01 août 2010
All Together

- Edward Van De Vendel
- Thierry Magnier - 18 €
« Il y avait une ferveur, on était carrément euphorique et en même temps, on regardait les images religieusement, avec un air grave, conscient de la portée, de l’envergure du show. » Dave, chanteur d’origine néerlandaise (à propos du concours de l’Eurovision)
Edward Van De Vendel est connu en France pour avoir écrit le malicieux recueil de poésie Super Gloupi paru (et toujours disponible) aux éditions Être. Ce roman nous fait découvrir son travail pour un lectorat de grands adolescents.
All together est la chronique d’une colocation universitaire. Chronique sentimentale et musicale qui nous fait suivre trois adolescents, Tycho, Vonda et Moritz embringués de façon assez inespérée dans le concours de l’Eurovision. Le roman est raconté du point de vue de Tycho à la façon d’un journal intime qui retracerait en parallèle sa correspondance.
Roman du passage à l’âge adulte, All together est aussi celui de la découverte de la sexualité de son narrateur et en l’occurrence du milieu gay néerlandais.
Dit comme ça, pourquoi pas ?
Pour apprécier à sa juste valeur All Together il faut sans doute passer outre le fossé culturel. Imaginons un instant – et cet effort sera sans doute insurmontable pour beaucoup – un monde où le concours de l’Eurovision serait la panacée du médiatico-culturel, où chanter une reprise de Lara Fabian en français serait le comble du chic. La lecture de All Together nécessite cette mise à niveau parfois rédhibitoire qui peut passer dans le meilleur des cas pour une forme d’exotisme. Le traitement du personnage de Vonda, (la chanteuse du groupe) est au centre du problème. Que penser d’elle ? De cette admiration qu’elle suscite ? Le spectateur de la Nouvelle Star perdra probablement plus rapidement ses illusions que le naïf Tycho.
All Together n’est pas le roman auquel le lecteur s’attend. Il faudra faire le deuil des paillettes, du grotesque ou de la satire pour se contenter d’une éducation sentimentale (assez sage sinon mélancolique) et d’une tentative de définition (assez juste) de l’amitié. Car ce qui sauve in extremis All Together du conventionnel, de son côté « Armistead Maupin du pauvre », c’est l’élégance du geste final de Vonda envers le fade Tycho… Il suffit parfois de peu pour aimer (un peu) un roman…
Gwendal Oulés, Récréalivres
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