(LES 25 DERNIERS ARTICLES DANS CETTE RUBRIQUE)

05 juillet 2011

Je voudrais un livre pour un enfant de 534 jours et 12816 heures (dans le rétroviseur de Citrouille, #3, été 2011)

chronometre.jpgPremière publication : 2008

Aujourd’hui, on nous a demandé un livre pour un petit de 17 mois et demi.

J’ai cru mal comprendre.
«17 ans et demi ?!?», j'ai demandé (oui, je sais, ça ne collait pas avec «petit», mais sait-on jamais)

«Non, non, 17 MOIS ET DEMI…»

Ça fait combien en jours?
A peu près 534.

Et 12816 heures!

Leslie

25 février 2011

Aujourd'hui, Zoé a 20 ans (premier portrait signé Leslie Vega paru dans Citrouille)

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Faut savoir qu'en ce moment, je fais du rangement [ndlr : la librairie Rêve'En Pages de Limoges va changer de propriétaire - demain à la librairie : "on se raconte des histoires" ]. Ben oui, je vide mon bureau, jette des tas de vieilleries, classe mes dossiers. Je retrouve des messages d'encouragements pour nos débuts, des brouillons de lettres, de portraits (ben ouais, à l'époque, j'utilisais encore des stylos, des feuilles, des agendas papier). Bref, en faisant mes fonds de tiroirs, j'ai retrouvé ça. C'était paru dans le Citrouille 42, en décembre 2005.

Aujourd'hui, Zoé a 20 ans. Elle et toute sa petite famille vont bien.

medium_paco.jpgQuand Zoé avait neuf ans, cela faisait déjà quatre ans qu’elle vivait auprès de sa mère et de la femme que celle-ci aimait et que Zoé considérait comme un autre parent… en plus de sa maman et de son papa qui avaient divorcé. Dans sa classe de CE2 personne ne connaissait sa situation, pas même ses copines proches. Sa mère est venue un jour à la librairie, me demander des livres sur le thème de l’homosexualité. Elle n’avait aucun mal à parler de sa préférence sexuelle et de son choix de vie avec Zoé mais visiblement, il manquait quelque chose… Cet après-midi-là, elle est repartie avec Marius (Marius, L. Alaoui et S. Poulin, éd. L’Atelier du poisson soluble) et Je ne suis pas une fille à papa (Ch. Honoré, éd. Thierry Magnier). Zoé les a lus et a décidé d’apporter le second en classe pour le présenter et le résumer aux autres élèves. Son institutrice étant d’accord, elle a donc parlé de son livre… puis s’est endormie sur sa table pendant que les conversations s’engageaient dans tous les sens : sur la situation familiale de Zoé, sur le divorce d’autres parents… L’institutrice confia ensuite à la mère combien avait été riche et extraordinaire ce qui venait de se passer en classe, pendant que Zoé dormait après l’avoir permis…

[suite du premier portrait de Leslie Vega paru dans Citrouille : sur le blog de REP]

[autres portraits par Leslie : cliquez ici]

22 février 2011

Portraits parus dans Citrouille

VOUS LES RECONNAISSEZ ? CLIQUEZ SUR LES PHOTOS... :)
Chronique de Leslie Vega, Librairie Rêv'En Pages

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23 décembre 2010

La libraire est fatiguée, mais elle s'amuse bien

interieur180.pngOn attaque la dernière ligne droite, et c'est pas dommage, parce que le cerveau commence à avoir des faiblesses.

A l'heure qu'il est, la libraire est épuisée, éreintée, exténuée, claquée, vannée...

Elle commente à haute voix tout ce qu'elle fait histoire d'être sûr qu'elle l'a bien fait : je vous rends votre carte bleue; j'éteins le chauffage; je ferme la porte à clef.

Oui, elle fait ça pour être sûr de l'avoir fait. Total, elle parle vraiment tout le temps, et même moi qui peut être une grande bavarde, ça me fatigue.

Mais à tellement parler, elle a la langue qui dérape, les idées qui s'emmêlent. Ça donne des trucs du genre : je vérifie un oeil en réserve. Ou alors : ne quittez pas. Elle risque pas de quitter la personne est là, en face d'elle. Ou bien, des clients qui disent, je vous rends ces livres, je ne sais pas où les ranger, ben figurez-vous que moi non plus répond la libraire avec le sourire.

Et encore :

-On cherche un livre pour notre petit-fils de 3 ans. Il ne sait pas encore lire...

-Oula!... Et ses parents ne sont pas trop inquiets? Ils ne craignent pas un éventuel retard?

Éclats de rire...

Bon, bien sûr, même si la libraire est fatiguée, elle est pas complètement inconsciente. Elle sait bien qu'elle peut pas faire ce genre de plaisanterie avec tout le monde.

Oui, parce que même sur les rotules, la libraire sourit cette année.

Les parisiens sont là, elle les trouve amusants. Et eux, ils trouvent la librairie belle.

Et puis, y a plein d'oncles à la boutique à cette époque, eux aussi sont amusants, surtout quand ils ont pas d'enfants.

Et puis, il y avait cette jeune femme, aux 11 neveux et nièces. C'était chouette de la conseiller. Pourquoi elle, j'en sais rien. C'était rigolo d'imaginer tous ces cousins et cousines, de noter leur prénom sur chacun des paquets.

Bref, certes, la libraire est fatiguée, mais elle s'amuse bien. Elle passera le 25 à comater devant la télé et c'est tout.

Juste, quand même, elle n'est plus sortable, faut le savoir... Tout à l'heure, vers 19h30, elle a croisé des copines.

-Vous êtes parties vous faire un resto?

-Non, on va boire un coup? Tu viens avec nous?

-Non, merci, j'tiens plus d'bout. Mais bon coup!


Leslie Vega (article du blog Rêv'En Pages)

16 décembre 2010

Joyeux noël même à ceux qui n'aiment pas lire, que Plonk & Replonk ne font pas rire et qui, pourtant, ont de beaux yeux

 

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(Chroniques de Leslie Vega - article paru sur le blog de la librairie Rêv'En Pages) C'est la période où je lis deux pages chaque soir. Et je m'endors. Donc, je l'avoue, je lis pas beaucoup de livres en ce moment. En revanche, qu'est ce que j'en raconte.

C'est la période où le soir, je fais le tour du quartier, en pétounant dans le meilleur des cas, parce que je me rappelle plus ou j'ai garé la voiture le matin. D'autant que ça caille sévère en ce moment. Ce soir, je l'ai trouvée du premier coup. Mais, j'ai eu un doute j'suis sûre que c'est la mienne celle là?

C'est la période où on voit des gens, des gens, des gens, des tas de gens. Des gens marrants, d'autres moins.

Aujourd'hui, j'ai eu une dame qui cherchait deux livres pour deux enfants, un de 13 et un de 17. J'ai pas tout de suite compris que c'étaient ses enfants. Son fils de 13 ans est un "grand" lecteur, un "bon" lecteur, un enfant qui aime lire beaucoup quoi. Et là, tout à trac, elle me dit : "Moi, je lis pas. Jamais." Je la regarde, droit dans les yeux, qui avaient d'ailleurs une très jolie couleur. Elle était sérieuse. Un brin étonnée quand même d'avoir un fils qui lise autant.

Au début, j'me suis dit la pauvre. Oui, la pauvre, elle lit pas. Et puis quand j'ai vu son regard, je me suis dit que ça avait pas l'air de la déranger, alors bon. Puis y a pire dans la vie. Je lui ai souri.

Je l'ai retrouvée à la caisse, un peu perdue. Elle cherchait une carte postale pour un adulte. Je lui propose  les cartes Plonk et Replonk. Elle était devant, perplexe. Alors, un peu bêtement probablement, je lui dis, ce sont des cartes humoristiques, elles plaisent beaucoup en général. Ah bon?! me fait-elle. Moi, elle me font pas rire. Et là encore, elle était sérieuse. Cette fois, j'ai franchement explosé de rire.

Elle, elle faisait partie des gens marrants. Enfin, c'est un avis perso.

Leslie Vega

Site Plonk & Replonk

09 juillet 2010

Merci Zoé

UN ARTICLE DE 2005 DANS LE RÉTROVISEUR DE L'ÉTÉ 2010

Rencontre autour de quatre livres entre Zoé, 14 ans, et Leslie Vega, librairie Rêv’en pages. (Article paru dans le n°42 de Citrouille - dossier homosexualité, homophobie et homoparentalité)

medium_paco.jpgQuand Zoé avait neuf ans, cela faisait déjà quatre ans qu’elle vivait auprès de sa mère et de la femme que celle-ci aimait et que Zoé considérait comme un autre parent… en plus de sa maman et de son papa qui avaient divorcé. Dans sa classe de CE2 personne ne connaissait sa situation, pas même ses copines proches. Sa mère est venue un jour à la librairie, me demander des livres sur le thème de l’homosexualité. Elle n’avait aucun mal à parler de sa préférence sexuelle et de son choix de vie avec Zoé mais visiblement, il manquait quelque chose… Cet après-midi-là, elle est repartie avec Marius (Marius, L. Alaoui et S. Poulin, éd. L’Atelier du poisson soluble) et Je ne suis pas une fille à papa (Ch. Honoré, éd. Thierry Magnier). Zoé les a lus et a décidé d’apporter le second en classe pour le présenter et le résumer aux autres élèves. Son institutrice étant d’accord, elle a donc parlé de son livre… puis s’est endormie sur sa table pendant que les conversations s’engageaient dans tous les sens : sur la situation familiale de Zoé, sur le divorce d’autres parents… L’institutrice confia ensuite à la mère combien avait été riche et extraordinaire ce qui venait de se passer en classe, pendant que Zoé dormait après l’avoir permis…

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14 mai 2010

Cécile Chartre, la jeune auteure

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«Je suis vieille, je suis trop vieille, c’est fou ce que je peux être vieille» dit le personnage de la jeune auteure, Cécile Chartre, dans son premier roman, Joyeux ornithorynque !

Ça a commencé par un coup de cœur. Un premier roman qui parle au cœur et qu'on teste sur sa fille (pas facile, la vie de fille de libraire...). Ça marche sur elle et les autres aussi. Bon. Du coup, j'ai voulu voir de plus près la jeune auteure.
Direction mon clavier:
- Et vous seriez dispo pour un salon?
- Non. Pas pour l'instant.
Je la fais courte mais sa réponse, c'était plutôt le même ton que son livre. Chaleureux, drôle, touchant... Ça vous paraît cohérent, et pourtant, ça l'est pas forcément. Y a des auteurs, entre ce qu'ils écrivent et ce qu'ils sont, y a un monde. Des fois, y a en même plusieurs, de mondes... C'est pas une question de thème, c'est une question de ton, de ce qu'ils donnent à voir d'eux avec; et parfois finalement, pour de vrai, c'est pas ça. Mais elle, décidément, elle me plaisait bien et naturellement on s'est mises à papoter par mails, Mme Chartre et moi.
- Et c'est comment le métier de libraire pour de vrai?
- Et ça fait quoi d'être jeune auteure bibliothécaire?
Ben ça fait qu'on découvre la rémunération des auteurs, et là, on tombe du «cul de la lune». Certes, on fait pas ça pour l'argent. On le fait par envie, par passion, par incitation de la famille (Mais si, vas-y, écris, lance-toi!). Et puis, et puis... On se voit dans le journal du coin (Non mais j'suis vraiment moche sur cette photo!). On se fait reconnaître sur son lieu de travail:
- Oh mais je vous reconnais, je vous ai vue sur le journal! C'est vous qui écrivez n'est-ce pas?
- Non, non, il paraît que je lui ressemble, mais c'est pas moi.

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03 mars 2010

(Rêv'En) Page people

27675.jpgAujourd'hui, figurez-vous qu'on a quelqu'un de connu qui a mis les pieds à la lib. Quand j'dis connu, c'est connu en dehors de nous, Mézigue, Complice et Luronne. Et bien, sûr, je parle ni d'auteur, ni d'illustrateur. Ça compte pas. Enfin, si ça compte, mais c'est quand même normal dans une lib. jeunesse. Non je parle de quelqu'un de connu par tout le monde comme par ma mère par exemple (quoique ma mère, elle connaissait pas Kent...).

C'qui est rigolo, c'est qu'en général, c'est moi qui reconnait personne, mais là, Complice est arrivée à mon bureau avec un mot "Célébrité?". J'suis allée en magasin et ouais, c'était bien une "célébrité". Mais, elle situait pas Complice. Romane Bohringer je lui ai soufflé. Oui, parce que Romane Bohringer est à Limoges pour une pièce de théâtre qu'elle joue. Marrant, non?! D'accord, pas hilarant, mais rigolo.

Mais ça n'est pas la première fois qu'une "célébrité" pousse la porte de Rêv'en Pages... Y a trois ou quatre ans, un beau jour de fin mars, je sors de la librairie dans la journée, pour aller chez mon tabatier du coin, acheter des c..hewing gum... Je descends la rue Monte-à-regret (une histoire de condamnés qui montaient la rue à regret...), je traverse la rue piétonne Adrien Dubouché et je rentre chez Monsieur Lemoine, mon tabatier-vendeur-de chewing-gum. En resortant, je vois un petit groupe de minettes entourant quelqu'un. C'était suffisamment particulier pour que cela attire mon attention.  J'attends deux secondes et je vois un grand mec, haut je veux dire, qui émerge du groupe de minettes. Patrick Bruel. Et là, je sais pas ce qui me prend, je réfléchis pas (ouais, ça m'arrive...) je vais le voir et je lui dis : Bonjour, vous avez des enfants n'est-ce pas?

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19 février 2010

Swing café (rencontre avec Carl Norac, Michèle Moreau et Rebecca Dautremer)


swingcafe_couv_large.pngC'est en juin que notre représentante Didier nous a annoncé la sortie de Swing café (voir ici la page du site de l'éditeur, avec extraits musicaux). Auteur: Norac, illustratrice: Dautremer. Carl Norac, ok (son site, ici). C'est sa quatrième collaboration avec les éditions Didier. Rébecca Dautremer (son site, ici)? Surprise… Didier, Dautremer, c'est une nouveauté… Alors cet été, je file sur le site de l'éditeur pour en savoir plus. Eh bien! Si j'avais dans l'idée de mettre ce livre-CD en avant, je n'étais manifestement pas la seule… C'est un véritable feuilleton que nous propose Michèle Moreau et son équipe sur le site. Un feuilleton qui nous invite à suivre la réalisation de cet album. À la rentrée, je me décide, je commence par appeler Michèle Moreau.
C'est en travaillant sur M. Satie, (ou peut être avant finalement, c'est parfois dur de retrouver la naissance d'une idée) que Michèle Moreau a l'envie de faire quelque chose autour du jazz. Elle sortait de la lecture de Be-bop de Christian Sailly. L'observation de ses filles, ses propres souvenirs d'enfance la conforte dans l'idée que c'est une musique avec laquelle les enfants communient spontanément. Elle en parle avec Carl Norac. Étant lui-même grand amateur de jazz l'idée le séduit aussitôt. Ils réfléchissent à une intrigue. Ils savent déjà qu'ils ne veulent pas d'un documentaire. Ils souhaitent une fiction joyeuse.
Il faut du temps à une idée. Michèle Moreau sait ne pas se faire déborder par son enthousiasme.
C'est Carl Norac qui pense à Rébecca Dautremer. Il a très envie de retravailler avec elle. Michèle Moreau suit, même si au départ elle est à la fois inquiète et impressionnée à l'idée d'une collaboration avec Rébecca Dautremer. Mais elle souhaite avant tout rester à l'écoute des désirs forts de ses auteurs et elle est toujours prête à profiter d'un talent. Son inquiétude est vite balayée. Le rapprochement avec Rébecca Dautremer se fait naturellement. L'éditrice est rapidement fascinée par le regard singulier de l'illustratrice. Si à la vue des premières illustrations, elle a l'impression d'une déconnection de la narration, elle se rend vite compte de l'œuvre forte, de l'exigence, du perfectionnisme mais aussi de la liberté de ton de Rébecca Dautremer qui malgré tout sait rester au service du texte, de l'histoire, sans paraphrase.
Mais les livres-CD de chez Didier, ce ne sont pas qu'un auteur et une illustratrice. C'est aussi un ingénieur du son, Daniel Deshays (mon ingénieur du son préféré dit Michèle Moreau, un sourire dans la voix). C'est lui qui a l'idée de laisser les grésillements, les craquements du microsillon. Cela donne incontestablement une âme, une émotion, une attention différente à l'écoute.

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05 novembre 2009

Animatrice de marmothèque

«C'est dommage que cette bibliothèque ne soit pas en centre ville…» Ben non, c'est pas dommage. C'est exprès. Portrait de l'animatrice du lieu, Christine Kékré.

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Les Portes Ferrées. Je connais bien ce quartier. Du moins je l'ai bien connu parce que j'y ai grandi. Ma famille a emménagé là à sa création. Un groupement d'immeubles, plus ou moins grand au bout de Limoges. Un groupe scolaire, un collège, un gymnase et un petit centre commercial avec les commerces de proximité, la boulangerie pour les malabars, la papeterie-presse pour la colle Cléopâtre et les Picsou Magazine... Et la ligne de trolley, pas loin qui nous «descendait en ville». C'était un quartier vivant, multiculturel comme on dit. Nous nous retrouvions en bas de nos immeubles, pour jouer tous ensemble au foot ou à autre chose sur les parkings, entre les voitures. Y'avait des Frédéric, des José, des Rachid, des Cécile. Nos parents n'avaient pas la même couleur de peau, de nos cuisines ne sortaient pas les mêmes odeurs, nos vacances n'étaient pas sur les mêmes plages de la Méditerranée. Mais nous étions tous des Portes Ferrées et nous allions tous à la même école. Depuis, on a ravalé les façades, mais elles en ont à nouveau besoin. On changé le nom de l'école, l'école des Portes Ferrées est devenue l'école Victor Hugo, mais ça n'a pas arrêté l'hémorragie... De l'autre côté de la 2x2 voies, on a construit un supermarché. Le petit centre commercial semble à l'abandon, il n'y reste quasiment plus d'autres commerces qu'un discount. À côté, a ouvert une crèche, et pas loin, au rez-de-chaussée d'un immeuble, la bibliothèque Bébés des Portes Ferrées.

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24 septembre 2009

Le monde à l'envers

1728890716.JPGJ'suis en pleine invitations salon. Enfin, "en pleine", entre le reste mais bref. Donc, j'envoie des mails, je passe des coups de fil à des auteurs, des illustrateurs et des maisons d'édition. A part quelques maisons d'édition, la plupart du temps, d'une année sur l'autre, je ne me rappelle pas qui est la responsable salon (tiens, c'est marrant, je crois qu'à 95%, c'est des minettes), donc j'appelle la maison d'édition et je demande la responsable salon. Ouais, ça craint, ça fait pas super pro, mais, me rappeler de quelqu'un que j'ai jamais vu et à qui je parle 3 fois, par an, c'est au dessus de mes capacités! Bref, là, j'appelle une maison d'édition pour avoir la responsable salon, et surprise! Je tombe sur "taper 1 si vous voulez le service machin, truc ou bidule, taper 2 si vous voulez le service alpha, beta, taper 3..." Bon, j'ai tapé les bons numéros, oui, parce que y en a eu plusieurs [Lire la suite sur le blog de Rêv'En Pages]

29 avril 2009

« Bonjour, je vous ai acheté ce livre il y a deux ans… Vous pourriez me faire un paquet cadeau ?» (chronique de Leslie Vega)

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Ah, les clients de l'été!!
D'abord, il y a les habituels qui viennent faire le "plein" avant de partir en vacances.
C'est Mme V. qui choisit de nombreux romans pour ses filles.
Ce sont M. et Mme P. qui attendent avec impatience leurs petits-enfants qui viennent de Marseille. Mais de toute façon, ils repasseront avec eux durant l'été. Et comme promis, ils reviennent, fièrement, en leur disant : «Vous voyez, c'est ici que nous achetons vos livres». Nous aussi nous sommes contentes, nous mettons des visages sur des prénoms qui nous sont déjà bien familiers !

Les clients de l'été, c'est aussi cette dame qui vient de façon épisodique pour une nièce adolescente. Cette fois, sa nièce l'accompagne. L'adulte est contente d'être là, la jeune fille, ben, faut être honnête, beaucoup, beaucoup moins... Quand elle ouvre enfin la bouche, c'est pour grogner qu'elle n'aime pas lire, en me regardant droit dans les yeux, avec un air de défi. Je lui réponds qu'elle en a parfaitement le droit mais que, peut être, elle n'a pas encore rencontré un livre qui lui parle vraiment. Alors j'essaie. Sous l'oeil confiant de sa tante, j'essaie de communiquer avec cette jeune personne qui ne veut pas... Au bout d'un long moment, après beaucoup de questions, alors que -je l'avoue !- j'allais laisser tomber, l'adolescente confie que si elle n'aime pas lire, en revanche elle aime écrire... Le visage un peu moins fermé, la voilà qui repart avec L'agenda de l'apprenti écrivain de Susie Morgenstern. Sur le pas de la porte, j'entends sa tante (toujours confiante !) lui dire : « Maintenant, je vais t'offrir un beau stylo...»

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31 mars 2009

Michel, un catalogue vivant (chronique de Leslie Vega)

Image 1.jpgIl avait toujours été là.
Moi qui suis si peu physionomiste que ça en frôle Alzeihmer, je l'ai tout de suite photographié. Peut-être parce qu'il me faisait penser à un nain de jardin en moins ridicule, plus sérieux et d'un mètre quatre vingt. Ça doit venir de la barbe. Mais plus probablement à cause de sa voix, grave, profonde, sonore. Il arrivait avec sa grosse valise, qui passait à peine dans le petit escalier qui mène au bureau et il ne manquait jamais de nous saluer Agnès et moi avant d'aller travailler avec Arlette.
C'était notre représentant de l'Ecole des Loisirs et moi qui débarquais en librairie, ça m'impressionnait drôlement. J'avais cru comprendre qu'il était là depuis le début de l'Ecole des Loisirs. Autant dire depuis Mathusalem. Enfin, un peu après, vers la fin des années 60. Mais quand même, être là depuis le début, ouah!
Michel venait souvent nous aider sur le salon de Limoges. Il s'occupait des auteurs et des livres de l'Ecole des Loisirs, c'était comme un mini stand dans notre stand où tout était classé par ordre alphabétique de titre (sur un salon !). Il me fascinait, il savait interpeller les gens, leur raconter les livres et les vendre.
Quand on a repris la librairie et succédé à Arlette, Agnès et moi, il était toujours là et c'est nous qui travaillons avec lui maintenant. Il racontait chacune de ses nouveautés et nous obligeait presque à les feuilleter page par page pour être sûr que nous ne loupions rien. Ça durait des heures ! Il connaissait son catalogue sur le bout des doigts - auteurs, illustrateurs; je le soupçonnais même de connaître la date d'édition de chacun des livres ! Michel, c'était comme un catalogue vivant et intelligent !
Et puis, il est parti à la retraite. Il avait toujours été là et il partait !

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26 juin 2008

Dans la valise de Thibault (chronique de Leslie Vega)

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Nous nous sommes donné rendez-vous à la libraire. Comme la boutique était encore ouverte, nous nous sommes installés dans le bureau du bas, au milieu des cartons pleins, vides ou éventrés… J’avais hésité à le recevoir là, mais Agnès m’a répondu que les gens raffolent des coulisses. L’image m’a plu. Va pour les coulisses ! Il s’est installé sur un tabouret et on a commencé l'interview…

Thibault a fait sa première rentrée d'enseignant cette année, en CE1/CE2. Une de ses premières initiatives a été d’aller à la bibliothèque municipale, emprunter une malle de 21 livres pour pouvoir mettre  un coin lecture à disposition de ses élèves. Il a découvert le livre jeunesse au cours de sa formation, après avoir choisi l’option littérature jeunesse au concours de professeur des écoles. C'est là qu'il est tombé dedans…  Sa première grande rencontre a été Grand-père de Gilles Rapaport, édité chez Circonflexe, et sur lequel il a beaucoup travaillé. Parallèlement à ça, il s’est mis à lire au moins cinq albums par semaine, qu'il a d'abord sélectionnés dans la liste de l’Education Nationale. Ça, c'était au départ. Maintenant, il ne compte plus les livres qu'il ouvre. Et une fois parti, il est intarissable sur les auteurs qu’il trouve exceptionnels dans leur capacité  à rendre un texte court si poétique et si riche, ou sur le message à portée universelle que sont capables de dévoiler certains albums qui du coup, dit-il, « sont accessibles aux adultes ». Pour lui, la grande force de la littérature jeunesse est « qu’elle ne s’épuise pas à la première lecture ».

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03 avril 2008

Un quotidien plus prosaïque

pile.jpg[ Dans le n°47 de Citrouille nous avions réuni, sous le titre Seconde peau, plusieurs chroniques de Madeline Roth (librairie L'Eau Vive, en Avignon). Leur lecture a donné à Leslie Véga (libairie Rêv'En Pages, à Limoges) l'envie d'y réagir. Une chronique parue dans le n°48 - cliiquez sur la photo pour l'agrandir dans le blog de Citrouille : L'Oeil de Simon Roguet ]

 J’adore, vraiment j’adore, les chroniques de Madeline. J’ai attendu avec impatience le Citrouille précédent, dans lequel plusieurs étaient réunies. Mais il faut quand même que je vous raconte la véritable histoire des trois petits cochons… - pardon, déformation professionnelle ! - la véritable histoire d’une libraire. Attention, je ne dis pas que les chroniques de Madeline sont pures fictions, pas du tout. Ces moments magiques qu'elle décrit si bien, où on a la certitude absolue d’être exactement à sa place, exactement au bon moment, devant la bonne personne, je les connais aussi - tous les libraires les connaissent. Mais la réalité, c’est qu’ils sont loin d’être notre lot quotidien, ces moments-là. Je voudrais vous raconter - même si, oui, adieu magie…

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26 février 2008

Barlo… ou la chance de la connaître

[ Leslie Vega (Rêv'En Pages, à Limoges), inaugure ici une série de portraits de clients de sa librairie… ]

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Elle est arrivée avec un petit sac en tulle vert où était écrit : ECRIRE. Il contenait deux livres et un pot de confiture -  «de Noël », a-t-elle précisé, « confiture maison !». Elle a rigolé en ajoutant : « mais ce n’est pas moi qui l’ai faite ! ». Je l’avais appelée la veille pour lui proposer mon projet de portrait dans Citrouille. J’avais été toute étonnée qu’elle soit libre si rapidement.  Elle a un emploi du temps de ministre, "Barlo", elle fait toujours plein de trucs. Avec ses 3 filles, avec son mari, avec ses élèves. Mais bon, c'est que ça devait l'intriguer, cette idée de portrait !

Je savais que c’était risqué de l’inviter à la maison. Et j’avais raison. La première fois, quand elle est repartie à 13h30, elle reprenait à 45 et on n'avait pas abordé le portrait, ça nous a fait rigoler. On avait parlé de tout, sauf de ça. Des bouquins, bien-sûr, mais aussi de projets professionnels et personnels, des enfants, de la famille. De la vie quoi. On s'est donc revues quelques jours plus tard pour travailler sérieusement, en essayant de ne pas s'éparpiller. Croyez-moi, avec Barlo et moi, ce n'est pas facile… 

«Je me souviens quand je suis entrée à Rêv'En Pages pour la première fois. C'était en 2003. Je me souviens avec beaucoup d'émotion de ton accueil, de ta disponibilité et de ta présentation alléchante de romans jeunesse que je ne connaissais absolument pas. J'étais en lycée avant !… Le premier roman que tu m'as présenté et qui m'a donné envie, c'était L'enfant océan, de Mourlevat ». Ca me revient maintenant, à moi aussi. Je la revois débouler la première fois, un peu affolée. Elle sortait d'un congé maternité, elle allait débarquer en plein milieu d'année dans un collège qu'elle ne connaissait pas, dans une ville dont elle ignorait tout. Pourquoi a-t-elle alors eu le "réflexe librairie" ? Un souvenir d'enfance, peut-être ? « C'est sûr, enfant, je lisais ! Et les librairies étaient LE magasin où je pouvais réclamer quelque chose. Ma mère cédait forcément, désireuse de favoriser mon ouverture et mon épanouissement culturels... Mais je crois qu'en réalité - un point commun avec Sartre mais ce n'est pas le plus glorieux !- je lisais surtout pour faire plaisir à mes parents, pour correspondre à l'image qu'ils se faisaient de moi, une petite fille scolaire bien comme il faut… »

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31 janvier 2008

Carnet de salon… (Chronique de Leslie Vega)

892bf26a75513657fdfea67d7f59e214.jpgLe salon du livre de Limoges, c’est notre deuxième gros rendez-vous de l’année, après Noël. La municipalité, qui prend en charge tous les frais, nous donne carte blanche pour inviter trente auteurs et illustrateurs de notre choix, qui feront des rencontres scolaires. Au total, c’est plus de cent soixante rencontres qui seront organisées du vendredi au samedi matin. Un travail titanesque… qui ne nous fait pas peur ! Afin que chacun puisse profiter au mieux de ces venues, plusieurs étapes sont nécessaires. Il faut d'abord s’y prendre dès mai / juin pour lancer les premières invitations. Cela peut paraître tôt, mais certains auteurs et illustrateurs ont des emplois du temps vraiment chargés, et puis nous avons besoin de nos trente réponses positives pour fin octobre ! Pour contacter les auteurs, il y a plusieurs méthodes. La directe, par téléphone ou par mail ; l’indirecte, par attaché de presse. Et là… ça peut vite se compliquer ! Depuis la généralisation d'Internet, chaque coup de fil doit en effet être suivi d’un mail pour répéter ce qui vient d’être dit de vive voix; au bout d’une semaine, il est toutefois conseillé de rappeler s’il n’y a pas eu de réponse, ces mails ayant vite fait de tomber dans l’oubli, si ça n’est dans la poubelle. Vive le progrès !… Moi, ce que je préfère, c’est parler "en vrai" aux auteurs. J’aime ce premier contact avec celui dont on connaît les livres, j’aime le convaincre de venir rencontrer ses lecteurs (les rencontres scolaires sont essentielles, les enfants qui ont échangé avec un auteur ou un illustrateur dans leur classe le suivent pendant des années ; je le vois bien à la librairie). Bon, les invitations effectuées, le plus dur est derrière nous, enfin presque.

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23 décembre 2007

Dure période. Meilleure période. (chronique de Leslie Vega)

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On navigue à vue sur des rapides et on oscille sans arrêt entre fous rires, moments de grâce et incompréhension.
-Je cherche un livre épais comme ça et large comme ça, que j’ai vu en vitrine il y a quelques temps.
-Vous vous souvenez du titre ? C’était sur quel thème la vitrine ?
-Ah ben je sais pas !
- ???!
On s’y est tous mis, même les autres clients qui suivent les vitrines de près, et on a trouvé !
 
Ce matin à l’ouverture :
-Vous êtes matinale Mme Van Roiij.
-J’ai une demi-heure devant moi alors j’en profite.
-Ben alors tenez, allez vous assoir sur le canapé et lisez celui-là, vous me direz ce que vous en pensez.
… (temps de lecture)…
-Merci, c’est un joli cadeau que vous m'avez fait pour commencer la journée.
Et elle est repartie le livre sous le bras, en paquet cadeau pour une amie, et un autre exemplaire en commande pour elle.
 
-Bonjour, je voudrais un roman pour une petite fille qui est au CP.
-Alors les premiers romans se trouvent ici, vous avez cette collection ou celle-ci. Je vous conseille ce titre, ou celui là.
-Ah oui… Ça fait pas très épais comme cadeau…
-Euh… Prenez en plusieurs, ça sera plus épais…

Joyeux noël ! 52ef57adc3dc0e40c8657ed21ce25af8.gif

 Leslie Vega, Rêv'En Pages