24 juin 2010
(no need to argue)
Ce matin, un papa (je présume) me demande un roman sur la musique pour un ado de quatorze ans. Il a vu les deux premiers titres de la nouvelle collection Backstage, chez Nathan, sur la table, mais ça ne lui dit rien. Je lui montre L'échelle de Glasgow, de Marcus Malte, je lui dit que c'est un roman magnifique, très bien écrit, mais non. Non. Non parce que peut-être que ce qui l'embête c'est que c'est un père qui parle à son fils de quand lui était ado et qu'il jouait de la guitare. Il parle à son fils dans le coma. C'est un roman magnifique. Je ne peux pas lui trouver mieux.
Je lui montre quand même J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait, qui parle beaucoup de musique, un chapitre sur deux est écrit par un narrateur, masculin, qui joue dans un groupe et qui a un concert important dans quelques jours. Non. Grrrr. J'aime pas quand ça marche pas :-) Enfin non, j'aime pas quand on refuse d'emblée un roman magnifique.
Une heure plus tard, peut-être, y a deux ados qui entrent dans la librairie. Un garçon et une fille. Le garçon tend à la fille J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait en disant "Tiens, c'est pour toi". Elle fait la grimace et dit "eh, j'ai seize ans". je ne lui dit pas que c'est pire, comme réponse :-) et je replonge le nez dans mes feuilles de réassort...
Madeline Roth (L'Eau Vive)
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Commentaires
J’ai honte de n’avoir lu encore aucun de ces deux romans. Le plus beau roman que je connaisse de mon côté sur le thème de la musique reste sans conteste «les Ailes de la contrebasse» d’Hervé Mestron. C’est en faisant enfin le deuil de son enfance que le jeune personnage nait comme musicien: ce récit m’a bouleversé. Il m’a évoqué «la Leçon de musique» de Pascal Quignard, qui lie la pratique du violoncelle à la mue de la voix, comme l’a d’ailleurs fait ensuite Philippe Reypens dans son court-métrage «Un peu de fièvre».
Voilà quelques mois, je conseillai «les Ailes» à la mère d’un jeune guitariste classique. Quelques jours plus tard, elle m’en commandait six exemplaires !
À part cela, je partage ta frustration: je supporte vraiment difficilement de voir des clients repousser dédaigneusement un roman ou un album que j’apprécie particulièrement. Qu’un client revienne me voir pour me dire qu’il n’a pas aimé tel ou tel livre, c’est une chose que j’accepte sans difficulté: voilà même l’occasion d’échanges passionnants. Mais de voir reposer négligemment un livre fort et magnifique, voire un chef d’œuvre, comme si c’était l’énième volume d’une série sans intérêt, c’est vraiment désolant.
Écrit par : Thomas Savary | 24 juin 2010
Et Teen Song de Claudine Desmarteau...
Roman génial sur une ado et sa passion pour Led Zeppelin.Ou comment la musique peut prendre une place si importante dans la vie d'une jeune fille!
Écrit par : breuillet | 24 juin 2010
Moi je suis bibliothécaire ; c'est plus "facile" de faire lire mes coups de coeur... même si ça ne marche pas toujours. Je comprends cette frustration en tout cas.
J'ai beaucoup aimé "L'échelle de Glasgow" (Marcus Malte est un auteur de qualité : "Scarrels" est vraiment à conseiller pour les amateurs d'utopie politique) et "Teen song" est un roman excellent, très drôle, avec ce ton décalé dont est capable Claudine Desmarteau.
Un autre roman sur le thème du rock à conseiller aux grands ados et aux adultes est "Les doigts écorchés" de Sylvie Robic paru il y a quelques années déjà chez Naïve : un très beau texte, court, émouvant sur la découverte du rock sur fond d'adolescence.
Écrit par : guénaëlle | 12 août 2010
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