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16 mars 2010

DUGONGO, Journal de voyage d’un jeune auteur italien en France (Davide Cali)

Nous reproduisons ici, traduit par Silvia Gali*, des extraits des cahiers de voyage rédigés par Davide Cali, sous le titre Dugongo (en français dugong, une sorte de lamantin). «DUGONGO, c'est une page Word en italien, avec une photo, que j’envoie aux amis par e-mail depuis 2007, pour raconter mes voyages. J’ai parlé souvent de la France parce que j’y suis invité trois ou quatre fois par année». Ces passages concernent ses déplacements en France du mois de mai 2008. Ils ont été choisis et traduits avec l’accord de l’auteur. Ils révèlent, dans leur conception même, un goût pour le partage des expériences et des idées que l’on retrouve dans le travail de Davide Cali (par exemple son projet d’ouvrir son atelier aux jeunes qui s'intéressent à l’écriture et au dessin, à la bande dessinée, à l’illustration et aux livres pour enfants; ou encore la publication, en Italie, d’un petit ouvrage collectif plein de conseils sérieux, dispensés avec humour aux jeunes aspirants auteurs: Cari autori, vediamoci chiaro: Chers auteurs, essayons d’y voir clair). Quelques observations amusées sur les passagers d’un avion, ou sur l’image erronée qu’on peut se faire d’une ville comme Caen, à partir d’un simple prospectus publicitaire, manifestent l’attention aux détails du quotidien, aux atmosphères des espaces traversés et aux personnes rencontrées. L’admiration pour le travail de petits libraires indépendants, dans la province française, font ressurgir les différences de relation à la culture du livre, en Italie et en France. - *Silvia Gali, librairie Chat Pitre.

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Notes de voyage – n.15:
THE BEGINNING TOUR

J’étais invité à rencontrer le public dans une librairie de Toulouse et la semaine d’après je devais me trouver au salon du livre de Caen, en Normandie. De deux, les jours en Normandie sont passés à quatre pour rencontrer des écoles. Anaïs, des éditions Sarbacane m’a alors proposé de prolonger mon séjour en France, au lieu de retourner à la maison et de repartir presque immédiatement.
C’est ainsi qu’est né mon premier véritable tour (mis à part le voyage en Suisse, pour la Bataille des Livres) que j’ai décidé d’appeler THE BEGINNING TOUR.
J’espère que ce sera le premier d’une série.
Alors que la navette me conduit à l’aéroport de Malpensa, je rêve déjà d’Amérique, d’Australie et de Japon.
Anaïs m’a réservé un vol avec Easy Jet, une compagnie low coast.
Vers la sortie, sur le pont d’embarquement et pratiquement jusqu’à l’échelle d’accès à l’avion, tout le monde joue du coude pour gagner des positions et parvenir à s’asseoir avant les autres. J’ai une sensation de déjà vu, comme si j’étais retourné au collège.
Le pilote a la main légère et l’atterrissage à Charles De Gaulle est très doux. Il est six heures de l’après-midi et à Paris c’est une belle journée. Les tables des cafés sont pleines de monde. Je perd un peu de temps au marché du jeudi, Place de la Bastille. Je ne cherche rien de particulier: je veux seulement respirer un peu de Paris, car durant ces deux dernières années elle m’a vraiment beaucoup manqué.

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13 mars 2010

Davide Cali

Interview de Davide Cali,  dont nous n'avions jusqu'à maintenant publié que l'introduction sur notre blog - Pour lire l'interview, cliquez sur "lire la suite" au bas de l'introduction (interview réalisée par Silvia Galli, librairie Chat Perché)

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Davide Cali est un jeune artiste italien dont la créativité s’exprime dans des domaines variés. Auteur de Bandes dessinées, il publie ses illustrations dans des revues et des journaux en Italie, notamment dans Linus. Il écrit des pièces de théâtre et des scenarii, des contes très brefs, il organise des expos virtuelles, des séances de lecture à partir du matériel accumulé pour la création de ses albums. Il est aussi passionné de musique rock, comme en témoigne la petite collection de guitares posées sur le sol de sa pièce atelier - il cherche à former un groupe. Son travail en littérature jeunesse est connu en France par ses albums parus chez Sarbacane, où il publie en tant qu’auteur depuis 2004. En 2005 il a reçu le prix Baobab pour Moi, j’attends, illustré par Serge Bloch. Ses histoires s’adressent aux enfants de manière tendre et drôle, faisant appel à leur imaginaire ancré dans la vie quotidienne: un univers où prennent vie, tour à tour, mamans robots, amis éléphants, chiens rêveurs et aubergines transformistes. Il sait aussi parler de sujets graves, comme la guerre (L'Ennemi). Il sait émouvoir, avec poésie et humour les lecteurs de tout âge en parlant de la vie qui passe (Moi, j’attends) et des pépites de joie qu’elle réserve (J’aime t'embrasser). Pour Bayard, il publie des bandes dessinés dans «Mes premiers j’aime lire». Sous le pseudonyme de Taro Miyazawa, il vient de faire paraître en septembre 2009 aux éditions Illustrissimo Le premier jour de classe, illustré par Nodar (Arnaud Boutin). Enfin, depuis 2009 il écrit sous le nom de Daikon, dans L’Echo des savanes, les textes des vignettes Adam (et Eve), dessinés par Bob (Yannick Robert).

Sollicité par courrier, il a répondu à quelques questions sur son travail et confié à Citrouille des extraits des journaux de voyage qu’il rédige lors de ses séjours en France. Ces échanges par écrit ont vite suscité l’envie de découvrir cet artiste dans son milieu, chez lui, en Italie. Ce qui advint en août dernier: une rencontre très riche, dans la pièce atelier de son nouvel appartement, dans les environs de Gênes. Malgré la chaleur estivale, la discussion se poursuit longtemps, à bâton rompu, en feuilletant les originaux de ses albums et des petits livres inédits dont il se sert pour ses animations avec les enfants. Des photos défilent sur l’écran de l’ordinateur, tandis qu’on évoque les relations avec d’autres auteurs et illustrateurs, plus faciles et spontanées en France qu’en Italie, où la crainte de se faire voler des idées ou de dévoiler les termes des contrats avec les éditeurs poussent à un certains formalisme. L’admiration pour la France transparaît également à travers l’appréciation de l’ensemble du paysage éditorial italien, que Cali juge vieillot, conformiste, peu enclin à prendre des risques. Elle s’affiche, enfin, dans l’admiration pour des auteurs français qu'il considère importants dans sa formation: Strondheim et Sfar, pour la bande dessinée, Ungerer pour les albums jeunesse.

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23 janvier 2010

Minimondi

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27 décembre 2009

Voeux des éditions Lapis

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03 décembre 2009

Une BD anonyme de Davide Cali

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1 .- Ecrire… Tu écris toujours ?

- Pfft, écrire ? Tu te souviens de mon roman ? Trop long ! Personne en voulait  …

2.- Beh, tu pouvais l’abréger …

- C’est ce que j’ai fait. Tu sais ce qu’ils m’ont dit ? Vous n’auriez rien de minimaliste ?

3. –Ah oui. Maintenant c’est la mode.

- Alors j’ai écrit 300 nouvelles de 10 lignes.

4.- Et quand est-ce que tu les publies ?

- Jamais ! Parce que maintenant tout le monde écrit des nouvelles minimalistes ! Dorénavant j’écrirai seulement des lettres anonymes !

Texte et images de Davide Cali - paru dans le n°54 de Citrouille (traduction Silvia Galli)

26 novembre 2009

Festival Minimondi

Capture d’écran 2009-11-16 à 15.46.37.jpg[Jusqu'au 30 novembre, le blog de Citrouille publie des articles en rapport avec son numéro 54  (couverture : Davide Cali), disponible sur le stand de l'ALSJ du salon de Montreuil (C 02, 1er étage)]

Un article du n°54 - par Silvia Barbagallo (librairie Fiaccadori, Parme), directrice du Festival Minimondi

Le Festival Minimondi est né à Parme durant l'hiver 2000, à partir d'une idée de Silvia Barbagallo, directrice de l'historique librairie Fiaccadori de Parme. La graine qui lui a donné vie a germé au cours du travail en librairie, forte de la beauté et de la poésie de quelques livres jeunesse et du désir de valoriser les petits et courageux éditeurs de ce secteur. Il s'agissait de satisfaire, par une proposition de qualité, aux goûts de plus en plus exigeants des jeunes lecteurs. Ceci à travers l'art, le jeu et la connaissance directe des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs.
piovono.jpgLe Festival a donc la volonté de transmettre le virus de la lecture dès le plus jeune âge, sans obtempérer pour autant à la culture des best-sellers et en consacrant, à l'inverse, une attention particulière aux livres de fonds ainsi qu'aux nouveautés italiennes et étrangères les plus intéressantes. C'est un moyen pour aider les jeunes à s'orienter dans l'univers des livres, en effaçant la distance avec les auteurs et les éditeurs et en interpellant les plus petits de manière ludique et créative, à travers des rencontres, des laboratoires, des spectacles, des lectures animées et, même, des expositions. En l'an 2000, Minimondi était limité à un nombre réduit de rencontres mais, avec les années, il a pu se développer en augmentant ses rendez-vous, la durée du festival et en touchant l'ensemble de la province de Parme, toutes les écoles et même les jeunes des lycées. Avec le temps, la manifestation est parvenue à tisser des relations très fructueuses avec quelques-unes des plus importantes instances culturelles de la région, qui ont permis au Festival de prendre racines et de grandir en acquérant un soutien et une visibilité de plus en plus grands. Un de ses points forts est de ne pas avoir de demeure établie, mais que toute les activités se développent comme une tache d'huile en étant hébergées dans divers lieux: historiques, artistiques, avec une signification profonde, - lieux capables d'étonner les enfants, de les ensorceler.

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17 novembre 2009

UN REGARD À LA FRONTIÈRE DES LIVRES JEUNESSE EN ITALIE, par Donatella Trotta

Capture d’écran 2009-11-16 à 15.46.37.jpg[Jusqu'au 30 novembre, le blog de Citrouille publie des articles en rapport avec son numéro 54  (couverture : Davide Cali), disponible sur le stand de l'ALS du salon de Montreuil (C 02, 1er étage)]

Donatella Trotta est journaliste au « Mattino » de Naples, fondatrice et vice-présidente de l’Association culturelle pour l’enfance Kolibri

En Italie, la littérature qui s’adresse explicitement à l’enfance et à l’adolescence jouit, aujourd’hui, d’un statut qui balance – et ce n’est pas un hasard – entre des définitions diverses : ex « grande exclue » (Francesca Butler), ou Cendrillon de la littérature dite « haute » ; zone de réserve (Giuliano Vigini), ou mieux, « à la frontière » (Pino Boero) ; « petit jardin secret » - entouré, pendant longtemps, de clôtures à l’épreuve de l’invasion de thèmes inconvenants -  Capture d’écran 2009-11-17 à 10.51.54.jpgjusqu’à devenir, dans les années récentes, une « nouvelle province littéraire » (Giuseppe Petronio), avec une heureuse et autonome capacité de production, après des saisons d’importations massives (c’est-à-dire de traductions) d’auteurs étrangers. Oui, car, bien que le Bel Paese ait produit dans le passé des classiques indémodables, comme Pinocchio, de Carlo Lorenzini, de son nom d’artiste Collodi – le livre le plus lu au monde après la Bible – et le controversé Cuore de Edmondo De Amicis – source de disputes pédagogiques et littéraires sans fin – ou, des siècles auparavant,  cet extraordinaire inspirateur d’histoires qu’est Lo cunto de li Cunti overo lo tratteniemento de’ peccerille (Histoire de toutes les histoires ou la manière de distraire les petits) de Giovan Battista Basile – père de la fable en Europe – il faut attendre 1987 pour parler, comme le rappelle Antonio Faeti dans son livre I diamanti in cantina (les diamants dans la cave, Bompiani), d’un véritable « tournant radical » et novateur, dans le panorama des livres contemporains pour enfants et adolescents en Italie. Des précieux albums illustrés pour les tout petits lecteurs, en passant par les publications de fictions, poésie, art, histoire, divulgation scientifique, c’est une floraison de propositions et de titres souvent de haute ou très haute qualité. Il s’agit d’un tournant qui, à travers plus de 20 ans de transformations dans l’édition et d’évolutions d’auteurs, illustrateurs, genres, thèmes, lecteurs, mène à la situation actuelle : une situation positive – comme nous le verrons – du point de vue de la variété et de la qualité des propositions et du marché ; problématique (en clair-obscur) du point de vue de la divulgation et de la facilité d’accès à ce secteur.

L'article intégral en français (traduction Silvia Galli, librairie Le Chat Pitre, Paris) : donatellat_FR.pdf

L'article en italien : donatellat_IT.pdf