15 avril 2009
Nous avons rencontré… David Dumortier (une itw proposée par NVL !)
Nvl - Lorsque je vous ai adressé un courriel un peu officiel au titre de Nous voulons lire ! pour cet entretien, vous m'avez répondu de manière très poétique : « Appelons-nous pour fixer un temps, deux chaises en herbe et pour moi une cigarette... » Vous êtes toujours comme cela ?
D. D. - Oui, j'adore m'asseoir dans l'herbe et fumer.
Nvl - La Clarisse (1) est présenté comme un poème-scénario avec des images et montage de Martine Mellinette. Effectivement, ce recueil se présente sous forme de plans cinématographiques avec le mot FIN en dernière page. L'éditeur précise d'ailleurs : La Clarisse a été achevé de tourner en avril 2000... Quelle influence le cinéma a-t-il dans votre œuvre ?
D. D. - J'aime le cinéma, j'aime beaucoup par exemple le cinéma iranien. J'ai vu de très belles choses. Je me souviens d'un de ces films iraniens « La jarre » qui a été tourné avec des enfants et qui évoque une jarre, celle de l'école, où les enfants vont boire et qui a été brisée. J'aime le cinéma quand il est épuré. Je suis allé voir récemment un film russe « L'île », sur un moine qui transporte du charbon. Je n'aime pas trop les mots dans le cinéma. Je trouve que les images peuvent parler. C'est un peu la même chose en poésie. Ce sont les images qui parlent dans la poésie. On n'a pas besoin d'en dire beaucoup. Il faut trouver de bonnes images. C'est un peu le cas par exemple quand je dis que Clarisse met son doigt partout et qu'elle s'en est mis un dans le derrière. C'est une image qui va dire toute la psychologie du personnage. C'est ce qu'on appelle un raccourci, en tout cas ; c'est ce que j'appelle un raccourci. Et j'aime les films qui font des raccourcis en faisant des économies de mots en utilisant des images poétiques.
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20 octobre 2008
Sélection NOUS VOULONS LIRE !
DUMORTIER David
Cligne-musette. Poèmes diminutifs et gymnastiques
Dans Etats provisoires du poème, ouvrage publié chez le même éditeur (en collection adulte), Jacques Lacarrière dit: : « Un poème, n'est-ce pas quand un mot en rencontre un autre pour la première fois ? » Eh ! bien, la lecture de ce recueil le confirme à double titre.
Commençons par les poèmes diminutifs : on peut les lire à l'endroit, comme les définitions du dictionnaire, ou bien à l'envers, comme des devinettes, et cela donne des résultats sublimes. Comment résister à citer à titre d'exemple celui-ci :
« Silhouette
Vague forme que l'on devine
dans le lointain souvenir
d'une enfance presque effacée. »
On se laisse très facilement porter par l'écriture et l'imagination de l'auteur. Certains poèmes ne manquent d'ailleurs pas d'humour et de fantaisie. La fin du titre de beaucoup de poèmes diminutifs se termine par « ette », ce qui est normal dans la langue française. David Dumortier joue sur le fait qu'un diminutif ne signifie pas la petitesse, mais représente une certaine forme d'intimité et de rencontre avec les gens, les choses de la vie et aussi les mots. Une façon de comprendre le monde... de le sentir vivre... et de l'aimer, beaucoup mieux en employant un diminutif qu'un superlatif.
Quant aux poèmes gymnastiques, ils procèdent d'une démarche liant le sens du mot aux lettres qui le composent, de par leur forme le plus souvent. Exemple :
« VÉLO
Le O forme la roue avant.
Le L est confortablement assis sur le É et le V offre un superbe porte-bagage.
Et la roue arrière du vélo, où est-elle ?
Oh ! Elle a encore été volée ! »
Chaque lettre a donc une fonction qui se confond avec un accessoire de l'objet, du personnage ou animal cités. Chaque poème est une prouesse de souplesse de la langue (puisqu'il s'agit de gymnastique !) en même temps que d'évocation symbolique très forte.
Une petite merveille que ces poèmes ! Remarquons que le Micro Robert propose comme une des définitions de petit : «Qualifiant ce qu'on trouve aimable, charmant, attendrissant». N'oublions pas les superbes collages de Martine Mellinette, qui, au premier abord, paraissent parfois un peu décalés par rapport au texte, mais renforcent finalement la possibilité de divaguer et de pérégriner entre images et textes. Bravo ! J.-C. B.
Cheyne éditeur (Poèmes pour grandir), 2008. 12,50 euros
Pour tous
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09 octobre 2008
Des histoires sans paroles ou presque (un article de Nous Voulons Lire !)
Regards sur les albums sans texte, par Christiane Connan-Pintado - IUFM d’Aquitaine-Bordeaux IV
En 1975, Marion Durand et Gérard Bertrand s’étonnent « de voir sur le marché si peu d’albums sans texte pour les enfants, alors qu’apparemment c’est le matériel le mieux approprié à un public analphabète ». D’où leur interrogation : « Ne serait-ce pas parce que la nature même de l’image dresse un obstacle infranchissable à l’expression de certaines significations, de certains cadres ou de certaines articulations indispensables à l’intelligence du récit, et qu’il n’y a, en pareille situation, d’autre issue que de faire appel au langage de l’écriture ? ». Quelques décennies plus tard, la multiplication des albums sans texte dans l’édition contemporaine pour la jeunesse invite à reconsidérer cette analyse. [Lire l'article : Albums_sans_texte.doc]
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27 décembre 2007
La joie de lire a 20 ans
Nous avons rencontré Francine Bouchet, directrice de La joie de lire [Un article paru dans la revue Nous voulons lire !]
NVL - En consultant rapidement les tables de matières de Nous voulons lire !, je constate que nous avons rendu compte d’environ 45 titres de La joie de lire. Le premier date du n° 75 en juillet 1988. Il s’agissait de Corbu comme Le Corbusier (1987), c’est-à-dire du premier titre publié par La Joie de Lire, alors que vous n’étiez qu’une librairie pour enfants à Genève. Nvl avait alors qualifié cet ouvrage de « décevant ». Pourtant, dans votre esprit, il était le premier titre d’une collection « Connus, méconnus » qui avait pour objectif de faire connaître nombre de personnages qui avaient excellé dans leur métier, qu’ils soient découvreurs, architectes, musiciens, peintres. Vespucci, le titre suivant, mérita toute notre attention ; il obtint d’ailleurs 2 prix. En quoi cette collection « documentaire » se distinguait-elle de la production courante ?
JDL - Je vous remercie de rappeler cette mention à propos de Corbu comme Le Corbusier. Si cet ouvrage a déçu votre critique, sachez qu'il a réjoui des milliers de personnes, à commencer par les habitués des divers lieux consacrés au grand architecte. Il a été traduit au Japon et se vend très régulièrement, aussi bien dans ce pays lointain que sur le marché francophone. Ce livre reste pour moi un des meilleurs titres de notre catalogue, non parce qu'il se vend... mais parce qu'il correspond parfaitement à ce que je voulais exprimer à l'époque et qui reste valable aujourd'hui. J'ai souhaité rompre alors avec la déferlante Dorling Kindersley, achetée en français par Gallimard, et qui pour moi ne proposait que des livres scolaires dissimulés.
Chaque personnage de notre première collection « Connus, méconnus » devait trouver sa forme propre. Ainsi Mozart parlait à la première personne, les notes de musique nous racontaient le génie de Stravinski, les images de Michel Raby, et rien que ses images, révélaient les trouvailles conceptuelles ou concrètes de Le Corbusier. Nous avons bien vite été imités ; je pense en particulier à la collection « Moi... » de Casterman ou « Un dimanche avec... » de Skira. A l'inverse de ces collections, notre propos était de ne pas répéter l'exercice à chaque volume. Là fut, je crois, le premier signe de notre exigence. Permettez cette petite égratignure : « Décevant », a dit votre critique... Si les propos des journalistes devaient nous affecter, il n'y aurait pas d'éditeurs, encore moins d'écrivains ou d'illustrateurs. Il faut savoir garder son cap, malgré l'agitation qui nous entoure.
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05 décembre 2007
Autour d’une traduction de Walt Whitman
Tout comme le dernier numéro de Citrouille, celui de Nous Voulons Lire ! (n°171) propose plusieurs articles consacrés aux traducteurs. Au sommaire :
- Traduire Harry Potter en italien (Béatrice MASINI)
- Traduire Harry Potter en basque (Iñaki MENDIGUREN)
- Mémoire d’une vache traduit de l’espagnol (André GABASTOU)
- L’oreille intérieure (Emmanuèle SANDRON)
- Interview d’Alexandre Zotos (Jean-Claude BONNET)
- Une (pas si) désastreuse série (Rose-Marie VASSALLO)
Dans un précédent numéro, NVL ! publiait l'article ci-dessous, consacré à la traduction par KRIEF A. de J'ai entendu le savant astronome, de WHITMAN Walt et LONG Loren (Gallimard Jeunesse, 2006. 11,50€)
Un grand format à l'italienne, une couverture sombre, dans une gamme de bruns que l'on retrouvera souvent au cours des pages, jusqu'à ce que l'on rencontre l'illustration même de la couverture. Alors les tonalités changent ; certes elles restent sombres ; mais l'enfant n'est plus avec des adultes ; il est seul dans la nature, par une nuit étoilée dont il regarde le reflet dans l'eau d'une rivière.
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21 octobre 2007
Sélection Nous Voulons Lire !
POMMIER Maurice
Dans l’atelier de Pépère
Maurice Pommier privilégie les albums qui ont une solide base documentaire : tel Chasseurs de baleine, Le sac du mousse ou Le sorcier des cloches ; il a aussi illustré nombre de documentaires dont beaucoup sont consacrés à de vieux métiers. Ici, il s’agit de la menuiserie que représente le personnage de Pépère. Ce qui frappe, c’est le mélange des détails documentaires, traduits par des dessins très précis, souvent très petits, souvent en ombres chinoises (on appelle « pommier » ce type de dessins) et l’expression si humaine du vécu des personnages mis en scène. La couverture regroupe toutes ces caractéristiques : Pépère raconte avec beaucoup de vivacité et de gestes la menuiserie à un jeune enfant, Louis, son petit-fils.
Des outils - rabots ou ciseaux à bois ou… de toutes sortes, dans un dessin si précis qu’on ne peut se tromper - occupent l’essentiel des pages de garde ; en haut et en bas de ces pages, des médaillons avec des portraits des ancêtres de Pépère, de 1770 à aujourd’hui, sans oublier le casse-croûte de Pépère ou les lutins de son atelier.
Texte et images ne peuvent être dissociés : chacun introduit, explique, commente l’autre. Parfois en séries comme dans une BD, parfois pleine page, parfois frise, accompagnées ici d’une légende, ailleurs d’un texte narratif, ailleurs encore d’un texte explicatif, les illustrations créent une histoire de la menuiserie à travers des générations de menuisiers ; ici, des mots en grandes capitales « JE LE REGARDE », « JE SUIS NEE EN 1820 » (une scie), « DE L’OR » marquent l’écoulement du temps. Ce texte documentaire est coupé d’histoires «
fantastiques » où interviennent nains et dragon : et c’est un conte « En ces temps-là.. » avec des illustrations en ombres chinoises. A cela s’ajoutent des touches d’émotion à l’évocation de certaines personnes de la famille de Pépère.
Livre passéiste ? Certes pas. Pépère termine « Tu ne travailleras pas tout seul, comme nous, ni de la même manière » dit Pépére à Louis. Et « en attendant, demain, il y a école, et ça aussi est important pour devenir un bon menuisier. » A donner à lire à certains qui veulent mettre en apprentissage à 14 ans !!! D. E.
Gallimard Jeunesse, 2007. 14,90 euros
A partir de 6-7 ans
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16 juillet 2007
Quelques instants auprès de Gennadij Spirin...
[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un article de Nous Voulons Lire ! initialement mis en ligne en octobre 2001]
A l'occasion de la VIIe Biennale Internationale de l’Illustration du Livre de Jeunesse de Catalogne qui s’est tenue à Barcelone du 19 au 23 janvier 1997, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de ce personnage plutôt insaisissable, un peu «sauvage», qu’est Gennadij Spirin. Par Denise Escarpit
Né à Moscou en 1948, Gennadij Spirin, par le hasard d’une rencontre, est parti en janvier 1991 aux Etats-Unis. Il réside avec sa famille à Princeton. Il parle beaucoup de ses trois enfants, trois garçons dont le dernier - 4 ans - est né aux Etats-Unis, de son goût pour la cuisine ; il prend même plaisir à expliquer dans le détail comment il prépare certains plats.
Sur le plan professionnel, il ne croit pas subir jusqu’ici l’influence des Etats-Unis. En effet il connaissait déjà l’édition occcidentale pour laquelle il avait travaillé. Il avait d’ailleurs reçu de nombreux prix - entre autres, la Pomme d’or de Bratislava en 1983 et le Prix de la Foire de Bologne en 1991. Il dit avoir été marqué par l’architecture européenne, celle des pays slaves et d’Europe occidentale en particulier. Simplement, il se sent mieux pour travailler outre-Atlantique. Mais il y a chez lui un certain refus de la communication et il fréquente peu les autres illustrateurs ; il travaille seul, un peu comme un ermite.
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24 mai 2007
Sélection Nous Voulons Lire !
scén. APOLLO ; ill. TRONDHEIM Lewis
Ile Bourbon 1730
On ne sait pas assez, en métropole, combien l'île de La Réunion est active du côté de la BD et l'on ignore trop la qualité de ce qui s'y fait. Est-ce à cause de l'identité, si marquée, de La Réunion ? D'abord une identité insulaire, ensuite à cause de son histoire originale, peut-être aussi à cause de son éloignement : un bout de France à 11 heures d'avion, mais une France très particulière, cyclonique, volcanique, et surtout… cosmopolite.
La BD est l'un des supports où s'affirme/s'exprime cette singularité. Les professionnels de la BD en métropole, eux, le savent bien : c'est pourquoi des créateurs réunionnais de BD sont non seulement présents au festival d'Angoulême, mais ils y sont couronnés ; et ils ont depuis des années acquis le droit de « jouer dans la cour des grands », c'est-à-dire d'être publiés par des éditeurs nationaux.
Tous ces traits sont présents dans ce… livre. En effet, cette BD ne se présente pas sous la forme classique de l'album, mais sous celle d'un livre de 287 pages : papier mat ivoire, graphisme en noir et blanc. Il s'agit non pas d'une histoire en continu, mais d'un recueil de huit nouvelles en BD, de 9 à 53 pages, classées « thématiquement », comme l'indique le titre de chacune.
Quelques exemples : « Les Marrons » - en créole, est qualifié de « marron » tout ce qui est marginal ou hors-la-loi, aussi bien les « esclaves marrons » qui fuyaient la plantation pour se réfugier dans les Hauts, que la « vigne marronne » ou une « école marronne » ; « Fénoir » - aussi un terme créole qui désigne le soir ou la nuit, toujours hostiles ; « Les Marmailles » - enfants et jeunes ; « Mafate » qui a donné son nom à ce cirque volcanique que l'on ne peut atteindre, encore aujourd'hui, qu'à pieds, par des pistes escarpées et dangereuses.
Les humains, dans leurs aventures, sont représentés le plus souvent par des animaux : fable animalière. Le fil conducteur est Raphaël, un ornithologue naïf, sorte de Candide en forme de canard et amoureux transi. Il est placé, d'une histoire à l'autre, dans des situations dont il maîtrise mal la violence… Galerie de héros lamentables. Graphisme en ligne claire, où le jeu des noirs et des blancs est très maîtrisé. La mise en page des vignettes aurait gagné à s'autoriser plus d'audaces. Il y en a. Par exemple, la dernière image de chaque nouvelle est souvent en pleine page, avec une nature luxuriante, où les humains-animaux n'ont plus rien à faire : l'épisode est fini.
Le choix de 1730 est judicieux dans l'histoire de l'île. C'est en effet le moment charnière - « l'époque », au sens grec de « coupure » - entre deux périodes bien distinctes. Avant, c'est l'économie et la société d'habitation : des familles qui s'installent et défrichent. Une vie à la Robinson, avec pas ou peu d'esclaves (souvent une femme malgache, à la fois esclave et compagne d'un habitant célibataire). Après, on passe à l'économie de plantation, sous la férule de « ces Messieurs de la Compagnie » [des Indes orientales] qui, faute d'être de grands économistes étaient d'âpres comptables : il faut défricher et planter du café à tour de bras. En même temps, il faut une multitude d'esclaves. 1730 est le passage d'une économie familiale d'autosubsistance à une économie coloniale marchande. C'est aussi le moment où la Régence promet l'impunité aux pirates qui se rangent. Dotés d'une concession, ils se reconvertissent en planteurs, souvent à La Réunion… où l'on cherche toujours le légendaire trésor du célèbre La Buse…
Mais, dira-t-on, toutes ces particularités n'intéressent qu'un public réunionnais, ou encore quelques « z'oreils » qui, venus une fois à La Réunion, se sont entichés de l'île, sont tombés amoureux d'elle (nous ne connaissons pas d'exception…). Illusion ! A une époque où la France revisite son passé de puissance coloniale, où l'on s'interroge - avec véhémence et passion - sur les « vertus » du colonialisme et les séquelles des sociétés post-esclavagistes, la petite île lointaine offre un laboratoire, peut-être pas unique, mais exceptionnel. L'UNESCO ne s'y est pas trompée, qui organisait, fin 2006, à Saint-Denis de La Réunion, un colloque international sur la question du communautarisme, de la tolérance religieuse, raciale, culturelle : sujet de pleine actualité, questionnement mondial aujourd'hui.
… Il y a tout cela en filigrane dans cette BD. Même si les auteurs, en avertissement, précisent que cette BD « s'inspire librement de faits historiques », les notes aux pages 280-287 sont précises et exactes : c'est riche ! - Bernard Colas
Delcourt (Shampoing), 2007. 16,50 euros
Dès l'école primaire et pour tous
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21 février 2007
Sélection Nous Voulons Lire !
NOUS VOULONS LIRE ! est en danger de disparition.
Pour plus de renseignements (et la pétition en ligne) cliquez ici
D'après SHAKESPEARE ; adapt. PIQUEMAL M. ; ill. NOVI Nathalie
Roméo & Juliette
Un cœur découpé dans la couverture rose laisse voir le beau visage triste d'une jeune femme, encadré de longs cheveux. Face aux très belles illustrations de Nathalie Novi, sur pages roses aussi, le texte est écrit très simplement ; il raconte l'histoire, sans s'attarder inutilement sur les épisodes les plus connus. C'est un résumé, bien fait, bien construit, bien écrit, dont le dépouillement laisse toute la place aux illustrations.
Qu'elles soient sur la belle page ou sur la double page, elles semblent baignées dans une légère brume - brume du passé ? - pour décrire les lieux - ville et campagne - et surtout les scènes dans lesquelles les personnages semblent flotter ; on pense à des personnages fantômes dont les traits pourtant sont dessinés de façon expressive : la rencontre derrière un rideau, la scène du balcon, la rencontre la nuit, etc.
Un très bel album qui permettra de faire connaître l'histoire des amants de Vérone d'une manière poétique. D. E.
Albin Michel Jeunesse, 2006. 10,90 euros
Dès 6-7 ans
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15 février 2007
Entretien avec Josée Lartet-Geffard après sa participation au salon Fiction / Non Fiction de Moscou en décembre 2006
Un article de Nous Voulons Lire, par Jean-Claude BONNET - Photo empruntée au site du BIEF
NVL : Tout d'abord pouvez-vous nous dire quelques mots sur le salon Fiction/ Non Fiction ?
J. L.-G. (1) : C'est une foire internationale du livre, qui s'intitule plus précisément « Foire de la littérature intellectuelle ». Elle a été fondée il y a huit ans par une cinquantaine de petits éditeurs de sciences humaines, en réaction à la Foire du Livre de Moscou. C'est une manifestation où sont présents les éditeurs russes mais aussi des éditeurs étrangers. Le BIEF (Bureau International des Editeurs Français) y participe car il considère que c'est un événement incontournable pour le marché du livre en Russie. Presque trente éditeurs français, petits et grands, étaient représentés sur le stand du BIEF. J'étais invitée par les éditions jeunesse Samokat, dirigées par Irina Balakhonova, pour présenter les problématiques du roman pour adolescents, dans le cadre d'une coopération engagée depuis plus de deux ans avec NVL/ CRALEJ et l'association ICARE. Plusieurs moments de réflexion étaient programmés, dont une table ronde sur « l'expérience internationale et la réalité russe » avec Annika Thor (2), Jostein Gaarder (3), le sociologue Boris Doubin et Olga Maeots de la Bibliothèque des littératures étrangères de Moscou, ainsi qu'une conférence sur « La littérature pour adolescents en France » et des rencontres, plus informelles, avec des professionnels du livre.
NVL : Quelle était la place de la littérature jeunesse au salon ?
J. L.-G. : Elle était réduite à la portion congrue car la littérature jeunesse contemporaine existe très peu en Russie. Je crois que les réelles nouveautés (les publications qui ne sont pas des reprises des classiques) ne représentent qu'une cinquantaine de titres par an environ. La littérature contemporaine pour adolescents est, elle, inexistante ou presque.
(1) LARTET-GEFFARD, Josée. Le roman pour ados, une question d'existence. Paris : Le Sorbier, 2005. (Coll. La littérature jeunesse, pour qui, pour quoi ?)
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18 décembre 2006
Sélection Nous Voulons Lire !
WIEHE Gabrielle
Bestioles
C'est, d'abord, un livre d'art de grand format. Les pages sont coupées au centre ce qui permet une infinité de lectures. Richesse des lectures autorisées, donc. Par double page, sinon, le livre ausculte un animal fabuleux à travers les traditions du monde, à travers les mythes, ceux de la création, notamment : richesse culturelle, donc. Et, pour chaque animal fabuleux, il y a un essai de synthèse de la raison d'être de son invention par l'imaginaire humain. Evidemment les avis divergeront sur la justesse des synthèses produites, à chaque fois, sous la forme courte et fragmentaire de l'aphorisme plutôt que de l'essai argumentatif. Mais on peut, tout aussi bien, y voir une manière de relire les créatures mythiques, de les sortir des gangues interprétatives, ce que la confection même de l'objet livre incite à faire, presque toujours, ne serait-ce que par inadvertance.
Quant au graphisme, au travail des couleurs et des formes, l'ouvrage offre une telle splendeur que la richesse plastique à elle seule est déjà une raison pour conseiller la lecture de ce livre. Le titre est d'ailleurs éclairé, semble-t-il, par cet aspect pictural et de composition graphique : les animaux fabuleux sont ravalés à de vulgaires bestioles ce qui est une manière, non pas de corriger leur importance dans l'histoire des hommes, mais d'inviter le lectorat à laisser son imaginaire se manifester sans retenue. Quel livre magnifique ! Ph. G.
L'atelier du poisson soluble, 2005. 23 euros
De 6 à 666 ans
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06 octobre 2006
Sélection Nous voulons lire !
DE KOCKERE Geert ; trad. SANDRON E. (Pays-Bas) ; ill. CNEUT Carll
Margot la Folle
Cet album frappe dès l’abord : couverture et pages de garde noires, d’un noir total. Est-ce un signe ? En lettres blanches, dépouillées, le titre et les auteurs, deux Belges très connus... On est alors surpris par la page de titre où s’étalent de grandes taches de couleurs, couleurs que l’on retrouvera tout au long de l’album.
Surpris aussi, au feuilletage du texte, par une belle typographie qui bouge avec le sens : des minuscules de corps très lisible, bien sagement alignées en lignes justifiées, et tout à coup de très grandes capitales pour traduire la force des exclamations et, sans doute, le dérèglement du personnage. Surpris encore, très surpris, au feuilletage des illustrations où se mêlent formes dépouillées, proches du dessin enfantin, et un pullulement de personnages hauts en couleur, dans des costumes colorés, coiffés de drôles de bonnets, aux visages aux traits fortement marqués, le plus souvent anguleux. Et Margot, toujours vêtue de même façon - robe et coiffe gris bleu, espèce de gilet à manches brun rouge sombre - tempête, tonitrue bouche ouverte, dans des attitudes agressives, au milieu d’un tas de gens qui sortent des maisons, portent des costumes évoquant parfois ceux des bouffons, de toutes façons évoquant une mode lointaine et étrangère.
Alors on se pose des questions et, en fin d’ouvrage, on découvre que cet album est une « mise à la disposition de la jeunesse », d’un tableau de Brueghel l’Ancien qui se trouve au Musée Mayer van der Bergh à Anvers, ce tableau découvert vers la fin du XIXe siècle. Partie de ce tableau est reproduite au milieu de l’album. Et, comme pour d’autres albums d’initiation à l’art, des éléments du tableau sont repris tout au long de l’album, mais traduits, retravaillés dans un contexte infernal : nous sommes avec Margot la Folle - elle, fillette si douce, si tendre, mais enfant terrible devenue folle - devant la bouche de l’enfer.
L’imagination fantastique de Brueghel se traduit ici par un foisonnement de personnages à tête d’animaux ou de crânes blancs qui servent de têtes, d’ « hommes monstrueux ; ou bien des monstres à peine humains », exprimant l’incertitude de la ligne qui sépare esprit sain et folie. Le texte se complaît alors dans un univers fait de puanteur et de charogne devant lequel Margot hésite. Est-ce la fin de la colère de Margot ? Mais la dernière double page, rouge sang, nous apprend que Margot s’est tuée et a ainsi donné son âme au diable.
Cet album serait-il un conte d’avertissement destiné aux enfants et les images seraient-elles là pour lui faire comprendre ce qu’il risque à mal se comporter ? Je ne sais. Mais c’est un très bel album d’art que chacun lira à sa façon. D. E.
Circonflexe, 2006. 14 euros
A partir de 7-8 ans pour le récit ; plus tard et pour tous pour les illustrations
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05 juillet 2006
Selection Nous Voulons Lire !
BADESCU Ramona ; ill. BALEZ OlivierA trois
Un petit album carré ; en gros plan sur la couverture, trois personnages : maman et papa dont les traits sont à peine esquissés regardent avec tendresse un enfant à l'air joyeux. Sur la page de titre, trois paires de chaussures.
Un 1 vous accueille à la première page ; suivent alors de page en page sur fonds de couleurs différentes, comme dans un imagier, des images diverses - une maison, une autre maison, un verre, une veste, etc. puis une voiture avec une silhouette d'homme, une autre voiture avec silhouette de femme des échanges de regards, une tasse, une autre tasse, un parapluie, un coup de foudre et on arrive au chiffre 2. Même procédé : ici le 2 est le symbole de la vie à deux avec ses crises, ses joies, ses problèmes, tout cela à travers l'image d'un objet, d'un visage... et on arrive à 3 et des images d'une vie heureuse.
Rien n'est dit ; tout est suggéré avec délicatesse par l'image, Remarquable. D. E.
Albin Michel Jeunesse, 2006. 10 euros
Dès 3 ans pour l'imagier, 5-7 ans pour l'« histoire »
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20 juin 2006
Nous avons rencontré Eric Battut
Nvl - Eric Battut, comment passe-t-on des études de sciences économiques et droit à l’illustration jeunesse, de disciplines qui, me semble-t-il, laissent peu de place à l’imagination, à la création artistique ?E. B. - D’abord, je ne sais pas si le droit laisse peu de place à l’imagination, parce que la jurisprudence peut être très inattendue, mais logique. Mais vous ne me rencontrez pas pour que je parle de droit ! J’ai fait sciences économiques pendant 3 ans. J’ai redoublé une année de DEUG. Ensuite je suis passé en droit pour la licence. J’ai eu ma licence. J’obtenais mes diplômes en ne travaillant vraiment que le dernier mois avant l’examen. Après, est venu le service militaire. Là, je me suis demandé si je voulais retourner en droit pour la maîtrise parce que je ne voyais pas de métiers qui me plaisaient dans ce domaine. De 1992 à 1993, j’ai pris une année pour peindre dans ma chambre. Je faisais des copies, et mes propres toiles. Je me considérais comme un mauvais peintre pour l’époque dans laquelle on vit. Je suis allé prospecter les écoles et ce qu’elles proposaient comme enseignement. C’est en voyant les travaux des élèves de l’Ecole Emile Cohl que j’ai décidé de m’y inscrire. J’en suis sorti en 1996. Pour le diplôme, j’ai illustré La Chèvre de Monsieur Seguin et Le Chat botté. La Chèvre a été exposée en 1996 à Bologne. J’ai fait le tour des éditeurs avant d’avoir le diplôme. Mon premier travail publié a été pour Pomme d’Api (« Les belles histoires ») à la fin de l’année scolaire 1996. C’était une commande de Bayard. Didier m’a fait travailler sur Pêcheur de couleurs avant de publier La Chèvre de Monsieur Seguin.
Nvl - Pêcheur de couleurs est une histoire d’Eric Battut, racontée par Michel Piquemal. Comment s’est passée cette collaboration fructueuse ?
E.B - J’ai montré chez Didier des dessins de vaches énormes par rapport au format. Ils m’ont dit : « Pourquoi ne pas faire une histoire avec ce personnage ? ». J’ai trouvé l’histoire d’une vache qui découvre les couleurs. J’ai fait les dessins, puis j’ai écrit l’histoire. Didier a dit que ça n’allait pas du tout. Et c’était vrai ; le texte ne chantait pas, il n’y avait pas de musicalité. C’est Michel Piquemal que la maison a contacté. Moi, je ne connaissais pas d’auteurs.
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09 mai 2006
» Sélection Nous Voulons Lire !
CHILD Lauren ; trad. KIEFE L. (Grande-Bretagne)Hubert Horace Gontran Lambert de Ville-Adam
Le héros éponyme aux quatre prénoms a des parents terribles. Terriblement riches et insouciants. Lui est un enfant sage, et surdoué. Le jour où, à force de fêtes dispendieuses et de parties de Monopoly avec de vrais billets, ses parents se retrouvent ruinés et doivent vendre la demeure familiale, c’est Hubert qui cherche une solution. Un album très drôle qui joue du comique de situation et d’un humour distancié. Une illustration foisonnante et caricaturale, qui met en évidence les contrastes de la situation et cligne un peu de l’œil vers deux autres Anglais, Tony Ross et Quentin Blake. Un texte qui se faufile au milieu des images et transforme la lecture en exploration à travers la page. Une mise en page si inventive qu’il n’y a pas deux pages qui se ressemblent. L’ensemble est délectable et joyeusement sympathique. Ch. P.
Casterman (Les albums Duculot), 2006. 14,90 euros
A partir de 5 ans
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27 avril 2006
» Sélection Nous Voulons Lire
WARD Helen ; adapt. ROSE Françoise
La Sagesse des bêtes : Fables d'Esope
Ce livre est autant livre d'art que livre de culture, livre de relecture des classiques fables d'Esope, celles notamment dont La Fontaine s'inspira, bien sûr, mais d'autres aussi. Les illustrations de Ward emportent le lecteur dans un univers facétieux, drôle et cinglant tout à la fois. Le jeu de la typographie est un régal ; le livre se trouve ainsi scandé par des divisions qui ne sont pas dans la structure même des fables.
Donc livre de création aussi que ce livre de Ward où on aimerait prendre notre monde en questions : mascarade de ces raisins aigres, plus vrais que nature, aux insignes du pouvoir ; mascarade de cet air de danse sur une question de taille, celle du temps lent et sans sûreté ; échanges de bons procédés et l'or des fous en chute libre. Pas de quoi en faire un fromage. Le plumage ne fait pas l'oiseau. Mais ne nous leurrons ! La fable explique que les désirs ne sont pas réalité et qu'il faut s'en garder pour sauvegarder l'ordre du monde ; elle en appelle à la norme comportementale. Le rire et le sarcasme n'ont pas nécessairement une visée socialement corrosive, surtout lorsqu'ils sont mis au service d'une leçon de morale. Ph. G.
Gautier-Languereau, 2005. 16 euros
Dès 9 ans et pour tous
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12 mars 2006
» Histoire et actualité de l’illustration russe pour enfants
NOUS VOULONS LIRE
Dans le cadre d’échanges culturels entre l’Aquitaine et la Russie, l’association NVL/CRALEJ en partenariat avec l’association ICARE (1) a présenté une exposition de 11 illustrateurs russes contemporains pour la jeunesse. Cette exposition itinérante a été créée par la Bibliothèque des Littératures Etrangères de Moscou sous le titre « Russian vacation ». A Bordeaux, elle c’est déroulée au salon de thé-libraire « Les Mots bleus », et a donné lieu à une journée de rencontres organisée à la Bibliothèque de Mériadeck. Ci-dessous l'intervention de Olga Maeots, responsable de la section jeunesse de la Bibliothèque des Littératures Etrangères de Moscou (Traduction assurée par Alla Zvonkine)
«Il est impossible, en un temps si court, de présenter toute l'histoire de l'illustration russe destinée aux enfants. J'ai donc décidé de débuter mon intervention sur les années 20 et 30 qui sont très connues en France ; c'est la période de l'avant-garde russe.
L'illustration en Russie, en dépit de tous les changements politiques, a toujours eu une grande importance. Cette tradition ne s'est jamais interrompue. La culture russe - et ce n'est pas seulement mon avis - est basée sur les livres.
D'autre part, à partir de la fin du XIXe siècle, le livre est apparu comme outil d'éducation. Deux grandes questions l'ont traversé :
- le livre, objet d'art,
- le livre, objet et support pédagogique.
Au début du XXe siècle, le livre pour enfants est considéré comme objet d'art. Il faut donner du « beau » à voir aux enfants. C'est la tendance « Mir Iskousstva » dont le moteur fut Alexandre Benois qui, au début de sa vie, a vécu en Russie et a influencé l'art français.
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08 mars 2006
» Nous avons rencontré Jean-Claude Mourlevat
Nvl : Jean Claude Mourlevat, la première fois où je vous ai rencontré c’était lors d’une lecture à voix haute à Pauillac en Gironde dans le cadre d’une résidence, et j’avoue avoir été impressionné par votre rapport au public. Vous avez été comédien et metteur en scène auparavant et je me suis posé une question : jusqu’où va pour vous la lecture à voix haute avant d’être une lecture théâtralisée ?
J.-C. M. - J’aime, dans la lecture à voix haute, le triangle formé par le public, le livre et moi. Et l’équilibre naturel qui en émane, l’évidence. Si je m’avançais comme un conteur, sans livre dans les mains, j’aurais l’impression d’être encore le comédien que j’ai été pendant des années, au théâtre, et je n’en ai plus envie. Si, au contraire, je lisais à plat, le nez dans le livre, assis, je n’apporterais rien de plus que ce qu’une lecture muette apporte au lecteur. Alors, j’ai trouvé cette voie médiane d’une lecture engagée, debout. Elle n’est pas théâtralisée. Il n’y a ni costumes, ni décor, ni jeu véritablement théâtral. Je n’imite pas les voix des personnages. Je les suggère. Je lis comme un lecteur qui prend plaisir au texte et qui veut le faire partager.
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21 décembre 2005
» Sélection Nous Voulons Lire !
VINCENT GabrielleLes questions de Célestine
A mes yeux, l'un des meilleurs albums de Gabrielle Vincent. D'abord le sujet traité : Célestine voudrait savoir d'où elle vient, pourquoi elle vit avec Ernest. D'autre part, par la variété de mise en pages des illustrations qui témoignent de la difficulté de sa démarche : tantôt image pleine page pour des scènes de la vie quotidienne, tantôt plusieurs vignettes sur la page - 4 vignettes traduisant les hésitations de Célestine : comment poser la question ? Et quelle question ? Puis 6 vignettes lorsque la situation se complique : comment parler à Ernest ? Puis jusqu'à 12 vignettes qui se déroulent sur la page suivant le flux des pensées hésitantes de « l'enfant ». Presque toujours une courte phrase sous l'image, soit question, soit interpellation, soit invitation à aller plus loin, à oser parler. L'album pourrait presque se lire sans texte, tant les attitudes du personnage, les mouvements du corps, de la tête, traduisent les hésitations, les moments difficiles, la tristesse et enfin la tendresse si difficile à exprimer par le dessin et le pinceau. D. E.
Casterman (Les petits Duculot/Ernest et Célestine), 2005. 5,20 euros
Dès 3-4 ans
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12 septembre 2005
» Rencontre avec Françoise NYSSEN
Actes Sud Junior a 10 ans…
Nvl - Les éditions Actes Sud Junior sont nées il y a dix ans. Pourquoi cette création chez Actes Sud ?
F. N. - J'ai toujours cru profondément qu'il était essentiel de s'occuper des jeunes enfants qui sont les lecteurs de demain. Mais un secteur jeunesse, ça ne se développe pas comme ça ; ça n'obéit pas à la mode. Il faut une politique logique et raisonnée. Et Madeleine Thoby a eu envie de s'en occuper. Mais Madeleine est partie maintenant pour prendre en mains et développer Gulf-stream. C'est alors que Thierry Magnier est entré en contact avec nous et nous avons pensé qu'on pouvait lui confier le secteur.
Nvl - Pourquoi Junior ? D'autres éditeurs parlent de cadets, souvent différencié en Cadet benjamin, Junior, etc. Ce terme signifiait-il dès le départ que les publications s'adressaient aux jeunes en général ou, déjà, y avait-il une tranche d'âge - j'ai horreur de ce terme qui implique que l'on découpe les lecteurs en rondelles bien calibrées ! - plus étroite visée ?
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10 septembre 2005
» Sélection Nous Voulons Lire
RODRIGUEZ Béatrice
Le voleur de poule
SADAT Mandana
Mon lion
Quel bonheur de retrouver des albums sans texte qui permettent à l’enfant, en décodant l’image, de construire sa propre histoire, de « lire avant de savoir lire » et, j’ajouterai, sans que l’image du texte vienne troubler sa vision. Deux albums à l’italienne (6 ont déjà paru), glissés chacun dans un étui illustré où figurent les données éditoriales.
Dans le premier, un renard s’enfuit une poule serrée contre lui. Branle-bas des autres animaux qui partent à sa poursuite. La nuit vient - de très belles images de forêt la nuit - et, le jour venu, le renard continue sa fuite et disparaît… On le voit dans sa tanière jouant aux échecs avec la poule, puis il dort avec la poule contre lui. Le lendemain, fuite sur la mer en bateau vers une île déserte où poursuivis et poursuivants se retrouvent au coin du feu. La poule refuse de partir avec les autres et reste auprès du renard.
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01 septembre 2005
» Un automne russe à Bordeaux
NOUS VOULONS LIRE
Exposition de 11 illustrateurs contemporains pour la jeunesse jusqu'au vendredi 23 septembre 2005 au salon de thé-libraire Les Mots bleus, 40 rue Poquelin Molière, Bordeaux (mardi au vendredi de 12h à 19h et samedi/dimanche de 14h à 19h)
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01 septembre 1999
» Les archives de Nous Voulons Lire sur l'ancien site
LES ARTICLES DE NOUS VOULONS LIRE
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» Les archives de Nous Voulons Lire sur l'ancien site
LES SELECTIONS DE NOUS VOULONS LIRE
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