Accueil - 21 mars 2008

L'Idée Bleue (ex Dé Bleu)

[Complément du dossier Musique-Poésie, Citrouille n°49]

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1974. Chaillé-sous-les-Ormeaux, Vendée.

Machine à écrire, duplicateur à encre, sérigraphie. Des opuscules pas chers, format enveloppe. L’aventure éditoriale du Dé bleu commence, proposant des poèmes d’auteurs complètement inconnus alors. (Louis Dubost aime à rappeler qu’il a été, en 1978, le premier éditeur de Charles Juliet).

Parmi les "voix nouvelles" avec lesquelles Louis Dubost constitue son catalogue, Jean-Damien Chéné avait écrit des comptines pour ses enfants. Ce sera Le facteur déménage, premier recueil "pour enfants" né au Dé bleu. Viendra La petite feuille aux yeux bleus de Luce Guilbaud, puis, chaque année un petit livre d’auteurs amis, sur des papiers de couleur…

1994. Chaillé-sous-les-Ormeaux. Vendée.

Unité de format, de prix, de papier, illustrations en quadrichromie : Le Dé bleu crée Le Farfadet bleu, une collection « pour enfants à partir de 5 ans et jusqu’à plus que centenaires » puisque, comme le dit Louis Dubost  « la poésie existe ou n’existe pas. Si elle existe, elle s’adresse à tous : son approche et sa compréhension sont affaire de niveau lexical ».

C’est pourquoi vous ne fréquenterez ici que des poètes « inventeurs de langue », -loin de ceux qui fabriquent des textes pour un public ciblé-, des illustrateurs dont l’encre et les couleurs jouent avec les thèmes, ponctuent et répondent aux textes, sans jamais rien imposer.

En 2007 est paru Tu me libellules, une petite anthologie de fragments de textes qui évoquent cet insecte, accompagnés des illustrations toute en finesse d’Olivier Mazoué.

La collection compte aujourd’hui 45 titres auxquels viendra s’ajouter dans l’année Mange-matin de Valérie Rouzeau.

Sans hésiter, laissez aller votre curiosité

Brigitte Prouteau, pour la librairie Voyelle

Accueil - 19 mars 2008

Drôles d'oiseaux (intégralité de l'interview publié en extrait dans Citrouile n°49)

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Photo : Simon Roguet

En 2006, nous avions eu le grand plaisir de découvrir cet étonnant album Drôles d'oiseaux, aux pages pleines de poètes, de poèmes, de mélodies subtiles, de voix claires d’enfants, de dessins colorés. C'est grâce à l’immense talent de Thibault Maillé et de ses petits interprètes que les poèmes s’envolent et deviennent musique. Les textes de Pessoa, Queneau, de Desnos, de leurs consœurs et confrères deviennent chansons, mais sans que jamais la musique ne fasse d’ombre à leurs mots. Il n’y a, dans ces poèmes à chanter, aucun irrespect pour leurs prestigieux créateurs, mais un magnifique hommage : leur poésie ainsi portée semble s’échapper des pages pour rencontrer les auditeurs soudain attentifs. Autre merveilleuse surprise, les 19 poèmes à lire qui complètent subtilement les 17 poèmes à chanter et qui ouvrent le lecteur à des auteurs contemporains souvent absents des publications destinées à la jeunesse.  Ce numéro de Citrouille nous a donné le plaisir de replonger dans ce beau livre, d'en feuilleter à nouveau les pages superbement illustrées par Martin Jarrie et de réécouter la musique de Thibault et ces voix d'enfants qui, se mêlant aux textes donnent à rêver et à penser. A cette occasion, nous avons soumis Alain Boudet et Thibault Maillé aux questions de la néophyte enthousiaste. C'est avec beaucoup de gentillesse et de sérieux qu'ils se sont prêtés tous deux au jeu de l'entretien. 

- La première question qui s'impose est celle de la genèse. D'où vous est venue l'idée d'un tel album ? Aviez-vous travaillé ensemble avant ? C'est la question classique de l'œuf et la poule... 

- Alain Boudet : C'est Michèle Moreau qui a pris contact avec moi. Elle avait entendu parler de mon travail de médiation de la poésie en direction de publics divers, scolaires notamment, par Jean-Pierre Siméon. Par goût (j'écris depuis quarante ans), passion (je n'écris pas tous les jours mais je peux dire qu'il y a peu de jours où je ne lis pas de poésie), fonction (je suis enseignant de lettres de formation, documentaliste depuis 25 ans, coordonnateur académique en poésie, lecture, écriture dans l'académie de Nantes depuis six ans) je m'intéresse à la manière dont les poèmes peuvent rencontrer leurs publics. En 1981, j'ai écrit une œuvre poétique qui a été mise en musique par le compositeur Etienne Daniel. Cette œuvre a fait le tour du monde. C'est là que j'ai commencé à considérer avec intérêt la complémentarité des univers de la poésie et de la musique. J'ai depuis écrit d'autres œuvres du même type. L'idée de travailler avec Thibault Maillé, connaissant sa démarche et le défi que constitue l'accompagnement musical de la poésie, m'a séduit. 

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Accueil - 18 mars 2008

Complément du dossier Musique du n°49

82417873.jpgEn complément numéro 49 de Citrouille :

- La conférence de Jean-Pierre Siméon citée dans l'édito du dossier :simeon.pdf

- La bibliographie Musique préparée par Thomas Savary (librairie Voyelles) et Nathalie Ventax (librairie Comptines) - On trouvera pour chaque titre entre parenthèses l’indication soit du ou des instruments principaux, soit de la formation instrumentale, soit d’autres précisions. :musique.pdf

Accueil - 13 mars 2008

« Laissons pousser les oreilles ! » - entretien avec Bernard Lubat

[ Un entretien mené à la Maison de la Mémoire en Marche par Ariane Tapinos & Corinne Chiaradia (librairie Comptines), dans le cadre du dossier MUSIQUE ET POÉSIE, du n°49 ]

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Photo : uzest.org 

Malpoly-instrumentiste (piano, batterie, accordéon, vibraphone, casseroles…), musicien blanc pas clair, à soixante ans et des poussières, Bernard Lubat est l’un des jazzmen français les plus conséquents et le seul ou peu s’en faut, à scatter en jazzcon (il pratique le néologisme musical et poétique comme d’autres respirent). D’Uzeste (1945) à… Uzeste (aujourd’hui et demain), difficile de résumer en quelques lignes son parcours musical et poïélitique.  À cinq ans, il joue dans l’orchestre de bal de son père, un autodidacte qui veut pour son fils une formation "savante ". Au conservatoire, donc (Bordeaux puis Paris, Premier prix de percussion en 1963). Mais c’est le batteur noir américain Kenny Clarke qui l’initie au jazz au Blue Note à Paris, et lui apprend aussi à ne pas avoir honte de ses racines gasconnes et rurales. Engagé à dix-neuf ans dans l’orchestre de Jef Gilson, il enregistre avec le groupe mythique des Double six, rencontre Portal, Texier, Chautemps, Jenny-Clark, Drouet et le free jazz. Parallèlement, il s’implique dans la création contemporaine, joue Varèse, Bartok, Xenakis, participe à la création de Chemin2  de Luciano Berio à la Scala de Milan et à l’enregistrement de Laborintus. Batteur hors pair (avec Stan Getz et Nougaro), il a aussi été longtemps un "requin de studio" enregistrant tout et n’importe quoi. Activité hautement lucrative mais qui confine à l’overdose standardisée. En 1975, il crée la compagnie Lubat et inaugure toutes provocations dehors le théâtre Mouffetard en un « désordre volontariste indescriptible », cassant les esthétiques musicales, perceuses et marteaux sur scène : de son propre aveu il était « exécrable… mais après quelques années j’ai réalisé que je ne devais pas être poseur de bombes mais plutôt résolument poseur de problèmes ». Il invente en 1978 le festival d’Uzeste musical et balance le free jazz à la campagne… « Synthèse vivante de Lacan et Coluche » (dixit Francis Marmande), musicien à plein et à contretemps, Lubat est tombé tout petit dans le chaudron du rondeau et du jazz et n’a cessé depuis de pratiquer la mixité sur scène (blanc-noir, jeunes-vieux, traditionnel-contemporain, rythmique-atonal et tutti quanti). Il nous semblait un bon interlocuteur pour parler de transmission et de pratique musicale pour ou avec des enfants, lui qui les fait monter sur scène régulièrement et affirme sans rire dans ses spectacles : « Moi aussi, quand je serai grand, je serai un enfant ». Pour commencer, nous lui montrons quelques exemplaires de Citrouille. Il remarque celui sur le sport…

Bernard Lubat : C’est magnifique ça… Petit, j’étais fou de foot, j’ai beaucoup plus travaillé le foot que la musique !

Corinne Chiaradia : Alors mon fils deviendra peut-être musicien ?

BL : Ça a un rapport, c’est le jeu, le jeu avec un objet qu’on envoie et qu’on reçoit et que l’on manipule. Là c’est une balle, la musique c’est du son, on reçoit, on envoie, on manipule …

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Accueil - 28 novembre 2007

Sommaire du n°48

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- Nous, librairies Spécialisées Jeunesse. Nouvelle adhérente, comme à Saint-Dizier, ou pionnières, comme à Paris 14e et en Avignon, les librairies de l'ALSJ offrent à tous des lieux de conseil et de partage. Par la Librairie Larcelet, les librairies L'Eau Vive et L'Herbe Rouge.

- Le rendez-vous de Simon Roguet : L'oeil interdit (La Brigade de l'oeil, de Guillaume Guéraud). D'un clic d'appareil photographique, voici un autre regard sur des ouvrages que Simon Roguet a particulièrement appréciés. Photos de Simon Roguet, librairie M'Lire. 

- Envols d'enfances. Créer pour témoigner d'une souffrance, afin que l'enfant crée et témoigne à son tour de la sienne, pour s'en détacher. C'est le projet de Cendrine Genin, soutenu par de nombreux créateurs, par Gallimard et par l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse.

- Un quotidien plus prosaïque. Les chroniques de Madeline Roth réunies dans le n°47 étaient-elles par trop idylliques ? Ou visaient-elles aussi à permettre au librairie abattu de se ressourcer ?… Par Leslie Vega, librairie Rêv'En Pages.

- Le rendez-vous d'Olivier Anselm : Pourquoi j'aime, tu aimes, ils aiment Naruto. Lorsqu'un volume de la série Naruto paraît en France,  il est très souvent la première semaine en tête de toutes les ventes de livres, tous genres confondus… Continent Manga, proposé par Olivier Anselm, librairie Voyelles

DOSSIER : D'UNE LANGUE À L'AUTRE

- Objectif Comenius. L’édition bilingue latin-allemand de l'Orbis sensualium pictus de Comenius parut pour les enfants en 1648. L'ouvrage fut alors très vite décliné à travers l'Europe en versions française, anglaise, italienne… Un best-seller de la traduction ! Par Claude André, librairie L'Autre Rive

- En français dans le texte. Philippe Couderc traduit le suédois en français. Alice Marchand est la principale traductrice de Peter Sís en France. Ils ont bien voulu nous éclairer sur leur métier. Propos recueillis par Laurence Tutello, librairie Le Chat Pitre

- «Mes mots sont aussi les tiens». Tobie Lolness, le roman de Timothée de Fombelle, a remporté un vif succès en Italie. La traduction de Maria Bastanzetti n'y est pas étrangère. Ecoutons-la… en français ! Un témoignage recueilli par Laurence Tutello, librairie Le Chat Pitre.

- Voyage outre-Rhin. «C’est le métier de la traduction, c'est le mien…».  Récit par Birgit Leib du voyage d’un livre français en Allemagne. Un témoignage recueilli par Madeline Roth, librairie L'Eau Vive. (Interview de Daniel Cunin : ici)

- Perle du ciel. Hélène Chan-ok Charbonnier est une éditrice française aux origines coréennes. Elle raconte ici son projet éditorial et s'entretient pour nous avec Yoojung Choi, traductrice coréenne de livres jeunesse français. Propos recueillis par Simon Roguet, librairie M'Lire. (Complément d'article sur le blog : ici)

- L'espéranto : une chance pour les langues et la littérature ? L'adoption par l'UE de l'esperanto comme langue véhiculaire serait certainement la chance de voir émerger des écrivains de langues minoritaires, en littérature générale aussi bien qu’en littérature jeunesse - Par Thomas Savary, librairie Voyelles (Complément d'article sur le blog : ici- traduction du Petit Chaperon Rouge en espéranto : ici)

- Ô Belgique, ô mère chérie… L'actualité se fait régulièrement l'écho des relations parfois difficiles entre les deux régions belges, flamande et wallonne. Qu'en est-il de la collaboration de leurs auteurs et illustrateurs jeunesse respectifs ? Par Muriel Limbosch, libraire jeunesse

- Une histoire d'amour étrange. Pour Citrouille, Susie Morgenstern a bien voulu préciser son témoignage publié par Les Documents de la SGDL. Un entretien mené par Ariane Tapinos, librairie Comptines. (Complément d'article sur le blog : ici)

- «Tout de même, ils ne parlaient pas comme ça !». Traduire, ce peut être aussi le véritable casse-tête de la traduction du français d'autrefois en français d'aujourd'hui… Evelyne Brisou-Pellen l'explique ici à son amie Carole Torrent. (Complément d'article sur le blog : ici)

- Mon héros s'appelle Moomin. En France Moumine existait en version roman chez Nathan. Mais voilà que débarque Moomin, version strips, au Lézard Noir. La Moomin-mania va-t-elle s'emparer de l'Hexagone ? Par Delphine Beccaria et Fabien Nury, librairie La Sardine à Lire (blog Moomin : ici)

- Vente de droits. Célia Vila est agent free-lance et représente à l'étranger les droits des catalogues des éditions de l'Atelier du Poisson Soluble et de Quiquandquoi. Elle nous explique en quoi consiste son activité. Une interview proposée par Anne Helman, librairie Chat Perché

- Le rendez-vous de Maïté Hugeny : La vie intérieure de la petite fille d'ailleurs. A l'occasion de leur passage à Chaumont, les auteurs de littérature adulte se souviennent de leurs lectures d'enfance, ou parlent des livres de leurs enfants.  Aujourd'hui :  Françoise Henry. Interviews réalisées par Maïté Hugueny, librairie Apostrophe.

- Le rendez-vous de Leslie Vega : Barlo… ou la chance de la connaître. A Limoges, une librairie dresse le portrait de ceux qui franchissent - ou pas - le pas de sa porte. Pour inaugurer ce rendez-vous, voici Barlo, la cliente devenue amie. Portraits proposés par Leslie Vega, librairie Rêv'En pages.

- Le rendez-vous de Madeline Roth : Cambriolage d'imaginaire. «J'ai une vie où les mots lus, écrits, prennent autant de place que les choses dites ou reçues. Je sais ça depuis longtemps. Qu'il faut exister dans l'instant. Qu'il faut avancer comme ça, à petits pas, une jambe après l'autre, un livre après l'autre.». Extraits des chroniques de Madeline Roth, librairie L'Eau Vive.

- Le rendez-vous de Claude André : Laisser pisser. «Continuons à chercher, dans le foisonnement des parutions romanesques pour la jeunesse, les textes forts qu’on pourra conseiller aux jeunes lecteurs. Ne nous laissons pas abuser par ces arguments que l’on nous impose à grand renfort de discours médiatiques, comme on jette de la poudre aux yeux…». Extraits des chroniques de Claude André, librairie L'Autre Rive.

« Tout de même, ils ne parlaient pas comme ça ! »

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[Intégralité de l'interview p.49 du n°48]

Traduire, ce peut être aussi le véritable casse-tête de la traduction du français d'autrefois en français d'aujourd'hui… Evelyne Brisou-Pellen l'explique ici à son amie Carole Torrent.

8b90117a2c66a591a1d1b65a4a5c759a.jpg- Qu'est-ce qui est le plus difficile, quand on entreprend l'écriture d'un roman historique ? 

- Depuis une trentaine d'années que j'en écris, j'ai été confrontée aux mille difficultés de ce genre d'exercice. Et les pires ne sont pas, comme on le croit, celles de la vérité historique, mais celles de l'écriture.

- Il y a un problème d'écriture spécifique au roman historique ?

- Un problème épineux. En effet, on raconte une histoire du passé à un lecteur du présent. Un code tacite de bonne conduite veut qu'on parle dans les romans historiques un langage de type "ancien".  Trente ans que je me bats avec moi-même sur le sujet : «Un langage ancien… Raconter une histoire qui se passe au XIIème siècle en langage du XIIème siècle ? Du genre… Et disoient qu'onques mes hon n'uere eschapez, que ils seüssent.» «Ah non ! On ne comprendrait rien. Il faudrait traduire en langage plus clair. Disons… XIXème.» «Donc faire parler la langue du XIXème à des gens du XIIème…» «Oui, ça fait un peu vieillot, c'est parfait.» «Parce que les gens du XIIème parlaient un langage "vieillot" ?» «Oui… Enfin non, pas vieillot pour eux. Eux avaient sans doute l'impression d'être modernes. » «Pourquoi, dans ce cas, ne pas respecter ce qu'ils disaient en traduisant en langage moderne ?» etc.

- J'ai l'impression que c'est devenu crucial pour toi dans La tribu de Celtill, qui se passe aux temps gallo-romains.

- C'est devenu crucial parce que mon héros a douze ans, que c'est lui qui raconte, donc à la première personne, et en gaulois, une langue dont on ignore tout. Voilà qui m'a renvoyé le problème en pleine face.

- Qu'on ne sache rien de cette langue t'a amenée à te reposer des questions ?

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L’espéranto : une chance pour les langues et la littérature ?

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[Intégralité de l'article p.37 du n°48]

83620872cccc59a55093ab96c66fa14b.jpgL’espéranto, ce projet d’une langue internationale simple et accessible à tous ? Une belle idée, certes, mais bien utopique au fond, surtout à l’heure de l’anglais triomphant. C’est ce que comme tout le monde j’avais entendu dire, c’est ce que je pensais moi-même avant de commencer à m’intéresser de plus près à cette langue. L’espéranto commençait à stagner vers la fin du XXe siècle ? Le développement d’Internet lui donne aujourd’hui une meilleure visibilité et un nouvel élan.
Avant d’aborder les sujets de la traduction et de la littérature jeunesse en espéranto, une présentation de cette langue et de ses origines ne sera probablement pas superflue. 

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Ruĝa Kufeto - Le Petit Chaperon Rouge en espéranto

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[Complément de l'article p.37 du n°48]

Ruĝa Kufeto : Le Petit Chaperon rouge, traduction en espéranto de Thomas Savary (librairie Voyelles), révisée par Henri Masson (septembre 2007). Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre (http://www.artlibre.org).
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Cliquez sur l'image de Gustave Doré pour lire l'intégralité du conte en version bilingue français / espéranto - En annexe, vous trouverez une liste de ressources relatives à Zamenhof et à l’espéranto.

C'est curieux comme nous nous ressemblons…


[Intégralité de l'interview  p.36 du n°48]

En Corée, Yoonjung Choi a traduit de nombreux ouvrages français. L'éditrice Hélène Chan-ok Charbonnier a accepté de l'interviewer pour Citrouille.

80faaa9022232b5eef33104f0b975388.jpg-Vous traduisez des œuvres françaises vers le coréen, et notamment des albums de jeunesse. Parlez-nous de votre expérience… Quels auteurs de jeunesse français avez-vous déjà traduit ?

-J’ai commencé la traduction avec Le livre à venir de Maurice Blanchot en 1989. Depuis, après Georges Bataille, Philippe Sollers et quelques écrivains pour adultes, je suis arrivée aux œuvres pour la jeunesse. C’est venu tout naturellement avec mes deux enfants. Jusqu’à maintenant j’ai traduit une centaine de livres pour enfants. Pour vous citer quelques auteurs :  Daniel Pennac, Susie Morgenstern, Thierry Lenain, Genevieve Brisac, Yak Rivais, Grégoire Solotareff, Danièle Fossette, Claude Boujon, Yvan Pommaux, Chis Donner, Anaïs Vaugelade…

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Daniel Cunin, traducteur de littérature néerlandaise

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[Intégralité de l'interview p.25 du n°48]

c3ade229f25844382fc5a7f7dd668246.jpgAprès des études de droit, Daniel Cunin a quitté la France pour la Hollande où il a vécu de nombreuses années. C'est donc un peu tardivement qu'il a appris la langue néerlandaise, par curiosité pour ce pays si mal connu. Ses premières traductions datent, elles, d’un peu moins de quinze ans : des articles dans des revues, des documents d’entreprise, des travaux universitaires, quelques nouvelles… Mais après le Salon du Livre de Paris de 2003, où la Flandre et les Pays-Bas étaient les invités d’honneur, beaucoup d’éditeurs se sont intéressés à la littérature de langue néerlandaise, et Daniel Cunin travaille beaucoup aujourd’hui pour les éditions du Rouergue, pour lesquelles il traduit albums et romans de la collection doAdo.

- Quel est le premier livre jeunesse que vous ayez traduit ? 
- C’est Amourons-nous, de Geert De Kockere, publié en 2003. Avant ce livre Les éditions du Rouergue, me semble-t-il, n’avaient pas fait paraître la moindre traduction. Leur ligne éditoriale consistait très clairement à mettre en avant de jeunes créateurs français. Mais ils ont aimé les illustrations de Sabien Clement, et décidé de faire traduire cet album. Le coup de cœur pour les illustrations commande souvent le choix des éditeurs, surtout quand ils n’ont pas accès au texte original.

- Ce texte présentait-il des difficultés de traductions particulières ?
-Le texte d’Amourons-nous est constitué de petits poèmes qui reposent sur des tas d’allitérations, de jeux de mots sur la langue, le corps, la sensualité. Dans un tel cas, le traducteur risque fort de tomber dans le cliché ou la poésie de quat’sous. On est en présence d’une tradition littéraire très différente de la nôtre, dans laquelle par exemple la rime n’a pas été bannie de la poésie, et d’une culture où les poèmes que nous qualifierions de mièvres occupent une, disons, certaine place. Aussi cette réécriture n’a-t-elle pu se faire sans modifier bon nombre de choses – raison pour laquelle la mention indiquée dans le livre est "adapté du néerlandais" et non pas "traduit du néerlandais", mais en tenant compte des illustrations, voire en se laissant guider par elles.  Quant au titre néerlandais, Jij Lievert, c’est une tournure basée sur d'autres existantes, mais qui n’existe pas elle-même ; elle est grammaticalement impossible. Aussi a-t-il fallu imaginer pour le titre français un mot qui n’existait pas non plus. Et qui soit bien entendu dans le registre de la tendresse.

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