27 octobre 2009
Chui snob !!! (Nadia Roman au SILA 09 - 1)

(photo extraite du site http://www.pignon-ernest.com)
À l’aéroport d’Alger, je croyais qu’en plus de la douane papiers, il y avait un détecteur image, car franchie la susdite douane, on passe devant une caméra - dont l’image reproduite sur un écran plat immense est certes colorée saturée, mais j’y ai affiché mon plus beau sourire… Et j’ai appris ensuite qu’il s’agissait d’une caméra infra rouge qui sert à détecter les fébriles, donc les potentiellement H1N1 qui arrivent !!! Oui je mets 3 points d’exclamation, pas que j’en sois rapiat d’ordinaire ! (encore un !) mais peut-être que tout le monde sauf moi connaît cette pratique ? Elle vient des Etats-Unis comme le matériel et je n’y suis jamais allée et donc pas non plus depuis la grippe, enfin La grippe (il en faudrait encore un là de…ça !). J’avais un rhume, ça m’a laissé passer, ouf.
11 novembre 2008
Ne doutez pas d’ici là de ma fraternelle et fidèle affection (chroniques algéroises de Nadia Roman #6)
Cafouillage internet. Rien de grave, « tout » est dit.
Je m’en vais, je m’en retourne, je me retourne.
« Au moment de la quitter, je rêve d’une connaissance immédiate et fortuite –entendre plutôt qu’écouter, voir plutôt que regarder-, qui me conduirait dans des parages où la sagesse ressemble à la communion des simples. Oublier, obstinément, pour mieux retrouver le vierge aujourd’hui. » Frédéric Musso rêve en quittant la Chine, extrait de son Pékin en Chine réédité cette année à La table ronde vermillon. Je lui emprunte ce désir fugace de gommer l’étrangèreté et l’oubli paradoxal.
Et c’est à Albert Camus que je donne le mot de la fin, conclusion d’une lettre qu’il adresse de Sao Paulo à René Char (Correspondance 1946-1959, Gallimard). « Mais vous n’avez que faire de mes impressions de voyage. Je rentre à la fin du mois, content de rentrer, impatient de vous revoir… Ne doutez pas d’ici là de ma fraternelle et fidèle affection. »
Je vous embrasse
Nadia
10 novembre 2008
Et nous on refait le monde… (chroniques algéroises de Nadia Roman #5)
[Retour sur le 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman, chronique 4/7]
Je n’ai pas écouté la radio ni regardé la télé depuis mon arrivée ; dans les journaux algériens je ne lis que le national. J’en saurai assez au retour, le monde continue à tourner de travers je suppose… La fatigue commence à s’accumuler, mais je ne suis pas là pour me reposer, le temps passe et mon retour s’annonce au rythme des départs. Fabienne rentre aujourd’hui ; elle n’aura pas eu la « chance » de voir son guide d’Alger sur le stand d’ESF ni les autres titres d’ailleurs. Jusqu’à l’aéroport d’où elle appelle encore pour savoir, mais je suis obligée de la décevoir. Nous avons établi un code, s’ils sont débloqués, je lui écris « siper » avec l’accent bien sûr ! C’est la traduction que Rania, journaliste à Algérie news propose, quand je lui demande comment exclamer sa joie en arabe !
La soirée chez Sofiane et Selma était très agréable, havre de paix sur les hauteurs d’Alger, des bouquins partout des amis partout, du vin et de la musique cubaine. Et on parle de quoi, de livres évidemment ! Laura, jeune éditrice avec son père Jean Richard (éditions En bas) militants de Lausanne, est ici pour la première fois. On parle aussi emplettes avec Mélanie, journaliste toulousaine qui vit à Alger depuis deux ans, elle travaille à El Watan. Elle aime sa vie ici qu’elle trouve plus riche qu’en France, sur le plan professionnel et des « valeurs » comme elle dit, plus vraies, moins factices que chez nous. Elle dit aussi revenir souvent en France pour le côté futile qui lui manque, la vie algéroise n’a pas le loisir de ce luxe-là. Elle conduit comme un vrai taxi algérois, fonce et freine, lumière au plafonnier et veilleuses aux barrages, à nouveau à fond après la chicane.
08 novembre 2008
Une volonté commune qui avance (chroniques algéroises de Nadia Roman #4)
[Retour sur le 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman, chronique 4/7]
Même aller acheter le journal (oui je vis à Nice où on dit « le journal » puisqu’il n’y a qu’un quotidien…ce qui ici paraît incroyable), pas de feu, peu de passages cloutés, la trouille ! C’est un peu comme la conduite, bande d’arrêt d’urgence couramment pratiquée, malgré une police omniprésente, mais les embouteillages sont tels. Moi qui pensais avoir du mal pour conduire à Paris, ici je n’y pense même pas, chauffeurs, amis, taxis quel confort !
Toujours pas le bout du nez d’un livre débloqué mais des rayons qui se vident. Paperasses et transitaires aux prix variables, on est aidé par les jeunes sur le stand qui sont tous issus ou en cours d’école de commerce, ouf ! Sérieux et gentils, respectueux des vieux, ils m’appellent Tata ce qui est drôle et chaleureux, je leur donne du « attention à maman Nadia » mais attention à quoi ?! On parle religion avec Mehdi, musique avec Ramzi, livres avec Lydia et Khalida, entre les mille et uns coups de téléphone qu’ils passent et reçoivent. Ici pas un mais au moins deux portables grands comme des calculatrices des années 70 plein de touches et d’options.
06 novembre 2008
Attendre le printemps pour revenir ! (chroniques algéroises de Nadia Roman #7)
[En direct du 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman - Chronique 7 / 7] - Nadia Roman vous propose d'écouter Petit Bambino par Lili Boniche en lisant sa dernière chonique algéroise 2008 :
Dernier jour à Alger, toujours ce pincement. Il fait très beau, la journée sera longue.
Les éditeurs de l’Alliance des Editeurs Indépendants sont venus en nombre, une vingtaine, d’Europe et d’Afrique. Guinée, Cameroun, Madagascar, Tunisie, Maroc, Canada, Suisse, Belgique, France, Algérie enfin. C’est la première fois qu’ils sont ici. On trouve sur leur stand peu éloigné du notre tout ce qu’on peut éditer, de la politique à la jeunesse, en passant par les sciences humaines, l’économie… Rencontres autour du livre, des professionnels, visite d’une imprimerie ancienne et toujours en activité, l’Imprimerie Mauguin à Blida (où Le réveil est imprimé) qui est également le siège des éditions du Tell. Nous préparons avec eux une table ronde sur la littérature jeunesse à laquelle je ne participerai pas (hélas) ce sera demain et je serai exactement dans l’avion. Mais je seconde « mon » éditeur pour cette réunion de travail qui se passe sous la khaïma berbère qui trône sur l’esplanade du palais des expositions. A noter que les mandarines sont déjà mûres ici et les dattes…
05 novembre 2008
Que ne suis-je résidente à Alger… (chroniques algéroises de Nadia Roman #3)
[En direct du 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman - Chronique 3 / 7]
Bonjour,
Oui j’écris le matin parce que les soirées sont festives après des journées actives. Le matin, après un sérieux petit dej dans le salon colonial aux baies vitrées de sanatorium –mer au nord 5 mètres sur 10 au moins- c’est mon heure. J’ai prévu rallonge et prise multiple, tout le matériel se recharge, je suis posée sur une console en miroir, face au miroir, le décorateur n’était pas celui qui faisait le ménage !
Il fait gris, on fait de l’aviron dans la rade, c’est la première fois que je vois une activité de loisir nautique ici. Il faut dire que la vie économique n’est pas au mieux, ce ne sont certes pas des conditions propices aux réjouissements. On attend pourtant beaucoup de monde au salon, les gens viennent de loin et économisent en prévision. Les livres d’architecture de Parenthèses sont très prisés, la politique d’Agone, les beaux livres du Bec en l’air, la jeunesse du Ricochet et Rouge Safran pour les plus grands. Les éditeurs ont fait de réels efforts sur les prix, les bouquins sont encore chers certes, mais abordables.
(photo : Fabienne Pavia, Maïssa Bey et Lounes Alger vendredi 31 oct 2008) Et on attend toujours la levée de la censure, promise et annoncée à Fabienne (F. Pavia, éditrice du Bec, en l’air qui coédite souvent avec Sofiane Hadjadj, éditeur de Barzakh) lors de la réception fastueuse organisée hier pour la remise des prix du SILA (nouveauté cette année). On va vous rendre vos livres et dites-le à la presse… pour l’instant toujours rien à dire ! Maïssa Bey a également reçu un prix, comme Sofiane qui a saisi l’occasion pour une fois encore s’exprimer sur la liberté. Maïssa est passée sur notre stand, ses livres aux éditions de l’Aube s’y trouvent. Lounes l’accompagne. Il se présente comme un passionné de littérature totalement autodidacte, non voyant qui ne lit pas le braille. Nous nous asseyons un moment ensemble et il me raconte, sa cécité à 8 mois alors pas d’école et l’idée tenace qui le poursuit ; puis-je apprendre le français alors que je ne suis pas allé à l’école ? La réponse est claire : OUI ! Il a forgé sa culture (et elle est immense) grâce à la radio, il me dit qu’il allait beaucoup au cinéma avant et que je ne m’en étonne pas. Non ce n’est pas étonnant, le climat de la salle et l’ambiance sonore sont importants. Les amis lui lisent les livres, les journaux, mais il a de plus en plus de mal à trouver des gens qui ont du temps pour ça. Que ne suis-je résidente à Alger, je me ferais un plaisir de lui faire la lecture, j’adore ça. Il connaît tout le monde, Maïssa a publié dans le Monde littéraire un long papier sur lui il y a quelques temps. Il est une réelle mémoire de la littérature algérienne en particulier, la plus belle collection de dédicaces me dit Lazhari. Une belle rencontre.
Je n’ai pas dit que cette année l’organisation du salon a été plus stricte sur l’installation des stands, moins de cartons de cigarettes empilés, moins de piles gigantesques de livres religieux au sol. On ne peut pas dire que la jeunesse mise à l’honneur change vraiment la physionomie des choses. Chez certains oui, Alpha a un coin animation pour les enfants et démarre le livre jeunesse après la presse qu’ils avaient déjà, Sédia continue avec des traductions et quelques créations aussi. Mais dans l’ensemble, pas vraiment de différence. Le bébé Réveil est bien accueilli dans sa version bilingue, les gens louent l’initiative, nous encouragent. J’aimerais, nous aimerions, Lazhari Labter l’éditeur et moi, qu’il soit encore moins cher (300DA aujourd’hui) mais son prix de revient est élevé, la marge quasi nulle. On fera mieux la prochaine fois !
Il faut j’y aille, c’est vendredi donc moins de monde sur les routes ce qui est notable ici, où les embouteillages sont infinis. Ce soir, Sofiane et Selma son épouse, nous reçoivent chez eux, éditeurs de l’Alliance des Editeurs Indépendants, francophones du monde. Sur leur stand, proche du notre, se côtoient la Guinée, le Maroc la Belgique, la Suisse…, jeunesse, sciences humaines, politique…, voyage garanti sur 20 mètres carrés !
Bonne journée et à demain,
Nadia
01 novembre 2008
Ici j’ai des amis (chroniques algéroises de Nadia Roman #2)
[En direct du 13e Salon International du Livre d'Alger, par Nadia Roman - Chronique 2 / 7]
Agitation de tous bords… Les gens, les faits, les causes !
Tout d’abord nos bouquins qui sont encore bloqués. Après l’attente de la médiation culturelle, passage à la presse, qui ici reste vive et active. On verra.
La matinée démarre par Radio Algérie Chaine 3, où trois journalistes font une plage jeunesse du style des Maternelles. Badia a flashé sur un album édité par Vent d’ailleurs « Maïmouna » dont le propos est l’excision des fillettes africaines. Elle attend l’auteur qui… n’est pas là, je suis l’invitée. Je partage son goût pour ce texte de Pinguilly et parle un peu de lui puisqu’il n’est pas là (dommage). Lire et écrire, c’est le papier du jour, il tombe bien avec mes animations de la veille. Et j’y vais de mon chapitre sur l’écriture et ses vertus, être acteur de ses apprentissages, écrire avant même de lire, en référence à un de mes formateurs à l’IUFM de Nice, Dominique de Peslouan philosophe, qui a longtemps travaillé sur l’écriture inventée. On en oublie les micros.
30 octobre 2008
La hauteur de l'auteur (chroniques algéroises de Nadia Roman #1)
[En direct du 13e Salon International du Livre d'Alger… par Nadia Roman - Chronique 1 / 7]
Et bien oui j’y suis encore, Alger à nouveau, de retour… au choix. Arrivée hier un peu lentement, de Nice à Paris et Paris Alger, pourquoi faire simple !
Détail futile, mais même si on « fait dans les livres » ceci n’empêche pas ; la météo annonçait du mauvais temps et il fait une chaleur de folie. Zut je n’ai pris que des trucs trop chauds à me mettre !
Le salon est bouclé depuis le matin car le Président vient l’inaugurer à 14 heures. J’y vais plus tard, après l’hôtel, le Safir ex Aletti, un mythe colonial qui a gardé son architecture gigantesque et sobre, face à la mer, tout en intérieurs, on visait alors le tourisme d’hiver.
Je me partage entre le stand des Editeurs Sans Frontières et LL (Lazhari Labter Editions) pour les signatures du Réveil si l’imprimeur le livre en temps comme prévu. On attend mercredi.
L’ambiance est à la lassitude, déjà. Des problèmes matériels, des bouquins retenus, - "censure" est lâché. Ça commence bien. Les raisons invoquées ne sont pas évidentes, les pourparlers sont optimistes, on installe et on s’en va. Demain c’est l’ouverture au public. Soirée dehors, on peut encore manger sur les terrasses. « Eté algérien », j’m'adapte et j'adopte !
11 juin 2008
A bientôt, Alger… (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 6/6)

Alpha Laz au travail sous le regard bienveillant de M'Dib mercredi 4 juin 2008
Jeudi 5 juin : notre second rendez-vous avec des enseignants. L’école des Glycines à Bouzaréah (le baiser de l’air) sur les hauteurs d’Alger, quartier résidentiel. L’école a aussi collège et lycée dans une autre villa. La directrice qui nous accueille très chaleureusement, nous a prévu une séance de travail avec les enseignantes de maternelle. C’est jeudi = notre samedi, une garderie est assurée mais pas d’enseignement.
Ici deux enseignantes par niveau MS et GS, une franco une arabophone, une directrice de la maternelle qui est diplômée d’art et design. Nous nous installons dans une salle de classe aux murs décorés de productions d’enfants et abécédaire en cours. Elles sont 4 au départ et nous rejoindront ensuite 2 autres enseignantes et l’inspectrice, qui enseigne la linguistique à l’université d’Alger. Notre projet l’intéresse car elle a fait une thèse sur le bilinguisme avec un chercheur français Philippe Blanchet universitaire en sociolinguistique à Rennes II, qui a lui-même travaillé, travaille, avec Henriette Walter.
Je suis une fois de plus « surprise », est-ce le mot ?!, de rencontrer ici, à Alger, les personnes qui m’ont fait tant défaut en France… Le vrai mot est -j’en suis « heureuse »- !
10 juin 2008
Je reviendrai ! (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 5/6)

(Sur un stand du Salon du Livre Jeunesse d'Alger)
Je le remarque et le dis, mais je n’ai qu’un mot à la bouche : « je reviendrai ».
Après la matinée bureau, une visite aux éditions Sédia sur la belle colline d’Hydra, où il y a équipe féminine super. J’ai vu la maquette de deux albums du Ricochet dont j’ai fait la transaction de droits durant le SILJA.
Je disais qu’avant-hier j’étais à Bordj el Kiffan, cet après midi il y a eu un plastiquage.
Nous, nous étions à la bibliothèque nationale pour l’inauguration du SILJA. La séance de travail Imagier n’était pas très longue. On l’a faite sur la terrasse de la BN qui jouxte le jardin d’essai, pas encore rouvert hélas.
Les éditeurs présents étaient étonnés. Pas de ministre qui se déplace pour un salon national à la capitale. Beaucoup d’import, beaucoup de didactique, de Disney, Barbie, et même Martine en arabe. La création nationale subventionnée est assez triste. Il y a des contes de tradition orale retranscrits et quelques créations. Les éditeurs indépendants en sont réduits pour l’instant à l’achat de droits, pour aller vite et faire de la qualité moins onéreuse. Ils sont bien d’accord qu’il y a de quoi faire de beaux et bons albums ici, mais c’est l’argent qui manque. Ils sont souvent sur plusieurs domaines à la fois, la jeunesse n’étant pas ce qu’il y a de plus lucratif, pas encore !
09 juin 2008
J’ai appris plein de choses, revisité certaines… (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 4/6)

(Fadela M'Rabet Alger mardi 3 juin 2008)
Mardi 3 juin : C’était le jour libre pour le tourisme. Lazhari n’est pas là aujourd’hui. Mon programme, Mama que je n’ai toujours pas visité et Bardo l’après midi.
Le Mama est grand blanc et gratuit. La salle inférieure est réservée aux expos temporaires. Un peintre calligraphe qui travaille sur plexi. Il faut que je note son nom car je n’arrive pas à le mémoriser. J’ai aimé, mélange de matières de caractères, de grands formats noir et couleurs vives ; d’aucun dirait un peu déco, oui certainement.
La coursive du dessus s’atteint pas la rue de côté. L’expo permanente est dédiée à l’indépendance de l’Algérie, vue en majorité par des peintres, dessinateurs, sculpteurs français. Plus récemment algériens. Il y a beaucoup d’œuvres, des vitrines aussi, des livres, des journaux, des vidéos. Malgré tout, la connaissance de cette guerre, la distance esthétique… le moral s’en prend un sacré coup. On finit par Ernest Pignon Ernest, Maurice Audin sur les murs d’Alger, vraiment magnifique à l’œil et au symbole. Je découvre Jean de Maisonseul, dont Camus disait qu’il avait « su soulever les oripeaux de l’orientalisme ». Crayon, traces floutées, en 1960, Clémence ma fille qui est aux beaux arts, va en être toute remuée. Partiale, je ne cite pas tout bien sûr.
Je sors émue, vais vers la mer. Il fait très chaud, ça sent bon la viande et les oignons grillés.
08 juin 2008
Alger : c’est encore mieux qu’en rêve (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 3/6)

La directrice nous reçoit dans son bureau. Elle nous explique qu’elle était professeur de sciences naturelles, enseignées encore longtemps en français comme beaucoup de disciplines scientifiques, qu’elle est plus francophone qu’arabophone et qu’à la suite de fonctions administratives, elle s’est rendue compte à quel point la langue de la maison et celle de l’école étaient éloignées, et que le seul moyen de compenser était d’aller à la maternelle plus tôt. (J’espère que ce constat sera encore le même chez nous …). Alors elle ouvre une école privée maternelle Moyenne Section et Grande Section, puis va continuer à agrandir avec les élèves qui grandissent. Aujourd’hui, l’école a 700 élèves de la MS à la Terminale ; l’enseignement est totalement bilingue dès la MS et suit les programmes officiels en langue arabe. Les élèves sont une quinzaine en maternelle et une douzaine dès le collège. L’enseignement élémentaire est identique au notre dans son contenu.
Les enseignants nous attendent dans la bibliothèque. Elles sont 5, une directrice de la maternelle également conseillère pédagogique, deux institutrices de maternelle et deux du primaire, dont une a la charge de la remise à niveau des élèves qui arrivent en cours de cursus et qui on besoin d’aide dans une des deux langues.
03 juin 2008
On dirait la rue de Bièvre (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 2/6)

Ce soir pas d’info sur le salon de la BD, l’émission est reportée à la semaine prochaine, mais je ne serai plus là pour la raconter ! Aujourd’hui il a fait moche, un peu de pluie, lourd et frais aussi, bon ce n’est pas le printemps comme on en rêve. Moins de regret de s’enfermer dans un bureau pour bosser. Les gens qui travaillent aux éditions Alpha avec Lazhari sont très accueillants, chaleureux, tous curieux de nos avancées, de nos attentes. C’est vraiment agréable et j’ose le dire, assez exceptionnel pour moi !
Ce matin rendez-vous au CCF avec Liza qui travaille au bureau du livre. Elle a été un très précieux allié dans notre demande de résidence d’auteur, car elle trouve, depuis son arrivée sur ce poste, notre projet intéressant. Elle parle de mon enthousiasme, mais elle n’est pas en reste !
Nous avons pu lui raconter par le menu et répondre à ses questions. C’est encourageant quand les gens se posent des questions sur notre projet. Long entretien agréable. Demain soir, nous ferons moins conventionnel autour d’une table, mais je suis sûre qu’on parlera encore boulot…
Le CCF est installé dans une ancienne caserne, une rue derrière le front de mer, en plein centre d’Alger, trois bâtiments avec un jardin central. La rue est barrée depuis quelques temps par vigilance. On dirait la rue de Bièvre. Après la fouille, on arrive dans un patio, expo dans le jardin, une colonne Morris qui annonce les artistes. Le programme multi culturel est riche et vraiment intéressant. Dans le quartier qui est assez dégradé alentours, c’est un ilot assez rare. La plupart des consulats étrangers sont sur les hauteurs, vers Hydra, là où on trouve les belles demeures coloniales.
02 juin 2008
De retour à Alger (Chroniques algéroises de Nadia Roman, 1/6)
[Son projet d'imagier bilingue en poche, Nadia Roman est de nouveau à Alger, cette fois pour une résidence d'auteur… Elle reprend pour nous ses Chroniques algéroises]
Alger le 30 mai 2008…
Rebonjour !
Et voila j’y suis ; debout aux aurores à Nice, transit à Paris et grâce aux magiciens du temps, je pars de Paris vers 10 heures et 2 heures après je suis à Alger à 11heures… Oui, il y a de la magie, celle de l’horaire d’été en France qui n’est pas à dérégler les organismes algériens. Ils gardent sagement seulement une heure d’avance sur le soleil, ça suffit.
Ici, il fait assez beau et très chaud.
Lazhari Labter, « mon » éditeur et également co-auteur de l’Imagier que je viens poursuivre et achever j’espère cette semaine, m’attend à l’aéroport.
Nous avons du travail, mais aujourd’hui vendredi, le souci c’est de trouver un restaurant ouvert. La Khaïma de la Safex, site où se trouve le palais des expositions d’Alger, là où se déroule le Salon du livre (Sila), est ouverte. C’est une grande tente berbère où on mange du ragout de mouton et des crêpes à l’oignon (je demanderai les noms des plats dont je ne veux pas écorcher la prononciation) en buvant du jus de fruit fait à Blida, bon, peu sucré, naturel.
Notre premier rendez-vous avec des enseignants* est lundi matin. Je suis impatiente d’échanger avec eux sur leur manière d’enseigner la langue, la leur et la notre, de savoir s’ils s’appuient sur la littérature jeunesse ou l’envisagent et enfin bien sûr, au vu d’un échantillon de notre travail, ce qu’ils pensent de l’idée d’Imagier** , ce qu’ils en feraient/feront avec leurs élèves. Enfin, je souhaite offrir mes services d’auteur intervenant en classe, si tout cela paraît envisageable. Je suis pleine de questions, impatiente, inquiète (un peu), enfin dans l’attente…
18 novembre 2007
- Vous connaissez Lazhari depuis longtemps ? - Oui, depuis deux heures.
Quelques extraits de courriels reçus par Nadia Roman après ses chroniques algéroises publiées sur le blog de Citrouille… dont un message de sa fille, Clémence.
>De: Rabéa djellouli
>A: Nadia Roman
>Sujet: comment ça va ?
>Date: Mon, 12 Nov 2007 16:55:04 +0100
Chère Nadia
Si je ne réponds qu’aujourd’hui c’est que nos week end respectifs se sont croisés.
Bref, je suis heureuse que tu aies gardé une belle image d’Alger (j’ai parcouru tes mails sur le blog citrouille) et sache qu’Alger (moi ! et pas seulement moi) a aussi gardé une belle image de toi. C’est bizarre mais j’ai l’impression que je te connais depuis longtemps (il est vrai que la forte la ressemblance avec une de mes belles sœurs n’y est pas étrangère).
J’ai reçu le courrier de Marguerite et lui ai répondu aujourd’hui ; par contre j’ai un petit souci avec l’éditeur Rouge safran. Son téléphone est (souvent) sur messagerie et j’ai besoin de conclure rapidement. Je ne sais pas si tu es en contact avec lui (peut être pourras tu lui remettre mes coordonnées email ou me transmettre les siennes très très rapidement). Merci d’avance de ce que tu pourras faire.
On reste en contact pour le projet de « l’imagier ». Tu m’en diras davantage sur le projet.
J’ai été ravie de te connaître
Je t’embrasse
Rabéa
(Commentaire de Nadia Roman :
Rabéa est la directrice de collection jeunesse de Sédia Editions.
Il m'arrive aussi d'avoir l'impression de connaitre les gens depuis longtemps, alors que ça fait 2 heures ! Ce fut le cas avec Lazhari. ses amis pensaient qu'il m'avait connue en France lors de son année de journaliste mise entre parenthèses en France dans les années 90.. Mais non, on s'est connu suite à un rendez-vous professionnel au Sila en 2005 !
"Vous connaissez Lazhari depuis longtemps ? ; "oui depuis deux heures"… C'est vrai que j'ai dit ça ! )
07 novembre 2007
Chroniques algéroises (4) - Nadia Roman

Le salon va se terminer pour moi demain. Il finira à la fin de la semaine. Long salon !
Aujourd’hui un temps printanier nous a permis de nous échapper quelques heures pour aller à Tipaza, via le Tombeau de la Chrétienne. Quel choc !
Je rêve de ce lieu depuis que j’ai 15 ans avec mes premières lectures de Camus, Noces…
Je n’ignorais pas que c’était un peu comme chez moi, les alentours de Cannes à l’époque, comme « chez moi en plus ». Et voila qu’un de mes rêves se réalise, et que je n’ai pas encore bien mesuré la lumière, les parfums (il a plu pendant trois jours très fort là bas et l’eau est redevenue claire aujourd’hui, nous a dit un garde qui a dû nous trouver sympas, car il nous a suivis et a beaucoup parlé avec nous, histoire, botanique…), les pierres, le calme.
“Nous”, aujourd’hui, c’était Djilali Beskri, vidéaste qui travaille en ce moment à la reconstitution, en partie réelle en partie virtuelle, de la Nymphée de Tipaza, Lazhari Labter dont je vous ai déjà parlé, Rina Sherman dont je vais vous parler, et moi (dont il n’y a pas grand-chose à dire, sauf que j’ai vécu une semaine intense et que je reviendrai pour de nouvelles aventures littéraires et humaines).
Quand Djilali a demandé ce que je faisais, Lazhari lui a dit que j’écrivais des livres pour enfants ; il y a eu, comme d’hab, un blanc, pas désagréable non, mais un moment où la personne se demande ce que c’est que ce truc ! Ensuite les questions pleuvent…
05 novembre 2007
Chroniques algéroises (3) - Nadia Roman

Aujourd’hui dimanche c’est mardi !
Le soleil se décidera-t-il à revenir ?
Idir chante dans mon ordi « pourquoi cette pluie… »
Il y a un monde fou.
Nos bouquins, malgré les réductions consenties par les éditeurs restent chers, surtout la jeunesse qui n’est pas encore vraiment considérée « d’utilité publique » ! La demande reste assez pédagogique - demande des parents qui cherchent ce qui sera utile pour l’enfant et la sempiternelle, non l’universelle question « c’est pour quel âge ? ». Et là j’ai toujours du mal à répondre…
On rencontre aussi des gens formidables, curieux, très informés, dans une demande pointue, avec un regard toujours aussi enthousiaste sur la culture française ; il m’arrive de penser « les pauvres, s’ils savaient », mais je n’en dis rien !
Depuis cette année, les stands sont donc mélangés, éditeurs arabophones et internationaux dans deux pavillons. Ici une certaine catégorie de livres est emballée dans des cartons de cigarettes. Des montagnes de bouquins à but prosélyte sont écoulées en face de nous ; des amis algériens s’inquiètent, d’autres trouvent qu’il vaut mieux des livres que des actes.
03 novembre 2007
Chroniques algéroises (2) - Nadia Roman
Il ne plut plus et on peut manger des sardines grillées parfumées au cumin juste à côté du pavillon d'exposition.
Yasmina Khadra fait toujours le plein, chaleureusement comme il est ! Anouar Benmalek m'enchante par sa finesse, son humour, son analyse pointue et si réelle sur son pays, le nôtre... Je reviens avec ses livres, en particulier sa poésie.
En jeunesse, je fais toujours ma représentante, je lis des histoires aux enfants et tchatche avec les parents, grands-parents encore plus souvent intéressés par notre orientation littéraire vers les enfants.
"Raconter des histoires" c'est vraiment pas plus compliqué que ça... !
Et puis il y a les maisons qui se lancent en jeunesse, Sédia, qui est en lien avec Hachette, et qui fait de parascolaire, édite (avec courage) ici des romans d'Algériens édités en France et démarre en jeunesse; des femmes actives, vives et motivées avec lesquelles j'apprends aussi le dessous des livres, les droits et %, les traductions ; on avait dit "congé formation" pour cette année que je me suis octroyée : voila le mot juste !
Thierry, de chez Agone, est parmi nous depuis deux jours, c'est un vrai plaisir de passer du temps avec lui. Culture et rire.
Que dire d'autre, je me régale, le vin est bon, des Rencontres comme j'aime, et j'espère un peu de moi parfois qui passe vers le public, les interlocuteurs pro et les amis.
À dès que je peux pour le blog de Citrouille !
Des bises
Nadia
Photo : site de Yasmina Khadra
01 novembre 2007
Chroniques algéroises (1) - Nadia Roman
Du 31 octobre au 9 novembre se tient le 12e Salon International d'Alger. L'auteure jeunesse Nadia Roman s'y trouve, et a bien voulu prendre le temps de nous envoyer quelques messages… Nous l'en remercions.
Oui, j'y suis!
Il pleut, alors au début j'ai eu des doutes !
Mais l'accueil, les amis retrouvés, le poisson grillé et les embouteillages... Y a pas de doute, je suis à Alger et je suis super contente !
Hier, fin de l'installation au SILA; les exposants sont mélangés cette année : franco et arabophones dans deux pavillons mais ensemble.
Notre stand Editeurs Sans Frontières a hissé les couleurs de la Provence, rouge et jaune, avec des livres aussi ! Littérature, beaux livres et jeunesse.
Les jeunes Algériens qui travaillent sur le stand, deux garçons deux filles, nous mettent l'ambiance et pour l'instant nous avons fait surtout beaucoup de musculation (les livres c'est lourd !) et un peu de déco.
Le président est venu inaugurer le salon hier, tout bouclé, pluie battante ; il est lecteur.
Hier soir j'ai mangé avec des amis, entre Anouar Benmalek et Monsieur (!) Yasmina Khadra. Et oui, c'était pas de la jeunesse… Et quand on me présente, l'insolite, l'exotique, c'est moi ! «Des livres pour les enfants ?! Ce doit être difficile à écrire!».
Je dis «oui» parce que je le pense ; je pense aussi que leur travail, je l'admire, alors je leur adresse un peu d'humour en manière de reconnaissance.
Des photos viendront plus tard ; je me suis connectée chez un ami éditeur, directeur littéraire chez Alpha éditions, Lazahri Labter, éditeur lui même depuis peu, qui va bientôt sortir "mon" Réveil en arabe.
L'accueil est toujours aussi émouvant, tu as le sentiment que tu reviens sur des lieux connus, d'enfance, enfin c'est assez fort tout ça.
Donc pas facile de brancher mon ordi à la volée, pas de wifi qui traine!
Aujourd'hui ouverture au public et visite des stands des éditeurs jeunesse.
Il pleut toujours. Dès qu'il fait beau, on va manger les sardines grillées sous les pins de la Safex, pôle économique où se trouve le palais des expo. C'est un lieu où tout le monde se parle.
Convivialité et travail, j'adore !…
Nadia
29 octobre 2007
Salon International du Livre d'Alger
«La douzième édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) s’ouvre cette année sous les meilleurs auspices. Jugeons-en ! D’abord, la production éditoriale a connu au cours de cette année 2007 un tirage record, et ce, à la faveur notamment de l’opération «1001 livres» initiée dans le cadre de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe». Quelque huit cents livres ont été édités à ce jour, représentant plus d’un million et demi d’exemplaires.(…)» Lire l'article du quotidien algérien La Nouvelle République. Et si tout se passe comme prévu, RDV d'ici peu sur ce blog, pour lire les courriels envoyés par notre correspondante spéciale, l'écrivain jeunesse Nadia Roman…







