la laisse reposer pendant des jours, des mois, des années... puis je la reprends et la retravaille, sereinement cette fois (entre temps, sans que je m'en rende compte des images ont mûri dans un petit coin de ma tête). Certaines histoires restent dans le casier, parce qu'elles ne valent pas le coup. Ou parce que ce n'est pas encore l'heure...
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02 septembre 2009
Oldelaf, le garnement qui chante
La collection «Tintamarre», chez Milan, accueille des artistes de la nouvelle scène française. Après Pascal Parisot, David Sire, Klimperei et d’autres, Oldelaf fait paraître son album Bête et méchant. Une interview menée par Eric Denniel pour la librairie Le Chat Pitre.

ERIC DENNIEL: Qu’est-ce qu’il y a eu avant Bête et méchant?
OLDELAF: Oldelaf et Monsieur D., né il y a dix ans. Avant encore, je faisais partie d’un groupe, Les p’tits humains, avec un répertoire qui allait de la chanson sérieuse à la chanson complètement débile. Et puis ce groupe a voulu se spécialiser dans les chansons sérieuses… Du coup, avec Frédéric Draps, on a créé Oldelaf et Monsieur D, une espèce de groupe poubelle pour recycler les anciennes chansons des P’tits humains, et en créer de nouvelles. Le premier concert a eu lieu en janvier 2000 au Café Ailleurs devant sept spectateurs, et le dernier se déroulera le 30 janvier 2010 à l’Olympia… Entre ces deux dates, nous aurons enregistré trois disques (le dernier est en préparation) et plusieurs Monsieur D auront succédé à Frédéric Draps. Il y aura eu des tubes: Nathalie, mon amour des JMJ, Le Café, dont le clip a fait un gros buzz sur Internet, des tournées en Province et quelques grandes salles à Paris.
Oldelaf et Monsieur D est le premier duo composé de 3 personnes. Comment l’expliquer mathématiquement?
Sans donner une explication à la Pagnol, je dirais que 1+1 n’est pas forcément égal à 2, ça dépend de la taille du 1. Et quand le 1 a un cœur gros comme ça, ça peut faire 3.
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13 août 2009
Disparition de Thierry Jonquet
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(Article du site de la librairie Lucioles) Auteur phare de la Série Noire et du polar français, auteur de nouvelles et de livres pour la jeunesse, engagé politiquement (Lutte ouvrière puis à la Ligue Communiste Révolutionnaire), le romancier Thierry Jonquet vient de nous quitter à l'âge de 55 ans le dimanche 9 août. Ses romans sont en prise directe avec notre société : lire Thierry Jonquet, c'est explorer les méandres du monde dans lequel nous vivons, entre satire politique et critique sociale, dans la lignée des Jean-Patrick Manchette, Didier Daeninckx, Patrick Raynal et Jean-Bernard Pouy. Il donne ensuite des cours de Français à de jeunes délinquants dans le cadre de l'éducation surveillée avant de se consacrer entièrement à l'écriture (également sous les pseudonymes de Martin Eden et Ramon Mercader, l'assassin de Trotsky !). Thierry Jonquet y puise la matière de ses premiers romans comme Le bal des débris ou Mémoire en cage (en collection Sanguine) ou encore Mygale en Série Noire, sans oublier La vie de ma mère chez Gallimard qui met en scène un petit délinquant de Belleville racontant sa propre histoire dans une langue mi-argot, mi-verlan. Critique sociale, vengeance, mort et folie sont les thèmes récurrents de l'œuvre de Jonquet. |
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29 juillet 2009
France - Algérie (7) : Habib
(Rétroviseur été 2009 - un article paru en mars 2003)
Habib – un des grands-pères de Wahid – avait dix ans lorsqu’il a commencé à ramasser des légumes près d’Oran, en 1944. Dans le n°15 de Citrouille, sa fille Assia l’avait interviewé à l’occasion de leur lecture partagée de Nona des sables (Françoise Kerisel, 1996, Ipomée-Albin Michel).
De la madrassa au gourbi
Nona des sables : à l’aide de photographies et de cartes postales qu’elle a exhumées de vieilles boîtes, une collégienne interroge son arrière-grand-mère, dont elle craint que la bouche ne s’ensable, sur ses racines algériennes. Assia (27 ans à l’époque de cet interview) a eu envie de lire cet album à son père, Habib, né en 1934 à Saint-Cloud, en Algérie française. Assia connaissait peu de choses de l’enfance de son père, sinon qu’il avait commencé à travailler très jeune.
Assia : Tu n’as pas de photos de toi lorsque tu étais enfant. Pourquoi ?
Habib : Parce que j’habitais un douar (quartier pauvre), où personne n’avait d’appareil. De toute façon, personne ne cherchait à se faire photographier…
Parmi les enfants dont on voit les photos dans le livre, est-ce qu’il y en a un à qui tu ressemblais ?
Oui, celui qui a une chéchia (coiffe). On nous rasait la tête à cause de la bougarhra (sorte de gale), et on nous mettait du mercurochrome. Alors on cachait ça avec la chéchia.
C’était fréquent chez les enfants du douar, la bougarhra ?
Oui, à cause de la malnutrition, de la fatigue et du manque d’hygiène. Quand je rentrais du travail, j’étais trop fatigué pour me laver. Je ne pensais qu’à me coucher, parce que je devais me lever à l’aube.
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22 juillet 2009
France - Algérie (3) : Pierre Davy
(Rétroviseur été 2009 - un article paru en mars 2003)
Pierre Davy, l’auteur d’Oran 62, la rupture était sous-lieutenant appelé en Algérie de 1961 à 1962. Mais il était alors peut-être, nous dit-il, plus immature que son héros de douze ans…
Le petit Francaoui
-Comment vous est échu le soin d’écrire ce livre sur l’Algérie dans cette nouvelle collection ?
-Lorsque la collection «les romans de la mémoire» a été créée chez Nathan, je venais d’achever un livre pour leur collection «contes et récits». On m’a présenté à la personne en charge du projet, au secrétariat d’État aux Anciens combattants. Il m’a défini le cadre d’écriture en me laissant l’initiative du sujet.
-Et vous avez souhaité l’écrire…
-Il m’est apparu que la guerre d’Algérie correspondait exactement aux orientations de la collection dans la mesure où, à son sujet, les mémoires sont encore «actives». Elles dépassent le cadre du souvenir puisque ses échos impressionnent encore notre présent. J’étais concerné par cette guerre à la fois comme acteur direct et comme témoin. En 1961-62, j’étais sous-lieutenant appelé à Oran.
À l’époque vous aviez onze ans de plus que Christophe, le héros de douze ans…
-Malgré cette différence d’âge, je n’ai guère eu de difficultés à transférer mes impressions d’alors sur la perception d’un jeune adolescent : pour la plupart, nous n’avions pas la maturité nécessaire pour surmonter la complexité de la situation et l’intensité des faits. Finalement, j’ai même fait de Christophe quelqu’un de plus «éclairé» sans doute que je ne l’étais… Ce constat, il faut l’avouer, m’est encore assez pénible…
-L’organisation de votre récit vous permet d’aborder tous les aspects et tous les sujets qui pèsent douloureusement sur les mémoires de tous les protagonistes. J’ai beaucoup apprécié cette particularité de votre fiction. J’aimerais revenir sur quelques-uns de ces sujets, et avoir votre point de vue d’alors ou d’aujourd’hui. Les silences de la colonisation, tout d’abord…
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21 juillet 2009
France - Algérie (2) : Dakia
(Rétroviseur été 2009 - un article paru en mars 2003)
Fille d’Alger à jamais - Neuf ans après la tenue du journal qui donna naissance à son livre, Dakia a bien voulu nous accorder cette interview. Elle poursuit actuellement ses études en Europe.
-Ton livre Dakia, fille d’Alger, s’appuie sur le journal d’une fille de 14 ans prise dans la tourmente des événements d’Algérie en 1994. Ta décision de rédiger un journal date-t-elle de cette époque ?
-J’ai toujours baigné dans une ambiance d’écriture, toujours écrit. Ma mère garde les petits mots que je lui destinais… Je n’ai pas commencé mon journal avec la situation tragique que connaît l’Algérie. Il était déjà un(e) ami(e) qui m’aidait à garder ma mémoire, mes souvenirs. Mais durant la période où le terrorisme a été le plus terrible, le plus cruel, il est devenu un véritable confident. J’avais besoin de transcrire quelque part la situation quasi irréelle que nous vivions. Mes parents, à cette époque, étaient très impliqués et je ne voulais pas ajouter mes peurs et mes craintes à leur angoisse. Ceux qui prêchent la bonne parole et la non-violence ont du mal à se faire entendre ; l’Histoire nous l’enseigne malheureusement…
-Le journal commence avec le ramadhan – un moment symbolique et très fort. Dans tes descriptions, on perçoit le désir de faire connaître, hors de tes frontières d’alors, une culture et une tradition. As-tu l’impression que beaucoup de livres, après le tien, ont tenté de témoigner de cette culture auprès des jeunes Européens ?
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