02 avril 2009
Policier jeunesse et musique (chronique de Thomas Savary)
[Article paru dans le n°50]
Conscient des différences existant entre roman policier, roman noir et polar, je n’en parlerai pas moins ici de "policier" par souci d’économie, ce dernier genre étant par ailleurs des trois le plus représenté dans la littérature jeunesse. Que les puristes veuillent bien me pardonner !
Sans doute en raison d’influences réciproques entre littérature et cinéma, le policier est souvent associé au jazz et au blues. Songeons entre autres aux romans de Michael Connelly, de John Harvey, de James Sallis ou encore du Français Jean-Claude Izzo — il serait facile de multiplier les exemples d’écrivains comme de romans. Jazz et blues sont donc de loin les musiques les plus convoquées par le roman policier, même si, on s’en doute, ce ne sont pas là les seules : par exemple le rock dans les romans de Jake Arnott ou encore, çà et là, la musique classique (chez Hennig Mankell, James Cain, Colin Dexter…). Et en littérature jeunesse ? La musique est rarement présente de manière significative dans ces récits (cf. Citrouille n°49). Si l’association du roman policier jeunesse et de la musique est encore plus rare, j’ai été surpris en préparant cet article de constater une différence de taille entre policiers adulte et policiers jeunesse : non seulement la plupart de ces derniers n’accordent pas ou peu de place au jazz et au blues, mais c’est la musique classique qui y revient le plus souvent.
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18 février 2009
Quand on est seul, réparer le monde est illusoire. Une interview de Patrick Pécherot
«Le polar dont je me réclame plonge dans le roman social, mais quand j’en écris pour les enfants j’équilibre de façon à ne pas saper la part de rêve si nécessaire» explique Patrick Pécherot [site], qui croit en «la force des doux» pour changer le monde. Une interview menée par Claude André, librairie L'Autre Rive.
Lire Patrick Pécherot, c’est retrouver le roman noir, le vrai, celui né sous la plume des grands auteurs américains comme Dashiell Hammet ou Raymond Chandler, et que Léo Malet et Georges Simenon ont immergé dans la réalité populaire française du début du XXème siècle. Nourri de leurs écrits, Patrick Pécherot est aussi fin connaisseur du mouvement ouvrier et de l’histoire de ces générations d’immigrés dont les bras ont permis notre expansion économique. Il a le sens de l’ellipse et pratique la gouaille avec bonheur. Ecrire du roman noir pour lui c’est écrire du roman social. La transmission est le moteur de son écriture avec, quand il s’adresse aux plus jeunes, l’envie de dire que la réparation est possible en ce monde.
- Patrick Pécherot vous écrivez du polar, du roman noir et le noir vous va bien. A relire votre trilogie consacrée au Paris populaire de l’entre-deux guerres comme les deux romans qui ont pour héros le journaliste Thomas Meckert on se dit que ce monde est pourri.
- Non ! Le monde n’est pas pourri, il est bancal. Donc réparable.
- Mais "les petits, les sans grades" sont anéantis bien souvent ! Et c’est d’eux dont vous parlez dans tous vos livres, avec qui vos héros comme vous-même êtes en empathie, comme ici dans Le soleil noir votre tout dernier roman paru en Série Noire: « Mais à cet instant, chez Pinto restaurant ouvrier passent les fantômes d’un peuple de loqueteux. Il est peut-être le mien. »
- Les vrais acteurs de l’Histoire, les petites gens, ont souvent servi de chair à canon. Individuellement ils ont peu de prise sur l’Histoire. Elle les broie. La vie elle-même vous esquinte, on s’amoindrit, on vieillit, on a des cicatrices, mais ces cicatrices sont aussi la preuve qu’on est vivant, qu’on réagit. De la même façon, ces petites gens, qui ont des vies difficiles connaissent de grandes joies, de grands espoirs et de grands engagements. C’est ce que j’essaie de refléter dans mes romans. Je n’ai pas l’impression qu’ils soient si sombres. J’y mets pas mal de gouaille, elle permet de rendre moins dur le noir goudron. Au « noir c’est noir » je préfère le gris de la mélancolie. Au fil du temps mes illusions se sont émoussées mais je ne suis ni désabusé ni désespéré. Je pratique plutôt ce que j’appelle la désabusion, une forme de recul, de distance.
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11 février 2009
Déambulation
Le roman policier pour enfants a de grands ancêtres toujours verts. Leurs héros entêtés qui ont enchanté plusieurs générations continuent d’offrir aux lecteurs d’aujourd’hui de merveilleuses «machines à lire». Par Claude André, librairie L'Autre Rive - un article du dossier POLAR.
Parmi toutes les raisons qui poussent à la lecture du polar il y a, sûrement, le goût de la déambulation. A la recherche d’indices, de traces, de témoins, de coupables, l’enquêteur arpente rues des villes ou des campagnes, de nuit comme de jour. Parfois on ne sait plus ce qu’il cherche, peu importe on est à ses côtés, ici, ailleurs, là bas, on déambule !
Ce plaisir de la déambulation littéraire dans des villes ou des lieux où je n’irais sans doute jamais, me vient de loin. Il a trouvé ses marques et dit ses préférences auprès d’un canal froid et brumeux décrit par Simenon, au cœur de la nuit qui rend terrifiante une grande ville américaine évoquée par Dashiell Hammet, Raymond Chandler ou James Ellroy et il est né à la lecture de mon premier Club des cinq. Celui qui précisément s’intitule Le Club des cinq et où les quatre cousins et leur chien découvrent un passage secret dans le bureau du père de Claude, passage qui mène à la ferme de Kernach qu’on rejoint d’habitude en arpentant la lande au bord des falaises. Via occulta ! C’est bien sûr le nom latin de ce passage, indiqué sur un vieux grimoire, lui même trouvé dans une cache secrète. C’est là que tout a commencé, pour moi en tout cas, et je suis sûre que nombre d’enfants lecteurs de polars ressentent également de l’émoi à suivre leurs héros qui errent, tournent et virent dans des rues mal famées, des chemins désertés ou des passages secrets.Course-poursuite, fuite, embuscade nécessitent des lieux adaptés et leur évocation est toujours un temps fort du récit.
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26 janvier 2009
Le manga se met au noir
D’habitude, c’est Olivier Anselm de la librairie Voyelles qui s’occupe avec brio de cette chronique manga. Grande fan du genre, j’ai accepté le temps d’un numéro de Citrouille de m’essayer à l’exercice… Bref, je suis restée quelques jours devant ma feuille blanche à me demander comment traiter le sujet, à essayer de répertorier les mangas policiers qui existent, de définir ce qu'ils ont en commun et de différents… Au bout de quelques jours, un cri jaillissait de mes entrailles : « Olivier revient ! ». Mais bon, perdu dans le brouhaha de salons, Olivier ne pouvait pas m'entendre… Je devais continuer seule… Alors : oui, il existe des mangas policiers, même si ce n’est pas, en la matière, le genre le plus représenté. Quand on observe les sorties du mois, les mangas policiers se comptent sur les doigts d’une main, voire d’un doigt; les scénarios qui tournent autour des combats ou de la comédie sentimentale sont plus populaires, l’identification au héros y étant peut-être plus aisée. De plus, il faut rappeler que le nombre de volumes parus chaque mois est énorme et que la concurrence est dure entre les éditeurs qui préfèrent miser sur des valeurs sûres.
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17 décembre 2008
Le meurtre est accompli
«Il faut que, d’une façon ou d’une autre, le criminel soit puni. Cela n’a rien à voir avec la moralité. Cela fait seulement partie de la logique du genre.» Quelques repères pour mieux appréhender la chose... Par Claude André (L'Autre Rive), et Laurence Tutello (Le Chat Pitre).

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09 décembre 2008
Jean Hugues Oppel et Caryl Ferey (itw par l'Herbe Rouge)
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