11 mai 2011
Expo Kalimagier, Galerie Jeanne Robillard
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21 mars 2011
Oran (7 et fin)


Il fait très beau, départ à 8h30, le taxi m’attend et il m’amène à Sidi bel Abbes. Environ 100 km que nous faisons une partie par l’autoroute pour sortir d’Oran (construite par les chinois celle de l’ouest, les japonais ont réalisé celle de l’est ; et les algériens je demande ? ils ont payé !)
On sort vite donc pour prendre la nationale, choix du taxi qui veut me faire voir un peu plus de paysage et traverser les villages dont il me donne les noms en arabe et en français. Il y a des saints en pagaille et je repense au texte de Karima Berger sur les prénoms des françaises sans saveur et sans sens face à ceux des filles arabes : Malika la reine, Samira la princesse, Bahia la radieuse effectivement plus poétique que Ste Thérèse ou Ste Barbe que nous traversons ; je dis « la barbe » et en écho j’entends « on la leur a rasée » ! Humour algérien, toujours plein de subtilité et de jeux de mots. En vieille instit je me dis que quand on est capable de faire des jeux de mots dans une langue c’est qu’on la maitrise vraiment bien !
L’observateur attentif aura remarqué que depuis le début de ces chroniques comme les a nommées Thierry Lenain sur ce blog, les photos d’extérieur se raréfient… il est en effet de moins en moins conseillé d’en prendre, toujours un doute sur l’éventuel usage des images, aussi peut-être l’image tout simplement.
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17 mars 2011
Oran (6 - Bibliothéconomie, c’est pas facile à dire non plus ! )

(Bibliothéconomie, c’est pas facile à dire non plus ! )
Bonjour, on continue et c’est presque fini…
Ce matin, rendez-vous à la fameuse… comme j’ai dit juste avant (je fais genre Bobby Lapointe et sa leçon de guitare sommaire et Guitare c’est un mot d’origine arabe, cf Kalimagier !).
On est en chaire, ex cathedra, et on va parler de la littérature jeunesse dans tous ses états.
Zoubida Kouti mène les débats ; elle est à l’origine de l’association Le petit lecteur. Une militante, militante de la lecture.
Au sujet du Petit lecteur lors de la séance lecture et intertextualité dans leurs locaux, j’ai fait une erreur en nommant Catherine Gendrin (et non pas Legendre) conteuse amoureuse de l’Algérie décédée en décembre. Je prie ses amis de m’en excuser. Une photo d’elle est installée sur la table de la salle de travail du petit lecteur, elle est présente.
Nous parlons donc de livres ce matin encore et surtout de leur contenu, images et mots. On me donne la parole en ouverture ce qui est une lourde tâche. Dire pourquoi je suis là me semble élémentaire, dire cette position de demandeuse (je suis venue en Algérie en septembre 2005 pour trouver des auteurs qui voudraient bien écrire avec moi pour les enfants des deux rives), c’est pour moi la seule façon claire d’expliquer le chemin parcouru ici et le bien que ces enfants découvreurs me font, en amont des livres faits et à faire ensemble.
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14 mars 2011
Oran (5)
Bien le bonjour en direct de l’ENSET. Il fait beau, nous avons au programme une rencontre avec des collégiens d’un établissement public d’Oran sur le travail en équipe autour de l’élaboration d’un album (en power point pour les images) et un atelier d’écriture ensuite. Cet après midi Lazhari fait une conférence sur la littérature jeunesse en Algérie. Je prends des notes pour vous faire le compte rendu !
Nous sommes accueillis dans la bibliothèque de l’ENSET. Il y a une quinzaine d’élèves de 4ème qui nous attendent toujours aussi calmement. Je suis impressionnée par la tenue des élèves, petits et grands. Quand nous commençons la séance, tous les stagiaires ne sont pas arrivés et ils s’égrainent peu discrètement car la porte massive grince ; je dis en riant qu’ils se plaindront du retard de leurs élèves et de la perturbation du cours qui s’en suivra, je fais ma vieille instit mais pourquoi pas ?!
En me rappelant de l’intervention faite en juin au lycée El macir d’Alger et de l’intérêt suscité par la projection des images –work in progress- de La surprise, j’ai fait un montage des images de L’arbre aux pièces d’argent, en visant plusieurs objectifs ; montrer les aménagements de l’équipe,éditeur, textes, images, la parole de chacun pour faire avancer le travail, l’acceptation des idées de l’autre etc… tout ce que les élèves auront à rencontrer dans leur vie d’apprenant en somme.
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12 mars 2011
Oran (4) : la littérature jeunesse est-elle un outil pédagogique ? » je réponds : oui, mais l’album jeunesse n’est pas un manuel scolaire
Bonjour tout le monde !
On nous attend déjà dans la salle de spectacle du CCF qui est notre point de départ chaque matin. Les enfants sont installés sur les deux premiers rangs, plus jeunes que ceux d’hier, de 7 à 10 ans, issus d’une école privée. Leur prof de français en est aussi la directrice. Plus jeunes et moins inhibés (on en reparlera avec les dires de Claude Hagège) et toujours un qui sort du lot, qui parle plus, bouge plus et fait l’animation de bon matin, ce qui me va bien au moment du tour de chauffe, il devient mon interlocuteur et finit par enrôler la groupe ! Je présente Lazhari et Nechwa qui viennent d’arriver d’Alger. Lazhari lira avec moi et Nech va animer son premier atelier d’illustration, elle n’en mène pas large… et a bossé son sujet avec application comme toujours.
Dès que je démarre dans le vif du sujet, rappel de la théorie (oui je suis casse pieds je le sais, mais ce ne sont pas des animations que culturelles, enfin il y a la part pédagogique qu’il faut lier au sujet du jour, et toujours (à mon sens) remettre sur le tapis ce que ce métier a de fort, cette réflexion qui, si elle ne garantit pas la réussite absolue, doit sous-tendre notre travail de façon réelle et transformer ce qui ne pourrait être « qu’un moment de loisir » en temps formateur ; ceci ne se fait pas par magie mais bien par la charge réfléchie que nous lui insufflons en amont, voilà c’est dit et redit, ce métier en est un en somme !). Et la conversation s’envole instantanément à ma grande joie. Un linguiste retraité va émettre des idées qui me ravissent devant les jeunes stagiaires qui en sont encore à se demander si on peut on non lire aux enfants « comme ça » ce qui veut dire « hors programme », si le livre de jeunesse est hallal ou haram (c’est moi qui le dis comme ça), mais je crois ne pas déformer la question qui m’est posée à ce sujet : « la littérature jeunesse est-elle un outil pédagogique ? » je réponds – oui, mais l’album jeunesse n’est pas un manuel scolaire- ce qui jette un doute sur son usage éventuel pour ce jeune stagiaire qui tremble déjà à l’idée de sa validation (ce que je peux comprendre bien sûr). je n’ai pas encore dit que le terme « album » est aussi un mot qu’il faut installer dans son contexte, que le livre de jeunesse n’est pas un conte, que nous devons toujours nous remettre en phase avec ce vocabulaire dont la charge sémantique est diverse d’un bord à l’autre de la mer. Comme le mot va avec la chose, et que la chose livre jeunesse n’est pas encore très courante de ce côté de la mer, c’est ici « le conte » qui est utilisé comme terme générique, ce qui me demande à chaque fois de repréciser ce que j’entends, et communément d’ailleurs, par conte. Des préalables pas du tout inutiles, si je veux avancer dans ma présentation.
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09 mars 2011
Oran (3)

Une journée avec enfants, des orages et le CCF [Centre culturel français d'Oran, voir ici] qui se déplace chez le Petit lecteur !
Les oranges jalonnent la rue qui descend à la place des victoires. Je longe une pâtisserie tentante… tiens, la poste est ouverte. Des bus, des taxis, des élèves sont en route comme moi.
Ce matin une belle surprise, l’expo Kalimagier [voir ici, ndlr]et L’arbre aux pièces d’argent [voir ici, ndlr] est installée. Déjà des stagiaires dans la salle, d’autres dans le hall, on me parle russe et je sais juste répondre (avec accent tout de même) que je ne parle pas russe. Oh mince, encore une langue pour ce futur stagiaire FLE, mais ils parlent toutes les langues c’est pas possible ! Ha oui il est issu d’une formation de traducteur, ben oui. Les enfants arrivent d’une école privée, ils sont tous arabophones et ne parlent français que grâce à leur apprentissage, même si leur famille parle français en général et donc insiste un peu plus sur l’acquisition de cette langue. Ils sont en 5ème année primaire, CM2 de chez nous. Bon, ils parlent comme toi et moi !!! J’insiste un peu sur cet équipement langagier qui me fait de plus en plus rêver… on reste un moment devant les illustrations, ils sont très contenus, sages mais commentent. Quelques mots du Kalimagier que je nomme en faisant attention à l’accent, ils ont l’air de me comprendre, fierté.
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06 mars 2011
Oran (2)
(Nadia Roman est sur un salon du livre jeunesse à Oran. Elle reprend sur notre blog ses chroniques algéroises...)

Comme prévu, beaucoup de doc, de références, de textes, d’idées qui se déroulent dans le désordre apparent d’une présentation à un large public, élèves maitres et maitresses, comme en France une disproportion favorable aux femmes (pour une fois !), des profs, des apprenants adultes intéressés par la littérature, des retraités de l’enseignement, du public quoi, qui remplit complètement le petit auditorium du CCF. Waouh… je délaisse le micro trop star ac à mon goût. L’idée est de présenter de façon générale, mais claire autant que faire se peut, les vertus de la littérature jeunesse, de son impact pédopsy en référence à Diatkine, jusqu’aux « madeleines » de Sartre qui dans Les mots fait de si belle confidences sur les histoires narrées puis lues par sa mère et son vol de statut de lectrice qu’il opère ensuite, et l’orthographe que son grand père avait omise avant de l’inscrire à l’école ! Je sens qu’il faut que je déroule cela malgré une certaine distance avec l’attente des étudiants qui n’ont, à leur stade si éloigné de la réalité du terrain, que de la didactique et des soucis de « raccordage » au programme officiel. Je souhaite simplement l’avoir dit, que ce soit entendu sans m’y étendre mais en comptant bien y revenir dès que possible dans des moments plus concrets. En fait leur programme préconise de lire faire lire écrire et faire écrire, mais avec des résurgences quantifiables, ce qui au mieux annule le travail en amont et au pire fait des dégâts. Ce temps qui manquera toujours à l’école pour laisser mûrir les choses… je ne suis pas dépaysée. Et re-Diatkine !
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01 mars 2011
Oran (1)

(Nadia Roman est sur un salon du livre jeunesse à Oran. Elle reprend sur notre blog ses chroniques algéroises...)
Ha mon fidèle correspondant… me voila de retour !
A Oran que je découvre, enfin vu d’avion et un peu en voiture et à pieds, car je suis arrivée à 17h cet après midi, suite à une journée démarrée tôt. Départ de Nice, via Alger, ça paraît simple, mais avec deux valises dont une de 25 ,5 kg de bouquins, tout semble plus compliqué pour ne pas dire lourd !
Il faut changer d’aéroport, qui ne sont pas éloignés, mais avec des infos contradictoires je me suis pris un mal au bide à me demander si, atterrissage à 12h15 à Alger, mais une bonne ½ heure de retard au départ, puis l’avion à 14h pour Oran c’était faisable ; on ne donnait pas cher de mon arrivée à temps. Mais voila que le temps joue en ma faveur… moi qui aie un problème avec lui, il n’est pas rancunier ! Et j’ai même eu celui de boire un café dans l’ancien aéroport devenu le national. Il a fallu passer la douane et mon voisin de siège me disait que les bagages non marqués passent vite… bon,moi de ce côté j’étais tranquille, ma valise perso et celle de livres, le scanner serait ok. Mais celle des bouquins est arrivée avec deux traits à la craie et on l’a ouverte avec le douanier, à qui je disais le contenu et les risques de débordements aussi. Un lâcher d’albums à l’aéroport d’Alger, les petits sur le dessus, quelques Pef en poche et les devinettes tunisiennes de chez Grandir suivis d’une masse que nous avons rattrapée à quatre bras avec le douanier hilare.
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10 février 2010
Tchkikoun 4/4 - chroniques algéroises de Nadia Roman
08 février 2010
Il pleut, malich ! (Tchkikoun 3/4 - chroniques algéroises de Nadia Roman)
Chaque troupe anime également un atelier ; percussions, expression théâtrale, marionnettes, magie. Ils sont comme moi à « bloc de clients » ! Dès qu'il est possible de rester dans la salle de spectacle, les représentations sont doublées. Zafira et Erell apprécient que les intervenants s'adaptent avec autant de souplesse. L'ambiance est ainsi, tout le monde y met du sien et c'est un vrai plaisir de largement déborder les cadres du programme.
Pour ma part, les retrouvailles avec des enfants déjà rencontrés à l'école ou sur le Sila me font bien sûr chaud au cœur. Ils me présentent leurs parents, ils leur montrent les livres qu'ils connaissent. Ce que je veux dire ici, c'est que l'idée toute simple de faire fréquenter les albums, les toucher, les lire, se les faire lire est en train de faire son chemin concrètement. Ce ne sont donc pas les idées les plus sophistiquées qui sont les plus efficaces ; encore faut-il trouver les relais qui permettent de mettre ce travail en œuvre. C'est la confiance en une parole, oserais-je dire un credo, sans que ce mot ne soit teinté d'une quelconque idée... enfin moi je pense à un credo laïque ! pédagogique et littéraire. C'est ce que m'offrent les interlocuteurs culturels qui m'ont suivie depuis le début, dubitatifs au départ et de plus en plus convaincus avec le temps qui passe. Ici, je vois le chemin parcouru parce que je suis partie de rien d'existant ; je pense qu'en France, malgré la multiplicité des offres, lieux, supports, il n'est pas garanti que ce travail ne serait pas à reprendre, représenter de façon aussi simple. Revenir au seul plaisir du livre pour ce qu'il offre d'évasion, sans en détourner la fonction à des fins efficaces, qui au bout du compte risquent de ne pas/plus l'être. Je parle là en tant qu'institutrice bien sûr. Ce questionnement ne m'est pas propre heureusement, je le rappelle parce qu'il n'est pas rien à mon sens et qu'ici une fois de plus, je suis en position de mesurer l'impact des albums sur l'acte de lire.
05 février 2010
Tchkikoun (2/4 - chroniques algéroises de Nadia Roman)
03 février 2010
Tchkikoun (1/4 - chroniques algéroises de Nadia Roman)
Bonjour ! Oui, je suis de retour, de retour en Algérie, pour le festival Tchkikoun, ce qui signifie la récré. Il s'agit d'un festival artistique et culturel à l'initiative de l'école Artissimo d'Alger soutenue par les services culturels de l'ambassade de France. Un tel festival est une première ici !
Au programme (Tchkikoun.pdf), des spectacles, des ateliers de pratique artistique et un atelier de découverte et lecture d'albums jeunesse que je vais animer durant ces trois jours.
J'ai apporté 22 kilo de livres, tous choisis par moi, donc bien subjectivement... mais avec quelques soucis de transmission aussi. Les enfants seront accueillis par groupe d'âge, petits 3-6 ans, grands 7-12 ans. Je pense aux deux, beaucoup d'albums, un peu de documentation, quelques livres d'art, de la poésie.
Il fait très froid chez nous même à Nice, la lecture de la météo me donne encore plus envie de partir, on annonce 20° en journée à Alger, un peu de soleil, et une petite journée de libre avant de commencer les animations ; je pars le sourire aux lèvres, mais qui en douterait !
Comme je deviens raisonnable, je sais bien que je ne vais pas avoir le temps de voir tout le monde, de faire de grandes balades ; le choix est fait, le jardin d'essai du Hamma qui a réouvert il y a quelques mois déjà mais que je ne connais pas encore. Les services de l'ambassade accueillent les invités à l'aéroport, je rencontre à la douane un ancien journaliste spécialiste du moyen orient, Pierre Dévoluy, avec qui nous faisons route commune, après avoir retrouvé mon éditeur et néanmoins ami Lazhari Labter. Comment dire ; ça fait plaisir d'être attendue tout simplement !
L'hôtel se trouve en centre ville, rue Didouch Mourad, pas de vue sur la mer ni de calme. C'est la rue principale d'Alger, ex rue Michelet, aux fastes haussmanniens un peu ternis, toujours aussi commerçante. Je pense aux autres qui arriveront demain et qui ne connaissent pas Alger. La vue imprenable dans les appartements d'en face donne plutôt envie de tirer les rideaux, dommage... je pose mes tonnes de bagages, enfin on me les monte dans la chambre heureusement et je file au CCF (le havre de paix !) dire bonjour à Liza (responsable du bureau du livre) qui pour une fois n'y est pour rien dans ma venue, puisque les activités de l'ambassade et du CCF sont distinctes. On peut même boire le thé dehors sans avoir froid, je suis sur un petit nuage, un grand bonheur d'être « là » de retrouver les amis, de vérifier les nouveautés, de dire bonjour comme si c'était une habitude quasi quotidienne... je tente de vous dire que je suis vraiment très contente de me retrouver à Alger, avec un projet assez semblable mais un peu différent, qui me rend vraiment autonome, comme une grande en somme !
11 novembre 2009
Je me battrai avec du sable et de l’eau (Nadia Roman au SILA 09 -9/9)
Au moment où un sms lui apprend que son album illustré par Jean-Pierre Blanpain paraîtra bientôt, Nadia Roman rentre du Salon International du Livre d'Alger. Nous la remercions pour ses chroniques et lui disons à l'année prochaine, puisqu'elle y reviendra...

Bonjour,
Suite et fin de mon séjour à Alger, très algérois, même pas un petit raid à Tipaza, comme quoi au plus on a du temps au moins on en prend. Mais tout ceci me va fort bien.
Ce matin j’ai rendez-vous pour une interview avec Canal Algérie International en compagnie d’un représentant des éditions Dalimen. On parle jeunesse, évolution et avenir du livre pour enfant, aide aux éditeurs, et aussi de ce qu’on met dans un livre… enfin des choses qui me font parler de projection, d’identification et pas obligatoirement d’un « message » éducatif ! Je pense à « il faut désobéir » de Didier Daenincks et Pef chez Rue du monde, mais je ne l’évoque pas, allons-y mollo ! Après cette heure d’échange, je fais un tour sur le stand du Petit lecteur pour retrouver Rachid et acheter des contes du Maghreb et un spécial ogres et ogresses. En attendant que les livres arrivent, rupture de stocks, Jorus conteur qui a fait plusieurs animations à Oran, devant la passivité dans les allées, se met à faire la harangue en ventant un album sur Oran. Les gens s’arrêtent, s’attroupent, et il démarre les échanges. Il a une technique super, écoutant l’un parlant à l’autre, nous on se marre à le voir si plein d’énergie. Il reste finalement des gens intéressés par les activités du Petit lecteur, avec qui il continue plus sérieusement, même si avant il était sérieux aussi !
10 novembre 2009
On lit à ma place ! (Nadia Roman au SILA 09 - 8/9)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.

Bonjour - Il va me falloir commencer à penser comment rentrer tant de gros livres dans une si petite valise ! Boucle d'or a trouvé une solution, moi aussi, j'ai acheté un sac de voyage ! Dès lors je me sens l'esprit tranquille et ne pense plus au retour... ne pas gâcher le temps, il y a encore une conférence à laquelle je veux assister sur la Palestine, des lectures aussi et si possible parler quelques minutes avec l'attaché culturel, histoire de lui rendre compte de mon séjour, c'est la moindre des choses, on dira bilan et perspectives !
La matinée est consacrée à l'Imagier, travail sur les images qui sont scannées ici et seront photocomposées à Nice, une vrai coproduction. La moitié des originaux est arrivée et quelques pages de gauche, la page qui portera les mots. L'illustratrice vit en Belgique, nous travaillons par mail. Il faut donc tout noter et se mettre d'accord, mais sans trop de problème. La difficulté est la longueur de la réalisation qui nous demande parfois de nous y remettre, en ayant bien sûr déjà un peu la tête ailleurs, côté mots. Mais j'ai mes tableaux en ordre, on y revient, tout va bien. Le bureau de Lazhari est une petite maison à part dans le jardin, au calme, trois murs remplis par sa bibliothèque, qu'il connaît même en y tournant le dos. Les ouvrages arabes et français, son premier livre, livre de poche acheté à Laghouat, des bouquins d'art de politique poésie, romans un peu moins peut-être. Quelques tableaux, originaux de peintres et amis dont Areski Larbi bien sûr. Je n'ai pas vu sa Cuillère, la vraie, celle qui est l'héroïne de la nouvelle titre de son petit « passe poche » (nom de la collection) que j'aime tant ; il faudra que je revienne. Je ne me souviens plus du titre de son premier bouquin de poche, je l'ai pourtant vu, il faudra que je revienne !
08 novembre 2009
Tout cela sera balayé comme les boules d'asparagus devant le Bagdad café (Nadia Roman au SILA 09 - 7)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Bonjour,
Deux conférences aujourd'hui que je ne veux pas louper ; les auteurs en résidence en juillet et Anouar qui présente son roman, Le rapt. Je ne l'ai pas fini, un livre ni pour le soir ni pour le matin et je lis soir et matin... enfin un livre qu'on ne devrait pas avoir à écrire surtout, pas tant pour le lecteur que pour la véracité du fond. Cet auteur a à la fois le choix le plus noir et le verbe parfois si léger qu'on alterne à sa lecture, l'apnée et l'oxygène. En somme, un livre de plus qu'il écrit au péril de sa vie et de celle des lecteurs. Et il pèse lourd, ce qui fait que les séquelles peuvent également se traduire en lombalgies. Je ris pour faire genre -moi j'y arrive- mais pas tout le temps et dans longtemps encore, des images vives remonteront.
Je n'ai pas encore dit qu'Anouar Benmalek fait parti de mon tiercé d'écrivains à moi (aux côtés de Frédéric Musso, pied noir pas diaphane, encore et toujours grain de sable vif et à vif) (oui c'est un duo, mais je ne vais pas faire non plus le podium olympique même si le salon est situé sur un stade olympique, lui !) simplement son maniement de la langue me va, ses sujets malgré tout (je voudrais bien sûr qu'il n'en ait pas l'occasion) aussi. Il parle souvent de l'enfance, s'en étonne mais le constate. Sa nouvelle L'enfant du ksar* reste pour moi la plus belle lecture sur la perte d'innocence, la bascule discrète et inexorable qu'un enfant connaît certes, mais pas toujours dans de telles conditions, narrée avec une telle intensité.
06 novembre 2009
Il y a de la dispersion de mots, quelques dissensions aussi (Nadia Roman au SILA 09 - 6)
Où il est question d'Azouz Begag, de Fadela M'rabet, de Tassadit Yacine, des éditions Magela et de granules d'arnica au fond de la salle de l'Aurassi… (Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.)

Bonjour !
La matinée commencée un peu plus tard se passe en partie dans la voiture, ce qui laisse le temps de parler et même de travailler. Je ne dis plus rien de la météo stationnaire, des rues quasi printanières où les rares femmes en collants sont celles qui croient que le temps de Paris est le même partout ! Ici les filles rêvent de bottes et moi je me régale à voir la végétation encore, ou plutôt, à nouveau en fleurs. L'arrivée des premières mandarines et des dattes fraiches trahissent à peine les doutes saisonniers.
Le choix de l'emplacement du Sila écarte toute possibilité de manger des sardines grillées au cumin. À midi c'est chawarma et orange pressée, assis sur les bords des trottoirs où nous nous disputons l'ombre de maigres peupliers. Il y a une dauphine grenat sur le parking officiel ! Elle doit dater de temps immémoriaux, enfin du temps dont on parle un peu mais pas trop, ici comme chez nous. Sur le salon, un livre d'un compagnon d'arme du colonel Hamirouche, écrit par son homonyme qui vit en partie en Californie depuis sa retraite. Il reprend les faits et leur analyse, avec recul, vu de l'intérieur, et un questionnement insistant ; qu'avons-nous fait ? qu'en avons-nous fait ? La présentation qu'Anouar fera demain de son nouveau roman sera aussi l'occasion de reposer avec lui cette question. Il évoque entre autre Mélousa.
04 novembre 2009
Et oui, je reviendrai encore et encore (Nadia Roman au SILA 09 - 5)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Bonjour !
Temps légèrement voilé, rush avant le long week end de fête nationale, 1er Novembre ; ceux qui avaient 20 ans en ont 75.
Je pars tôt, rendez-vous 10h sur le salon avec des élèves des Glycines. Presque tout est installé quand ils arrivent en rang, en uniforme avec casquette, filles et garçons issus des 3 CM1, une maitresse, un accompagnateur et un bouquet de roses rose digne d'une mariée, quelle belle attention. Il décore notre stand maintenant. Certains me reconnaissent de l'an dernier, ils ont aussi vu des photos (pas moi !) et lu Le réveil dans leur bibliothèque à l'école. On a fait un petit coin pour eux, tapis et pouf, j'envahis un peu le stand, mais personne ne s'en plaint.
Et puis quoi, il y a des livres, il y a des enfants, ils se mettent à les feuilleter, se parler, s'échanger et je les regarde en pensant « ben voila, c'est pas plus compliqué, donnez leur des livres et ils liront... ». Ils sont une quinzaine, chacun fait son choix ; là je dois dire que le ministère ne va pas être content ; tous les enfants prennent les livres en français alors que j'avais bien fait attention de les choisir dans les deux versions autant que possible. Ils lisent le français plus volontiers, la maîtresse le confirme. Et pourtant, ça ce n'est pas elle qui me le dit, les consignes vont, même pour les écoles bilingues sous contrat, vers un renforcement de l'arabe. Ils ont tous un cahier et notent les mots qu'ils ne connaissent pas ; oui il doit y avoir un long travail enseignant derrière tout ça. Ils demandent aussi le sens des mots, occasion de faire une leçon de vocabulaire sur la famille du mot, sa racine. Je les laisse lire un bon moment, histoire de ne pas donner et couper au milieu de l'histoire et pendant ce temps on parle pédagogie avec la maîtresse qui fait pas mal de travail sur l'écrit. Il y a un livre en version Tamazirt qu'une petite fille me dit apprendre un peu à la maison. Il s'agit de Ninisse la petite berbère de Fatima Kerrouche (Hibr Editions), qui vit à Montpellier et travaille à l'accompagnement de la culture berbère. Je comptais en lire une histoire, mais ils ont choisi autre chose.

31 octobre 2009
En début d’après midi, une réception sur le stand Alpha pour fêter la sortie du premier livre CD audio en Algérie (Nadia Roman au SILA 09 - 4)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Bonjour !
Il pleut sous la tente et pourtant pas d’orage à l’horizon mais un ciel bleu d’azur, le matin gris puis rose sur la mer. Mon réveil sans pile marche du tonnerre et sans orage je vous assure !
Les livres gondolent c’est vrai, on protège au mieux. Mais tout va bien, les toilettes sont raccordées !!!
Je ne fais pas trop de tourisme, je crois que la circulation est de pire en pire et le trajet pour monter au 5 juillet est interminable. Heureusement, on dit des bêtises dans la voiture avec Amine et Meriem qui s’occupent du stand LLE. On parle aussi souvent de Katek Yacine qui marque la nouvelle génération par le réalisme de son propos de son regard et la beauté de son écriture. Enfin la nouvelle génération qui lit… Il habitait dans un centre de repos et de vacances pour les ouvriers algériens, du temps où on pensait social, transformé en logements tout court depuis, sans compensation ; c’était du temps où les ouvriers étaient ouvriers et où ils prenaient des vacances… pas besoin de traverser la Mer pour ça, en effet. Mais je passe tous les jours devant ce lieu et j’ai une sorte de frisson à penser qu’il faisait là son tour de vélo quotidien, qu’il ne voulait pas plus grand ni mieux, qu’il regardait le monde de là et qu’il l’appréhendait de quelle manière et de le dire aussi et de l’écrire. Le personnage de Lakhdar dans Nedjma me poursuit, la vertu de l’écrivain, distraire les paysans quelques instants de leur tâche…
30 octobre 2009
Kébir nous a fait la lecture à haute voix, entre chorba et vin rouge (Nadia Roman au SILA 09 - 3)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Il fait chaud, beau, et autres constats quotidiens auxquels on ne s’habitue pourtant pas. Mon nouveau réveil, écolo en diable, consiste à ne pas fermer le rideau afin que le soleil entre direct sur mon lit, pile poil à 7 heures moins le quart. Et pourquoi si tôt ? me demanderez-vous ! Parce que je suis à Alger et que j’aurai bien le temps de dormir à Nice !
Hier journée inauguration du salon, c'est-à-dire la moitié de la ville bloquée, déjà qu’en temps normal c’est pas fluide fluide… service de sécurité renforcé à bloc, difficultés à entrer sous le chapiteau, badge spécial puis pas badge, enfin on entre, deux par stand. Le président arrive vers 14h, visite trois stands et repart. Il est entouré de nombreuses personnalités de ses ministères. Un quart d’heure. Le communiqué de presse fait écho des satisfactions de l’organisation. 345 exposants, 145 nationaux, de beaux stands bien décorés (les livres sont sortis des cartons de cigarettes maintenant et certains éditeurs font des stands « comme à la maison »). quelques petits bémols omis… une telle condensation se fait sous la tente que les montants ruissellent et les livres… gondolent et parfois se mouillent carrément, comme après la pluie. Pas assez de ventilation, on promet de mettre des souffleries chaudes la nuit pour assécher l’air. Dans le cadre des inconvénients, quand autant de monde est réuni dans un lieu, ce n’est pas très glamour, mais le problème des wc devient non négligeable. La veille, deux sortes d’algéco étaient en place mais « pas tiyaux » j’avais compris sans traduction ! Ce matin nous sommes entrés derrière un camion de goudron, il venait boucher la tranchée, ouf des tuyaux ! et à 17h les portes toujours closes… bon, c’est prosaïque mais il a fallu sortir loin du stade pour trouver un restau, face à la fac de lettre de Bouzaréa ; le baiser de l’air, oui quel beau nom somme toute. J’ai acheté une carte de téléphone avec photocopie du passeport et tutti quanti. Rassurée de me savoir autorisée à la garder et la réactiver, les coordonnées sont enregistrées, au moins c’est clair.
28 octobre 2009
Ici le smic n’a pas bougé, 15000 dinars un peu moins de 150€, les prix ont augmenté, les livres ont de plus belles couleurs (Nadia Roman au SILA 09 - 2)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Lundi 26 octobre 2009.
Ce matin, réveil avec le lever du soleil sur la baie, y'a pire, après, il faut le dire, un repas du soir exceptionnel ; des champignons nommés « cèdres » car ils poussent dessous vers Blida, excellents et très parfumés et un loup, pas de la forêt mais de la mer !
Ce matin donc, la tournée des fournisseurs, imprimeur et publicitaire, avant de rejoindre le salon, situé cette année à la sortie d’El Biar, sur le site olympique du 5 Juillet. Il faut plus de temps pour le faire que pour le dire. La circulation à Alger c’est toujours un poème, dont mon ami Yahia Belaskri* a le secret de la narration !
Pour le SILA cette année, Le livre roi avec une affiche Harry Potterienne, un chapiteau loué en Allemagne, tous les exposants sous le même toit, toujours un peu loin du centre ville, bus avec un changement et le dernier arrêt pas tout près, grand parking certes et des préparatifs houleux dont on peut lire les avancées sur le site d’El Watan début octobre (et, si je peux me permettre un conseil, prendre le temps de lire les commentaires des lecteurs, vraiment très intéressants, pas uniquement sur le Sila, mais sur ce que ces démêlés provoquent comme réactions, élargissent le débat finalement).
27 octobre 2009
Chui snob !!! (Nadia Roman au SILA 09 - 1)

(photo extraite du site http://www.pignon-ernest.com)
À l’aéroport d’Alger, je croyais qu’en plus de la douane papiers, il y avait un détecteur image, car franchie la susdite douane, on passe devant une caméra - dont l’image reproduite sur un écran plat immense est certes colorée saturée, mais j’y ai affiché mon plus beau sourire… Et j’ai appris ensuite qu’il s’agissait d’une caméra infra rouge qui sert à détecter les fébriles, donc les potentiellement H1N1 qui arrivent !!! Oui je mets 3 points d’exclamation, pas que j’en sois rapiat d’ordinaire ! (encore un !) mais peut-être que tout le monde sauf moi connaît cette pratique ? Elle vient des Etats-Unis comme le matériel et je n’y suis jamais allée et donc pas non plus depuis la grippe, enfin La grippe (il en faudrait encore un là de…ça !). J’avais un rhume, ça m’a laissé passer, ouf.
11 novembre 2008
Ne doutez pas d’ici là de ma fraternelle et fidèle affection (chroniques algéroises de Nadia Roman #6)
Cafouillage internet. Rien de grave, « tout » est dit.
Je m’en vais, je m’en retourne, je me retourne.
« Au moment de la quitter, je rêve d’une connaissance immédiate et fortuite –entendre plutôt qu’écouter, voir plutôt que regarder-, qui me conduirait dans des parages où la sagesse ressemble à la communion des simples. Oublier, obstinément, pour mieux retrouver le vierge aujourd’hui. » Frédéric Musso rêve en quittant la Chine, extrait de son Pékin en Chine réédité cette année à La table ronde vermillon. Je lui emprunte ce désir fugace de gommer l’étrangèreté et l’oubli paradoxal.
Et c’est à Albert Camus que je donne le mot de la fin, conclusion d’une lettre qu’il adresse de Sao Paulo à René Char (Correspondance 1946-1959, Gallimard). « Mais vous n’avez que faire de mes impressions de voyage. Je rentre à la fin du mois, content de rentrer, impatient de vous revoir… Ne doutez pas d’ici là de ma fraternelle et fidèle affection. »
Je vous embrasse
Nadia
10 novembre 2008
Et nous on refait le monde… (chroniques algéroises de Nadia Roman #5)
[Retour sur le 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman, chronique 4/7]
Je n’ai pas écouté la radio ni regardé la télé depuis mon arrivée ; dans les journaux algériens je ne lis que le national. J’en saurai assez au retour, le monde continue à tourner de travers je suppose… La fatigue commence à s’accumuler, mais je ne suis pas là pour me reposer, le temps passe et mon retour s’annonce au rythme des départs. Fabienne rentre aujourd’hui ; elle n’aura pas eu la « chance » de voir son guide d’Alger sur le stand d’ESF ni les autres titres d’ailleurs. Jusqu’à l’aéroport d’où elle appelle encore pour savoir, mais je suis obligée de la décevoir. Nous avons établi un code, s’ils sont débloqués, je lui écris « siper » avec l’accent bien sûr ! C’est la traduction que Rania, journaliste à Algérie news propose, quand je lui demande comment exclamer sa joie en arabe !
La soirée chez Sofiane et Selma était très agréable, havre de paix sur les hauteurs d’Alger, des bouquins partout des amis partout, du vin et de la musique cubaine. Et on parle de quoi, de livres évidemment ! Laura, jeune éditrice avec son père Jean Richard (éditions En bas) militants de Lausanne, est ici pour la première fois. On parle aussi emplettes avec Mélanie, journaliste toulousaine qui vit à Alger depuis deux ans, elle travaille à El Watan. Elle aime sa vie ici qu’elle trouve plus riche qu’en France, sur le plan professionnel et des « valeurs » comme elle dit, plus vraies, moins factices que chez nous. Elle dit aussi revenir souvent en France pour le côté futile qui lui manque, la vie algéroise n’a pas le loisir de ce luxe-là. Elle conduit comme un vrai taxi algérois, fonce et freine, lumière au plafonnier et veilleuses aux barrages, à nouveau à fond après la chicane.
08 novembre 2008
Une volonté commune qui avance (chroniques algéroises de Nadia Roman #4)
[Retour sur le 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman, chronique 4/7]
Même aller acheter le journal (oui je vis à Nice où on dit « le journal » puisqu’il n’y a qu’un quotidien…ce qui ici paraît incroyable), pas de feu, peu de passages cloutés, la trouille ! C’est un peu comme la conduite, bande d’arrêt d’urgence couramment pratiquée, malgré une police omniprésente, mais les embouteillages sont tels. Moi qui pensais avoir du mal pour conduire à Paris, ici je n’y pense même pas, chauffeurs, amis, taxis quel confort !
Toujours pas le bout du nez d’un livre débloqué mais des rayons qui se vident. Paperasses et transitaires aux prix variables, on est aidé par les jeunes sur le stand qui sont tous issus ou en cours d’école de commerce, ouf ! Sérieux et gentils, respectueux des vieux, ils m’appellent Tata ce qui est drôle et chaleureux, je leur donne du « attention à maman Nadia » mais attention à quoi ?! On parle religion avec Mehdi, musique avec Ramzi, livres avec Lydia et Khalida, entre les mille et uns coups de téléphone qu’ils passent et reçoivent. Ici pas un mais au moins deux portables grands comme des calculatrices des années 70 plein de touches et d’options.
06 novembre 2008
Attendre le printemps pour revenir ! (chroniques algéroises de Nadia Roman #7)
[En direct du 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman - Chronique 7 / 7] - Nadia Roman vous propose d'écouter Petit Bambino par Lili Boniche en lisant sa dernière chonique algéroise 2008 :
Dernier jour à Alger, toujours ce pincement. Il fait très beau, la journée sera longue.
Les éditeurs de l’Alliance des Editeurs Indépendants sont venus en nombre, une vingtaine, d’Europe et d’Afrique. Guinée, Cameroun, Madagascar, Tunisie, Maroc, Canada, Suisse, Belgique, France, Algérie enfin. C’est la première fois qu’ils sont ici. On trouve sur leur stand peu éloigné du notre tout ce qu’on peut éditer, de la politique à la jeunesse, en passant par les sciences humaines, l’économie… Rencontres autour du livre, des professionnels, visite d’une imprimerie ancienne et toujours en activité, l’Imprimerie Mauguin à Blida (où Le réveil est imprimé) qui est également le siège des éditions du Tell. Nous préparons avec eux une table ronde sur la littérature jeunesse à laquelle je ne participerai pas (hélas) ce sera demain et je serai exactement dans l’avion. Mais je seconde « mon » éditeur pour cette réunion de travail qui se passe sous la khaïma berbère qui trône sur l’esplanade du palais des expositions. A noter que les mandarines sont déjà mûres ici et les dattes…
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