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22 juin 2009

Pour construire un mobile

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Une nouvelle maison d'édition est née : hélium. «Petite structure légère et indépendante, désireuse de saisir l’air du temps…» Sophie Giraud, qui l'a créée, nous en parle. Un texte écrit à l'invitation de la librairie Le Chat Pitre

Rue de l’Arbalète, Paris, automne 2008: la nuit tombe de plus en plus tôt mais les journées, étrangement, ne comptent plus assez d’heures. On s’agite, on plie, on découpe, on jette, on discute et on recommence. Tout le monde travaille. Chacun se concentre, tendu vers un même but. C’est un grand calme et dans le même temps, une réelle effervescence. Le téléphone, tout juste installé, sonne de plus en plus souvent, tandis que les premiers courriers tombent dans la boîte aux lettres: une nouvelle maison d’édition est en train de naître. Son nom est celui d’un gaz léger, découvert lors d’une éclipse solaire, un gaz qui transforme la voix en un éclat de rire.

Une maison d’édition…  Une maison tout d’abord: une entrée sur la rue, des murs bleus, des bureaux d’un rouge sourd, une lampe qui ploie et se balance comme une géante fleur jaune. La lumière qu’elle diffuse invite à se rassembler dans son halo, autour d’une table déjà encombrée. Les étagères se remplissent de livres, d’objets, d’images. Au bout de la pièce, une autre porte entrebâillée sur le studio graphique où s’entassent maquettes en blanc, catalogues de papier, livres animés ou en trompe-l’œil, pinceaux et ciseaux, où bourdonnent aussi les ordinateurs.

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20 juin 2009

«La présence quotidienne des artistes est précieuse pour moi.» (itw de Lionel Le Néouanic)

605377297.jpgA l'occasion des 10 ans de la librairie Chat Perché et de l'édition 2008 de Lire en Fête, Lionel Le Néouanic était invité au Chat Perché. Anne Helman avait préparé des questions à poser à l'artiste... mais la soirée fût tellement animée qu'elle n'a pas eu le temps de les poser. Merci à Lionel Le Néouanic d'avoir bien voulu y répondre par la suite. Voici l'interview comme un prolongement de cette soirée... et un souvenir de cette belle rencontre.

Anne Helman : - La vie ne se donne pas à voir en noir et blanc à travers votre oeuvre ; les couleurs y tiennent une grande importance…
Lional Le Néouanic : - Pourtant, je ne suis pas très à l’aise avec elles, et je manque souvent d’imagination et de subtilité à leur égard. Je les emploie surtout en tant que valeur, pour les rythmes, l’équilibre ou déséquilibre qu’elles créent dans l’image. Selon moi, les couleurs ne relèvent que de l’apparence. Une apparence énigmatique. La vie est probablement dans ce qu’elles voilent, entre noir et blanc....

- Lorsque vous écrivez, vous abordez souvent des thèmes liés à la norme, la normalité, le regard de l’Autre . Différence, exclusion, racisme… Mais toujours de manière fantaisiste. Avez-vous conscience de cette équilibre, entre gravité et légèreté, humour et parfois noirceur du propos ? C’est dans le traitement léger et joyeux des thèmes que vous abordez que l’on devine un regard resté enfant, et un artiste qui écrit et illustre pour eux.
- En effet, la notion de personnalité comme monde en soi dans notre société me tient particulièrement à coeur. Qu’avons-nous à opposer à l’inertie de la norme sinon l’expression de notre personnalité, notre créativité, dans le respect de l’autre ? Comment exprimer ce point de vue pour le faire entendre au mieux ? Comment susciter des interrogations, des réflexions avec des émotions ? C’est ce petit défi qui me pousse à faire des livres car pour moi, faire un livre, c’est jouer. Toujours et avant tout, que le sujet en soit grave ou léger, sombre ou drôle. Jouer avec les mots, les images, les rythmes, les matières... Jouer comme un enfant.  Cependant, j’espère que mes livres ne s’adressent pas seulement aux enfants, mais à tous ceux qui gardent en eux, quel que soit leur âge, une part d’enfance, cette sensibilité qui donne envie de jouer, d’imaginer, d’expérimenter, de ressentir et d’animer. Car jouer, comme créer, c’est interroger le monde et l’agrandir.

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02 juin 2009

René Frégni

[une interview parue dans Citrouillee en 2001]

salon.jpgCitrouille : Écrire pour la jeunesse est-il un travail périlleux ?
René Frégni : Je me suis retrouvé, un jour, accroché à une falaise, j'avais douze ans. Je ne pouvais ni grimper, ni redescendre, la terreur envahissait mon corps, tous mes muscles tremblaient. Dix mètres au-dessus, autant au-dessous... J'étais seul, suspendu au-dessus de ma mort. Là, c'était périlleux ! Ecrire pour la jeunesse est une responsabilité et un immense plaisir. Quand mon stylo me fait peur, je le cache et je descends boire un café.

-Aujourd'hui, après le succès de tes livres pour adultes, as-tu de nouveau envie d'écrire pour la jeunesse ? Des messages à faire passer ?
-Que j'écrive pour des adultes, des ados ou des petits, cela ne change rien. Je m'assois, j'ouvre un cahier et j'attends que mon ventre ou mon cœur se mettent à parler, ça se passe par là. Au bout d'un petit moment, j'entends une petite voix. Si elle n'est pas sincère, je le sens tout de suite, si elle l'est, je commence à écrire. Écrire n'est que cela, écouter cette petite voix qui monte des régions les plus sincères de nous-mêmes. Une forêt si lointaine qu'on ne le soupçonnait même pas. Le seul succès c'est de continuer à entendre cette petite voix qui sort de nulle part. J'aime bien cette phrase de Pessoa : Je ne suis rien. JE ne serai jamais rien. Je ne veux rien vouloir être. À part ça je porte en moi tous les rêves du monde.

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01 juin 2009

«Si c’était moi qui vous avais élevés, vous ne seriez pas ici.» (itw d'Anne Fine)

«On a une responsabilité en tant que citoyen quand on écrit pour les enfants; il faut leur donner confiance en eux et les aider à s'armer pour le monde.» Rencontre avec Anne Fine (qui a parfois envie de tuer son mari). Par Gégène, librairie L'Herbe Rouge

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Pourquoi rencontrer Anne Fine ? Une fois de plus, parce que les démarches d’auteurs écrivant pour tout public indifféremment, mais non sans différences, m’intéressent. Bien sûr, qu’un auteur pour adultes fasse aboutir un projet, longtemps porté, de texte destiné à un public plus jeune ou qu’un auteur jeunesse finisse par franchir le cap d’écrire pour les vieux, ne sont pas des chemins moins louables. Ceux qui, en revanche, me gênent, ce sont ces auteurs s’acoquinant avec la littérature jeunesse parce que c’est porteur et que c’est quand même plus facile (travailler moins… et plus mal pour gagner plus); ceux qui m’ennuient ce sont ceux qui découvrent un écrivain le jour où il publie son premier texte de littérature blanche sans tenir compte de son passé en jeunesse. Anne Fine, donc : la lecture de n’importe lequel de ses romans prouvera qu’elle est bien « une romancière atypique et précieuse » - comme l'écrit Arnaud Cathrine dans  Anne Fine, mon écrivain préféré, plaquette publiée par l’École des Loisirs, qui fixa les fondations de mon entretien et dont je vous conseille vivement la lecture pour aller plus loin et ailleurs dans la découverte de cette dame. Pour commencer, et alors que pour initier notre discussion je la prie à l’avance de bien vouloir m’excuser de mes insuffisances anglophones, elle se lance tout de go dans un commentaire sur la traduction (ses plus de quarante romans sont disponibles en près de trente langues). Elle me signale qu’elle a parfois été très surprise des versions données de son texte en raison d’a priori culturels (par exemple dans les traductions en japonais), et que si certains de ses traducteurs sont très scrupuleux (c’est en particulier le cas en français ) l’interrogeant ainsi longuement sur la possibilité du sens caché d’une plaisanterie typiquement british, d’autres n’entretiennent aucun contact direct avec elle - mais la traduction n’est-elle pas aussi une trahison ?

Gégène : - En premier lieu, je tenais à vous remercier d’avoir accepté de me recevoir puisque j’ai lu que vous aviez appris, au fil du temps, à éviter les rencontres que vous trouviez sans grand intérêt… Ma première question, que j’ai l’habitude de poser aux auteurs que j’interroge : vous écrivez pour adultes, adolescents et enfants. De quelle manière, dans la forme et dans le fonds, vous adaptez-vous à ces différents lectorats ?

Anne Fine : - Je sais toujours très exactement à quel public je m’adresse, pour quelle tranche d’âge "psychologique" j’écris. Je pense que je choisis une tranche d'âge après m'être demandée qui prendrait le plus de plaisir et éprouverait le plus d’intérêt en lisant l'histoire que je vais écire. Pour les plus jeunes, comme dans la série des chats assassins ou Je ne sais pas écrire, je construis mon récit de manière simple avec des articulations évidentes, des paragraphes très courts sans longues descriptions et en évitant les retours en arrière qui risquent de les déstabiliser. J’ai conscience qu’à sept/huit ans ils sont encore, en Grande-Bretagne tout du moins, en train de se débattre avec les mécanismes de la lecture ; si je les surcharge de rappels d’événements antérieurs, je les perds. Souvent, ils tournent la page pour aller voir s’il y a plus de dialogues plus loin. Je me pose souvent la question sur les paragraphes, je sais qu’en tant que lectrice adulte telle partie devrait être d’un seul tenant, mais qu’il sera nettement plus agréable pour un enfant que débute un nouveau paragraphe. Ça peut sembler ridicule mais c’est un de mes premiers questionnements quand j’écris pour les plus jeunes.

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29 mai 2009

Eurêka ! (itw de Delphine Grinberg)

Entretien avec Delphine Grinberg, auteure de la collection Croq'sciences (Nathan) et conceptrice d'expositions à destination des enfants pour le Palais de la Découverte. Par Carole Aillaud, librairie Le Rivage des Livres à Mantes-La-Jolie.

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Des ateliers de sciences pour les enfants en librairie… quelle drôle d'idée ! Est-ce que cela ne sera pas trop barbant ? C'est que l'école ne nous a pas laissé de souvenirs impérissables dans ce domaine... Mais lorsque Delphine Grinberg arrive avec son grand cabas jaune à fraises rempli de pailles, de chenilles à tordre, de petites chaussettes remplies de matières à palper, on s'étonne et on se dit vite qu'on va rencontrer une autre idée de la science… Entretien avec une scientifique qui s'ignorait.

Carole Aillaud : - Vous avez fait des études d'arts appliquées; comment arrive-t-on aux sciences par ce chemin ?
Delphine Grinberg :
- Jusqu'à vingt cinq ans, j'étais complètement ignorante et persuadée que les sciences, c'était très ennuyeux. Cette discipline, telle que je l'ai fréquentée et apprise à l'école n'avait rien à voir dans mes souvenirs avec ce que j'ai découvert par la suite. C'est tout à fait par hasard, voire par effraction, que je suis arrivée plus tard dans ce milieu. Je travaillais sur des expositions parce que je n'arrivais pas à choisir ce que j'allais faire. J'aimais dessiner, voyager, travailler avec des gens d'horizons différents; j'étais vraiment incapable de choisir. La Cité des Sciences m'a alors recrutée pour concevoir une exposition… et n'a heureusement pas exigé un cv très spécialisé. Et ce fut plutôt une bonne chose; cette non spécialisation s'est révélée utile : elle m'a aidée à trouver le chemin pour susciter et construire un intérêt chez des visiteurs pas forcément passionnés. C'était finalement plus facile pour une novice en la matière !

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26 mai 2009

Rascal lauréat du Grand prix en littérature de jeunesse (RTBF)

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20 mai 2009

L'Océan noir, de William Wilson (Gallimard jeunesse)

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Écoutez l'interview de William Wilson par Aline Paillet

Lire la critique de Comptines ici

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16 mai 2009

Carina Rozenfeld

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"A mon époque, la littérature jeunesse était très pauvre. Il y avait bien quelques ouvrages, mais plutôt pour adultes, que l'on glissait dans cette case." A écouter Carina Rozenfeld, on pourrait la croire âgée… Eh bien non, cette jeune brunette aux yeux clairs, journaliste de métier, appartient au cercle désormais très tendance et en pleine explosion des auteurs de science-fiction et de littérature fantastique pour ados. [la suite sur vosgesmatin.fr] + Blog de Carina Rozenfeld

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02 mai 2009

Michael Morpurgo à L'Oiseau Lire (enregistrement audio)

fc3b0328181425c5f5d66fdd64d79dd7.gif Rencontre avec Michael Morpurgo à la librairie L'Oiseau Lire d'Evreux, le 13 mars 2009.

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Le petit Nicolas a grandi (itw de Colas Gutman)

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Journal d'un garçon (Médium, École des Loisirs - 8,50 €) ? Ben, c’est le journal d’un garçon, bien sûr. Il vit avec son père (le roi du jogging), sa grande sœur (Flo), sa belle mère (la reine du gratin) et son demi-frère (Cédric). Il est en seconde et il est amoureux d’une terminale, autant dire qu’il n’a aucune chance… C’est donc son journal intime, ses états d’âme, ses observations sur sa famille, ses profs, ses potes et Lisa. La grande qualité de Paul : son humour, son sens de l’auto-dérision. C’est drôle, vraiment drôle et ça fait du bien de rire dans un roman ado, ça change. Allez, une petite citation pour vous mettre l’eau à la bouche : « 12 juin - Mon père me raconte une énième fois comment il a été génial le jour de ma naissance. Avec lui, on dirait que, ce jour-là, ma mère était partie faire des courses. »

Nous sommes plusieurs dans l'association à avoir franchement aimé Journal d'un garçon de Colas Gutman. C'est donc tout naturellement que nous avons souhaité le mettre en avant.  Il fallait quelqu'un pour en faire l'interview, c'est tombé sur moi...  Faut être honnête, j'ai repoussé l'échéance, le plus longtemps possible. Lire une interview, j'sais faire, critiquer l'interview que j'lis, j'sais faire aussi, mais en faire une... Euh... j'faisais moins la maligne...  J'me suis dit que mon nouveau meilleur ami allait m'aider : mon ordinateur-Internet-ADSL-WIFI.  Mais d'abord, fallait que j'appelle l'auteur, parce que je n'avais qu'un numéro de portable...
- Bonjour, je suis Leslie... blabla… Interview Citrouille... blabla… Et si on le faisait par mail ?

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