(LES 25 DERNIERS ARTICLES DANS CETTE RUBRIQUE)

07 juillet 2010

Au travail ! (le n°56 de Citrouille est disponible dans les Librairies Sorcières)

Capture d’écran 2010-07-07 à 11.41.43.png
Couverture : Clémence Pollet
Bibliographie de l'article "La Ronde des métiers", page 21 : cliquez sur SUITE

Lire la suite

03 décembre 2009

Une BD anonyme de Davide Cali

RaccontiBrevi.jpg

1 .- Ecrire… Tu écris toujours ?

- Pfft, écrire ? Tu te souviens de mon roman ? Trop long ! Personne en voulait  …

2.- Beh, tu pouvais l’abréger …

- C’est ce que j’ai fait. Tu sais ce qu’ils m’ont dit ? Vous n’auriez rien de minimaliste ?

3. –Ah oui. Maintenant c’est la mode.

- Alors j’ai écrit 300 nouvelles de 10 lignes.

4.- Et quand est-ce que tu les publies ?

- Jamais ! Parce que maintenant tout le monde écrit des nouvelles minimalistes ! Dorénavant j’écrirai seulement des lettres anonymes !

Texte et images de Davide Cali - paru dans le n°54 de Citrouille (traduction Silvia Galli)

20 novembre 2009

Marie-Louise Gay, princesse québécoise

Capture d’écran 2009-11-16 à 15.46.37.jpg[Jusqu'au 30 novembre, le blog de Citrouille publie des articles en rapport avec son numéro 54  (couverture : Davide Cali), disponible sur le stand de l'ALSJ du salon de Montreuil (C 02, 1er étage)]

Deuxième partie de l'interview de Marie-Louise Gay, dont vous pourrez lire le début dans le n°54 de Citrouille (par Alice Liénard, librairie Monet)

[…] La reconnaissance de soi, et de l'autre, passe par la différence, cela permet aussi de faire des liens.
Oui, et de pouvoir reconnaître des émotions comme la tristesse, la gêne, l'ignorance. Sacha parfois pose des questions et les enfants rient. Ils trouvent drôle qu'il pose de telles questions. Mais au même moment, reconnaissent qu'ils auraient parfois eu envie de poser les mêmes questions. Lorsque je leur lis les albums, je pose la question (de Sacha) et j'attends la réponse. Par exemple avec la question «d'où viennent les étoiles de mer?», un va me dire «bah, de la mer!», et là je continue «mais non, dit Stella, elles viennent du ciel, ce sont des étoiles qui sont tombées en amour avec la mer». Les enfants rigolent. Certains disent «impossible!» et encore d'autres restent silencieux, étonnés, rêveurs. Les enfants sont toujours dans le questionnement mais aussi dans l'ouverture vis-à-vis des réponses.

12.jpgVous parliez de la Chine, vous êtes traduite en Chinois. Qu'est-ce que cela vous fait?
Je suis traduite dans plus de vingt langues. Petit à petit, mes livres ont été traduits et au fil des ans j'ai rencontré des enfants qui parlent ces langues différentes. Cela me touche tellement de voir que ces livres parlent à tous ces enfants de langues, de cultures, de traditions différentes. C'est un cadeau incroyable! J'ai lu mes livres en Chine avec une interprète devant une centaine d'enfants de sept/huit ans. L'interprète a suivi mon intonation, mon rythme et lorsque je lisais, les enfants ne la regardaient pas, ils me regardaient car je donnais le ton et je m'adressais à eux. C'était fabuleux, ils riaient, ils étaient étonnés et éberlués. Tout comme les enfants de Rimouski, Thunder Bay ou Vancouver. Il semble qu'il y ait quelque chose d'universel dans mes livres qui les touche. Je reviens toujours au même mot: l'émotion. L'enfant s'identifie avec les préoccupations, les questionnements, les hésitations, les joies et la détresse des protagonistes de l'histoire quelle que soit la langue qu'ils parlent.

Lire la suite

16 novembre 2009

Nous avons beaucoup d’albums pour les enfants chez moi, mais aucun ne traite de la chute du mur (Léna, 20 ans, Allemande)

Capture d’écran 2009-11-16 à 15.46.37.jpgJusqu'au 30 novembre, le blog de Citrouille publie des articles en rapport avec son numéro 54  (couverture : Davide Cali), disponible sur le stand de l'ALS du salon de Montreuil (C 02, 1er étage)

Complément de l'article et de la biblio MUR DE BERLIN, p.49 et 50 de Citrouille 54, et sur le blog de Comptines.

Léna est allemande, elle aura vingt ans en décembre prochain. Elle est née quelques semaines après la chute du mur de Berlin. Elle est de cette génération, toute neuve, qui n’a jamais connu la RDA, la partition de l’Allemagne et de Berlin, les grandes heures du communisme d’Etat...

DSCN2156.JPG- Léna que représente pour toi le mur de Berlin, et sa chute dont nous célébrons cette année le vingtième anniversaire ?

- C’est bien sûr la séparation des familles, des couples, des amis, des vies bouleversées et devenues totalement différentes. J’ai l’impression que le mur c’est un petit peu comme une revanche, imposée par l’URSS à l’Allemagne, pour la seconde guerre mondiale. J’habite loin de Berlin et je suis née après la chute du mur alors je crois que je ne peux pas du tout m’imaginer la peur des gens qui voulaient s’enfuir et la peur de la STASI. Ils n’avaient pas la liberté de penser et devaient se méfier de ce qu’ils disaient. Le mur, c’est un symbole de la différence entre l’Est et l’autre partie de l’Allemagne, entre deux systèmes. Je dois avouer que je ne sais presque rien de la RDA. On nous parle de la seconde guerre mondiale mais très peu des années qui ont suivies. On ne parle de la RDA que quelques heures en fin d’année. J’ai interrogé mon frère qui a 27 ans et qui habite à Berlin et il ma dit que lui aussi on lui a très peu parlé de la RDA. Il y a beaucoup de films sur la RDA mais toujours avec beaucoup de clichés et avec une certaine nostalgie. Il y a peu de films,  comme La vie des autres, qui parlent de l’absence de libertés en RDA et de la peur.

- Est-ce qu’on parle de cette période de l’histoire allemande et de la division de l’Allemagne, dans les livres que tu as lu quand tu étais enfant ?

- Non (franc et massif). J’ai une petite soeur qui a sept ans, et nous avons beaucoup d’albums pour les enfants chez moi, mais aucun ne traite de la chute du mur. Peut-être est-ce que c’est différent dans les régions de l’ancienne Allemagne de l’est. Il y a vraiment beaucoup de livres qui traitent de la seconde guerre mondiale et qui essaient d’expliquer aux jeunes comment le nazisme a été possible et comment une population peu être entraînée dans le fascisme. Il y a un livre pour les adolescents qui s’appelle Die Welle (La vague) qui a eu beaucoup de succès, qui raconte l’expérience menée par un professeur pour démontrer comment un groupe, d’abord composé de ses élèves, puis au-delà, peut suivre la voie du fascisme. C’est toujours autour de la seconde guerre mondiale et pas sur les deux Allemagnes. Alors, je suis étonnée de voir les livres qui existent en France sur ce sujet.

Propos recueillis par Ariane Tapinos

17 juin 2009

Dossier EXILS : complément bibliographique

Image 1.jpg

Le dossier du numéro 53 de la revue Citrouille est consacré au thème des EXILS. Pour celles et ceux qui voudraient approfondir la question, ou trouver simplement de bonnes idées de lectures, voici une bibliographie – subjective et partielle, forcément! – qui propose un parcours de la planète des exils en 90 titres.

• Bibliographie et critiques d'ALBUMS : c'est ici

• Bibliographie et critiques de ROMANS : c'est ici

• Bibliographie et critiques de DOCUMENTAIRES, POÉSIE, BD… : c'est ici

27 mars 2009

Making of complet de Lizbeth (Citrouille n°52, p. 53)

Lizbeth-16.jpg

04 décembre 2008

Le piano rouge, croquis de Barroux (voir Citrouille 51, p. 26)

mao 1.jpg mao 6.jpg mao3.jpg mao4.jpg

simon.jpg
Photo : Simon Roguet

26 novembre 2008

Dans le carnet de croquis de Nathalie Novi

petite-sirene.jpg
(photo : Simon Roguet)

Voir page 27 du n°51 de Citrouille

Dans le carnet d'esquisses de Frédéric Stehr

tribu.jpg
(photo : Simon Roguet)

Voir page 20 du n°51 de Citrouille

 

Dans l'atelier de Tosca


(Photos : Lorraine Pellegrini)

petit-carreau.jpg
(photo : Simon Roguet)

Voir page 30 du n°51 de CITROUILLE

Dossier expo PETIT CARREAU : tosca_expo.pdf
Tarif de l'expo : Tarif.pdf

Intégralité de l'interview d'Anne Percin paru dans le n°51

Anne-percin.jpg

Dans Point de côté, premier roman d’Anne Percin, la musique joue un rôle essentiel en contribuant à sauver le personnage de Pierre, qui renonce peu à peu à son projet suicidaire. Enfant, il a subi des cours de piano. Adolescent, il est saisi par la musique symphonique qu’il découvre. De son propre chef, il va entreprendre l’apprentissage du violon. Pour la première fois, il s’inscrit à un cours au lieu d’y être inscrit : probablement sans le savoir encore, il a déjà commencé à reprendre sa vie en main. La rencontre de Raphaël Malher, pianiste amateur mais doué, photographe professionnel, lui donne bientôt une nouvelle raison de vivre. Pierre s’éprend de Raphaël et à la fin du roman part le rejoindre à Paris, laissant derrière lui un foyer familial mortifère.

Thomas Savary (librairie Voyelles) : Anne Percin, sur votre blog, vous présentez la « B. O. » de Point de côté : The Smiths, The Durutti Column, Tindersticks, Herman Dune, Interpol, The Prodigy, The Smashing Pumpkins, Depeche Mode, Satie… Hormis les Smiths, aucun de ces noms n’apparaît pourtant dans le roman qui mentionne quant à lui les musiques dites « de jeunes » (Skyrock-NRJ), les musiques tziganes, les compositeurs tchèques, les concertos andalous, les romantiques allemands (Beethoven, Mendelssohn) et Gustav Mahler, dans une belle évocation de la symphonie n°5. J’en déduis que la liste du blog correspond à des musiques qui vous ont accompagnée au cours du travail sur votre roman. Quelle place occupe chez vous la musique durant le processus d’écriture ?

Anne Percin : J’ai besoin de musique à chaque fois que j’écris. Elle est présente, tantôt pendant l’écriture elle-même, tantôt au tout début, lorsque je n’en suis qu’à une vague idée (que parfois la musique elle-même a fait naître : une chanson + un voyage en train, et hop ! j’ai un roman en tête). Pour me souvenir de ce que je veux exprimer dans un roman (au-delà de l’histoire, qu’on peut résumer en deux lignes), il me suffit de ré-entendre cette musique. D’où la playlist, que je réécoute pour me remettre dans l’ambiance, pour avoir le ton juste. Pour écrire, je mets un « fond sonore » sur mon ordinateur, qui correspond au livre que je suis en train d’écrire (je n’écris pas à la main, sauf les dialogues et quelques notes). J’écoute cette playlist au début, quand je reprends le travail, et puis j’arrête au bout de quelques paragraphes, parce que je risque d’être trop influencée par la musique. Ou bien, j’écoute cette B.O. pendant un moment difficile, où j’ai besoin de soutien – parce que je sens que l’écriture flanche, que ce n’est pas « juste », que le sentiment est en train de se diluer, de se perdre. La musique me remet dans les rails, me rappelle ce que je me suis promis avant de commencer le roman. Elle m’oblige à être fidèle à mes intentions, à mes sentiments.

Lire la suite

18 juin 2008

L'âge de mes lecteurs ? Je m'en fous.

[Intégralité de l'article paru en extrait dans le n°50 de la revue]

979719226.jpgRarement la rédaction d’un article pour Citrouille m’aura autant épuisée. L’idée de départ était simplement de revenir un peu plus longuement sur quelques collections de livres pour adolescents. En mai 2007 paraissait sur le blog de Citrouille un article qui présentait quelques-unes de ces nouvelles collections : Babel J et D’Une seule voix (Actes Sud), Exprim’(Sarbacane), doAdo Noir et doAdo Monde (Le Rouergue), PhotoRoman et Nouvelles (Thierry Magnier). Un an plus tard, un article du Monde des Livres du vendredi 30 novembre ("Un âge vraiment pas tendre - Mal-être, suicide, maladie, viol... Pourquoi les livres destinés aux adolescents sont-ils si noirs ?) est passé par là, et a énervé un certain nombre d’auteurs, d’éditeurs, de lecteurs, de monsieur tout le monde, et de libraires. Beaucoup de choses ont été échangées à ce moment-là, sur lesquelles je ne reviendrai pas. J’avais juste envie (au départ, donc !), un an après l’arrivée de ces nouvelles collections, de dire à nouveau l’importance de certains textes, et surtout, de donner la parole à quatre voix d’auteurs que j’aime, quatre voix qui me touchent : celles de Sébastien Joanniez, Jean-Paul Nozière, Catherine Leblanc et Fabrice Vigne.  Sauf… Sauf que les entretiens que m’ont alors accordés ces auteurs commençaient par la même colère, ou la même amertume. Marre d’entendre que la littérature pour ados est trop noire. Marre de dire que ces livres ne sont pas pour les ados.

Lire la suite

21 mars 2008

L'Idée Bleue (ex Dé Bleu)

[Complément du dossier Musique-Poésie, Citrouille n°49]

930428489.jpg

1974. Chaillé-sous-les-Ormeaux, Vendée.

Machine à écrire, duplicateur à encre, sérigraphie. Des opuscules pas chers, format enveloppe. L’aventure éditoriale du Dé bleu commence, proposant des poèmes d’auteurs complètement inconnus alors. (Louis Dubost aime à rappeler qu’il a été, en 1978, le premier éditeur de Charles Juliet).

Parmi les "voix nouvelles" avec lesquelles Louis Dubost constitue son catalogue, Jean-Damien Chéné avait écrit des comptines pour ses enfants. Ce sera Le facteur déménage, premier recueil "pour enfants" né au Dé bleu. Viendra La petite feuille aux yeux bleus de Luce Guilbaud, puis, chaque année un petit livre d’auteurs amis, sur des papiers de couleur…

1994. Chaillé-sous-les-Ormeaux. Vendée.

Unité de format, de prix, de papier, illustrations en quadrichromie : Le Dé bleu crée Le Farfadet bleu, une collection « pour enfants à partir de 5 ans et jusqu’à plus que centenaires » puisque, comme le dit Louis Dubost  « la poésie existe ou n’existe pas. Si elle existe, elle s’adresse à tous : son approche et sa compréhension sont affaire de niveau lexical ».

C’est pourquoi vous ne fréquenterez ici que des poètes « inventeurs de langue », -loin de ceux qui fabriquent des textes pour un public ciblé-, des illustrateurs dont l’encre et les couleurs jouent avec les thèmes, ponctuent et répondent aux textes, sans jamais rien imposer.

En 2007 est paru Tu me libellules, une petite anthologie de fragments de textes qui évoquent cet insecte, accompagnés des illustrations toute en finesse d’Olivier Mazoué.

La collection compte aujourd’hui 45 titres auxquels viendra s’ajouter dans l’année Mange-matin de Valérie Rouzeau.

Sans hésiter, laissez aller votre curiosité

Brigitte Prouteau, pour la librairie Voyelle

19 mars 2008

Drôles d'oiseaux (intégralité de l'interview publié en extrait dans Citrouile n°49)

939093591.jpg
Photo : Simon Roguet

En 2006, nous avions eu le grand plaisir de découvrir cet étonnant album Drôles d'oiseaux, aux pages pleines de poètes, de poèmes, de mélodies subtiles, de voix claires d’enfants, de dessins colorés. C'est grâce à l’immense talent de Thibault Maillé et de ses petits interprètes que les poèmes s’envolent et deviennent musique. Les textes de Pessoa, Queneau, de Desnos, de leurs consœurs et confrères deviennent chansons, mais sans que jamais la musique ne fasse d’ombre à leurs mots. Il n’y a, dans ces poèmes à chanter, aucun irrespect pour leurs prestigieux créateurs, mais un magnifique hommage : leur poésie ainsi portée semble s’échapper des pages pour rencontrer les auditeurs soudain attentifs. Autre merveilleuse surprise, les 19 poèmes à lire qui complètent subtilement les 17 poèmes à chanter et qui ouvrent le lecteur à des auteurs contemporains souvent absents des publications destinées à la jeunesse.  Ce numéro de Citrouille nous a donné le plaisir de replonger dans ce beau livre, d'en feuilleter à nouveau les pages superbement illustrées par Martin Jarrie et de réécouter la musique de Thibault et ces voix d'enfants qui, se mêlant aux textes donnent à rêver et à penser. A cette occasion, nous avons soumis Alain Boudet et Thibault Maillé aux questions de la néophyte enthousiaste. C'est avec beaucoup de gentillesse et de sérieux qu'ils se sont prêtés tous deux au jeu de l'entretien. 

- La première question qui s'impose est celle de la genèse. D'où vous est venue l'idée d'un tel album ? Aviez-vous travaillé ensemble avant ? C'est la question classique de l'œuf et la poule... 

- Alain Boudet : C'est Michèle Moreau qui a pris contact avec moi. Elle avait entendu parler de mon travail de médiation de la poésie en direction de publics divers, scolaires notamment, par Jean-Pierre Siméon. Par goût (j'écris depuis quarante ans), passion (je n'écris pas tous les jours mais je peux dire qu'il y a peu de jours où je ne lis pas de poésie), fonction (je suis enseignant de lettres de formation, documentaliste depuis 25 ans, coordonnateur académique en poésie, lecture, écriture dans l'académie de Nantes depuis six ans) je m'intéresse à la manière dont les poèmes peuvent rencontrer leurs publics. En 1981, j'ai écrit une œuvre poétique qui a été mise en musique par le compositeur Etienne Daniel. Cette œuvre a fait le tour du monde. C'est là que j'ai commencé à considérer avec intérêt la complémentarité des univers de la poésie et de la musique. J'ai depuis écrit d'autres œuvres du même type. L'idée de travailler avec Thibault Maillé, connaissant sa démarche et le défi que constitue l'accompagnement musical de la poésie, m'a séduit. 

Lire la suite

18 mars 2008

Complément du dossier Musique du n°49

82417873.jpgEn complément numéro 49 de Citrouille :

- La conférence de Jean-Pierre Siméon citée dans l'édito du dossier :simeon.pdf

- La bibliographie Musique préparée par Thomas Savary (librairie Voyelles) et Nathalie Ventax (librairie Comptines) - On trouvera pour chaque titre entre parenthèses l’indication soit du ou des instruments principaux, soit de la formation instrumentale, soit d’autres précisions. :musique.pdf

13 mars 2008

« Laissons pousser les oreilles ! » - entretien avec Bernard Lubat

[ Un entretien mené à la Maison de la Mémoire en Marche par Ariane Tapinos & Corinne Chiaradia (librairie Comptines), dans le cadre du dossier MUSIQUE ET POÉSIE, du n°49 ]

930428489.jpg
Photo : uzest.org 

Malpoly-instrumentiste (piano, batterie, accordéon, vibraphone, casseroles…), musicien blanc pas clair, à soixante ans et des poussières, Bernard Lubat est l’un des jazzmen français les plus conséquents et le seul ou peu s’en faut, à scatter en jazzcon (il pratique le néologisme musical et poétique comme d’autres respirent). D’Uzeste (1945) à… Uzeste (aujourd’hui et demain), difficile de résumer en quelques lignes son parcours musical et poïélitique.  À cinq ans, il joue dans l’orchestre de bal de son père, un autodidacte qui veut pour son fils une formation "savante ". Au conservatoire, donc (Bordeaux puis Paris, Premier prix de percussion en 1963). Mais c’est le batteur noir américain Kenny Clarke qui l’initie au jazz au Blue Note à Paris, et lui apprend aussi à ne pas avoir honte de ses racines gasconnes et rurales. Engagé à dix-neuf ans dans l’orchestre de Jef Gilson, il enregistre avec le groupe mythique des Double six, rencontre Portal, Texier, Chautemps, Jenny-Clark, Drouet et le free jazz. Parallèlement, il s’implique dans la création contemporaine, joue Varèse, Bartok, Xenakis, participe à la création de Chemin2  de Luciano Berio à la Scala de Milan et à l’enregistrement de Laborintus. Batteur hors pair (avec Stan Getz et Nougaro), il a aussi été longtemps un "requin de studio" enregistrant tout et n’importe quoi. Activité hautement lucrative mais qui confine à l’overdose standardisée. En 1975, il crée la compagnie Lubat et inaugure toutes provocations dehors le théâtre Mouffetard en un « désordre volontariste indescriptible », cassant les esthétiques musicales, perceuses et marteaux sur scène : de son propre aveu il était « exécrable… mais après quelques années j’ai réalisé que je ne devais pas être poseur de bombes mais plutôt résolument poseur de problèmes ». Il invente en 1978 le festival d’Uzeste musical et balance le free jazz à la campagne… « Synthèse vivante de Lacan et Coluche » (dixit Francis Marmande), musicien à plein et à contretemps, Lubat est tombé tout petit dans le chaudron du rondeau et du jazz et n’a cessé depuis de pratiquer la mixité sur scène (blanc-noir, jeunes-vieux, traditionnel-contemporain, rythmique-atonal et tutti quanti). Il nous semblait un bon interlocuteur pour parler de transmission et de pratique musicale pour ou avec des enfants, lui qui les fait monter sur scène régulièrement et affirme sans rire dans ses spectacles : « Moi aussi, quand je serai grand, je serai un enfant ». Pour commencer, nous lui montrons quelques exemplaires de Citrouille. Il remarque celui sur le sport…

Bernard Lubat : C’est magnifique ça… Petit, j’étais fou de foot, j’ai beaucoup plus travaillé le foot que la musique !

Corinne Chiaradia : Alors mon fils deviendra peut-être musicien ?

BL : Ça a un rapport, c’est le jeu, le jeu avec un objet qu’on envoie et qu’on reçoit et que l’on manipule. Là c’est une balle, la musique c’est du son, on reçoit, on envoie, on manipule …

Lire la suite

28 novembre 2007

Sommaire du n°48

4dfb20ed10e731f1f1b2a8dcf0f53e4f.jpg

- Nous, librairies Spécialisées Jeunesse. Nouvelle adhérente, comme à Saint-Dizier, ou pionnières, comme à Paris 14e et en Avignon, les librairies de l'ALSJ offrent à tous des lieux de conseil et de partage. Par la Librairie Larcelet, les librairies L'Eau Vive et L'Herbe Rouge.

- Le rendez-vous de Simon Roguet : L'oeil interdit (La Brigade de l'oeil, de Guillaume Guéraud). D'un clic d'appareil photographique, voici un autre regard sur des ouvrages que Simon Roguet a particulièrement appréciés. Photos de Simon Roguet, librairie M'Lire. 

- Envols d'enfances. Créer pour témoigner d'une souffrance, afin que l'enfant crée et témoigne à son tour de la sienne, pour s'en détacher. C'est le projet de Cendrine Genin, soutenu par de nombreux créateurs, par Gallimard et par l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse.

- Un quotidien plus prosaïque. Les chroniques de Madeline Roth réunies dans le n°47 étaient-elles par trop idylliques ? Ou visaient-elles aussi à permettre au librairie abattu de se ressourcer ?… Par Leslie Vega, librairie Rêv'En Pages.

- Le rendez-vous d'Olivier Anselm : Pourquoi j'aime, tu aimes, ils aiment Naruto. Lorsqu'un volume de la série Naruto paraît en France,  il est très souvent la première semaine en tête de toutes les ventes de livres, tous genres confondus… Continent Manga, proposé par Olivier Anselm, librairie Voyelles

DOSSIER : D'UNE LANGUE À L'AUTRE

- Objectif Comenius. L’édition bilingue latin-allemand de l'Orbis sensualium pictus de Comenius parut pour les enfants en 1648. L'ouvrage fut alors très vite décliné à travers l'Europe en versions française, anglaise, italienne… Un best-seller de la traduction ! Par Claude André, librairie L'Autre Rive

- En français dans le texte. Philippe Couderc traduit le suédois en français. Alice Marchand est la principale traductrice de Peter Sís en France. Ils ont bien voulu nous éclairer sur leur métier. Propos recueillis par Laurence Tutello, librairie Le Chat Pitre

- «Mes mots sont aussi les tiens». Tobie Lolness, le roman de Timothée de Fombelle, a remporté un vif succès en Italie. La traduction de Maria Bastanzetti n'y est pas étrangère. Ecoutons-la… en français ! Un témoignage recueilli par Laurence Tutello, librairie Le Chat Pitre.

- Voyage outre-Rhin. «C’est le métier de la traduction, c'est le mien…».  Récit par Birgit Leib du voyage d’un livre français en Allemagne. Un témoignage recueilli par Madeline Roth, librairie L'Eau Vive. (Interview de Daniel Cunin : ici)

- Perle du ciel. Hélène Chan-ok Charbonnier est une éditrice française aux origines coréennes. Elle raconte ici son projet éditorial et s'entretient pour nous avec Yoojung Choi, traductrice coréenne de livres jeunesse français. Propos recueillis par Simon Roguet, librairie M'Lire. (Complément d'article sur le blog : ici)

- L'espéranto : une chance pour les langues et la littérature ? L'adoption par l'UE de l'esperanto comme langue véhiculaire serait certainement la chance de voir émerger des écrivains de langues minoritaires, en littérature générale aussi bien qu’en littérature jeunesse - Par Thomas Savary, librairie Voyelles (Complément d'article sur le blog : ici- traduction du Petit Chaperon Rouge en espéranto : ici)

- Ô Belgique, ô mère chérie… L'actualité se fait régulièrement l'écho des relations parfois difficiles entre les deux régions belges, flamande et wallonne. Qu'en est-il de la collaboration de leurs auteurs et illustrateurs jeunesse respectifs ? Par Muriel Limbosch, libraire jeunesse

- Une histoire d'amour étrange. Pour Citrouille, Susie Morgenstern a bien voulu préciser son témoignage publié par Les Documents de la SGDL. Un entretien mené par Ariane Tapinos, librairie Comptines. (Complément d'article sur le blog : ici)

- «Tout de même, ils ne parlaient pas comme ça !». Traduire, ce peut être aussi le véritable casse-tête de la traduction du français d'autrefois en français d'aujourd'hui… Evelyne Brisou-Pellen l'explique ici à son amie Carole Torrent. (Complément d'article sur le blog : ici)

- Mon héros s'appelle Moomin. En France Moumine existait en version roman chez Nathan. Mais voilà que débarque Moomin, version strips, au Lézard Noir. La Moomin-mania va-t-elle s'emparer de l'Hexagone ? Par Delphine Beccaria et Fabien Nury, librairie La Sardine à Lire (blog Moomin : ici)

- Vente de droits. Célia Vila est agent free-lance et représente à l'étranger les droits des catalogues des éditions de l'Atelier du Poisson Soluble et de Quiquandquoi. Elle nous explique en quoi consiste son activité. Une interview proposée par Anne Helman, librairie Chat Perché

- Le rendez-vous de Maïté Hugeny : La vie intérieure de la petite fille d'ailleurs. A l'occasion de leur passage à Chaumont, les auteurs de littérature adulte se souviennent de leurs lectures d'enfance, ou parlent des livres de leurs enfants.  Aujourd'hui :  Françoise Henry. Interviews réalisées par Maïté Hugueny, librairie Apostrophe.

- Le rendez-vous de Leslie Vega : Barlo… ou la chance de la connaître. A Limoges, une librairie dresse le portrait de ceux qui franchissent - ou pas - le pas de sa porte. Pour inaugurer ce rendez-vous, voici Barlo, la cliente devenue amie. Portraits proposés par Leslie Vega, librairie Rêv'En pages.

- Le rendez-vous de Madeline Roth : Cambriolage d'imaginaire. «J'ai une vie où les mots lus, écrits, prennent autant de place que les choses dites ou reçues. Je sais ça depuis longtemps. Qu'il faut exister dans l'instant. Qu'il faut avancer comme ça, à petits pas, une jambe après l'autre, un livre après l'autre.». Extraits des chroniques de Madeline Roth, librairie L'Eau Vive.

- Le rendez-vous de Claude André : Laisser pisser. «Continuons à chercher, dans le foisonnement des parutions romanesques pour la jeunesse, les textes forts qu’on pourra conseiller aux jeunes lecteurs. Ne nous laissons pas abuser par ces arguments que l’on nous impose à grand renfort de discours médiatiques, comme on jette de la poudre aux yeux…». Extraits des chroniques de Claude André, librairie L'Autre Rive.

« Tout de même, ils ne parlaient pas comme ça ! »

13a0411a2f93a8158fbd53dbbb202181.jpg
[Intégralité de l'interview p.49 du n°48]

Traduire, ce peut être aussi le véritable casse-tête de la traduction du français d'autrefois en français d'aujourd'hui… Evelyne Brisou-Pellen l'explique ici à son amie Carole Torrent.

8b90117a2c66a591a1d1b65a4a5c759a.jpg- Qu'est-ce qui est le plus difficile, quand on entreprend l'écriture d'un roman historique ? 

- Depuis une trentaine d'années que j'en écris, j'ai été confrontée aux mille difficultés de ce genre d'exercice. Et les pires ne sont pas, comme on le croit, celles de la vérité historique, mais celles de l'écriture.

- Il y a un problème d'écriture spécifique au roman historique ?

- Un problème épineux. En effet, on raconte une histoire du passé à un lecteur du présent. Un code tacite de bonne conduite veut qu'on parle dans les romans historiques un langage de type "ancien".  Trente ans que je me bats avec moi-même sur le sujet : «Un langage ancien… Raconter une histoire qui se passe au XIIème siècle en langage du XIIème siècle ? Du genre… Et disoient qu'onques mes hon n'uere eschapez, que ils seüssent.» «Ah non ! On ne comprendrait rien. Il faudrait traduire en langage plus clair. Disons… XIXème.» «Donc faire parler la langue du XIXème à des gens du XIIème…» «Oui, ça fait un peu vieillot, c'est parfait.» «Parce que les gens du XIIème parlaient un langage "vieillot" ?» «Oui… Enfin non, pas vieillot pour eux. Eux avaient sans doute l'impression d'être modernes. » «Pourquoi, dans ce cas, ne pas respecter ce qu'ils disaient en traduisant en langage moderne ?» etc.

- J'ai l'impression que c'est devenu crucial pour toi dans La tribu de Celtill, qui se passe aux temps gallo-romains.

- C'est devenu crucial parce que mon héros a douze ans, que c'est lui qui raconte, donc à la première personne, et en gaulois, une langue dont on ignore tout. Voilà qui m'a renvoyé le problème en pleine face.

- Qu'on ne sache rien de cette langue t'a amenée à te reposer des questions ?

Lire la suite

L’espéranto : une chance pour les langues et la littérature ?

13a0411a2f93a8158fbd53dbbb202181.jpg
[Intégralité de l'article p.37 du n°48]

83620872cccc59a55093ab96c66fa14b.jpgL’espéranto, ce projet d’une langue internationale simple et accessible à tous ? Une belle idée, certes, mais bien utopique au fond, surtout à l’heure de l’anglais triomphant. C’est ce que comme tout le monde j’avais entendu dire, c’est ce que je pensais moi-même avant de commencer à m’intéresser de plus près à cette langue. L’espéranto commençait à stagner vers la fin du XXe siècle ? Le développement d’Internet lui donne aujourd’hui une meilleure visibilité et un nouvel élan.
Avant d’aborder les sujets de la traduction et de la littérature jeunesse en espéranto, une présentation de cette langue et de ses origines ne sera probablement pas superflue. 

Lire la suite de l'article en document pdf : Esperanto2.pdf

Ruĝa Kufeto - Le Petit Chaperon Rouge en espéranto

13a0411a2f93a8158fbd53dbbb202181.jpg
[Complément de l'article p.37 du n°48]

Ruĝa Kufeto : Le Petit Chaperon rouge, traduction en espéranto de Thomas Savary (librairie Voyelles), révisée par Henri Masson (septembre 2007). Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre (http://www.artlibre.org).
0ed8884f0ce8f9ca298c99765056464d.jpg

Cliquez sur l'image de Gustave Doré pour lire l'intégralité du conte en version bilingue français / espéranto - En annexe, vous trouverez une liste de ressources relatives à Zamenhof et à l’espéranto.

C'est curieux comme nous nous ressemblons…


[Intégralité de l'interview  p.36 du n°48]

En Corée, Yoonjung Choi a traduit de nombreux ouvrages français. L'éditrice Hélène Chan-ok Charbonnier a accepté de l'interviewer pour Citrouille.

80faaa9022232b5eef33104f0b975388.jpg-Vous traduisez des œuvres françaises vers le coréen, et notamment des albums de jeunesse. Parlez-nous de votre expérience… Quels auteurs de jeunesse français avez-vous déjà traduit ?

-J’ai commencé la traduction avec Le livre à venir de Maurice Blanchot en 1989. Depuis, après Georges Bataille, Philippe Sollers et quelques écrivains pour adultes, je suis arrivée aux œuvres pour la jeunesse. C’est venu tout naturellement avec mes deux enfants. Jusqu’à maintenant j’ai traduit une centaine de livres pour enfants. Pour vous citer quelques auteurs :  Daniel Pennac, Susie Morgenstern, Thierry Lenain, Genevieve Brisac, Yak Rivais, Grégoire Solotareff, Danièle Fossette, Claude Boujon, Yvan Pommaux, Chis Donner, Anaïs Vaugelade…

Lire la suite

Daniel Cunin, traducteur de littérature néerlandaise

13a0411a2f93a8158fbd53dbbb202181.jpg
[Intégralité de l'interview p.25 du n°48]

c3ade229f25844382fc5a7f7dd668246.jpgAprès des études de droit, Daniel Cunin a quitté la France pour la Hollande où il a vécu de nombreuses années. C'est donc un peu tardivement qu'il a appris la langue néerlandaise, par curiosité pour ce pays si mal connu. Ses premières traductions datent, elles, d’un peu moins de quinze ans : des articles dans des revues, des documents d’entreprise, des travaux universitaires, quelques nouvelles… Mais après le Salon du Livre de Paris de 2003, où la Flandre et les Pays-Bas étaient les invités d’honneur, beaucoup d’éditeurs se sont intéressés à la littérature de langue néerlandaise, et Daniel Cunin travaille beaucoup aujourd’hui pour les éditions du Rouergue, pour lesquelles il traduit albums et romans de la collection doAdo.

- Quel est le premier livre jeunesse que vous ayez traduit ? 
- C’est Amourons-nous, de Geert De Kockere, publié en 2003. Avant ce livre Les éditions du Rouergue, me semble-t-il, n’avaient pas fait paraître la moindre traduction. Leur ligne éditoriale consistait très clairement à mettre en avant de jeunes créateurs français. Mais ils ont aimé les illustrations de Sabien Clement, et décidé de faire traduire cet album. Le coup de cœur pour les illustrations commande souvent le choix des éditeurs, surtout quand ils n’ont pas accès au texte original.

- Ce texte présentait-il des difficultés de traductions particulières ?
-Le texte d’Amourons-nous est constitué de petits poèmes qui reposent sur des tas d’allitérations, de jeux de mots sur la langue, le corps, la sensualité. Dans un tel cas, le traducteur risque fort de tomber dans le cliché ou la poésie de quat’sous. On est en présence d’une tradition littéraire très différente de la nôtre, dans laquelle par exemple la rime n’a pas été bannie de la poésie, et d’une culture où les poèmes que nous qualifierions de mièvres occupent une, disons, certaine place. Aussi cette réécriture n’a-t-elle pu se faire sans modifier bon nombre de choses – raison pour laquelle la mention indiquée dans le livre est "adapté du néerlandais" et non pas "traduit du néerlandais", mais en tenant compte des illustrations, voire en se laissant guider par elles.  Quant au titre néerlandais, Jij Lievert, c’est une tournure basée sur d'autres existantes, mais qui n’existe pas elle-même ; elle est grammaticalement impossible. Aussi a-t-il fallu imaginer pour le titre français un mot qui n’existait pas non plus. Et qui soit bien entendu dans le registre de la tendresse.

Lire la suite

Une histoire d'amour étrange (par Susie Morgenstern)

13a0411a2f93a8158fbd53dbbb202181.jpg
[Complément de l'interview  p.45 du n°48]

Texte de Susie Morgenstern paru dans Les Documents de la SGDL, suite au forum L'écrivain dans l'espace francophone qui s'est tenu  en mars 2006 à l'Hôtel de Massa.

3585017f0200df91d6d5c9e1f0f611ce.jpg J'ai souvent l'impression d'être l'imposteur interlope parmi de "vrais" écrivains français et francophones, mais il n'y a pas de doute pour moi, je suis un écrivain français et peut-être le seul écrivain francophone des Etats-Unis. Le français, c'est mon champ de bataille, mon tourment et mon jardin secret. Je n'ai jamais formellement appris le français, je n'ai toujours pas appris le français, je n'en suis pas fière. Je suis perpétuellement complexée et je vis dans le brouillard linguistique. Je suis souvent paumée comme quand j'ai écrit un livre avec le titre Cucul la Praline qui parlait d'une fille qui, au contraire, était courageuse, qui osait, qui prenant des risques, qui était non-conformiste. Je pensais que tout ça était résumé dans l'expression "cucul la praline". Je viens de l'école américaine où on allait allègrement à l'école pour s'amuser à ne rien apprendre... mais dans la joie ! On n'aurait pas eu l'idée saugrenue d'apprendre des langues puisqu'on parlait déjà très bien l'anglais !

Lire la suite