Accueil - 19 février 2008
Servir, sans se servir ni asservir
«Si je tiens à ce que les dessins soient les plus justes possible c'est parce que dans les livres "pour enfant", ils laissent des traces qui perdurent…». Maurice Pommier explique sa façon d'illustrer à Annie Falzini (L'Oiseau Lire) [Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46]

-Maurice, tu es dessinateur de documentaires…
-Je ne sais pas. Chaque dessinateur se sert des outils qui lui plaisent et qui lui conviennent. J’aime les objets, les maisons, les meubles, les costumes des personnages. J’aime aussi dessiner le mouvement, je prends beaucoup de temps, pour dessiner l’emballage dans lequel évoluent les personnages. C’est parfois un casse-tête, mais aussi un plaisir, de passer des heures et des journées à chercher le détail qui bloque et que parfois, je n’arrive pas à trouver… Tout cela pour te dire que je n’aime pas trop le terme de "dessinateur de documentaires". Ces classifications m’agacent. En ce qui me concerne, j’essaie d’appliquer la devise du Compagnonnage : « servir, sans se servir ni asservir », faire au mieux les petits miquets qui illustreront le texte que l’on m’a donné. Et ça, dessinateur de documentaires ou d'autres choses, c’est très difficile…
- C’est aussi parce que toi quand tu dessines, même quand ce sont pour des fictions, tu cherches à être au plus près de la vérité.
- Ça m’est indispensable. En dehors des propres informations contenues dans le texte que j'ai à illustrer, il y a aussi toutes les recherches que j'effectue par moi-même et qui constituent la nourriture de mon dessin, même si je ne me sers pas "directement" de ce que je trouve. Ça m’est arrivé de compulser plein de bouquins, d’aller fouiner sur Internet pour trouver un détail qui n’apparaîtra pas dans le dessin final, mais qui l’aura nourri. Je lis aussi des romans en rapport avec le sujet… Eux aussi sont aussi documentés et documentaires ! Il y a des dessins qui ne seraient pas ce qu’ils sont sans ces recherches, sans les histoires que je me raconte pour mieux les dessiner. Et si je tiens à ce qu'au final les dessins soient le plus juste possible c'est parce que dans les livres "pour enfant", ils laissent des traces qui perdurent et qu'ils sont des supports à leur imaginaire… Je fais donc attention à ne pas dessiner trop de conneries ! Mon prochain livre à paraître, L’atelier de Pépère, est une histoire où le documentaire est le support du rêve et de l’imaginaire. Tu pourras y constater que je suis très documenté sur les lutins qui peuplent les ateliers de certains menuisiers…
-As-tu le souvenir de faits ou de scènes particulièrement difficiles à illustrer ?
17:20 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE», PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 22 novembre 2007
Le temps, luxe de MeMo
Dans le cadre de la sixième conférence Petite Enfance organisée par la Direction Départementale du Livre et de la Lecture de l’Hérault et consacrée à l’album pour le tout-petit, Geneviève Fransolet (librairie Nemo), a rencontré Christine Morault, co-fondatrice des éditions MeMo. - Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46 -
- Christine Morault, vous avez créé votre maison d’édition en 1993 avec un architecte nommé Yves Mestrallet, d’où le nom MeMo avec deux majuscules. Aujourd’hui, vous avez 90 livres à votre catalogue dont une quarantaine de livres pour enfants, et vous éditez au rythme d'une douzaine d'ouvrages par an. Vous avez commencé par publier des livres qui s’adressaient plutôt aux adultes. Petit à petit, votre catalogue s’est enrichi de livres plus spécifiquement "jeunesse". Pour quelles raisons ?
- Nous avions choisi très tôt d’éditer des livres dont l’image était une composante essentielle, dont les images racontaient à chaque fois une histoire différente : des motifs de tissus imprimés au XVIIIème évoquaient la traite des esclaves, des gouaches chinoises du XIXème siècle naviguaient sur la rivière des Perles entre Orient et Occident. A chaque fois, ces images étaient riches d’un monde d’histoires cachées. C’est cet intérêt pour la force première de l’image qui nous a conduits au fil des ans à publier des ouvrages destinés aux adultes autant qu’aux enfants, comme les Cent comptines de Pierre Roy ou les contes de Rémizov, illustrés par Kandinsky, puis à publier des livres destinés aux enfants, mais que les adultes peuvent aimer lire et regarder. Cette distinction est importante pour nous, car nous croyons à cette intention première de la création pour enfants. Lorsque force graphique et qualité ou drôlerie du texte vont ensemble, cette création entre en résonance avec chacun de nous. Nous continuerons donc à faire des livres pour grands et petits enfants.
- Publier pour la jeunesse vous a permis d’avoir accès à un public plus large. Fallait-il cela pour faire connaître le fonds de votre catalogue ?
11:50 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE», PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 15 novembre 2007
Oh pop-up !
Depuis quelque temps, fleurissent les livres pop-up dans les librairies jeunesse… Cette technique semble s’adapter à tout type d’ouvrages. Cela ne va pas sans poser quelques questions à Marie Buraud (librairie Comptines) - Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46 - Illustration ci-dessous extraite du site www.livresanimes.com
Le pop-up, grâce à de savants pliages, permet de donner du volume au papier, donc aux illustrations, faisant sortir littéralement l’image du livre. Elle nous "saute" aux yeux à chaque page pour notre plus grand étonnement. De fait, le lecteur ne peut plus rater ici, les dents acérées d’un dinosaure, là, la haute brillance d’un carrosse... Soif d’extraordinaire, prouesse technique, atout commercial, ce type de livre-objet est utilisé pour redonner vie, s’il en était besoin, à quelques classiques (Cendrillon, Alice, Le magicien d’Oz au Seuil, La chasse à l’ours à l’Ecole des loisirs…) ou encore renouveler le livre d’art (Un point rouge, Deux bleu aux éditions Gallimard Jeunesse). Dans la plupart des cas, c’est une réussite. On remarquera par exemple le très beau recueil de poésie (Quand Toutou se carapate, chez Gautier Languereau) où les illustrations de Poliakova sont réellement mises en valeur par le concept du pop-up.
Mais à trop en faire, de livre-objet, le pop-up risque de reléguer ces albums au rang de simple livre-gadget. En effet, si la technique du pop-up attire le regard sur l’image, il faut parfois beaucoup de volonté pour lire le texte relégué au second plan. Ce dernier semble même plus encombrer la page que d’apporter de la richesse au livre. Il faut non seulement avoir de bons yeux pour lire l’histoire, mais en plus réussir à se détacher de l’image animée pour se concentrer sur le récit… A vrai dire, le pop-up se passe souvent très bien du texte avec, ici encore, plus ou moins de réussite.
Lorsque la technique l’emporte sur l’histoire, bref la forme sur le fond, on est bel et bien en droit de poser la question de l’utilité même du pop-up. Les illustrations "inanimées" sont plus que jamais à même de captiver les lecteurs en créant un univers dans une page en deux dimensions, en donnant vie aux personnages, en jouant sur les contrastes et les effets de style, avec des moyens modernes ou non (du pinceau à l’ordinateur en passant par la photographie, ou le collage…). Leurs qualités ne doivent en aucun cas se mesurer en cm, hauteur / largeur /longueur. Quand l’illustration ne raconte plus et qu’elle devient un argument commercial, le livre jeunesse n’est plus qu’un objet "rigolo", anecdotique. Les livres pop-up nous étonnent, certes, mais ils doivent aussi servir une histoire, un univers, et nous emmener dans un monde merveilleux et unique. Le plaisir qui émane d’un album réside dans cette longue plongée au cœur des couleurs et des traits, dans la découverte des détails cachés, dans le plaisir de s’attarder sur une page, de rentrer dans l’univers d’un artiste et au lien subtil qui l’unit avec le texte. Et dans ce cas, nul besoin de prouesse technique.
Marie Buraud, Librairie Comptines
08:05 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE» | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Accueil - 25 octobre 2007
Épater la galerie - par Alain Korkos
Les illustrateurs d’albums pour la jeunesse puisent souvent dans le fonds de la Peinture avec un grand P, fille de l’illustration avec un petit i. Mais ces emprunts, citations et détournements n’ont pas tous les mêmes raisons d’être. Petit coup d’œil sur cette filiation, et sur l’art et la manière de mélanger dans son pot la Peinture Officielle avec un grand P et un grand O. Par Alain Korkos - Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46
Au commencement était l'illustration. Bien avant la Peinture avec un grand P était l’illustration avec un petit i. Elle orna d’abord les volumen de l’Antiquité, les rouleaux de papyrus. Puis, à partir du IIème siècle après J.-C., on la rencontra dans les codex, les premiers livres de parchemin. C'est là que naquirent les lettres enluminées dont la décoration se propagea petit à petit jusqu'à devenir miniatures, illustrations autonomes. Vers l'an 1100, le livre quitta le scriptorium des moines copistes pour devenir ouvrage de théologie réservé aux étudiants des premières universités, livre courtois ou livre d'heures. Les illustrations furent alors exécutées par des laïcs, tels les frères de Limbourg qui réalisèrent au XVème siècle les Très Riches Heures du duc de Berry. En quittant la fraîcheur des monastères, l'illustrateur devenait fournisseur d'images officiel des grands de ce monde. Lire la suite : alainkorkos-web.pdf
Se rendre sur le blog LA BOITE À IMAGES d'Alain Korkos : http://laboiteaimages.hautetfort.com
11:50 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE», LA BOITE A IMAGES D'ALAIN KORKOS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 09 octobre 2007
Libre air à Evreux - par Martine Bourre
Pour Martine Bourre, la librairie l'Oiseau Lire n'est pas seulement un endroit où on vend ses albums. C'est aussi un lieu d'inspiration, de création, d'enthousiasme et de partage. Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46
Annie Falzini est "libre air" jeunesse à Evreux, et moi je connais l’Oiseau Lire depuis sa sortie de l’œuf (et même avant). A chaque nouvel album, le baptême du public a lieu dans la librairie, rue Joséphine. Annie réalise une vitrine avec les originaux, en expose certains au milieu des livres, et m’invite à dédicacer à grand renfort de tarte aux poireaux et de chocolats noirs… Annie cuisine vraiment bien, et je ne parle pas du vin de noix !
Quand je reçois un texte à illustrer, je l’envoie à l’Oiseau Lire. L’avis d’Annie et de Sophie m’est précieux. Je leur montre mes premières images, je guette les réactions. On me demande souvent si je travaille au contact des enfants pour créer mes dessins ou mes textes. Cela ne me vient pas à l’idée, par contre le lien avec "MA" librairie jeunesse est indispensable.
Il y a quelques années, Annie m’a parlé des enseignants qui cherchent régulièrement un album pour l’Epiphanie et, à part Roule Galette, rien à l’horizon. J’ai pensé à cette drôle de comptine J’aime la galette … et l’album est sorti en 96 chez Didier Jeunesse. Il y a aussi les histoires de chevaux qu’Annie me réclame tout le temps, et que je vais bien prendre le temps d'en dessiner une un jour. Et un projet de princesse à marier qui vient de se concrétiser parce que Annie me demandait d’essayer de trouver une histoire pour les petites filles en manque de princesses. Ce n’est pourtant pas ma spécialité, mais je me suis beaucoup amusée à inventer un texte où s’est invité sans prévenir un séduisant dragon…
C’est à l’Oiseau Lire que je découvre des trésors : le dernier Baudouin, le Grand ours de François Place, Le buffle et l’oiseau de Catherine Zarcatte, et même L’unique trait de pinceau, que j’ai trouvé "par hasard" juste avant de commencer Li Po le fou et Tou Fou le sage, superbe leçon de graphisme et de peinture dont je ne pouvais me passer…
Ce plaisir de rencontrer le monde des autres créateurs, je ne vois pas où je pourrais le trouver ailleurs qu’ici, en "libre airie". Prendre le temps de plonger mon nez dans tous ces livres, l’odeur du papier, le toucher satiné des nouvelles couvertures, et les merveilleuses surprises, les découpages de Katsumi Komagata (Feuilles !...), les premiers tirages du Chemin bleu d’Anne Brouillard et la lecture, cœur serré, de Julie Capable.
Tellement d’émotions liées à l’ambiance colorée de la boutique de la rue Joséphine….
Boutique irremplaçable…
J’en ai dessiné la devanture, toute bleue (pour faire plaisir à Sophie), avec une sorcière, des enfants lecteurs et des nuages. J’aimerais parfois m’installer là pour dessiner mes images, au fond, dans le coin des petits…
Quand j’ai été accueillie à la librairie Tiers-Temps, à Aubenas, chez Stéphane Croizer, l’enchantement fut le même. Tous ces passeurs sont bien sûr le complément, la suite logique de mon travail d’auteur illustratrice. Sans eux, une bonne partie de mes albums passerait inaperçue.
Leurs choix, leurs coups de cœur, les rencontres et, les "heures du conte", tout le travail entrepris auprès des scolaires, des ados ou des bébés-lecteurs, tout ceci nous garantit au final un public plus curieux, plus attentif et plus exigeant.
Martine Bourre

Accueil - 23 septembre 2007
L'œil de l'objectif
(Un article du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46)

allusions, informations cryptées, bref toute l'inter-iconicité dont nous régalent certains artistes, plus délicate à mettre en œuvre dans une photographie vierge d'interventions ultérieures. Enfin, en des temps volontiers procéduriers, j'imagine que les éditeurs se gardent des problèmes de droits liés aux sites et aux personnes représentés (comédiens, nécessité d'obtenir l'accord du moindre passant, édifices à la reproduction onéreuse, paysages dont certains s'estiment propriétaires…) ». (…) Lire l'intégralité de l'article : photo-web.pdf
08:40 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE» | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 09 septembre 2007
Des images à modeler
(Un article de Françoise Tribollet, librairie L'Herbe Rouge, extrait du dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46)
Ce dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE est pour moi l’occasion rêvée de mettre en valeur un album original, un album qui nous tient particulièrement à cœur à l’Herbe Rouge, et qui réjouit tous les enfants à qui nous le proposons : Angelman de Didier Lévy et Matthieu Roussel paru à l’automne 2003 aux éditions Sarbacane. Ce livre, à la structure classique et au propos humaniste, est l’un des seuls à raconter avec intensité et émotion une belle histoire de robot et de super-héros tout en étant originalement soutenue et illustrée par des images en 3D. La technique et la qualité de l'illustration, résolument contemporaine mais inhabituelle sous cette forme fixe, spontanément appréciée des enfants alors qu’elle interloque très souvent les adultes, m'ont donné l'envie de rencontrer les créateurs complices de cet album si poétique. Je voulais en apprendre davantage sur leur démarche et leurs pratiques. D'autant plus qu'entre temps, après Le Nouveau, un second album à l'histoire beaucoup plus adulte et n’ayant pas connu l’accueil et la longévité de Angelman, les deux compères viennent de nous offrir, à l’automne 2006, une histoire de science-fiction magnifique : La Bête curieuse, à la hauteur de leur première création, et porteuse d’autant d’atouts.
Lire la totalité de l'article : angelman-web.pdf
09:38 Publié dans DOSSIER «DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE», PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Accueil - 08 septembre 2007
Comment viennent-elles, vos idées ? - par Jean Claverie

« Il n’y avait aucun livre pour la jeunesse sur le sujet. Croquis, bouts de textes, voyage de La Nouvelle Orléans à Chicago, la routine quoi. Rapidement je compris qu’il me fallait un personnage. Ce fut Little Lou.» Un texte de Jean Claverie, écrit à l'invitation de la librairie Papageno, et paru dans le dossier DIRE ET LIRE PAR L'IMAGE, Citrouille n°46.
Invariablement les enfants vous demandent comment viennent les idées. Et sur cette bonne question, précisément, l’on sent bien que le maître ou la maîtresse ont eux aussi envie d’en savoir plus.
Alors on explique. Chaque projet a son propre enchaînement de désirs, d’intuitions, d’hypothèses, de paris… mais l’envie de parler de telle ou telle expérience vous fait presque toujours remonter le temps, votre propre temps. C’est peut-être ainsi qu’un auteur ou un illustrateur qui s’adresse à la jeunesse est dans une situation de vieillesse anticipée… il puise plus tôt qu’autrui dans sa "réserve" d’enfance.
Accueil - 22 juin 2007
Mora, mon autel à moi - par Fabienne Cinquin
Un texte de Fabienne Cinquin, à propos du Centre de l'Illustration de Moulins, écrit à l'invitation de la librairie Papageno et publié dans le dossier DIRE ET VOIR PAR L'IMAGE du n°46 de Citrouille. Illustration Fabienne Cinquin ©
La librairie jeunesse Papageno m'a demandé de m'exprimer à propos du Centre de l'Illustration de Moulins… D'abord je veux me vanter d'avoir été la première visiteuse ! J'étais, le samedi 8 octobre à quatorze heures pétantes, devant les portes de l'Hôtel de Mora, excitée comme une fan allant au concert de son idole ! Cela vous donnera peut-être une idée du degré de mon goût pour les illustrations des albums dits pour la jeunesse…
Quand on entre dans I'Hôtel de Mora, il y a là, en scénographie, des empilements de grosses boîtes en bois qui titillent la curiosité, des crayons hauts comme des colonnes et une lampe géante d'architecte - outils indispensables de l'illustrateur. Ensuite, on entre dans les salles obscures du rez-de-chaussée et de l'étage où, dans des vitrines, des images faussement sages attendent le regard des visiteurs. Le Centre reconnaît l'illustration comme un art à part entière et lui donne ce très beau lieu unique qu'elle mérite, avec les artistes les plus emblématiques : Claveloux, Lemoine, Lapointe, Sara, Gauthier, Galeron et tant d'autres...
Accueil - 21 juin 2007
J'ai fait mes choix, ils sont lisibles - par Claude Lapointe
«Nous vivons trop sous l'emprise et le dictat des formes, des styles et des apparences. Il y a tout de même d'autres choses à prendre, savourer, à analyser dans l'image ! » Un texte de Claude Lapointe écrit à l'invitation de la librairie Le Chat Pitre, pour le dossier DIRE ET VOIR PAR L'IMAGE du n°46 de Citrouille - Illustration de Claude Lapointe ©
Souvenirs, souvenirs… - J'ai toujours dit que mon premier livre était Pierre l'Ebouriffé paru en 1972. J'ai fait ce livre en complicité avec les deux éditeurs Harlin Quist et François Ruy Vidal, dans une ambiance de créativité enthousiasmante propre à ces années là. Créer un univers contemporain à ce personnage du 19ème siècle (le Struwelpeter d'Heinrich Hoffmann) a été très excitant et m'a fait plonger dans le monde de l'édition de jeunesse. Je me revois chercher le look " cheveux-longs-bandeau-peace-&-love" de l'effronté gamin. Pour le texte, ce fut une autre histoire. Le livre a été publié simultanément en anglais, en allemand et en français. Trois textes différents, et même totalement différent pour le texte allemand. J'ai découvert trois livres, trois livres avec mes mêmes illustrations et pourtant différents. Cela m'a amené à me pencher très tôt sur le rapport texte-image, dans ma pratique et dans mes approches pédagogiques. Ce n'était toutefois pas mon vrai premier livre. En 1965, chez Nathan, j'avais accompagné une encyclopédie de droit avec de nombreux dessins humoristiques. Un gros volume de travail, un souffle tout au long de ce gros ouvrage, qui m'étonne encore aujourd'hui. Je ressens pourtant l'impression étrange que les dessins ne sont pas de moi. Leur style ne me parle pas, ne m'appartient pas. Et puis, en reculant dans ma mémoire, je me souviens d'une petite BD publiée quand j'avais 17 ans. J'avais visé le troisième prix d'un concours de dessin, un ballon. J'ai raté le ballon et gagné une bicyclette, le premier prix et l'honneur d'être publié. La BD était nulle, mais bon, avec mon premier prix, j'ai sillonné les routes de France, de Belgique et d'Allemagne et j'ai commencé mes premiers carnets de notes et de voyages. Mais entre nous, il est plus flatteur de dire que j'ai publié mon premier livre chez Quist, non ?…
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