(LES 25 DERNIERS ARTICLES DANS CETTE RUBRIQUE)

17 février 2011

Place et Ponti

placeponti©Roumagnac.jpg

Lettres d'automne 2011 (site)

Ce jour là, les mots entre eux c’était comme des ricochets dans l’eau.
C’était à celui qui ferait le plus de rebonds-rires possible.
C’était joyeux, drôle, complice……
Les mots-cailloux ont été avalés dans le miroir-temps.
Mais il nous reste  les ondes-souvenir qui se propagent encore dans les images.

Patricia Matsakis, librairie Le Bateau Livre, Montauban

24 janvier 2011

Est-ce que vous considérez Marina comme un livre de littérature jeunesse? (ou :

232122-jecris-pour-gens-aiment-lire.jpgQ: Est-ce que vous considérez Marina comme un livre de littérature jeunesse? Quels sont les lecteurs que vous voulez rejoindre en français?

R: Je n'ai jamais su à quelle catégorie ce livre appartient et je ne suis pas sûr que c'est important. À l'origine, il a été publié comme littérature jeunesse, mais c'est un livre qui plaît autant aux jeunes lecteurs qu'aux adultes. Pour moi, il s'agit simplement d'un roman, d'une histoire personnelle. J'écris pour les gens qui aiment lire, qui s'intéressent au livre, au langage, aux idées, à l'imagination et à la beauté des mots et de la narration. Quels que soient la langue, la race, l'âge et la nationalité, pour moi, les lecteurs du monde sont une nation à part.

C'est une interview de Carlos Ruiz Zafon sur Cyberpresse, ici (photo Cyberpresse)

11 janvier 2011

Une exposition de Sylvette Guindolet et Claude Lapointe



Découvrez Une exposition de Sylvette Guindolet et Claude Lapointe à Strasbourg: Personnages en quête d'Histoires sur Culturebox ! (reportage 2009)

10 janvier 2011

A la rencontre de Joann Sfar

(Sur le blog de la librairie La Soupe de L'Espace, et dans le dernier Citrouille en librairies !)

Bein voilà ! Je suis là pour t’interviewer à propos de la collection Bayou, chez Gallimard BD, pour la revue des librairies spécialisées jeunesse, Citrouille…

… que je connais très bien !

Pourrais-tu nous dire comment la collection est née ?

En fait, c’est mon titre de gloire : j’ai réussi à couler une maison d’édition ! J’avais créé une collection qui s’appelait Bréal Jeunesse, chez Bréal, dans laquelle je voulais mélanger des BD, des livres illustrés, des romans jeunesse – au sens large, car je ne voulais pas mettre de tranche d’âge et que les gens choisissent par eux-mêmes. Ça a été un tel pataquès qu’au bout de 2 ans on a plié boutique, mais on a quand même sorti de bons bouquins, puisque c’est là qu’on a sorti « Le manuel du puceau » de Riad Sattouf, et c’est là qu’est sorti « Monsieur Crocodile » pour la première fois. [Lire l'intégralité de l'interview]

04 janvier 2011

itw de Marie-Hélène Delval sur le blog de la libairie Les Sandales

Marie-Hélène Delval est l'une des figures des éditions Bayard depuis de longues années. Aujourd'hui auteur reconnue de nombreux romans et notamment de la série à succès des Dragons de Nalsara, elle a accepté à quelques jours de son départ en retraite fin décembre de répondre à quelques unes de nos questions (en relisant je me rends compte que j'en ai oublié beaucoup en route). Qu'elle soit sincèrement remerciée pour sa grande disponibilité, sa gentillesse, ses réponses et son talent...

Mais que les fans se rassurent, vous allez le voir, elle n'est pas prête encore
à nous abandonner totalement. 

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 Bonjour Marie-Hélène Delval, vous êtes un auteur connu, reconnu, comment vous présenteriez vous ? Comme quelqu’un qui a découvert très tôt le pouvoir qu’ont les mots de provoquer l’émotion, et qui a eu envie, un jour, d’ajouter sa petite musique à celle de tant et tant d’auteurs…

 Vous êtes un auteur très prolifique… pourquoi écrire ? Depuis quand ? Pas si prolifique que ça ! Trouver le temps d’écrire quand on a un autre métier, ce n’est pas facile ! Mais, au bout de plus de 30 ans d’écriture, les petits ruisseaux font les grandes rivières… Le  désir d’écrire m’est venue de l’émerveillement que me procurait certaines histoires que je lisais à haute voix à mes enfants quand ils étaient petits : comment pouvait-on, avec des mots si simples, créer autant d’émotion, de poésie… ? J’ai eu envie d’essayer à mon tour, et j’ai compris alors que c’était « mon mode d’expression », la part en moi qui pouvait participer même de façon minuscule, à la « création du monde ».

(la suite sur le blog des sandales)

08 décembre 2010

3 questions à Olivier Tallec (vidéo de L'Institut français de Saragosse)

30 novembre 2010

Réveiller les mentalités : une interview de Réséda Ponga

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L'Océanie a son stand au salon de Montreuil (stand E40, 1er étage). On y découvrira notamment la littérature jeunesse de Nouvelle Calédonie grâce à la participation de la Maison de la Nouvelle Calédonie de Paris. Le carton d'invitation des co-organisateurs reproduit une illustration de Laurence Lagabrielle
 pour l'album Mèyènô, éd. Grain de sable. En 2005, Patrice favaro avait rencontré pour nous l'auteure de cet album, Réséda Ponga. Nous republions cette interview ci-dessous... et vous invitons, si vous en avez la possibilité, à assisté au spectacle de contes de la compagnie calédonienne, Les Enfants Migrateurs, le mercredi 1er décembre à 15h30 (voir ici)

Réveiller les mentalités (première publication : 2005)
«Je revendique le droit de ne pas priver ma fille de cette richesse que m’ont transmise mon père et ma mère et ma famille, et tout mon clan.» (Réséda Ponga)


Mèyènô est le deuxième album co-édité par l’Agence de Développement de la Culture Kanak/centre culturel Tjibaou et les éditions Grain de sable. L’album est accompagné d’un CD bilingue français et ajié, l’une des langues kanak. Les deux auteurs, Réséda Ponga et Laurence Lagabrielle ont bénéficié de formations au centre culturel Tjibaou: l’une en écriture de contes avec Patrice Favaro, et l’autre à l’illustration avec Katy Couprie. (Mèyènô , conte kanak en français / a’jië, 
de Réséda Ponga et Laurence Lagabrielle, éd.
Grain de sable / Centre culturel Tjibaou)

Quel est le parcours qui vous a amenée à écrire le texte de l’album Mèyènô?
En 2003 j’étais stagiaire enseignante et j’ai participé à un atelier d’écriture au centre culturel Tjibaou. C’est à ce moment-là que j’ai écrit une partie de l’histoire. Le centre culturel Tjibaou et Grain de sable ont décidé d’éditer des albums de jeunesse bilingues, Mèyènô a été choisi pour être leur deuxième titre publié. J’ai d’abord travaillé le texte et ensuite Laurence Lagabrielle l’a illustré mais il a fallu encore que je revienne quelques fois sur le texte. Les éditeurs ont été des conseillers pour moi dans cette expérience, ils m’ont vraiment mise à l’aise et m’ont beaucoup aidée. Le centre culturel Tjibaou a été comme un tuteur.

Dans votre texte, c’est une vielle femme qui introduit l’histoire de Mèyènô. Elle va la raconter à sa petite-fille, Nôe. Est-ce une façon pour vous de rattacher votre écriture à la tradition orale?
C’est surtout pour mettre en avant le respect qui doit être instauré par les vieux et vécu par les jeunes. Nôe sait ce qu’elle doit faire, elle se tait et écoute attentivement. Pour pouvoir aller plus loin, il faut d’abord s’asseoir et ouvrir les oreilles de son être le plus profond.

Dans la tradition kanak, le conte tient une place toute particulière, puisque la culture kanak s’est manifestée longtemps de façon uniquement orale. Qu’a représenté pour vous le fait d’écrire un conte?
Il est nécessaire de mettre notre pensée à l’écrit sinon les autres risquent de mal l’interpréter. Avec le conte nous avons la possibilité de faire passer un savoir tout en faisant plaisir aux enfants et en laissant nos lecteurs libres d’interpréter tout en gardant le sens initial.

Mèyènô signifie celui qui cherche l’histoire ou la parole. N’est-ce pas aussi dans une certaine mesure le défi de tout Kanak aujourd’hui: réhabiliter son histoire et faire entendre sa parole?
Je parlerai surtout de la reconnaissance des langues kanak en tant que langues d’enseignement au même titre que le français, comme cela a été dit dans les accords de Nouméa. Nous nous posons beaucoup de questions, nous avons les réponses mais pour prendre des initiatives c’est autre chose. Les Kanak sont balancés de gauche à droite, et, pour finir, beaucoup ont dû abandonner leur langue et prennent position contre l’enseignement des langues maternelles, et quelque part, inconsciemment, contre leur propre culture. Aujourd’hui, parmi les Kanak, il faut réveiller les mentalités.

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25 novembre 2010

A la rencontre de Joann Sfar

(Sur le blog de la librairie La Soupe de L'Espace, et dans le nouveau Citrouille qui vient d'arriver dans nos librairies !)

Bein voilà ! Je suis là pour t’interviewer à propos de la collection Bayou, chez Gallimard BD, pour la revue des librairies spécialisées jeunesse, Citrouille…

… que je connais très bien !

Pourrais-tu nous dire comment la collection est née ?

En fait, c’est mon titre de gloire : j’ai réussi à couler une maison d’édition ! J’avais créé une collection qui s’appelait Bréal Jeunesse, chez Bréal, dans laquelle je voulais mélanger des BD, des livres illustrés, des romans jeunesse – au sens large, car je ne voulais pas mettre de tranche d’âge et que les gens choisissent par eux-mêmes. Ça a été un tel pataquès qu’au bout de 2 ans on a plié boutique, mais on a quand même sorti de bons bouquins, puisque c’est là qu’on a sorti « Le manuel du puceau » de Riad Sattouf, et c’est là qu’est sorti « Monsieur Crocodile » pour la première fois. [Lire l'intégralité de l'interview]

17 novembre 2010

Faire et défaire

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Mathis est l'auteur (et souvent aussi l'illustrateur) de très nombreux livres, certains très drôles, quelques-uns plutôt tristes, mais il y en a deux qui restent un peu à part pour moi. Maçon comme papa, pour les plus petits et, pour les plus grands, Faire et défaire, paru deux ans plus tard, sont deux livres très justes, avec une écriture sensible, douce, intime. Les deux racontent la même chose, même si les personnages n'ont pas le même âge. Un enfant / un ado qui accompagnent leur père sur les chantiers et qui apprennent sans doute d'abord à passer du temps avec lui, et puis ensuite ce que veut dire travailler, suer, avoir mal - mais aussi la satisfaction finale d'avoir accompli quelque chose. Le jour où j'ai contacté Mathis pour lui demander un entretien, il m'a répondu: «Oui, je veux bien, d'autant, et c'est un peu troublant, que votre demande coïncide avec l'anniversaire de mon père. Il aurait soixante-huit ans aujourd'hui. Le travail, c'était un truc important pour mes parents. Et ces livres sont un peu autobiographiques…»


MADELINE ROTH: Maçon comme papa est paru en 2005, Faire et défaire en 2007. Vous aviez l'impression de ne pas avoir tout dit?

MATHIS: J'avais déjà écrit ce genre d'histoires mais en bandes dessinées, en 1993 dans la revue À suivre; et puis il y a eu cet album qui s'appelait Henri, fils de ses parents, paru au Potager Moderne… J'évoquais déjà ça, ce petit garçon persuadé d'être indispensable. Mais en réalité j'ai écrit Faire et défaire d'abord, et l'idée de Maçon comme papa est venue pendant cette écriture. Les hasards de l'édition ont fait paraître Maçon comme papa en premier… Le début de Maçon comme papa est entièrement vrai. Un jour je suis rentré de l'école en disant à ma mère que les enfants étaient tous des abrutis et que je ne voulais plus y aller. À l'époque mon père me faisait un peu peur, je devais passer par ma mère pour lui parler. Je lui ai demandé de l'accompagner sur ses chantiers. J'avais deux frères et deux sœurs et on dormait tous dans la même chambre. Mon rêve c'était d'avoir une chambre à moi. Alors je pensais que si je travaillais, j'allais devenir riche et que je pourrais acheter une maison à mes parents avec une chambre rien que pour moi. Le truc quand j'étais petit, c'était de gagner de l'argent. Je me rendais compte que c'était un souci pour mes parents. Je voulais être utile. Participer à tout ça. Mais bon j'étais trop petit…

Sur internet j'ai trouvé une émission de radio enregistrée avec des enfants autour de Maçon comme papa, où vous racontez que votre père voulait que vous deveniez curé. C'était plutôt drôle ça, pourquoi ne pas l'avoir écrit?

   On habitait en Alsace et les curés étaient rémunérés, mon père voyait ça comme la planque… Et puis c'était une sorte de blague aussi parce que, petit, j'avais été enfant de chœur. Mais la religion est beaucoup moins présente dans nos vies aujourd'hui, et comme je m'adresse aux enfants d'aujourd'hui, dans Maçon comme papa «curé» est devenu «Président de la république».

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08 novembre 2010

Christian Heinrich et Christian Jolibois (vidéo)

06 novembre 2010

Benoit Morel


Reportage de http://www.telegohelle.fr/
Blog de Benoit Morel : http://lebduchat.blogspot.com/

03 novembre 2010

Non à la fermeture de l’usine Parker!

Murielle Szac - copie.JPG
Une interview de Murielle Szac à propos de son roman La Grève,
collection Karactère(s), éditions du Seuil - 8,50€)

«Dans mes livres, nous dit Murielle Szac, il y a souvent du brouillard. Normal, je suis née à Lyon en 1964 mais j’ai passé mon enfance à Calais, alors la brume sur les fleuves et les canaux, je connais… Dans mes livres, il y a souvent une odeur de poudre et de colère, des révoltes et des combats, les mots ensemble et demain, une grosse envie de croire en l’homme, à sa capacité de changer le monde. Et puis des «Non» semés à foison. Parce que je suis écrivain mais aussi journaliste, je tricote mes histoires avec le fil du réel. S’il ne fallait retenir qu’un seul fil conducteur de tout mon travail ce serait celui-ci: la transmission. Pour choisir de devenir qui l’on est, il faut savoir d’où l’on vient. Histoire des origines, histoires de nos origines. D’autres avant nous ont vécu, souffert, aimé, se sont battus. C’est eux qui nous tracent le chemin.»

La Grève, son roman pour adolescents, dépeint ainsi de manière extrêmement touchante le combat des ouvrières de l’usine Parker à travers les yeux de Mélodie, treize ans, fille aînée qui a grandi dans la cité ouvrière du quartier Bosch (à côté de la fonderie qui a fermé, condamnant son père au chômage; celui-ci, quittant sa femme et ses quatre enfants, est parti vivre en ville). Le quartier de l’usine Parker, c'est aussi celui qui «engloutit sa mère le matin et la recrache le soir.». Mélodie considère la vie et le travail de sa mère avec honte et mépris. Pourtant, à la menace de fermeture de l’usine, tout va basculer. La grève commence, l’occupation de l’usine est votée par les ouvrières et, à sa grande surprise, sa mère s’investit dans la lutte. Mélodie demande à rester dans l’usine et se retrouve au cœur du combat. Elle prend alors conscience de l’importance de l’histoire, du savoir-faire, des conditions de travail de ces ouvrières. Cela va modifier complètement sa représentation du travail, passant du mépris à l’admiration pour ces femmes. Organisation, réunions, sollicitations de la presse, reprise de la production, tout y est amené avec justesse, sans commisération. On navigue entre effervescence et découragement. Une grève, c’est aussi le sentiment de vivre un moment infini, hors du temps - le lecteur aussi a l’impression que tout s’est arrêté de tourner sauf l’usine Parker. C’est à travers le regard progressif de Mélodie que le lecteur éprouve avec elle ce fait de notre société, ô combien actuel, grâce à un récit percutant et une écriture admirable.

CLAIRE BRETIN: Quelle est l’étincelle qui a déclenché l’envie d’écrire ce roman à propos d'une grève?
 
MURIELLE SZAC: Ce livre coule de source pour moi, mais ces sources sont multiples. Il y a d’abord une fidélité aux valeurs dont je suis issue. Mon grand-père était cheminot, il réparait des trains dans un atelier SNCF en banlieue de Lyon. Mais ni lui, ni ses enfants ne partaient en vacances. Trop cher. Ma grand-mère s’usait les yeux à retoucher au pinceau des photos dans une pièce noire pour rendre les bourgeois plus beaux. Mais ni elle ni ses enfants n’étaient photographiés. Trop cher. Mon arrière-grand-père ouvrier canut à la Croix-Rousse fabriquait des rubans pour les riches. Mais ni lui ni ses enfants n’ont jamais porté de soie. Trop cher. Mes parents ne sont pas des ouvriers, moi non plus. Et pourtant être issue du monde ouvrier oriente profondément ce que je suis. J’ai reçu en héritage des valeurs, celles du partage, de la solidarité, la fierté du travail bien fait, la révolte aussi contre les injustices… Lorsque jeune journaliste je suis partie en reportage dans le milieu ouvrier, déjà à l’époque je cherchais ce qu’il reste du monde ouvrier quand les usines ont fermé. De ces plongées, je me souviens d’être revenue avec la douloureuse impression d’une perte de transmission, d’une cassure dans la chaîne des générations. Ceux que l’on avait jetés de leur usine ne se sentaient plus bon à rien. Ils n’avaient jamais raconté à leurs enfants ou petits-enfants de quoi était fait leur travail quotidien. Et leurs valeurs même, ils n’avaient plus envie de les faire vivre. C’est de tout ce terreau qu’est né mon envie d’écrire ce roman.

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20 octobre 2010

Timothée De Fombelle, un prestidigitateur heureux

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Thimothée de Fombelle -photo © Gallimard

Vango, le dernier livre de Timothée De Fombelle (lire les premières pages ici : VANGO.pdf), est arrivé dans nos librairies au mois de mars dernier. Avec le brio et le sens de l’aventure romanesque qui avaient fait la réussite de Tobie Lolness, Vango se déroule durant la période entre les deux guerres mondiales et raconte l’histoire d’un jeune homme pourchassé par de mystérieux et menaçants personnages. Du parvis de Notre-Dame — où Vango, âgé de presque vingt ans, se croit à un tournant décisif de sa vie — aux îles Éoliennes, au milieu de la Méditerranée, le héros et ses poursuivants traversent l’Europe en long et en large. À bord de dirigeable, en train, sur de puissants bolides sportifs, ou en avion, les personnages se cherchent, se fuient, se croisent, finissent, parfois, par se trouver. Sur un rythme effréné, de nouveaux dangers ne cessent de menacer la vie de Vango, qui ignore tout de son origine et des causes de son malheur.
Par un beau matin de printemps, Timothée De Fombelle a eu la gentillesse d’accepter une invitation à la librairie le Chat Pitre pour parler de son héros.
Sans entamer le suspens palpitant de son roman, ses réponses dévoilent avec générosité et enthousiasme les ficelles du métier d’écrivain: les outils, les ressorts dramatiques, les sources auxquelles puise son imagination, les techniques d’écriture. Un métier qu’il n’hésite pas à comparer à celui du prestidigitateur tant il a le sentiment que «la réalité est magique: c’est ça qui fait qu’on a envie d’en parler». Un métier qu’il est heureux d’exercer et dont il transmet toute la richesse.

SILVIA GALLI: Alors que Tobie, votre premier grand héros, ne mesurait que quelques millimètres et vivait dans un monde imaginaire, le protagoniste de votre dernier roman, Vango, a une taille humaine.  Il est aussi plongé au cœur de l’histoire réelle de la période entre les deux guerres mondiales.  Vous dites que vous avez un rapport très charnel à l’histoire. Vous avez choisi l’année 1915 pour faire démarrer les aventures de Vango parce que c’est l’année de naissance de trois de vos grands-parents. En même temps, vous affirmez que Vango n’est pas un roman historique. Pouvez-vous en dire plus, sur ce point?

TIMOTHÉE DE FOMBELLE: Ce qui ne fait pas de Vango un roman historique – mais ce sont un peu des lois de délimitation du genre historique que je m’invente – est le fait que le personnage principal n’est pas l’Histoire. C’est à dire que mon but n’est pas de raconter l’Histoire en prenant le prétexte d’un héros qui la traverse. Mon but est de raconter le destin de mon héros et de ce qui pour moi fait la vie dans tous ses aspects, à travers l’Histoire. Je ne dirais pas que l’Histoire est une simple toile de fond, parce que c’est beaucoup plus que ça. L’Histoire est quand même un personnage. Ce n’est pas le personnage principal, mais c’est un outillage de mon récit: c’est une sorte d’élément qui va révéler mon héros, auquel mon héros va être confronté à tout moment. Je ne fais pas de l’Histoire comme en ferait Dumas, qui va plonger la Reine Margot dans des aventures où c’est l’Histoire qui est en jeu. Dans mon roman, ce sont des destins qui sont en jeu. La preuve c’est que j’ai le sentiment d’une parenté très forte entre Tobie et Vango. Or, Tobie était totalement dans l’imaginaire et sa course-poursuite se déroulait dans un monde que j’inventais totalement au fur et à mesure, même s’il avait la réalité de l’arbre comme soubassement. Malgré tout, j’étais quand même dans un monde qui, finalement, est très proche de celui auquel Vango va être confronté.

En effet, dans les deux il y a de grands dictateurs. C’est quelque chose qu’on retrouve dans l’ensemble de votre œuvre. Est-ce la possibilité de développer ce thème qui vous a poussé à plonger Vango dans l’histoire réelle ou, dans ce rapport à l’autoritarisme, c’est l’individu seul face à un monde hostile qui vous a davantage intéressé?

   C’est vrai que j’ai besoin de ça. Mais un monde hostile comme dans le genre fantastique, avec des menaces pas identifiées, vagues, m’intéresse moins que des dangers réels. Des forces du mal qui sont abstraites, pas incarnées, me touchent moins. J’ai un peu honte parce que je ne suis pas vraiment rentré dans La Guerre des étoiles, par exemple. Pour ma femme, La Guerre des étoiles c’est un culte! Moi, j’ai une petite résistance parce que, justement, il me manque quelque chose du point de vue de l’incarnation du côté obscur de la force. Je suis plus à l’aise avec des méchants incarnés et, malheureusement, l’histoire en fournit une galerie bien suffisante! Pour Vango, j’ai eu tout de suite à l’esprit la période entre les deux conflits mondiaux. En ce moment, j’écris même deux pièces qui se situent également aux deux bornes de l’époque que je raconte dans ce roman. Ce n’est pas un hasard si je suis dans cette période qui me passionne et que je trouve extrêmement forte. Je parle en auteur et pas seulement en être touché par certaines choses et moins par d’autres. C’est quand même une période de tensions dramatiques qui est passionnante à utiliser – j’ai un peu honte, là aussi, de dire ce mot.

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19 octobre 2010

Des livres pour enfants-voyageurs (itw vidéo de Jean Podéros)

Embarquer les enfants dans des voyages à travers l’art : c’est ce que proposent les Editions courtes et longues, créées par Jean Poderos en 2005

01 octobre 2010

(Vidéo) Claude Ponti, librairie Comme dans les livres (Lorient)


http://commedansleslivres.fr/

28 septembre 2010

«J’édite des livres porteurs d'espoir, dans lesquels il n’y a pas de morale, dans lesquels les gens prennent ce qu’ils ont envie de prendre.»

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Une interview de Serge Carpentier, éditions Gecko,  par Carole Aillaud, librairie Le Rivage des Livres, Mantes-La-Jolie.

La maison d’édition Gecko est installée à Darnétal près de Rouen. Gecko comme le petit lézard, fil ténu entre la France et Mayotte dont est originaire Serge Carpentier, le fondateur de la maison. Grandir entouré  d’une famille moitié mahoraise, moitié française, avec toute l’intolérance que cette situation engendre parfois, n’a pas toujours été chose facile. Mais sa double identité nourrit la réflexion éditoriale de Serge Carpentier, pour qui être issu de la différence est une source de richesse infinie. Les ouvrages de son catalogue en témoignent.

CAROLE AILLAUD: Quel est votre parcours?

SERGE CARPENTIER: Mon tout premier boulot salarié, c’était maquettiste dans l’édition; ensuite j’ai bossé en free-lance comme infographiste pendant quinze ans dans pas mal de structures de communication, pub, studios de créations… Et puis je suis parti à Mayotte dans les années 1993-1994, et là-bas, j’ai monté une agence de communication puis un label d’édition: Baobab. Les éditions Baobab, ça va du livre de tourisme au livre d’histoire en passant par les romans, la littérature de jeunesse… Je m’occupais particulièrement de la partie illustration. C’est pour cette raison que la jeunesse m’intéressait. Je suis rentré en France et j’ai créé Gecko en 2003. Pendant deux ans, je me suis occupé essentiellement de la diffusion de Baobab et d’autres petits éditeurs, essentiellement d’Outre-Mer. En octobre 2005 Gecko sort un premier album jeunesse qui s’intitule Dans les yeux de Léna avec un sujet un peu particulier, le syndrome de Rett, une maladie génétique rare et méconnue. Aujourd’hui je coédite aussi avec Baobab des albums tels que Petite mangue, Le Voyage du poisson…

Dès le premier album, vous abordez un sujet grave, quelle est votre ligne éditoriale?

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09 septembre 2010

Vidéo : Rencontre d'écrivain avec Jean-Philippe Blondel

Rencontre d'écrivain avec Jean-Philippe Blondel, animée par Bernard Magnier, librairie Apostrophe le 25 mars 2010.

08 septembre 2010

Écrire un roman historique, c’est jouer à l’équilibriste (par Brigitte Coppin)

Après avoir publié de nombreux documentaires sur le Moyen Age, Brigitte Coppin a voulu, avec Le Château des Poulfenc,  l'investir dans une fiction. Elle nous explique pourquoi. Un texte écrit pour la librairie Poco à Poco-Tonnet Jeunesse, Pau.

COPPIN Brigitte 1-2.jpgAu début du premier tome [Le Château des Poulfenc, tome 1: Les Morsures de la nuit], il y a Thomas, treize ans à peine, pensionnaire à vie, sans vacances ni week-end. Autrement dit, Thomas de Poulfenc, second fils de chevalier, élevé au monastère depuis l’âge de sept ans sans avoir jamais revu ses parents. Cela se passe vers 1160, et l’on ne serait là que dans une fidèle évocation du passé s’il n’y avait ce chien, qui déchire et dévore, dans les cauchemars répétés de Thomas…

Après avoir écrit tant de documentaires sur le Moyen Age depuis une vingtaine d’années, je souhaitais y poser enfin une fiction. L’image de ce fils cadet s’était glissée dans ma tête – ou plutôt dans cet espace particulier chez un auteur qui va du front au cœur. Je cherchais le moment favorable… La mort a cogné tout près de moi, puis il y a eu un déménagement vers le sud et, tout naturellement, le scénario s’est développé. Thomas de Poulfenc va donc quitter le cocon du monastère, être confronté à la vie extérieure, à la peur, au danger, et peu à peu trouver sa place face à un frère aîné disparu.

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06 septembre 2010

Écrire à la plume me donne des ailes

Une interview de Franck Prévot par Caroline Hayot, Librairie Larcelet, Saint Dizier. «Si on donne à moudre du grain déjà moulu aux enfants, ils finiront par nous prendre pour des imbéciles! À partir de ce constat, j'estime qu’il n’y a pas grand-chose à s’interdire.».

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Parfois, en librairie, on reçoit des inclassables, des ouvrages originaux, qu'on ne sait pas où placer. On aimerait leur faire un place particulière, ne pas les perdre dans un coin, ne pas les noyer parmi tant d'autres, parce que justement ces livres-là sont remarquables.À la Librairie Larcelet, nous avons créé un espace pour ces objets littéraires, une sorte de cabinet de curiosités. On y trouve les livres de Benoît Jacques, Les Jours bêtes de Delphine Perret, des flip-books et autres créations de la maison Frichtre. Les derniers arrivés sont les trois titres de la collection Papillotes: Les Pensées sont des fleurs comme les autres de Franck Prévot, illustrations de Régis Lejonc, Les Pensées de Rascal illustrées par Pascal Lemaître, et Pensées sauvages pour enfants cultivés de Franck Prévot, illustrations de Jean-François Martin. Ils ont rejoint les Inclassables non pas parce qu'on ne parvient pas à déterminer de quoi il s'agit mais plutôt parce qu'ils offrent beaucoup de possibilités, navigant entre humour et poésie, sagesse et «leçons de choses». Née en 2008, inaugurée par Les Pensées sont des fleurs comme les autres, la collection Papillotes a une histoire originale que Franck Prévot, son animateur, a accepté de me raconter.

CAROLINE HAYOT: Comment est née cette collection?
FRANCK PRÉVOT: J'ai commencé à écrire ces pensées juste avant de partir à un salon. Mon projet était alors de laisser des petites cartes à mes enfants pour qu'ils les découvrent progressivement pendant mon absence. J'ai donc attaché ces pensées à deux guirlandes de sorte qu'avant chaque repas, mes enfants pouvaient en décrocher une et la lire. Lorsqu'on se téléphonait, j'avais droit à leurs réactions ou leurs questions (parce qu'ils ne les avaient pas toutes comprises en première lecture). J'ai continué à en écrire, le jeu m'amusait beaucoup.  J'en ai montré quelques-unes à Régis Lejonc pour le faire rire et pour avoir son avis: était-il envisageable de les publier? Il m'en a convaincu, allant même jusqu'à se proposer de les illustrer. Le projet du premier livre était dans nos mains! Avec enthousiasme, L'Édune  nous a laissé toute la liberté dont on pouvait rêver pour penser l'objet. Et c'est ainsi que Les Pensées sont des fleurs comme les autres est sorti en septembre 2008.

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03 septembre 2010

« Je veux parler d’événements terrifiants peut-être parce que je suis moi-même facilement effrayé (redemandez à ma femme à propos du couteau…)»

casta.jpgUne interview de Stefan Casta par Gégène, librairie L'Herbe Rouge, Paris.

Il est des livres qui laissent un souvenir persistant même si diffus. Faire le mort , le premier roman de Stefan Casta, remarquablement traduit du suédois par Agneta Segol et paru aux éditions Thierry Magnier en 2004, est de ceux-là. Roman hivernal, noir, violent, trop pour certains, néanmoins profondément humain. Seul auparavant dans cette veine m’avait autant marqué le texte de Jan Guillou, également suédois, La Fabrique de violence publié en France aux éditions Agone. Lorsque, cinq ans après en ce début d’automne 2009, est publié chez le même éditeur avec la même traductrice, un second livre de l'auteur,  La Vie commence, je me lance à sa découverte avec peut-être une légère appréhension, et suis frappé par un roman très différent, plus «solaire», mais tout autant marqué par les êtres et la nature. Quand cela m'a été proposé, j'ai donc sauté sur l’occasion de parler avec cet écrivain. Étaient présentes à cette rencontre Soazig Le Bail, éditrice des romans chez Thierry Magnier, et Amélie Annoni, responsable de la promotion et organisatrice de cette réunion, qui a de plus pallié sur le champ et avec efficacité une déficience de mon matériel d’enregistrement - grâces lui en soient rendues! Stefan Casta est un homme réservé, au regard pétillant, qui s’est prêté au jeu avec grandes disponibilité et amabilité, dans un mélange d’anglais et de français - qu'il pratique peut-être  parce qu'il possède un petit appartement à Sète où il vient régulièrement écrire… L’entretien a commencé après que je lui ai offert son album Allez donc prendre un bain monsieur renard  illustré par Staffan Gnosspelius (primé en Suède pour ces images); Stefan Casta n'en avait en effet jamais vu la version française, l’éditeur français, Oskar Jeunesse, ne l’ayant pas transmis à l’éditeur suédois (message…)

GÉGÈNE:  Merci d’abord de me recevoir. Vous écrivez pour adultes, enfants et adolescents. Combien de textes avez-vous publié à ce jour en Suède?

STEFAN CASTA: Trente neuf jusqu’à présent. Quatre ou cinq pour adultes, une douzaine pour ados et le reste pour des enfants plus jeunes.

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