Accueil - 28 janvier 2008
Que faire de la loi de 1949 ? (Chronique de Claude André)
Depuis qu’est paru dans Le Monde des Livres l’article sur la noirceur de la littérature pour ados, tel le serpent de mer, ressurgit ce débat qui ne sera jamais clos et qui concerne l’équation supposée idéale entre l’auteur d’un roman et son destinataire. C’est un débat qui agace, on voudrait le contourner (c’est ce que font les auteurs qui affirment écrire sans songer à leur destinataire) mais on ne peut l’occulter. Toute cette effervescence m’a donné envie de resituer dans son contexte, souvent méconnu, la loi du 16 juillet 1949.
Un peu d’histoire
Pour ses initiateurs, membres du groupe communiste à l’Assemblée Nationale en 1947, il s’agissait « de s’assurer des garanties suffisantes en ce qui concerne la moralité et le patriotisme des personnalités qui désirent faire paraître des publications enfantines ; de déterminer des sanctions administratives et judiciaires capables de restreindre le caractère nocif de certaines publications qui ne sont éditées que dans un but commercial…». Les communistes avaient dans le collimateur les magazines violents que les soldats américains diffusaient auprès de notre belle jeunesse en même temps que le chewing-gum et, opposés à toute intrusion venue d’outre atlantique, ils voulaient également « assurer à la presse destinée à l’enfance et à la jeunesse le caractère national qui doit être le sien…». C’est ainsi qu’on censura Tarzan ! Dans le même temps, socialistes et conservateurs qui siégeaient eux aussi à l’Assemblée, trouvaient à redire sur les livres ou revues publiés pour la jeunesse durant la guerre, pour des raisons morales. N’oublions pas qu’une circulaire du 6 avril 1941 avait précisé que « les journaux et périodiques de toute nature devront …agir de telle sorte que le lecteur comprenne et approuve la politique réaliste et hautement patriotique du gouvernement du Maréchal ». En ces temps plus que troublés, propagande et haine raciale étaient au menu de biens des magazines comme on peut le vérifier en lisant le catalogue de l’exposition Livre mon ami : lectures enfantines 1914-1954 d’où sont extraites ces citations.
07:15 Publié dans CHRONIQUES DE CLAUDE ANDRÉ, LIVRES EN DÉBAT | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Accueil - 22 décembre 2007
Littérature malsaine, vraiment ? (la chronique de Simon Roguet, sur Livres échanges)
J’ai un peu peur…
Quand je sens un air de censure qui traîne par là…
Les éditions Actes Sud et plus particulièrement la collection "D’une seule voix" viennent de se faire réprimander par le ministère de la Justice qui demande aux éditions d'apposer une mention d'un âge minimal de 15 ans sur deux titres parus dans cette collection: Quand les trains passent de Malin Lindroth et et Kaïna-Marseille de Catherine Zambon.
Ce n’est pas la première fois mais cela fait toujours un peu drôle d’apprendre ce genre de nouvelles. Ces deux titres sont des livres que je conseille régulièrement, comme je le fais pour tous les titres que j’ai appréciés, dans ma librairie. Je suis conscient que ce sont deux textes forts et je les conseille aux ados que je connais bien ou en prévenant que ce sont des livres qui ne laisseront pas indifférents. J’avoue, je n’ai jamais demandé l’âge des ados en face de moi, quand j’ai conseillé ces livres. J’avais l’impression que je n’étais pas confronté aux mêmes obligations que les bureaux de tabac ou les bars PMU. Maintenant, je devrais peut être le faire, puisqu’il ne faut pas heurter nos chers petits ados adorés.
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09:10 Publié dans ADOS, CHRONIQUES DE SIMON ROGUET, LIVRES EN DÉBAT | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Accueil - 16 décembre 2007
«Je tenais à dire qu'il faudrait arrêter de prendre les "ados" pour des crétins.»

(Citrouille n°36, novembre 2003)
Quand, rebondissant par son commentaire sur un débat ouvert par Vincent Cuvellier sur notre blog en février 2006, une ado fait (involontairement ?) le lien avec un autre débat initié par Blandine Longre, en mentionnant les mêmes auteurs (Malin Lindroth,Guillaume Guéraud) que ceux cités par l'article du Monde...
«Bonjour,
Je suis ce qu'on peut appeler une ado étant donné que j'ai 15 ans. je tenais à dire, qu'en effet il faudrait arrêter de prendre les "ados" pour des crétins. on est bien capable de faire la part des choses entre la fiction et la réalité.
Pour ma part j'ai vraiment aimé ce livre [Je mourrai pas gibier]. je trouve l'écriture simple, et pourtant, on arrive très bien à se mettre dans la peau du personnage.
c'est, certes, un livre qui laisse mal à l'aise, et pourtant, pas tant que ça ; ce n'est pas le pire. un livre qui m'a vraiment laissé sur le carreau c'est "quand les trains passent" de Malin Lindroth de la collestion "d'une seule voix".
ils font partie de ces livres qui permettent une réflexion, une remise en cause ; ce qui change des romans ados basiques qui virent au cucu d'une amourette impossible, ou de l'elfe en quête de la pierre qui va sauver le monde. et je trouverais dommage que la publication de tels livres soit stoppée.
11:05 Publié dans ADOS, LIVRES EN DÉBAT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 15 décembre 2007
Famille, je te hais ?

08:55 Publié dans ADOS, LIVRES EN DÉBAT, RÉTROVISEUR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Accueil - 14 décembre 2007
"Un livre doit être un danger", disait Cioran... (un article du blog de Blandine Longre)
Les grands médias ont rarement l'occasion de parler de littérature jeunesse, et la plupart n'y connaissent pas grand-chose - mais quand ils le font (à l'occasion du Salon de Montreuil, une fois l'an), on aimerait qu'ils la traitent sur le même plan que les autres littératures... Et non comme une "production" à part. En effet, certains auront peut-être lu un article paru dans Le Monde des livres du vendredi 30 novembre, qui s'intitule "Un âge vraiment pas tendre - Mal-être, suicide, maladie, viol... Pourquoi les livres destinés aux adolescents sont-ils si noirs ?"
Déjà, ces premiers mots en ont fait bondir plus d'un... (éditeurs, auteurs, bien sûr, mais aussi lecteurs), car tout est dit dans le titre : l'idée obsolète, idéal d'un autre temps, qu'il existerait un âge "tendre" ; puis l'énumération de termes qui ressemblent ici à des "gros mots" (auxquels il ne faudrait surtout pas associer l'idée de jeunesse...) et enfin, une question qui aussitôt se fait affirmation... Le ton est donné et l'article va dans le sens d'un "protectionnisme" qui semble faire un retour en force... (pour ne pas parler des velléités de censure de certains), d'autant plus dommageable que la littérature dont il est ici question s'adresse aux adolescents (et non à des "enfants") - une littérature hybride, que les adultes eux-mêmes (quand ils passent outre les préjugés) ont souvent grand plaisir à lire - et que les adolescents, selon leur maturité (qui n'a rien à voir avec l'âge...), peuvent tout lire, on le sait.
Lire la suite sur le blog de Blandine Longre
09:45 Publié dans ADOS, DES LIENS, LIVRES EN DÉBAT, SITARTMAG | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Accueil - 17 juillet 2007
Comment parler de Hitler aux enfants ?
[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un débat paru dans le n°8 de notre revue, en avril 1995, et consacré à l'album JE M'APPELLE ADOLPHE de Pef]

page 3.pdf(Pef / Susie Morgenstern) page 4.pdf
page 5.pdf(Thierry Lenain) page 6.pdf (Germaine Pican)
06:05 Publié dans LIVRES EN DÉBAT, TRIBUNES LIBRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 07 juillet 2007
Mickey Disney : go home ?
En 1995, dans les pages de Citrouille, un instituteur et un librairie s’érigeaient contre la Mickey World Cie… Une autre libraire appelait sinon à plus d'indulgence du moins à plus de nuance…
- MICKEY GO HOME ! - Par Patrick Geffard, instituteur
Même en l'absence d'une quelconque sympathie pour la souris aux grandes oreilles, il est difficile de ne pas la croiser de temps à autre dans une école primaire... C'est encore plus vrai quand on travaille avec des élèves de C.P. ou de C.E.1. Mais qu'en est-il de la rencontre entre ces enfants en période d'apprentissage de la lecture et les livres édités par Disney ?
La sollicitation est forte : télévision, cinéma, facilité d'achat dans les grandes surfaces. Elle est accentuée par le fait que bon nombre de parents ont rarement accès à l'ensemble de la littérature jeunesse. Malheureusement, la confrontation tourne rarement à l'avantage des jeunes lecteurs. De part la construction du texte, rarement adapté à leur capacilé de lecture, les enfants se retrouvent fréquemment dans l'impossibilité d'accéder à ce livre prétendument conçu pour eux. Sans insister sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un écrit porté par un auteur, mais souvent de la mise en mots d'un film ou d'un dessin animé, sa forme même est source de difficultés. Une syntaxe réservée aux adultes, un vocabulaire constitué de trop de mots méconnus, de nombreux américanismes sont autant d'obstacles propres à mettre les enfants en situation d'échec. La dévalorisation de compétences en cours d'acquisition et l'angoisse qui en découle en sont les conséquences pour le moins regrettables.
Difficile aussi de ne pas rencontrer l'idéologie dans ces livres. On peut bien sûr la tenir pour secondaire ou même s'y retrouver, affaire de choix personnel. Mais on peut se souvenir du Mickey des origines, dévêtu et sans gants, qui tenait plutôt du trublion ou du lutin. Au fil du temps et à mesure qu'il s'habillait, il est devenu le garant d'un ordre manichéen et stéréotypé, asséné comme universel.
Si ce personnage parcourt le monde et l'Histoire, il est frappant de constater qu'il en propose une vision normalisatrice et réductrice. Ces albums diffèrent par là de ce qui, dans la littérature jeunesse, propose justement des rencontres renouvelées ou inattendues. Plutôt que la cohérence d'un univers fermé, l'intérêt de l'écrit ne réside-t-il pas au contraire dans ses capacités à permettre l'ouverture au monde ? P.G.
06:35 Publié dans LIVRES EN DÉBAT, RÉTROVISEUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 06 juillet 2007
Flon-Flon et Musette est-il un conte débile ?
A sa parution, Flon-Flon et Musette, l'album d'Elzbieta, fit grincer quelques dents… Celles, par exemple, de parents d'élèves qui écrivirent à l'éditeur. Le n°7 de Citrouille proposa alors à une institutrice de maternelle et une enfant de six ans de donner leur point de vue. C'était en 1994… En 1993, le n°3 de notre revue publiait un texte indédit où Elzbieta expliquait le pourquoi de son ouvrage (texte à lire en fin d'article).
- S'endormir l'âme en paix (lettre d'un parent à l'éditeur)
01:15 Publié dans LIVRES EN DÉBAT, RÉTROVISEUR | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Accueil - 04 juillet 2007
Débat : le décalogue de Chris Donner
[Chaque jour de juillet, le blog de Citrouille remonte une archive du fin fond de ses entrailles. Ci-dessous, un débat qu'on a pu lire sur le forum du site en novembre 2000]
En 2000, sur le site de Citrouille. des lecteurs s'exprimaient à propos du Décalogue de Chris Donner paru en dix volumes dans Côté Court, une collection pour adolescents d'Hachette. Au bout de quelques jours, l'auteur est intervenu dans le débat…
06:35 Publié dans LIVRES EN DÉBAT, RÉTROVISEUR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Accueil - 20 juin 2007
Le livre pour enfants est-il trop cher ?
C'était la question posée par l'émission SERVICE PUBLIC de ce mercredi, à laquelle participait Françoise Tribollet, libraire de L'Herbe Rouge. Cliquez ici pour écouter cette émission (si vous n'avez pas le lecteur gratuit permettant d'ouvrir ce fichier son, téléchargez le ici)
Et vous, qu'en pensez-vous ? Les livres jeunesse seraient-ils trop chers ? Cliquez ci-dessous sur "COMMENTAIRES" pour donner votre avis !
10:45 Publié dans LIVRES EN DÉBAT | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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