Accueil - 26 avril 2006
» Taqamtiku ! (C’est trop bon, j’en reveux ! - en wolof)

(un article paru dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
On ne peut évoquer l’Afrique et la littérature jeunesse sans rendre hommage à la qualité du travail du secteur interculturel de La Joie Par les Livres. Nous avons rencontré sa responsable, Marie Laurentin, également rédactrice en chef de la revue Takam Tikou.
Le secteur interculturel de la JPL, créé en 1986, a pour vocation l’instauration d’échanges suivis autour du livre et de la lecture des jeunes avec les Pays d’Afrique, du Monde arabe, de l’Océan Indien et des Caraïbes. Il propose entre autres actions des formations et des partenariats spécifiques répondant aux demandes et besoins des bibliothèques et de divers professionnels. Selon les projets envisagés, elles prennent plusieurs formes : interventions sur place ou accueil de stagiaires en France. Le “réseau” que ce secteur a organisé deux ans après sa naissance a d’abord regroupé 14 bibliothèques. Elles sont aujourd’hui 90 situées en Afrique francophone, à l’Ile Maurice, à Madagascar et en Haïti; 30 bibliothèques du Monde Arabe les rejoindront cette année. Chacun de ces établissements reçoit périodiquement un même choix de livres effectué par La Joie par les livres dans la production récente. Publiés en Afrique ou en France, ces titres couvrent différents genres et niveaux de lecture et donnent lieu à des critiques rédigées par les bibliothécaires ou par les enfants. Renvoyées à la JPL, celles-ci permettent de mieux connaître les réactions et les désirs des enfants, et de les prendre en considération lors de l’acquisition des fonds des bibliothèques.
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» Sélection Afrique
11:02 Publié dans DOSSIER AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 20 avril 2006
» Sur la voie de l’indépendance : de l’émergence à la convergence des images du Moi en Afrique du Sud

(Cet article de Jean Perrot est le premier volet d’une étude plus générale montrant les conséquences éditoriales et culturelles de la disparition de l’apartheid en Afrique du sud. Il est paru dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
Il est intéressant d’examiner le processus qui caractérise l’apparition de la littérature de jeunesse et la représentation des Noirs que celle-ci offre dans certains pays africains dans lesquels le poids de l’oralité, mais surtout la dépendance aux métropoles des colonisateurs, a longtemps freiné les développements de la presse et de l’édition locales. Le passage de l’oral à l’écrit des langues autochtones s’effectue, en effet, dans un contexte de transformation sociale et de centralisation, et par une hybridation des cultures et des styles. Aussi, dans les pays émergents, les politiques culturelles sont d’abord marquées par une collaboration des artistes, le plus souvent d’origine européenne, avec les éditeurs qui dominaient le territoire à l’époque de la colonisation. La défense de la littérature de jeunesse en général dépend alors de la position institutionnelle accordée à l’enfant à l’intérieur de la société dans une perspective démocratique. Nous voudrions considérer l’évolution qui caractérise l’image de l’Africain dans la période actuelle et le passage d’un projet esthétique personnel à une ouverture nationale, et parfois internationale, à partir d’un livre significatif publié en Afrique du Sud et dont nous avons le privilège d’avoir la traduction en français. Nous verrons ainsi les dessous de la lutte menée par les artistes et intellectuels dans des conditions parfois très difficiles.
08:40 Publié dans DOSSIER AFRIQUE, JEAN PERROT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 17 avril 2006
• Yves Pinguilly, barde et griot

(intégralité de l'interview parue en extraits dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
Citrouille – Yves Pinguilly, d’où vous vient cette passion de l’Afrique ?
Tout l’implicite du mot AFRIQUE est, pour l’homme blanc difficilement atteignable, dans toute sa force, toute sa chair, tout son sang… Les mots, disait le grand écrivain Congolais Sony Labou Tansi, sont du silence qui parle. Mais qui sait entendre dans le monde blanc l’une des deux mille langues encore parlées sur le continent noir ? Qui sai
t lire l’amharique qui s’écrit sur le continent noir depuis aussi longtemps que le latin, dans la vieille Europe ?
Derrière le mot Afrique se cache un des plus grands continents du monde, et qui prononce Afrique pour commencer une conversation peut vous emmener vers le pays aussi mouillé que l’Irlande qu’est la Guinée Conakry ou vers les terribles déserts du Sahara ou du Namib, là où le soleil a fondé sa patrie ; il peut aussi vous guider dans la forêt équatoriale où les arbres mangent la lumière, ou sur quelques uns des grands fleuves du monde que sont le Nil et le Niger. Encore, celui qui raconte, le plus souvent brasse sans précision géographique et historique les mots baobab, éléphant, griot, génie, ancêtre, pygmée, calebasse, masque, balafon, pagne, excision, cora, mandingue, esclavage, taxi- brousse, colonialisme, savane, zoulou, cauri, boubou, case, piste, tradition orale, apartheid… on pourrait continuer la liste, bien sûr. En fait l’Afrique est peut-être trop grande pour être aimée, et souvent quand un voyageur blanc l’embrasse ou quand l’écrivain blanc l’écrit, les baisers qu’ils lui donnent sont des baisers de Judas. Pourquoi ? Parce « ce blanc là », qui a de grands yeux ne voit rien ! Parce que l’Afrique ne se laisse pas deviner aussi facilement sans doute. Et puis le Blanc, de France et de Navarre doit se défaire de son histoire coloniale, cette histoire mensongère qu’on lui a racontée. « Ce blanc là » quand il aura bien compris que rien de bon, de grand, ne peut naître de la soumission, de l’humiliation et des offenses perverses, engendrées par l’esclavage et le colonialisme pourra commencer son apprentissage et espérer pouvoir un jour ouvrir réellement les yeux et en prendre plein la vue avec ce monde que l’on nommait encore, il n’y a pas si longtemps la terra incognita et monstruosa !
09:35 Publié dans DOSSIER AFRIQUE, PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Accueil - 11 avril 2006
» « Ton pays a besoin de gens comme toi… »

(un article paru dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
J'avais déjà rencontré Dominique Mwankumi plusieurs fois. Ayant par ailleurs lu tout ce que j'avais pu trouver sur ses albums et son association Illusafrica, je pensais naïvement avoir cerné le personnage. Je commence donc notre entretien en lui demandant avec assurance : « Je voudrais que vous nous parliez de la dualité qui existe entre votre travail d'auteur et illustrateur qui raconte le quotidien des enfants africains aux petits Européens et votre fonction de Président d'Illusafrica, une association qui tente d'apporter une formation aux illustrateurs africains pour qu'ils réalisent des livres pour les petits Africains». Mais je sens aussitôt que je m’égare sur des chemins inconnus. Dominique Mwankumi fronce les sourcils et, très calme, me répond : «On va tout de suite mettre certaines choses au point : je fais des livres pour tous les enfants. Tous les enfants se ressemblent. Ce sont les adultes qui les classent en différentes catégories. Or, comme dit la chanson qui présente Illusafrica, « Tous les enfants, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs, ont les mêmes aspirations ».»
10:20 Publié dans DOSSIER AFRIQUE, PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 06 avril 2006
» Dialiba Konate : La parole en images

(un article paru dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
Né en 1942 au Sénégal, Dialiba Konaté (qui a réalisé la couverture du n°43 de Citrouilel) s’est établi en France à 23 ans. Passionné par l’histoire de l’Afrique, il traduit en images ce que les griots répètent depuis des siècles en paroles et en chants. Ses dessins en couleurs sont longtemps restés inédits. Jusqu’à ce que Brigitte Morel ne les découvre… C’est avec grand plaisir et intérêt que nous l'avons rencontré et que nous avons retranscrit une partie de l’entretien qu’il nous a accordé. Nous avons parlé d’esclavage, de colonisation, de l’importance des noms génériques… Une seule solution pour combler les vides de cette retranscription : vous plonger dans les albums de Dialiba Konaté et aller l’écouter si un jour, pour votre bonheur, votre chemin croise le sien.
06:50 Publié dans DOSSIER AFRIQUE, PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 05 avril 2006
» Vers une édition équitable

(un article paru dans le dossier "Afrique" du n° 43 de Citrouille, disponible dans les librairies ALSJ)
Le buveur de pluie : une expérience de coédition franco-guinéenne que nous a présentée Claude Dagail, créatrice et responsable de la maison d'édition bordelaise La Compagnie Créative - A l'origine de la création de cet album, il y a une bibliothécaire amoureuse de l'Afrique et partie s'installer en Guinée. Par l'intermédiaire de l'ARPEL (Agence Régionale pour l'Ecrit et le Livre, en Aquitaine), cette passionnée propose d'aider à l'édition d'un ouvrage passerelle entre les deux continents. Très vite, ce projet s'inscrit dans une réflexion menée au sein de l'ARPEL sur « l'édition équitable ». La Compagnie Créative, éditeur bordelais spécialisé jeunesse, est choisie pour être l'éditeur français responsable du projet et l'éditeur guinéen Ganndal pour en être le partenaire africain. A l'été 2004, Claude Dagail, créatrice et responsable de la maison d'édition bordelaise, rencontre Boubacar Diallo, auteur guinéen confirmé, qui lui propose plusieurs textes, tous des contes. Claude Dagail en choisit un : La guerre de l'eau et du feu. Elle procède également au choix de l'illustratrice qu’elle souhaite française et déjà imprégnée de culture africaine. Ce sera Véronique Vernette, connue notamment pour de très beaux ouvrages parus aux éditions Points de suspension – où elle a déjà collaboré avec Claude - et qui ont donné un coup de jeune au genre « africain » dans l'album jeunesse.
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