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08 février 2012

Tib et Tatoum :T. 1, Bienvenue au clan !

Tib et Tatoum :T. 1, Bienvenue au clan ! -  Grimaldi

  • Grimaldi
  • Illustrations Bannister
  • Tchô!, Glénat - 9,95 €

Plongez avec ces deux héros dans la préhistoire. À l’époque où se déroule cette histoire, les dinosaures ont normalement disparu depuis des millions d’années… C’est ce qu’imaginait Tib, un petit garçon intrépide, jusqu’à ce qu’il tombe sur Tatoum un petit dinosaure tout rouge. Lui qui est au centre des moqueries de ses petits camarades (à cause de sa tache de naissance sur l’œil) va s’en faire un camarade de jeu et de bêtise des plus improbables !

Leur rencontre et leur amitié est le fil conducteur de cette BD drôle et désopilante. La narration en épisodes d’une page la rend accessible même aux plus jeunes lecteurs. On rit, on s’attendrit, et on découvre avec délectation les nouveaux gags et les aventures des deux acolytes à chaque nouvelle page. C’est efficace, les blagues font mouche à tous les coups ! On attend avec impatience le volume 2…

Émilie Thomas, M’Lire

Histoires bizarres de Balthazar: T. 2 Les Fantômes de glace

Histoires bizarres de Balthazar: T. 2 Les Fantômes de glace - Chris Mould

  • Chris Mould
  • Bayard Jeunesse - 5,20 €

Voici le deuxième volet des aventures de Balthazar Clairon. On le retrouve au Manoir du Bougeoir dont il avait hérité de son grand-oncle l’amiral Suif. Dans le premier tome de ses aventures il découvrait l’île de La-Roche-Crampon, son mystérieux village peuplé de pêcheurs et de pirates et affrontait un terrible loup-garou. Nous avions aimé le personnage, l’ambiance et les illustrations dignes de Tim Burton. Ce fameux mélange est toujours présent et nous en sommes ravis…
L’hiver est là et avec lui arrivent les vacances, Balthazar décide de retourner au manoir. Après l’été qu’il y a passé, il pense que le pire est derrière lui. Malheureusement il est loin de se douter qu’une nouvelle menace approche, que lui-même a déclenchée sans le vouloir. En effet les fantômes de glace, ennemis jurés de son grand-oncle sont revenus d’entre les morts et n’ont plus qu’un seul objectif : voler l’ibis que détient Balthazar. Cette fois le danger est trop grand. Et si l’amiral Suif décidait de l’aider ?

C’est encore une réussite, l’action est mise en place dès les premières pages, on découvre de nouveaux personnages hauts en couleur ! Il est même à mon sens plus abouti que le premier car les personnages ainsi que l’intrigue sont plus creusés.
Vous n’avez pas lu le premier ? Pas d’affolement, l’auteur nous rappelle les événements importants qui s’y sont déroulés, vous pourrez donc commencer par ce roman sans aucun souci !

Émilie Thomas, M’Lire

Qui a tué Michka?

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  • Irène Cohen-Janca
  • DacOdac, Éditions du Rouergue - 6,60 €

Nora vient d’emménager dans une nouvelle maison. Normalement ce devrait être la maison du bonheur. Elle a sa chambre, un grenier pour stocker les souvenirs, mais… Mais le bonheur c’était avant, avant que sa maman ne l’aime plus, avant qu’elle ait oublié les mots doux et ne l’appelle plus que sèchement, Nora, et quand elle pouvait se confier à Michka. Michka, égaré dans le déménagement et possesseur de tous ses secrets. Aussi, Nora va mal. En classe c’est la dégringolade, plus rien ne l’intéresse, elle est malheureuse. Alors, comme le Michka de l’histoire de Marie Colmont, levant bien haut les jambes, elle décide de quitter la maison.

Un beau texte, émouvant, le mal-être de cette petite Nora est crédible ainsi que la réaction de la maman dont on ne comprend qu’à la fin le pourquoi de son attitude.

Annie Falzini, L’Oiseau-Lire (Évreux)

07 février 2012

L’École est finie

L’École est finie - Grevet Yves

  • Grevet Yves
  • Mini Syros, Syros - 3 €

2028. L’école publique telle que nous la connaissons n’existe plus. Beaucoup de familles sont incapables de financer la scolarité de leurs enfants dans des établissements privés. C’est alors les entreprises qui vont endosser le rôle de professeur. Albert, lui, a signé un contrat dès le CP avec un magasin de jardinage. Après des dictées de slogans publicitaires ou avoir passé plusieurs heures à porter des sacs de terreau, le jeune garçon n’a qu’une hâte, retrouver Lila, sa voisine et amie. Elle aussi travaille/étudie en entreprise. Jusqu’au jour où avec l’approbation de ses parents, elle décide de tout quitter pour entrer dans l’école clandestine du maquis.

L’auteur de la trilogie Méto, professeur en classe de CM2 de son métier, nous entraîne dans un futur effrayant, peut-être pas si loin de la réalité ? Un excellent petit roman d’anticipation, à petit prix, pour un grand cri.

Émilie Vinyes, À Pleine Page

Un goûter en forêt

Un goûter en forêt - Akiko Miyakoshi

  • Akiko Miyakoshi
  • Illustrations Akiko Miyakoshi
  • Traduction Nadia Porcar
  • Syros - 13,95 €

Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son père se met en route pour aller déblayer la neige devant la maison de Grand-Mère. « Oh là là, Papa a oublié le gâteau pour Grand-Mère ! Si je pars maintenant, je peux le rattraper…». S’enfonçant dans la neige au cœur de la forêt, la petite Kikko, coiffée d’un bonnet rouge, nous invite dans la féerie des contes. Petit chaperon, Alice ou Chihiro, la fillette traverse bientôt le miroir et la réalité bascule dans la poésie.
Les dessins noir et gris, réalisés au fusain, participent au mystère : une étrange bâtisse est apparue sur le chemin, ses hôtes, sous leurs lourds manteaux, ont le visage d’ours, de biches, de lapins ou de sangliers ; la forêt toute entière a revêtu une forme humaine et se retourne vers Kikko. Chacun se fige un instant. Puis c’est la rencontre et toute la bienveillance de ces personnages aussi inquiétants qu’hypnotiques qui réchauffent la grisaille ambiante et le cœur de Kikko. Les illustrations et la mise en couleur de certains détails – les parts de gâteaux, le cuivre d’un trombone – illuminent le froid de l’hiver et transcende cette intrigue presque banale. Transportée, Kikko retrouvera son chemin et Grand-Mère découvrira son gâteau, la magie disparaîtra comme elle est venue mais l’on se frottera encore une fois les yeux : était-ce un rêve ? Akiko Miyakoshi réussit le pari de la simplicité en offrant aux lecteurs un album silencieux, empreint de douceur et d’une fantastique étrangeté.

Lucie Charrier, Les Enfants terribles

04 février 2012

Le faire ou mourir

Le faire ou mourir - Claire-Lise Marguier

  • Claire-Lise Marguier
  • DoAdo, Éditions du Rouergue - 9,50 €

Damien – Dam – a seize ans. Le jour où il se fait frapper par des skateurs, c’est la bande à Samy qui le sauve.
« Moi des fois je me sentais vide, et d’autres fois trop plein, sans que jamais ça s’équilibre. »

Le premier roman de Claire-Lise Marguier, c’était la claque de l’automne. À manquer d’air vers la fin. Tout le long, même. Presque pas de respirations, des phrases courtes, des scènes où on s’accroche, une vraie belle voix, juste. Une fin terrible, et puis, en vrac, tout ce qui fait l’adolescence, la famille, les questions, l’amour.

Madeline Roth, L’Eau Vive

Le Petit sommeil

Le Petit sommeil - Benjamin Guérif, Julien Guérif

  • Benjamin Guérif, Julien Guérif
  • Rat noir, Syros - 11,90 €

Pierre est un jeune lycéen qui vit seul avec sa mère. En classe de seconde il doit effectuer un stage en entreprise de trois semaines. Comme évidemment Pierre a attendu le dernier moment pour s’en occuper il n’a plus d’autres choix que d’aller là où travaille sa mère, à la maison de retraite « les Mimosas ». Là, Pierre fait la connaissance d’un des pensionnaires, Mr Braun, un ancien truand au passé houleux. Malgré toutes les mises en garde de sa mère et des employés, l’adolescent et lui se lient d’une forte amitié. S’engage alors pour Pierre une aventure hors du commun qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Faisant référence au Grand sommeil, ce polar nous tient en haleine. Manipulation et intrigue sont au rendez-vous.
Après Quand la Banlieue dort et Pour toi j’ai volé, Benjamin et Julien Guérif nous ravissent encore une fois avec ce troisième roman de la collection Rat noir.

Amandine Gaudry, Les Sandales d'Empédocle

Le Bal d’anniversaire

Le Bal d’anniversaire - Lois Lowry

  • Lois Lowry
  • Illustrations Stéphanie Blake
  • Traduction Agnès Desarthe
  • Neuf, L’École des Loisirs - 11 €

La princesse Patricia Priscilla (oui ce n’est effectivement pas très heureux) a à peu près tout ce qu’elle désire mais ça ne lui suffit pas. Elle s’ennuie au point de vouloir se faire passer pour « une pauvre petite manante » pour pimenter son quotidien à l’instar de la jolie petite princesse de Nadja (à qui on pense beaucoup). Comme c’est amusant ! Elle peut ainsi intégrer, ni vue ni connue, la classe de Rafe, un jeune maître d’école dont l’ambition principale est de passer pour plus sévère qu’il ne l’est en réalité. « Nom d’une pipe ! », c’est que le courant passe bien entre cette manante décidément très douée et le séduisant jeune homme. Seulement, la princesse va avoir seize ans et à l’occasion de son anniversaire, elle va devoir choisir un prétendant. Ils sont au nombre de trois (enfin je devrais dire quatre) et se préparent déjà au grand événement.

Le Bal d’anniversaire est un conte. Sur une structure très normée, Lois Lowry déploie une fantaisie avec un vrai talent burlesque. Tous les archétypes sont bien là mais l’auteur se joue de tout : la princesse n’est pas complètement sympathique sans être horrible pour autant (scène irrésistible où elle rencontre pour la première fois une orpheline), le maître d’école est un brin trop fataliste, la reine mère est carrément sourde et les prétendants sont tous plus gratinés les uns que les autres. Ce jeu sur le genre se double d’un jeu sur la langue où l’absurde est maître. Contresens, déformations, changements de registres : on ne s’ennuie pas et on rigole même assez souvent de bon cœur même si parfois on souhaite que Lois Lowry pousse le bouchon encore un peu plus loin. Une réussite mineure pour un auteur-phare du catalogue de L’École des Loisirs. Une réussite quand même. À signaler enfin : la très belle couverture façon nabi de Stéphanie Blake.

Gwendal Oulés, Récréalivre

22 janvier 2012

Nickel Blues

Nickel Blues - Nadine Monfils

  • Nadine Monfils
  • Mijade - 8 €

Initialement sorti dans une collection adulte en 2008, ce livre ressort aujourd’hui pour les ados chez Mijade et c’est une très bonne chose. Il eut été dommage que ceux-ci passent à côté d’un texte aussi drôle et déjanté.

Deux frères, Ralph et Tony, ont profité des vacances pour « s’occuper » de la maison. Plusieurs semaines de fêtes non-stop et la maison ressemble à un champ de bataille où se mêlent ketchup, mayo, boîtes de pizzas, cadavres de bouteille et vomi… Une porcherie passerait pour un palace à côté… Mais toute bonne chose prenant fin, les parents et la grand-mère rentrent dans deux jours ! Nos deux ados ne sont pas très motivés pour nettoyer ce taudis. L’aîné va alors avoir la très bonne mauvaise idée de kidnapper une fille du quartier et de la forcer à faire le ménage. L’heureuse élue se nomme Rita et la tâche s’annonce impossible…

Nickel blues est un roman qui plaira assurément à tous les ados, grands mais aussi petits lecteurs. Il est vraiment agréable à lire, intense avec une belle pointe d’humour noir, très plaisante.

Florian Trohel, M’Lire

Un goûter en forêt

Un goûter en forêt - Akiko Miyakoshi

  • Akiko Miyakoshi
  • Illustrations Akiko Miyakoshi
  • Traduction Nadia Porcar
  • Syros - 13,95 €

Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son père se met en route pour aller déblayer la neige devant la maison de Grand-Mère. « Oh là là, Papa a oublié le gâteau pour Grand-Mère ! Si je pars maintenant, je peux le rattraper… ». S’enfonçant dans la neige au cœur de la forêt, la petite Kikko, coiffée d’un bonnet rouge, nous invite dans la féerie des contes. Petit chaperon, Alice ou Chihiro, la fillette traverse bientôt le miroir et la réalité bascule dans la poésie. Les dessins noir et gris, réalisés au fusain, participent au mystère : une étrange bâtisse est apparue sur le chemin, ses hôtes, sous leurs lourds manteaux, ont le visage d’ours, de biches, de lapins ou de sangliers ; la forêt toute entière a revêtu une forme humaine et se retourne vers Kikko. Chacun se fige un instant. Puis c’est la rencontre et toute la bienveillance de ces personnages aussi inquiétants qu’hypnotiques qui réchauffent la grisaille ambiante et le cœur de Kikko. Les illustrations et la mise en couleur de certains détails – les parts de gâteaux, le cuivre d’un trombone – illuminent le froid de l’hiver et transcende cette intrigue presque banale. Transportée, Kikko retrouvera son chemin et Grand-Mère découvrira son gâteau, la magie disparaîtra comme elle est venue mais l’on se frottera encore une fois les yeux : était-ce un rêve ? Akiko Miyakoshi réussit le pari de la simplicité en offrant aux lecteurs un album silencieux, empreint de douceur et d’une fantastique étrangeté.

Lucie Charrier, Les Enfants Terribles

Petites histoires zen

Petites histoires zen - Dominique Tellier

  • Dominique Tellier
  • Illustrations Sébastien Pelon
  • Poche cadet, Milan - 5,50 €

Douze toutes petites histoires zen, d’une page ou deux chacune. Petit lama y croise une mouche, un tigre, un dragon, un singe, c’est quelquefois un peu absurde, c’est surtout doux, drôle et très bien illustré. Mention particulière pour l’histoire intitulée L’Hiver, qui est un vrai bonheur de sagesse…

Madeline Roth, L’Eau Vive

21 janvier 2012

Bestiaire du Gange

Bestiaire du Gange - Rambharos Jha

  • Rambharos Jha
  • Illustrations Rambharos Jha
  • Actes Sud Junior - 21,50 €

Bestiaire du Gange... L’ouvrage est beau. Un grand format à l’italienne d’un bleu saisissant nous happe déjà l’œil et l’esprit, et c’est avec émerveillement que l’on plonge dans les pages, que l’on se surprend à caresser, à renifler pour humer la bonne odeur du papier tout juste sérigraphié. Réalisé entièrement à la main, Bestiaire du Gange est bien plus qu’un album. Chaque page est un tableau offert au lecteur, une jubilation visuelle entrelacée de poèmes tamouls adaptés et traduits, qui légendent les sérigraphies. À la manière de haïku, les textes sont brefs et toujours puissamment évocateurs : grondement de tambours, pluie battante, poissons déchaînés, quelques mots suffisent pour accompagner le tourbillon de couleurs et traduire la vie qui anime les eaux du Gange. Les animaux aquatiques s’animent sous la finesse et la précision du trait de Rambharos Jha, héritier de la tradition du Mithila. Cet art pratiqué principalement par les femmes du Nord-Est de l’Inde consistait à décorer les murs et sols des maisons de dessins colorés à l’occasion de fêtes et de célébrations. La minutie des détails et l’emploi de pigments naturels (curcuma, jasmin), caractéristiques de cette pratique, viennent ici sublimer les ondulations et remous du fleuve qui a fait naître cet imaginaire, entre mythologie et rêves d’enfant.

Lucie Charrier, Les Enfants terribles

Liber et Maud

Liber et Maud - Nadia Marfaing

  • Nadia Marfaing
  • Illustrations Rascal
  • Médium, L’École des Loisirs - 9,86 €

Maud est devenue aveugle à la suite d'un accident. Adolescente populaire dans son lycée, elle refuse maintenant tout contact avec le monde extérieur et reste cloîtrée dans sa chambre. Seul Liber, un garçon de sa classe pour lequel elle n’a eu jusqu’à présent qu’indifférence, a l’audace de forcer cette barrière et de s’instituer nouveau compagnon de la jeune infirme.

Nadia Marfaing pose d’emblée les pieds sur un terrain glissant, nous imposant une histoire qui pourrait être à priori l’argument d’un épisode de Joséphine ange gardien. Les premières pages du roman racontent comment Liber réussit à s’introduire dans la chambre de Maud : d’abord sceptique, on est très vite saisi par la justesse de la situation et conquis par le culot, l’énergie de Liber. Manifestement attachée à décrire toute l’ambiguïté des démarches du garçon, l’auteure démêle petit à petit les liens étroits entre la pureté et la manipulation, entre la générosité et le désir de domination. Liber est un beau personnage, solaire, tourné vers l’action, capable de recevoir les coups sans faillir. Ce qui le pousse vers Maud repose sur une volonté au bout du compte admirable qui dépasse largement la question sexuelle (la fameuse première fois). Mais c’est Maud qui nous intéresse. Tour à tour touchante et insupportable, elle est portée malgré elle par un instinct destructeur qui donne à la dernière partie du roman un tour passionnant, une indécision follement romanesque.
Liber et Maud
est un roman magnifique, le grand coup de cœur de cette rentrée 2012.

Gwendal Oulés, Récréalivres

Tout schuss !

Tout schuss - Bjorn Rune Lie

  • Bjorn Rune Lie
  • Traduction Pascale Mender
  • Thierry Magnier - 15,50 €

Bientôt les sports d’hiver ! Mais heureusement, pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de goûter aux joies de la poudreuse, il y a sûrement un livre pour ça…
Celui-là est norvégien. Une valeur sûre donc, question froidure, et question sport. Mais l’intérêt de ce livre réside avant tout dans son contenu, presque documentaire, sur la vie et les activités dans une station de haute montagne, laquelle station pourrait tout aussi bien se situer dans les Alpes chères à une libraire que je connais. Mais loin de nous frigorifier, question illustrations, Bjorn R. Lie réchauffe l’atmosphère. Les couleurs sont
vives et particulièrement gaies. L’univers graphique un peu délirant, où les humains côtoient des animaux chaussant les mêmes skis dans des tableaux extrêmement vivants, dépeint fidèlement l’ambiance d’un village de montagne en haute saison. On prêtera aussi une attention toute particulière à la palette de l’artiste, qui tout en usant de couleurs vives, donne à ce livre un petit côté suranné, et qui sent bon la cannelle et le vin chaud. Un très joli livre pour les plus jeunes, avec un texte riche en vocabulaire, à lire ou à faire lire pour découvrir l’hiver sous l’angle des vacances à la neige.

Cyril Malagnat, Rêv’en Pages

Boucle d’or et les trois ours

Boucle d’or et les trois ours - Olivier Douzou

  • Olivier Douzou
  • Éditions du Rouergue - 15 €

Certains jouent avec les chiffres comme d’autres avec les mots. Le résultat est souvent surprenant et original. Et de l’originalité, il en faut, lorsque l’on décide de s’attaquer à un grand classique. Or s’il en est un qui fait partie du patrimoine des histoires à dormir debout, ou encore couché dans un lit d’ours, c’est bien Boucle d’or et les trois ours, ici revisité par Olivier Douzou. Et la surprise est de taille. L’auteur rompt génialement avec l’imagerie classique pour la remplacer par des compositions géométrique, pour ne pas dire arithmétiques, avec les chiffres. Quasiment indescriptible sur le plan graphique, cet ouvrage est tout simplement magnifique. Un pur chef-d’œuvre et un magnifique exemple de ce que l’on peut faire de plus singulier avec une matière pour le moins… ordinaire. Avec un zéro et un joli jaune soleil, la boucle est bouclée, ce sera évidemment « Boucle d’or ». Un 3, à l’horizontal, et voici une jolie tête d’ours. C’est bien ça. Olivier Douzou cultive l’évidence. Il nous ouvre les yeux sur ce que nous avons finalement appris à ne plus voir, dissipés que nous sommes par des illusions hypnotiques. La barre du 1 ? Facile. Une forêt dense bien sûr. Un 4 à l’envers pour un fauteuil, des ours 13 en colère parce que quelqu’un 7 à 6 sur leurs 16… 3 ours et 3 couleurs primaires pour un livre conceptuel qui hésite entre le rayon « livres d’art » et « contes classiques ». Et si on le laissait dans le rayon « gros coup de cœur » ?

Cyril Malagnat, Rêv’en Pages

20 janvier 2012

Asdiwal, l’Indien qui avait faim tout le temps

Asdiwal, l’Indien qui avait faim tout le temps -  Manchette

  • Manchette
  • Illustrations Loustal
  • Gallimard Jeunesse - 14 €

C’est au cours de l’été 1966, à Paris, que Jean-Patrick Manchette écrit pour son fils, alors en vacances en Provence loin de lui, les aventures d’Asdiwal, un Indien Tsimshian. Le début du conte est absolument délicieux, et la langue immédiatement truculente, inventive. Je trouvais le mot Tsmishian particulièrement difficile à prononcer plusieurs fois de suite dans la même phrase, et j’étais convaincue que ce peuple d’Indiens sortait tout droit de l’imaginaire de Manchette, mais pas du tout, les Indiens Tshimshians existent bel et bien et Asdiwal est un héros de leur mythologie (Claude Lévi-Strauss fit d’Asdiwal, en 1958, le modèle de son analyse des mythes amérindiens). Manchette se moque bien des ethnologues, en tout cas, et raconte des aventures incroyables, savoureuses, drôles, que Loustal illustre avec talent.

Madeline Roth, L’Eau Vive

Le Livre des vrais faux

Le Livre des vrais faux - Gérard Dhôtel

  • Gérard Dhôtel
  • Illustrations Benoît Perroud
  • De la Martinière - 12,90 €

La guerre de cent ans a-t-elle vraiment duré cent ans ? Le nombre de pois des coccinelles indique-t-il leur âge ? Les voitures noires ont-elles plus d’accidents que les autres ?

Ce documentaire ludique et très illustré tente de dénouer le vrai du faux et c’est un plaisir à feuilleter. Un vrai/faux par page, une approche drôle et des illustrations détonantes. Il ravira les petits curieux avides de détails et d’anecdotes croustillantes.
Et le roi Dagobert, il avait vraiment mis sa culotte à l’envers ?

Vanessa Iscariot, Nemo

17 janvier 2012

1. 2.. 3... image

1. 2.. 3... image - Catherine Chaine

  • Catherine Chaine
  • Illustrations Marc Riboud
  • Gallimard Jeunesse/Les Trois Ourses - 14 €

Voici un beau livre d’images. Catherine Chaîne y joue avec les nombres comme elle s’est plu auparavant, à jouer avec les lettres, à partir des photographies de Marc Riboud.

Paradoxe d’une société qui voue un véritable culte à l’image, il est finalement peu de livres pour nous apprendre à lire l’image. Cet ouvrage nous apprend donc à lire et à compter. Et pourquoi pas, à conter. Car s’il est vrai que chaque image contient à elle seule au moins une histoire, les magnifiques clichés noir et blanc de Marc Riboud fourmillent d’anecdotes et de situations sur lesquelles on a envie de poser des nombres mais aussi des mots qui raconteraient ces nombres. Mille et une histoires se cachent donc derrière ces images qui se passent tellement bien de couleurs. Un livre qui compte et qui s’invente et se réinvente à chaque reprise en main. Une sorte de boulier iconographique, hommage à un grand photographe spécialiste de la Chine, et qui ravira tous les yeux grands ouverts sur le monde.

Cyril Malagnat, Rêv’en Pages

Mon père est américain

Mon père est américain - Fred Paronuzzi

  • Fred Paronuzzi
  • Roman, Éditions Thierry Magnier - 9,10 €

Léo est un ado a priori sans problème. Il vit avec sa mère depuis toujours et ne sait pratiquement rien de son père sauf qu’il est américain, qu’il n’a été pour sa mère qu’un amour de passage et qu’il n’a jamais cherché à recréer des liens avec son fils… Pourtant un jour, Léo découvre que sa mère est encore en relation avec lui. Des transferts d’argent circulent du compte bancaire de sa mère vers les États-Unis et tout porte à croire qu’ils lui sont destinés. Après le choc et la colère, le jeune garçon va découvrir un terrible secret qui va changer sa vie…

Fred Paronuzzi, qu’on avait découvert avec le très bon Un cargo pour Berlin, confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Mon père est américain est un roman qui sonne juste, et ce malgré la thématique assez lourde qui est abordée. La relation qui se tisse, avec beaucoup de retenue et de pudeur entre le père et le fils est très bien décrite, sans trop en faire. Le père sait ce qu’il a fait et en parle avec beaucoup de franchise. Léo, lui, est perdu et cela semble tout à fait réaliste. La fin du roman, qui n’est en fait qu’un autre début, permet d’éviter toute ébauche de joie surréaliste et m’a beaucoup plu également.
Mon père est américain
est décidément un très bon roman !

Simon Roguet, M’Lire

15 janvier 2012

Mes odeurs de la nature

Mes odeurs de la nature - Marie Delhoste

  • Marie Delhoste
  • Illustrations Julie Chirzad
  • Thomas Jeunesse - 13,50 €

Ce livre a plusieurs raisons de plaire. D’abord, c’est un très bel imagier. Très graphique, l’illustration de Julie Chirzad est aussi très efficace et fonctionne à merveille dans un imagier grand format comme celui-ci. Ensuite, le jeu du texte est très intéressant. Deviner quelle épice utiliser pour les compotes de fruits, quel arbre donne un lait si parfumé ou quelle fleur pique mais sens drôlement bon… sera un bon moyen de découvrir la nature pour les plus petits. Enfin, il y a le petit bonus du livre, ce sont les odeurs dissimulées dans les images. On frotte et cela sent. Le procédé est déjà connu mais reste très efficace. D’autant plus quand on réunit tous ces éléments…

Simon Roguet, M’Lire

Le Bal d’anniversaire

Le Bal d’anniversaire - Lois Lowry

  • Lois Lowry
  • Traduction Agnès Desarthe
  • Neuf, L'École des Loisirs - 11 €

La princesse Patricia Priscilla possède tout pour être heureuse : des parents aimants, un beau château, des servantes aux petits soins. Malgré tout ce bonheur, elle s’ennuie. Et ce n’est sûrement pas le bal organisé pour ses seize ans où elle devra choisir son futur mari parmi trois odieux prétendants, qui la sortira de sa situation. Bientôt son chemin va croiser celui du jeune instituteur du village…

Auteur incontournable de la littérature jeunesse contemporaine, Lois Lowry excelle dans tous les genres, que ce soit roman historique avec Compte les étoiles, roman de science-fiction avec L’Élue et Le Messager, ou roman humoristique avec Les Willoughby (hors catégorie son chef-d’œuvre Le Passeur). Ici le roman serait à classer dans la catégorie des romans humoristiques : on rit beaucoup surtout aux dépens des trois prétendants si délicieusement ridicules. Lois Lowry joue avec les clichés des contes de fées et nous livre un livre charmant, frais et joyeux qui ravira nos plus jeunes lecteurs.

Hélène, Danielle et Rachel, Libr’Enfant

12 janvier 2012

Il était une forme

Il était une forme - Anne Hemstege

  • Anne Hemstege
  • Didier Jeunesse - 12,90 €

Ce petit livre graphique et dépouillé nous a ravis ! Anne Hemstege propose un jeu avec des formes graphiques simples et des interprétations différentes pour chacune d’entre elles. Pour sa première image, elle propose quatre lignes horizontales vertes dessinées au pinceau semble-t-il, parallèles mais avec un très beau mouvement. Elle va alors emmener le lecteur là où elle le veut en proposant trois interprétations possibles de ces lignes. On part donc tout d’abord dans un paysage de campagne ou de forêt où des arbres bleus se dressent fièrement. Dans une deuxième image, les lignes deviennent des fils à sécher où pendent des chaussettes rouges. On pourrait voir surgir celui ou celle qui va les détacher. Enfin, dans une dernière image, Anne Hemstege dessine un bateau qui s’en va au loin dans un ciel nuageux…

En reproduisant ce principe avec d’autres formes, Anne Hemstege nous offre un livre magnifique, fort en surprises. C’est un livre où le graphisme joue avec le sens. Il appelle et développe la poésie et l’imaginaire.

Simon Roguet, M’Lire

11 janvier 2012

Hilda et le géant de la nuit

Hilda et le géant de la nuit - Luke Pearson

  • Luke Pearson
  • Traduction Judith Taboy
  • Nobrow - 14,50 €

Hilda est un jeune personnage qui a déjà une histoire, puisqu’elle était l’héroïne d’une BD aujourd’hui épuisée parue chez l’éditeur anglais Nobrow. C’est d’ailleurs cette maison, diffusée depuis peu en France par Les Belles Lettres, qui nous propose cette édition en français, parue simultanément avec l’édition originale.

Mais nul besoin d’avoir lu Hildafolk pour entrer avec plaisir dans le monde singulier d’Hilda, petite fille passionnée par les créatures étranges qui peuplent sa contrée, et douée de la faculté de communiquer avec elles. Géante pour les elfes, naine pour le géant qui apparaît chaque soir devant sa maison, elle tente avec une belle énergie de préserver l’harmonie de la vallée et de résoudre les conflits qui risquent de les chasser, elle et sa mère, vers la grande ville détestée.
Et si au terme d’une aventure qui aura vu la signature d’un traité de paix avec les elfes et les retrouvailles d’amoureux qui s’attendaient depuis quatre mille ans, Hilda et sa mère sont contraintes malgré tout de déménager, on se doute qu’elles n’ont pas dit leur dernier mot. On attend donc la suite de leurs aventures, et pour patienter, on observe la migration nocturne des « woffs ».

Claire Poilroux, Tiers-Temps



Sélection CITROUILLE + n°1 accessible en ligne et téléchargeable

 
 

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09 janvier 2012

Histoires d’enfants à lire aux animaux

Histoires d’enfants à lire aux animaux - Hervé Walbecq

  • Hervé Walbecq
  • Neuf, L’École des Loisirs - 9,50 €

Curieux objet que ce recueil de textes publié par l’École des Loisirs dans la collection Neuf. Hervé Walbecq en est à la fois l’auteur et l’illustrateur témoignant dans les deux cas d’un univers personnel. Les histoires sont courtes toujours à la première personne. Il y est question d’animaux, de transformations, d’envols sur un mode absurde assez déroutant avec une façon bien particulière d’achever le récit. Porté par des illustrations au minimalisme étudié, l’ensemble est très homogène, d’une inspiration aux limites du système, un peu à la façon d’un roudoudou qu’on aurait découpé arbitrairement en petits morceaux. Sans pour autant convaincre de bout en bout, Histoires d’enfants à lire aux animaux ne laisse pas indifférent le lecteur, conscient de lire « autre chose ». L’expérience vaut le détour en particulier pour la perfection inclassable du texte « La dame qui prenait son mari pour un poisson rouge ». À suivre.

Hervé Walbecq qui est aussi comédien a publié en 2010 un recueil de dessins L’Oiseau qui dormait dans un livre aux éditions du Lérot. Pour découvrir son univers : http ://www. hervewalbecq.com/

Gwendal Oulés, Récréalivres

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