Accueil - 03 avril 2008

Un quotidien plus prosaïque

pile.jpg[ Dans le n°47 de Citrouille nous avions réuni, sous le titre Seconde peau, plusieurs chroniques de Madeline Roth (librairie L'Eau Vive, en Avignon). Leur lecture a donné à Leslie Véga (libairie Rêv'En Pages, à Limoges) l'envie d'y réagir. Une chronique parue dans le n°48 - cliiquez sur la photo pour l'agrandir dans le blog de Citrouille : L'Oeil de Simon Roguet ]

 J’adore, vraiment j’adore, les chroniques de Madeline. J’ai attendu avec impatience le Citrouille précédent, dans lequel plusieurs étaient réunies. Mais il faut quand même que je vous raconte la véritable histoire des trois petits cochons… - pardon, déformation professionnelle ! - la véritable histoire d’une libraire. Attention, je ne dis pas que les chroniques de Madeline sont pures fictions, pas du tout. Ces moments magiques qu'elle décrit si bien, où on a la certitude absolue d’être exactement à sa place, exactement au bon moment, devant la bonne personne, je les connais aussi - tous les libraires les connaissent. Mais la réalité, c’est qu’ils sont loin d’être notre lot quotidien, ces moments-là. Je voudrais vous raconter - même si, oui, adieu magie…

Lire la suite

Accueil - 26 février 2008

Barlo… ou la chance de la connaître

[ Leslie Vega (Rêv'En Pages, à Limoges), inaugure ici une série de portraits de clients de sa librairie… ]

786305795.jpg

Elle est arrivée avec un petit sac en tulle vert où était écrit : ECRIRE. Il contenait deux livres et un pot de confiture -  «de Noël », a-t-elle précisé, « confiture maison !». Elle a rigolé en ajoutant : « mais ce n’est pas moi qui l’ai faite ! ». Je l’avais appelée la veille pour lui proposer mon projet de portrait dans Citrouille. J’avais été toute étonnée qu’elle soit libre si rapidement.  Elle a un emploi du temps de ministre, "Barlo", elle fait toujours plein de trucs. Avec ses 3 filles, avec son mari, avec ses élèves. Mais bon, c'est que ça devait l'intriguer, cette idée de portrait !

Je savais que c’était risqué de l’inviter à la maison. Et j’avais raison. La première fois, quand elle est repartie à 13h30, elle reprenait à 45 et on n'avait pas abordé le portrait, ça nous a fait rigoler. On avait parlé de tout, sauf de ça. Des bouquins, bien-sûr, mais aussi de projets professionnels et personnels, des enfants, de la famille. De la vie quoi. On s'est donc revues quelques jours plus tard pour travailler sérieusement, en essayant de ne pas s'éparpiller. Croyez-moi, avec Barlo et moi, ce n'est pas facile… 

«Je me souviens quand je suis entrée à Rêv'En Pages pour la première fois. C'était en 2003. Je me souviens avec beaucoup d'émotion de ton accueil, de ta disponibilité et de ta présentation alléchante de romans jeunesse que je ne connaissais absolument pas. J'étais en lycée avant !… Le premier roman que tu m'as présenté et qui m'a donné envie, c'était L'enfant océan, de Mourlevat ». Ca me revient maintenant, à moi aussi. Je la revois débouler la première fois, un peu affolée. Elle sortait d'un congé maternité, elle allait débarquer en plein milieu d'année dans un collège qu'elle ne connaissait pas, dans une ville dont elle ignorait tout. Pourquoi a-t-elle alors eu le "réflexe librairie" ? Un souvenir d'enfance, peut-être ? « C'est sûr, enfant, je lisais ! Et les librairies étaient LE magasin où je pouvais réclamer quelque chose. Ma mère cédait forcément, désireuse de favoriser mon ouverture et mon épanouissement culturels... Mais je crois qu'en réalité - un point commun avec Sartre mais ce n'est pas le plus glorieux !- je lisais surtout pour faire plaisir à mes parents, pour correspondre à l'image qu'ils se faisaient de moi, une petite fille scolaire bien comme il faut… »

Lire la suite

Accueil - 31 janvier 2008

Carnet de salon… (Chronique de Leslie Vega)

892bf26a75513657fdfea67d7f59e214.jpgLe salon du livre de Limoges, c’est notre deuxième gros rendez-vous de l’année, après Noël. La municipalité, qui prend en charge tous les frais, nous donne carte blanche pour inviter trente auteurs et illustrateurs de notre choix, qui feront des rencontres scolaires. Au total, c’est plus de cent soixante rencontres qui seront organisées du vendredi au samedi matin. Un travail titanesque… qui ne nous fait pas peur ! Afin que chacun puisse profiter au mieux de ces venues, plusieurs étapes sont nécessaires. Il faut d'abord s’y prendre dès mai / juin pour lancer les premières invitations. Cela peut paraître tôt, mais certains auteurs et illustrateurs ont des emplois du temps vraiment chargés, et puis nous avons besoin de nos trente réponses positives pour fin octobre ! Pour contacter les auteurs, il y a plusieurs méthodes. La directe, par téléphone ou par mail ; l’indirecte, par attaché de presse. Et là… ça peut vite se compliquer ! Depuis la généralisation d'Internet, chaque coup de fil doit en effet être suivi d’un mail pour répéter ce qui vient d’être dit de vive voix; au bout d’une semaine, il est toutefois conseillé de rappeler s’il n’y a pas eu de réponse, ces mails ayant vite fait de tomber dans l’oubli, si ça n’est dans la poubelle. Vive le progrès !… Moi, ce que je préfère, c’est parler "en vrai" aux auteurs. J’aime ce premier contact avec celui dont on connaît les livres, j’aime le convaincre de venir rencontrer ses lecteurs (les rencontres scolaires sont essentielles, les enfants qui ont échangé avec un auteur ou un illustrateur dans leur classe le suivent pendant des années ; je le vois bien à la librairie). Bon, les invitations effectuées, le plus dur est derrière nous, enfin presque.

Lire la suite

Accueil - 23 décembre 2007

Dure période. Meilleure période. (chronique de Leslie Vega)

ebab46c8d39faed5f13915998c2dab30.gif

On navigue à vue sur des rapides et on oscille sans arrêt entre fous rires, moments de grâce et incompréhension.
-Je cherche un livre épais comme ça et large comme ça, que j’ai vu en vitrine il y a quelques temps.
-Vous vous souvenez du titre ? C’était sur quel thème la vitrine ?
-Ah ben je sais pas !
- ???!
On s’y est tous mis, même les autres clients qui suivent les vitrines de près, et on a trouvé !
 
Ce matin à l’ouverture :
-Vous êtes matinale Mme Van Roiij.
-J’ai une demi-heure devant moi alors j’en profite.
-Ben alors tenez, allez vous assoir sur le canapé et lisez celui-là, vous me direz ce que vous en pensez.
… (temps de lecture)…
-Merci, c’est un joli cadeau que vous m'avez fait pour commencer la journée.
Et elle est repartie le livre sous le bras, en paquet cadeau pour une amie, et un autre exemplaire en commande pour elle.
 
-Bonjour, je voudrais un roman pour une petite fille qui est au CP.
-Alors les premiers romans se trouvent ici, vous avez cette collection ou celle-ci. Je vous conseille ce titre, ou celui là.
-Ah oui… Ça fait pas très épais comme cadeau…
-Euh… Prenez en plusieurs, ça sera plus épais…

Joyeux noël ! 52ef57adc3dc0e40c8657ed21ce25af8.gif

 Leslie Vega, Rêv'En Pages