19 novembre 2008
Message du Comité pour des Romans Salubres
[RÉTROVISEUR 20 JUIN 2005]

De nombreux romans jeunesse s’ornent d’une indication de tranche d’âge. Certains enseignants et bibliothécaires s’insurgent contre cette pratique, arguant que tous les lecteurs du même âge ne lisent pas avec la même facilité. Faut-il pour autant supprimer la signalétique ? Il serait au contraire utile d’analyser chaque livre en profondeur afin de présenter au dos du volume des indications plus précises. Je propose donc ces six critères :
- Lecteur fille / garçon
- Sérieux du livre (noté de - 10 à 10 en fonction de la véracité des évènements décrits et des valeurs morales véhiculées par le livre)
- Q.I. minimum et maximum du lecteur (difficulté de compréhension de l’histoire)
- Exploitation pédagogique (chiffrée de - 10 à 10 selon la richesse du cadre historique, la présence de culture française transparaissant dans le livre, et de la mise en évidence possible de figures de style dans des textes à analyser. L’Éducation nationale ne pourra préconiser que des livres notés 5 ou plus, ce qui forcera éditeurs et auteurs à améliorer leurs productions)
- Prérequis grammatical et lexical (chiffré de 1 à 10 selon la complexité, la longueur des phrases et le nombre de mots difficiles)
- Catégorie socioprofessionnelle des parents du lecteur.
Pour éviter les erreurs d’attribution et ne pas faire perdre un temps précieux, tant aux bibliothécaires qu’aux jeunes lecteurs, il serait utile de personnaliser les cartes de bibliothèque à l’aide d’une puce contenant les informations requises (Moyenne annuelle en Français, Q.I., etc.) L’ordinateur de prêt n’aurait qu’à lire la carte pour octroyer un ouvrage au lecteur.
En cas de succès, le système pourrait être étendu aussi aux livres pour adultes. Pourquoi, en effet, risquer de dégoûter de la lecture un jeune ouvrier en le laissant lire un ouvrage trop compliqué pour lui, alors qu’il en existe tant à sa portée qui pourraient le contenter ?
J’espère que ces suggestions de notre petit groupe d’amis porteront un jour leurs fruits.
Pcc Comité pour des Romans Salubres : Sébastien Bonifas
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12 septembre 2006
Alex Rider succède à Harry Potter
Ça va bientôt sortir en film. Vos moutards vont tous adorer. Il est le successeur en titre d’Harry Potter. J’ai nommé Alex Rider, dans Stormbreaker, le premier volet de ses aventures.Je n’ai pas lu le tome 1, dont l’adaptation cinéma sortira le 26 octobre, mais le 3, qui m’est tombé par hasard sous la main : Skeleton Key. Je tiens donc à dire que ma vision de l’œuvre est partielle (et le restera, je le crains).
Personnage créé par l’auteur de best-sellers Anthony Horowitz, Alex Rider est un espion de 14 ans au service de sa majesté britannique. Initié au karaté par son oncle, grand amateur de sport, malin, séducteur et risque tout, Alex possède un profil calqué sur celui de James Bond à cette grosse différence près : son âge. Donc, dommage, pas de voitures de sport et les rapports avec la gent féminine s’arrêtent au roulage de pelle. Sa régulière, Sabina Pleasure (tout un programme…) ne s’en plaint pas : « J’avoue que te faire du bouche-à-bouche sur la plage a été le moment le plus excitant des vacances. Ensuite tu as disparu ! » (tous les mêmes…)
Toutes les règles sont réunies pour faire de cette série un best-seller :
1° D’abord, les nom et prénom du héros sont brefs, de deux syllabes, pour qu’on les mémorise facilement. De plus, elles sonnent comme celles d’un héros déjà connu...

2° Les parents du héros sont, comme de par hasard, morts dans un accident. Par procuration, le lecteur peut assumer ses fantasmes d’indépendance… (J’expliquais déjà ici pourquoi 75% des héros adolescents sont des orphelins)
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10 mars 2006
» 150 ans et toujours aussi rose
Jeanne Calment de la littérature jeunesse, la célèbre Bibliothèque Rose fête cette année ses 150 ans. - En 1856, Hachette lance une collection rose (en réalité rouge) destinée aux enfants et publie le premier roman de la comtesse de Ségur Les Nouveaux Contes de fées, illustré par Gustave Doré. Avec l’achat du fond de Jules Verne en 1924, Hachette invente la littérature Happy Meal : rose pour les filles et verte pour les garçons. Après la seconde guerre mondiale, la mixité l’emporte (sans doute quelques jeunes filles tenaient-elles à lire Jules Verne ?): le rose est réservé aux petits et le vert aux plus grands (avec des titres comme Guerre et Paix !)…
Lire la suite dans le carton de Sébastien Bonifas
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26 octobre 2005
» Suivre une psychanalyse avec Harry Potter
SEBASTIEN BONIFAS
Désolé, vous allez encore entendre parler de notre ami Harry.Comme beaucoup de personnes, j’ai eu dernièrement des pulsions meurtrières envers le petit sorcier. A le voir en peinture à tous les coins de métro, à considérer, dans les librairies, l’horloge publicitaire en carton qui faisait le décompte des jours avant parution, me venait l’envie de lui planter son balai magique là où vous pensez.
Et puis, comme beaucoup de personnes, je me suis fait avoir. Le cinquième tome, j’ai réalisé que je ne l’avais toujours pas lu : en trois jours, je me suis laissé dévoré par les quelques 1031 pages du volume. Et Harry, comme d’habitude, m’a ensorcelé…
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08 septembre 2005
» Pour une littérature jeunesse positive de la cruauté
SEBASTIEN BONIFAS
Les livres pour enfants présentent toujours des méchants qui se voient : des hommes vêtus de noir au regard mauvais, des sorcières à verrues, des tigres aux dents pointues. Grâce aux livres j’ai appris, tout petit, à me méfier des inconnus, à ne plus avoir peur du noir et, à défaut d’avoir un dragon à tuer, à porter le cartable de mes princesses.
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09 juin 2005
» La vie en rose
Le grand rêve de Flaubert était d’écrire un livre sur rien, qui tiendrait seulement par la force interne du style. Barbie danse le Lac des Cygnes, de Geneviève Schurer (éd. Hemma), accomplit l’incroyable défi. L’histoire puise en effet toute sa force dans sa simplicité : Barbie se prépare à danser le Lac des Cygnes devant la reine en personne. La fille de la reine participe au ballet. Tout le monde applaudit.
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