14 février 2012

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre - Ruta Sepetys

  • Ruta Sepetys
  • Traduction Bee Formentelli
  • Scripto, Gallimard Jeunesse - 14 €

Une nuit de juin 1941, l’horreur frappe à la porte de Lina et de sa famille.
« Vingt minutes répond-il en aboyant.
Sur ce il jette son mégot de cigarette encore allumé sur le parquet propre de notre salon et l’écrase d’un coup de talon.
Nous étions sur le point de devenir des mégots de cigarettes. »

Ils prennent quelques affaires, et sont entassés dans un camion, puis dans un wagon à bestiaux pour un long voyage vers la Sibérie. Oui, ce ne sont pas des wagons vers les camps de la mort d’Allemagne, mais les conditions sont les mêmes. Heureusement ? L’amour, l’entraide leur permet de survivre et d’arriver en Sibérie. L’on découvre à travers le récit de Lina, les conditions de vie inhumaines des déportés en Sibérie, que nous connaissions par Alexandre Soljenitsyne, mais que peu de romans pour adolescents ont abordées jusqu’à présent. Ce roman dense, passionnant, où l’humain l’emporte sur l’historique nous fait découvrir la terreur, la maltraitance, la faim, infligées à ces peuples, et le froid toujours présent. Mais l’on découvre aussi, l’entraide, l’amour, l’humour, la soif de liberté, la volonté de témoigner, de laisser une trace. Lina, marquée par les personnages de Munch, dessine ce qu’elle vit.

Ruta Sepetys a été marquée par les récits des déportés et le peu de place dans l’histoire sur la déportation qui frappa les peuples des pays baltes annexés par Staline. Les personnages du roman sont inventés, mais les faits sont réels. Ces cris, ces chuchotements restent en nous longtemps après que nous ayons refermé ce livre. Un grand livre.

Annie Falzini, L’Oiseau-Lire (Évreux)

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