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19 septembre 2008

Interview de Bernard Hoepffner sur Bibliobs.com

(Une interview du traducteur Bernard Hoepffner publiée dans le Nouvel Observateur du 18 septembre et sur Bibliobs.com )

Tom_Sawyer_2.jpgLe Nouvel Observateur.- Pourquoi retraduire Twain?

B. Hoepffner.- D'abord pour le faire sortir du ghetto de la littérature jeunesse. Comme on l'a fait pour Stevenson et Conrad. Comme il faudra, un jour, cesser de considérer Swift comme un auteur pour enfants. Pour moi qui suis anglais, c'est à hurler! Bien sûr, même si c'est parfaitement lisible pour des adultes dignes de ce nom, «Tom Sawyer» est explicitement un livre pour les gamins. Jouer au gangster, tomber amoureux de Becky Thatcher, les blagues un peu bêbêtes... On ne peut pas résister à des plaisirs comme ceux-là. Et tant pis pour les autres! J'exagère, mais si quelqu'un n'est plus capable de lire «Tom Sawyer», qu'il aille mourir! Ou lire Mary Higgin's Clark... «Huck Finn», c'est différent. Certaines pages sont d'ailleurs assez dures pour des enfants, et notamment celles, totalement inédites en français, qui figurent dans cette traduction: une sordide histoire de tonneau fantôme qui hante le Mississipi; le passage où Jim raconte s'être retrouvé, dans une salle de «dissexion», la tête entre les jambes d'un cadavre - c'est-à-dire le nez contre le sexe du cadavre. Le manuscrit a été retrouvé il y a quelques années: c'est typiquement le genre d'histoire que glissait Twain dans son récit pour choquer ses proches, au moment où il le leur lisait. C'est probablement sa femme qui se serait opposée à la publication de cet épisode-là. [Lire la suite de l'article et le début des «Aventures de Huckleberry Finn» sur Bibliobs.com]

09 mai 2008

Editions Chan-ok (Perle du ciel)

Il y a quelques années, alors étudiant, Simon Roguet (librairie M'Lire, à Laval) a rencontré Hélène Chan-ok Charbonnier sur les bancs de l'IUT. A l'occasion de cette interview, il l'a retrouvée éditrice… [Un article paru dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48]

930428489.jpg- Amélie [Amélie Raud, librairie La Courte Échelle, à Rennes, NDLR], toi et moi étions dans la même classe à l'IUT. Amélie et moi sommes devenus libraires, toi éditrice… C'est avec grand plaisir que je te retrouve pour cette interview. Tout d'abord, pourquoi as-tu choisi une partie de ton prénom comme nom de ta maison d'édition ?

- En coréen, Chan-ok signifie Perle du ciel ou Perle de jade. C'est mon prénom de naissance. Mais j’ignore qui me l'a donné et pourquoi… J’ai été adoptée à l’âge d’un an. J’ai grandi avec bonheur en Aveyron. Mais aujourd'hui, à 30 ans, je me questionne toujours à propos de mes origines. C'est inéluctable. Cela vient à soi comme une nécessité. Mieux connaître son pays d’origine contribue à l’épanouissement de son schéma intime et corporel. J'ai très tôt commencé à suivre l'évolution de la Corée, sous tous les angles, économique, politique, social ou culturel. C'est comme cela que j'ai remarqué que, depuis une dizaine d’années, il y avait une dynamique créative chez la jeune génération d’illustrateurs sud-coréens, une dynamique singulière et vraiment enthousiasmante. La précision esthétique et la fraîcheur de leurs œuvres m’ont convaincue qu'elles méritaient une audience francophone. Il m'a semblé important de les faire voyager jusqu’à nous, en les envisageant comme des œuvres valorisant le patrimoine culturel coréen…

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05 mai 2008

En français dans le texte

Philippe Couderc traduit le suédois en français, Alice Marchand  est la principale traductrice de Peter Sís en France. Ils ont bien voulu répondre aux questions de Laurence Tutello, librairie Le Chat Pitre, à Paris. [Un article paru dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48]  - Illustration de Peter Sís extraite de Le Mur.

260952527.jpgTraduire, c'est interpréter le sens d’un texte pour en produire un nouveau, ayant un sens identique et un effet équivalent sur le lecteur, dans une langue et une culture différentes. Etablir cette balance entre le texte de la langue d’origine et celui de la langue "d’arrivée" tout en tenant compte d’un certain nombre de contraintes (contexte, grammaire, faux-amis…), rendre compréhensible, restituer au plus près le texte original tout en se donnant assez de liberté pour mieux le servir : voilà bien toute la difficulté du travail du traducteur. C’est en cela qu'il est un auteur à part entière, et qu'il doit-être reconnu comme tel. Nous avons, au sujet de leur métier, posé les mêmes questions à deux d'entre eux. Philippe Couder est bibliothécaire jeunesse en Suède; il traduit  en français albums et romans. De langue maternelle française, Alice Marchand vit, elle, à Dublin. En jeunesse, elle est la traductrice de la quasi-totalité des ouvrages de Peter Sís parus en France, dont le dernier cet automne, Le mur. Nous vous proposons leurs réponses croisées.

- Comment  avez-vous rencontré l'œuvre que vous avez traduite ?

 Philippe Couder : Dans le cadre de ma profession. Je suis tous les jours en contact avec la littérature pour les jeunes. Une grande partie de mon travail conSíste à gérer le fonds, c’est à dire sélectionner, adapter et mettre en valeur les collections. Je recommande chaque jour aux usagers des ouvrages, tant pour les tout-petits que les adolescents, des histoires comme des documentaires. Je suis particulièrement attaché à la pratique de la ronde des livres, animation très répandue dans les bibliothèques municipales suédoises, et qui conSíste à régulièrement présenter aux classes qui visitent la bibliothèque une sélection de livres supposés les intéresser, entre autres des nouveautés. Cela implique qu’il faut lire un grand nombre de livres, mais aussi essayer de se tenir le mieux possible au courant de la production de plus en plus abondante. Heureusement, la Suède étant un petit pays, les maisons d’édition jeunesse sont en nombre réduit ! En ce qui concerne les commandes de livres en bibliothèque, il existe depuis longtemps un principal fournisseur spécialisé qui envoie tous les quinze jours un catalogue des nouveautés à paraître, accompagnées de critiques. Journaux, revues spécialisées, sites internet permettent également de suivre l’actualité éditoriale. Les grands quotidiens ont aussi une rubrique où sont, chaque semaine, publiées des critiques littéraires d’œuvres pour la jeunesse. La situation est plus défavorable lorsqu’il s’agit des librairies, notamment des librairies spécialisées jeunesse, de moins en moins nombreuses en Suède. A l’heure des livres qu’on achète sur internet (tendance très forte en Suède), il est rare de trouver des rayons attrayants et un service compétent dans les grosses chaînes de librairies et autres grandes surfaces.

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30 avril 2008

Ô Belgique, ô mère chérie*…

L'actualité se fait régulièrement l'écho des difficulté des deux régions belges, flamande et wallonne. Mais qu'en est-il de la collaboration de leurs auteurs et illustrateurs jeunesse respectifs ? Par Muriel Limbosch [Un article paru dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48]-
*Extrait de La Brabançonne, hymne national belge

1940909588.jpgLa Belgique, pays qui dérive et divague, qui rêve de séparatisme au Nord et se raccroche à l’ombre d’une couronne usée au Sud… Pays dans lequel, d’un point de vue institutionnel, il est plus difficile pour des Francophones et des Flamands de travailler ensemble que de collaborer avec des Japonais ou des Russes ! Est-ce pour cela que, dans ce petit confetti aux multiples frontières, les albums mixtes, issus de l’union d’un auteur francophone et d’une illustratrice flamande ou le contraire, sont si rares ?  Et pourtant… Le choix ne manque pas pour nos amoureux de papier : Kitty Crowther, Anne Herbauts, Benoît Jacques, Rascal, Pascal Lemaître, Anne Brouillard, José Parrondo, Carl Norac, Louis Joos, Mario Ramos, Jeanne Ashbé… pour ne citer que quelques sudistes face à des nordistes tels Carll Cneut, Gerda Dendoven, Tom Schamp, Ingrid Godon, Isabelle Vandenabeele, Klaas Verplancke, Bart Moeyaert, Paul Verrept, Brigitte Minne, Kristien Aertssen… Des noms à faire pâlir d’envie nos divers voisins qui n’hésitent d’ailleurs pas à s’approprier leur nationalité.
 

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16 avril 2008

L’Orbis sensualium pictus de Comenius

930428489.2.jpgL’Orbis sensualium pictus, ouvrage de Comenius destiné aux enfants, parut en 1648. C'était une édition bilingue latin / allemand. Elle se répandit en Europe en  latin / français, latin /anglais, latin / italien… Un best-seller de la traduction ! Par Claude André  (librairie L'Autre Rive, à Nancy).  [Un article paru dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48].

Ne maîtrisant que peu l’anglais, peinant à me souvenir de quelques phrases latines ou de quelques mots de grec ancien, langues mortes apprises à mon corps défendant et pour des résultats hautement catastrophiques, je regrette mes incompétences linguistiques chaque fois que je lis un roman traduit en français et dont les approximations syntaxiques me font immédiatement imaginer que le traducteur en est responsable, sans pouvoir le vérifier. Hélas les éditions bilingues ne sont pas légion…. 

Quand on ne pratique pas les langues étrangères on reste enfermé dans sa langue maternelle. Heureusement il y a le cinéma en V.O. grâce à quoi  on peut entendre des voix venues du bout du monde, savourer leur timbre, et au fil rapide de sous titres minimalistes, comprendre juste ce qu’il faut pour continuer à écouter et tenter d’en deviner plus.  Cette situation dans laquelle le sens des mots nous échappe de prime abord nous rend semblable à l’enfant qui apprend à lire, à écrire, et qui doit s’approprier cette langue écrite qui n’a pas beaucoup à voir avec les mots tendres ou concrets qu’il échange avec ses proches. Pour apprendre, cet enfant a besoin qu’on l’aide, qu’on traduise les signes en sons et les mots en images…. « Les mots ne doivent pas être appris séparément des choses car le mot sans la chose n’existe pas et reste incompréhensible » Si cette citation a sa place au cœur des affrontements pédagogiques qui secouent l’école élémentaire en ce début du XXIe siècle, il revient de la rendre à son auteur, Comenius, un pédagogue tchèque qui vécut au XVIIe siècle et fut un grand novateur en un temps où l’art d’enseigner avait été si peu considéré  que Montaigne avait pu dire « Nous ne travaillons qu’à remplir la mémoire et laissons l’entendement et la conscience vide ».

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11 avril 2008

Vente de droits

Célia Vila est agent free-lance et représente à l'étranger les droits des catalogues des éditions de l'Atelier du Poisson Soluble et de Quiquandquoi. Anne Helman (librairie Chat Perché, au Puy-en-Velay) l'a rencontrée. [Un article paru dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48].

1893026969.jpg- Bonjour Célia. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre activité ?

- Je suis prestataire de service chargée de mettre en relation les deux parties qui souhaitent "faire affaire". Il faut être au bon endroit au bon moment et proposer le juste prix…  C'est une tractation financière où les acheteurs, éditeurs et groupes éditoriaux paient d'une part un tarif à la page et d'autre part le prix du CD du livre où figure la maquette. On voit appliquer un tarif de 15€ par page, bien qu'il n'y ait aucune règle dans ce domaine. A cela s'ajoutera un pourcentage de 7% environ de droits sur les ventes escomptées par l'éditeur étranger, dont une partie sera reversée par l'éditeur français à l'auteur. Si le livre est réimprimé, le pourcentage des droits reversé augmente lors du second tirage... Ce qui me prend le plus de temps, c'est l'aspect commercial. Il peut se passer un an pour concrétiser le projet de vente…

- La Foire de Bologne, "Bologna Children's Book Fair", se tient chaque année au mois d'avril. Peut-on parler de "plaque tournante" de la vente de droits pour la littérature de jeunesse ?

- C'est bien à Bologne que l'on fait le plus de rencontres… et que l'on obtient le plus d'attention ! La foire de Francfort, qui a lieu en octobre, n'est pas spécialisée jeunesse.  Sans parler du fait que sur place la vie y est bien plus chère ! Bologne est incontournable. Quatre jours et demi à cinq jours non-stop…  Au préalable, chaque agent indépendant, ou chaque vendeur de droits attaché à une grosse structure (et possédant un gros carnet d'adresses !) contactent tous les éditeurs qui lui semblent proches des lignes éditoriales de ses clients. Il faut vraiment rameuter son carnet d'adresses ! Le mien s'est constitué au fur et à mesure de mes expériences. On envoie des fiches en anglais sur les nouveautés, et des dossiers de presse sur les publications.  L'agenda se remplit peu à peu… Sur place, les rendez-vous durent une demi-heure et s'enchaînent tout au long des journées. Je me garde toutefois une demi-journée pour pouvoir fouiller et fouiner sur les autres stands... C'est indispensable. Lors de la rencontre j'offre les catalogues en anglais à l'acheteur potentiel. Puis je lui  présente les nouveautés, comme un représentant le fait en librairie - et comme lui, en amont, j'ai travaillé mon argumentaire ! Après la Foire, quand je lui ai remis mon compte-rendu, mon client envoie alors à l'éditeur étranger les livres qu'il a sélectionnés. Un peu plus tard, je relance mes contacts et m'informe de la suite qu'ils donnent ou pas au dossier. Si un éditeur se décide à acheter les droits, on entre alors dans la phase de négociation. Le contrat prêt, concocté par mes soins, nous procédons enfin à l'envoi du CD contre transfert d'argent. L'éditeur acheteur a alors la plupart du temps un délai d'un an pour publier le livre.

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09 avril 2008

Voyage outre-Rhin

« Envie de passer une trouvaille littéraire, une pièce de théâtre, un documentaire ou un livre de recettes d’un pays à l’autre. C’est le métier de la traduction, c'est le mien…».  Récit, par sa traductrice Birgit Leib, du voyage d’un livre français en Allemagne. [Un article proposé par Madeline Roth (librairie L'Eau Vive, en Avignon) dans le dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48].

930428489.jpgDéjà enfant, j’aimais coller mon oreille à un petit poste de radio branché sur grandes ondes. La réception de ces voix du monde étant meilleure à l’extérieur qu’à l’intérieur de la maison, je passais ma vie dehors - probablement l’avant-goût de ma future passion pour les voyages. Evidemment, je ne comprenais pas le sens des langues que j’arrivais à capter, mais ce bain linguistique me faisait imaginer la vie ailleurs et parfois il m’était possible de repêcher et de comprendre quelques mots, surtout des noms propres de villes et de personnes, et des internationalismes comme "démocratie", "democracia"… Une oreille ouverte et beaucoup de curiosité à la base, j’ai poursuivi ces prédilections grâce aux échanges scolaires avec la ville d’Epinal et, comme beaucoup d’autres filles allemandes, j'ai été jeune fille au pair à Paris. Puis j'ai suivi les études universitaires de plusieurs langues et disciplines, tantôt en France, tantôt en Allemagne.  Mis à part le savoir linguistique et culturel ainsi accumulé, ma vie à l’étranger m’a donné une connaissance nuancée et profonde du quotidien, des valeurs et des coutumes, des rires et des nourritures. A tout cela s’ajoute l’envie de communiquer et de vouloir "passer" une trouvaille littéraire, une pièce de théâtre qu’on aime, un documentaire ou un livre de recettes d’un pays à l’autre. C’est le métier de la traduction, c'est le mien…

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17 janvier 2008

Peter Sís : Le Mur

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« Les intérêts de mes enfants, qui ont aujourd’hui 13 et 15 ans, sont tout à fait différents. Ils ne s’intéressent ni à ce livre, ni aux prix que j’ai reçus ou non. J’espère qu’un jour ce livre et encore deux autres ouvrages, ‘Les Trois clés d’or de Prague’ et ‘Le Tibet’, seront pour eux quelque chose comme des rapports sur ma vie et qu’ils apprendront grâce à ces livres dans quel monde j’ai grandi et ce que je devais affronter. » Une émission en français consacrée à Peter Sís sur Radio Prague : à écouter, ou lire sa transcrition : radio.cz
 
LE MUR
Le dernier album de Peter Sís, paru chez Grasset Jeunesse, retrace toute la vie de l’auteur avant son installation aux Etats Unis, où il vit aujourd’hui : témoignage légué à ses enfants d’une histoire d’homme dans la grande histoire du monde. Par Laurence Tutello et Silvia Galli (librairie Le Chat Pitre, à Paris) [Un article du dossier D'UNE LANGUE A L'AUTRE, Citrouille n°48]
 
7e1fa48d80e40ea4cff2343d2f174eda.jpgToute l’œuvre de Peter Sís reflète un intérêt passionné pour la variété des cultures du monde, allant de paire avec une grande attention pour leurs richesses spécifiques. De la merveilleuse boîte tibétaine de son grand père au quartier melting pot de la petite Madlenka , des explorations scientifiques de Darwin à la fantastique ville de Prague, ces richesses se déploient dans les couleurs retransmises par les dessins, dans les sonorités traduites par les mots des personnages. Le monde entier semble à portée d’un tour de pâté de maisons. Pourtant, ce monde où on voyage librement d’une culture à une autre, d’une idée à une autre, sans se perdre, n’est pas celui où l’auteur a grandi.

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12 janvier 2008

Planète Moomin

8895cd2a17a83e8743f234db1bc4aa43.jpg [Un article du dossier D'UNE LANGUE À L'AUTRE, Citrouille n°48] Moomin est né en Finlande dans les années 40, d’une simple signature : celle de Tove Jansson. Sa silhouette d’hippopotame des plus attachantes et particulières situe physiquement ce petit troll entre Barbapapa et Totoro,  loin de l’image plutôt négative que l’on a des Trolls dans la littérature de l’imaginaire (Tolkien, Rowling…). Moomin a grandi dans des romans puis gagné en maturité avec la bande dessinée. Malgré des origines scandinaves, l’originalité de ce personnage et de son univers, burlesque et rayonnant, n’ont pas échappé au London Evening News qui, dès les années 50, a commandé pour ses journaux anglais une série de strips à Tove Jansson. Elle s’est, à cette occasion, attelée à ce nouveau mode d’expression avec beaucoup de sensibilité, faisant également évoluer les personnages complexes et excentriques de la communauté dans laquelle évolue Moomin. Avec la BD, Tove Jansson s’est adressée aux enfants mais également aux adultes. Les strips sont devenus le lieu d’une véritable comédie humaine. Son aventure internationale ne fait alors que débuter, mais de nombreux lecteurs s'attachent rapidement à ce curieux personnage. Moomin vit des aventures rocambolesques, entouré de personnages dont les sentiments sont humains, dans La vallée des Moomins, un lieu rassurant à la fois merveilleux et plein de mystères, inspiré des contrées scandinaves chères à l'auteure . Tove Jansson a su, dans cette grande œuvre et à la manière des grandes figures de l’imaginaire, créer un monde unique, qui traverse le temps comme un subtil ovni. Le personnage est devenu une véritable star dans une grande partie du monde, et on reste étonné qu’il y ait si peu de Moominophiles en France. Mais attention, cela risque de changer !

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05 décembre 2007

Autour d’une traduction de Walt Whitman

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Tout comme le dernier numéro de Citrouille, celui de Nous Voulons Lire ! (n°171) propose plusieurs articles consacrés aux traducteurs. Au sommaire :

  • Traduire Harry Potter en italien (Béatrice MASINI)
  • Traduire Harry Potter en basque (Iñaki MENDIGUREN)
  • Mémoire d’une vache traduit de l’espagnol (André GABASTOU)   
  • L’oreille intérieure (Emmanuèle SANDRON)
  • Interview d’Alexandre Zotos (Jean-Claude BONNET)
  • Une (pas si) désastreuse série (Rose-Marie VASSALLO)
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Dans un précédent numéro, NVL ! publiait l'article ci-dessous, consacré à la traduction par KRIEF A. de J'ai entendu le savant astronome, de WHITMAN Walt  et LONG Loren (Gallimard Jeunesse, 2006. 11,50€)

Un grand format à l'italienne, une couverture sombre, dans une gamme de bruns que l'on retrouvera souvent au cours des pages, jusqu'à ce que l'on rencontre l'illustration même de la couverture. Alors les tonalités changent ; certes elles restent sombres ; mais l'enfant n'est plus avec des adultes ; il est seul dans la nature, par une nuit étoilée dont il regarde le reflet dans l'eau d'une rivière.

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28 novembre 2007

« Tout de même, ils ne parlaient pas comme ça ! »

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[Intégralité de l'interview p.49 du n°48]

Traduire, ce peut être aussi le véritable casse-tête de la traduction du français d'autrefois en français d'aujourd'hui… Evelyne Brisou-Pellen l'explique ici à son amie Carole Torrent.

8b90117a2c66a591a1d1b65a4a5c759a.jpg- Qu'est-ce qui est le plus difficile, quand on entreprend l'écriture d'un roman historique ? 

- Depuis une trentaine d'années que j'en écris, j'ai été confrontée aux mille difficultés de ce genre d'exercice. Et les pires ne sont pas, comme on le croit, celles de la vérité historique, mais celles de l'écriture.

- Il y a un problème d'écriture spécifique au roman historique ?

- Un problème épineux. En effet, on raconte une histoire du passé à un lecteur du présent. Un code tacite de bonne conduite veut qu'on parle dans les romans historiques un langage de type "ancien".  Trente ans que je me bats avec moi-même sur le sujet : «Un langage ancien… Raconter une histoire qui se passe au XIIème siècle en langage du XIIème siècle ? Du genre… Et disoient qu'onques mes hon n'uere eschapez, que ils seüssent.» «Ah non ! On ne comprendrait rien. Il faudrait traduire en langage plus clair. Disons… XIXème.» «Donc faire parler la langue du XIXème à des gens du XIIème…» «Oui, ça fait un peu vieillot, c'est parfait.» «Parce que les gens du XIIème parlaient un langage "vieillot" ?» «Oui… Enfin non, pas vieillot pour eux. Eux avaient sans doute l'impression d'être modernes. » «Pourquoi, dans ce cas, ne pas respecter ce qu'ils disaient en traduisant en langage moderne ?» etc.

- J'ai l'impression que c'est devenu crucial pour toi dans La tribu de Celtill, qui se passe aux temps gallo-romains.

- C'est devenu crucial parce que mon héros a douze ans, que c'est lui qui raconte, donc à la première personne, et en gaulois, une langue dont on ignore tout. Voilà qui m'a renvoyé le problème en pleine face.

- Qu'on ne sache rien de cette langue t'a amenée à te reposer des questions ?

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L’espéranto : une chance pour les langues et la littérature ?

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[Intégralité de l'article p.37 du n°48]

83620872cccc59a55093ab96c66fa14b.jpgL’espéranto, ce projet d’une langue internationale simple et accessible à tous ? Une belle idée, certes, mais bien utopique au fond, surtout à l’heure de l’anglais triomphant. C’est ce que comme tout le monde j’avais entendu dire, c’est ce que je pensais moi-même avant de commencer à m’intéresser de plus près à cette langue. L’espéranto commençait à stagner vers la fin du XXe siècle ? Le développement d’Internet lui donne aujourd’hui une meilleure visibilité et un nouvel élan.
Avant d’aborder les sujets de la traduction et de la littérature jeunesse en espéranto, une présentation de cette langue et de ses origines ne sera probablement pas superflue. 

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Ruĝa Kufeto - Le Petit Chaperon Rouge en espéranto

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[Complément de l'article p.37 du n°48]

Ruĝa Kufeto : Le Petit Chaperon rouge, traduction en espéranto de Thomas Savary (librairie Voyelles), révisée par Henri Masson (septembre 2007). Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre (http://www.artlibre.org).
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Cliquez sur l'image de Gustave Doré pour lire l'intégralité du conte en version bilingue français / espéranto - En annexe, vous trouverez une liste de ressources relatives à Zamenhof et à l’espéranto.

C'est curieux comme nous nous ressemblons…


[Intégralité de l'interview  p.36 du n°48]

En Corée, Yoonjung Choi a traduit de nombreux ouvrages français. L'éditrice Hélène Chan-ok Charbonnier a accepté de l'interviewer pour Citrouille.

80faaa9022232b5eef33104f0b975388.jpg-Vous traduisez des œuvres françaises vers le coréen, et notamment des albums de jeunesse. Parlez-nous de votre expérience… Quels auteurs de jeunesse français avez-vous déjà traduit ?

-J’ai commencé la traduction avec Le livre à venir de Maurice Blanchot en 1989. Depuis, après Georges Bataille, Philippe Sollers et quelques écrivains pour adultes, je suis arrivée aux œuvres pour la jeunesse. C’est venu tout naturellement avec mes deux enfants. Jusqu’à maintenant j’ai traduit une centaine de livres pour enfants. Pour vous citer quelques auteurs :  Daniel Pennac, Susie Morgenstern, Thierry Lenain, Genevieve Brisac, Yak Rivais, Grégoire Solotareff, Danièle Fossette, Claude Boujon, Yvan Pommaux, Chis Donner, Anaïs Vaugelade…

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Daniel Cunin, traducteur de littérature néerlandaise

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[Intégralité de l'interview p.25 du n°48]

c3ade229f25844382fc5a7f7dd668246.jpgAprès des études de droit, Daniel Cunin a quitté la France pour la Hollande où il a vécu de nombreuses années. C'est donc un peu tardivement qu'il a appris la langue néerlandaise, par curiosité pour ce pays si mal connu. Ses premières traductions datent, elles, d’un peu moins de quinze ans : des articles dans des revues, des documents d’entreprise, des travaux universitaires, quelques nouvelles… Mais après le Salon du Livre de Paris de 2003, où la Flandre et les Pays-Bas étaient les invités d’honneur, beaucoup d’éditeurs se sont intéressés à la littérature de langue néerlandaise, et Daniel Cunin travaille beaucoup aujourd’hui pour les éditions du Rouergue, pour lesquelles il traduit albums et romans de la collection doAdo.

- Quel est le premier livre jeunesse que vous ayez traduit ? 
- C’est Amourons-nous, de Geert De Kockere, publié en 2003. Avant ce livre Les éditions du Rouergue, me semble-t-il, n’avaient pas fait paraître la moindre traduction. Leur ligne éditoriale consistait très clairement à mettre en avant de jeunes créateurs français. Mais ils ont aimé les illustrations de Sabien Clement, et décidé de faire traduire cet album. Le coup de cœur pour les illustrations commande souvent le choix des éditeurs, surtout quand ils n’ont pas accès au texte original.

- Ce texte présentait-il des difficultés de traductions particulières ?
-Le texte d’Amourons-nous est constitué de petits poèmes qui reposent sur des tas d’allitérations, de jeux de mots sur la langue, le corps, la sensualité. Dans un tel cas, le traducteur risque fort de tomber dans le cliché ou la poésie de quat’sous. On est en présence d’une tradition littéraire très différente de la nôtre, dans laquelle par exemple la rime n’a pas été bannie de la poésie, et d’une culture où les poèmes que nous qualifierions de mièvres occupent une, disons, certaine place. Aussi cette réécriture n’a-t-elle pu se faire sans modifier bon nombre de choses – raison pour laquelle la mention indiquée dans le livre est "adapté du néerlandais" et non pas "traduit du néerlandais", mais en tenant compte des illustrations, voire en se laissant guider par elles.  Quant au titre néerlandais, Jij Lievert, c’est une tournure basée sur d'autres existantes, mais qui n’existe pas elle-même ; elle est grammaticalement impossible. Aussi a-t-il fallu imaginer pour le titre français un mot qui n’existait pas non plus. Et qui soit bien entendu dans le registre de la tendresse.

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Une histoire d'amour étrange (par Susie Morgenstern)

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[Complément de l'interview  p.45 du n°48]

Texte de Susie Morgenstern paru dans Les Documents de la SGDL, suite au forum L'écrivain dans l'espace francophone qui s'est tenu  en mars 2006 à l'Hôtel de Massa.

3585017f0200df91d6d5c9e1f0f611ce.jpg J'ai souvent l'impression d'être l'imposteur interlope parmi de "vrais" écrivains français et francophones, mais il n'y a pas de doute pour moi, je suis un écrivain français et peut-être le seul écrivain francophone des Etats-Unis. Le français, c'est mon champ de bataille, mon tourment et mon jardin secret. Je n'ai jamais formellement appris le français, je n'ai toujours pas appris le français, je n'en suis pas fière. Je suis perpétuellement complexée et je vis dans le brouillard linguistique. Je suis souvent paumée comme quand j'ai écrit un livre avec le titre Cucul la Praline qui parlait d'une fille qui, au contraire, était courageuse, qui osait, qui prenant des risques, qui était non-conformiste. Je pensais que tout ça était résumé dans l'expression "cucul la praline". Je viens de l'école américaine où on allait allègrement à l'école pour s'amuser à ne rien apprendre... mais dans la joie ! On n'aurait pas eu l'idée saugrenue d'apprendre des langues puisqu'on parlait déjà très bien l'anglais !

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