Accueil - 07 septembre 2007

Les Japonais aiment le sport… dans les mangas !

f1ffc97c682eec4025d736a6b8509cc4.jpgLa plupart des mangas à thème sportif se servent en réalité du sport comme d’un prétexte révélant puissamment d’autres dimensions fondamentales, psychologiques ou sociologiques… Quatrième article de Continent manga, la rubrique d’Olivier Anselm (librairie Voyelles, aux Sables d’Olonne) - (Un article du dossier DU SPORT ET DES LIVRES, Citrouille n°47)

Un paradoxe, tout d'abord. Si sport et manga forment un tandem particulièrement efficace ayant donné naissance à de nombreuses séries célèbres, qui ont marqué les lecteurs hier et continuent à les passionner aujourd’hui, on constate cependant que les Japonais sont  eux-mêmes peu pratiquants. Pour des raisons qui tiennent à leur histoire (isolement relatif par rapport au reste du monde à l’époque où se sont développés certains grands sports), à des contraintes d’espace (peu de place au cœur des villes pour de grandes infrastructures sportives) ou morphologiques, ou encore parce que la pratique de la plupart des sports coûte réellement cher là-bas, les Japonais ne sont véritablement amateurs de sport que lors du spectacle des rencontres ou… dans les mangas ! Au risque de bousculer quelques clichés, il faut donc se déprendre de l’idée que beaucoup de Japonais seraient adeptes du judo ou d’autres arts martiaux ; seul le kendo (escrime japonaise, pratiquée avec des sabres de bois) bénéficie d’une certaine popularité. Le sumo galvanise l’enthousiasme des foules et les sumotoris sont adulés tels des dieux, mais étant donné le physique qu’il est nécessaire d’acquérir pour atteindre un niveau honorable, ils sont peu nombreux…  Le football est très médiatisé ces dernières années, et ce phénomène a connu des sommets lors de la Coupe du Monde de 2002 ; pourtant, le nombre de terrains au Japon est très faible et vous verrez rarement de jeunes japonais taper dans un ballon pour s’amuser entre eux […] Lire l'article : mangasport.pdf

Accueil - 03 avril 2007

Continent manga, n°3 : Osamu Tezuka

medium_osamu.jpgOlivier Anselm (librairie Voyelles) présente Osamu Tezuka, un «manga no kamisama» (dieu des mangas) hors norme et attachant, à l'oeuvre profondément humaniste et qui mérite amplement d’être découverte ou mieux connue. (Un article paru dans le n°46 de Citrouille)

Quelques repères biographiques. Tezuka, né en 1928 dans une ville provinciale de la région d’Osaka, a connu dans son enfance l’atmosphère de totalitarisme et de militarisme qui  s’était appesanti sur le Japon. Embrigadé "de force" à la fin de la Seconde Guerre Mondiale dans une usine d’armement, il vit aussi les ravages des bombardements, des incendies et des privations ; il en garda au cœur un humanisme farouche, ennemi des violences guerrières comme de tous les manichéismes. Cependant, ses jeunes années au sein d’une famille aimante, libérale et aisée lui donnèrent aussi le goût de la nature (petit entomologiste passionné, il dessina des cahiers entiers remplis d’insectes), du théâtre traditionnel (no et kabuki) mais aussi du cinéma et de la bande dessinée, notamment d’origine américaine, dont il admirait l’énergie et la vitalité des mouvements. Sa carrière et son succès furent à la fois précoces et phénoménaux.
Lire la suite : manga46.pdf

Accueil - 13 février 2007

J’aime les mangas PARCE QUE !

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(Rayon manga, librairie Voyelles)
 
[Reprise d'un article publié dans Citrouille en 2002] Un jour que je flânais tranquillement à la Librair’île au rayon Manga & co, Monique m’interpelle pour me poser la question fatidique : « Audrey, pourquoi aimes-tu autant les mangas ? ? » Je la contemplai, incapable de répondre du tac-au-tac, et je me trouvai gratifiée d’un petit article à pianoter pour Kraft ( revue d’un groupe d’adolescents). Pourquoi pourquoi pourquoi… Grande question ! Tout le monde peut s’accorder sur le fait que ma génération et celle d’avant ont été grandement influencées par le Japon et ses dessins animés. Je me rappelle encore de mon enfance, bercée par Les Chevaliers du Zodiaque, Juliette, je t'aime, Cat’s eyes et autres Candy… L’engouement actuel grandissant pour les mangas vient certainement en grande partie de ce temps passé devant des programmes nippons. Je ne sais plus exactement quand j’ai commencé à lire des mangas, il y a deux ans peut-être, à l’époque où j’ai découvert Internet chez moi. Là j’ai commencé à visiter des sites consacrés aux mangas et je me suis rendu compte que le marché était en plein essor et que de nombreux titres tous plus variés les uns que les autres étaient déjà disponibles. J’ai donc décidé de m’y immerger, conseillée par un groupe de discussion orienté vers la culture nippone et donc vers les mangas.

Il faut savoir que le manga est au Japon ce que la bande dessinée est à la Belgique. On peut trouver beaucoup d’auteurs (mangaka) et donc beaucoup de styles différents, et le manga couvre large : amour, science-fiction, policier… On peut trouver de tout à des petits prix, selon le titre et l’éditeur. Le manga est en lui-même plus avantageux pour le lecteur que la BD : moins coûteux, plus de pages à lire…  Comme dans la BD, on trouve des grands noms, signe en général de bons titres (je dis bien en général car même les plus grands peuvent décevoir) : CLAMP, un groupe composé de quatre femmes très sadiques mais très talentueuses et par lequel il faut obligatoirement passer si on veut lire du bon manga: Tokyo Babylon, RG Veda, X… publiés aux éditions Tonkam et aux éditions Pika ; Tsukasa HOJO, auteur de City Hunter (Nicky Larson pour les amateurs de la série)", Cat’s eyes et récemment de Family Compo, publié aux éditions Tonkam ; Yoshihiro TOGASHI, auteur d’Hunter X Hunter et surtout de YuYu Hakusho, spécialiste des mangas d’aventure et de baston, il est publié par les éditions Kana. Après un certain temps d’adaptation, j’ai pu sélectionner les titres qui m’attiraient le plus et rejeter ceux qui au premier abord m’avaient semblé intéressants mais qui ne valaient pas la peine que je débourse tous les mois (ou tous les deux mois) pour eux. J’ai quelques petits préférés : Rookies de Morita (éditions Tonkam), Maison Ikkoku (ou Juliette je t'aime) de Takahashi (éditions Tonkam) et Hunter X Hunter de Togashi (éditions Kana).

Je ne préfère pas les mangas aux autres lectures, il ne faut pas croire que je ne lis que ça. Je vénère plusieurs auteurs de BD (Sokal par exemple) et auteurs de roman (Amélie Nothomb ou encore Moka).Les mangas complètent ma culture littéraire, et m’apportent un peu de détente dans ce monde de stress. Pour répondre directement à la question : j’aime donc les mangas PARCE QUE !

Audrey, 17 ans.

Accueil - 05 janvier 2007

Manga : petit lexique de base

medium_manga.jpgContinent manga n°2 (in Citrouille n°45) : chronique d’Olivier Anselm (librairie Voyelles). «Si nous sommes loin d’être des spécialistes, nous avons cependant très à cœur de partager notre goût pour cette forme de littérature tellement dépaysante» : manga2.pdf

Accueil - 16 octobre 2006

Mangas : Jungle ou nouveaux bonheurs de lecture ?

medium_hikaru.jpg(un article d'Olivier Anselm et Thomas Savary, Librairie Voyelles - in Citrouille 44)

Faut-il encore, dans un article exposant un très bref aperçu de la grande richesse du manga, commencer en désamorçant plusieurs idées fausses ? Non, les mangas ne véhiculent pas particulièrement violence ou sexualité. Non, les héros de manga n’ont pas tous de grands yeux étoilés. Non, les mangas ne s’adressent pas qu’aux enfants ou aux fans de robots géants. Non, les dessinateurs de manga n’ont pas un trait moins talentueux que ceux de la BD franco-belge… Facile à dire ? Il suffit en fait d’aller à la rencontre du continent manga pour que bien des préjugés s’estompent et que la curiosité naisse. Petit voyage dans cette étonnante contrée  où quelques repères, c’est vrai, sont très utiles. Origines et originalité du manga. Le manga a des racines lointaines dans l’art japonais. Cependant, retenons deux moments clés. Le premier, vers 1820, quand HOKUSAI (1760-1849), grand maître de l’estampe et de la caricature, invente le terme «manga»  à l’aide de deux mots signifiant à peu près « dessin dérisoire » ou  « esquisse rapide » ; cette filiation explique en partie le style adopté par les mangakas (nom donné aux dessinateurs de manga) au siècle suivant. Second moment, après 1945, quand les conditions matérielles obligent les éditeurs à n’employer quasiment que le noir et blanc et du papier bas de gamme ; cela a induit un modèle économique fondé sur des publications dans des magazines présentant des chapitres à suivre, ce qui oblige les auteurs à produire beaucoup et vite, en peaufinant un style ne visant pas le «  beau » ou le « réaliste » (à l’inverse de notre BD), mais recherchant l’efficacité et la qualité narrative ainsi que l’expression vivante des mouvements et des émotions.

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