18 mai 2010
Rendez-vous avec des adolecteurs

Il suffit parfois d’un seul client pour illuminer ma journée. Un éclat de rire, un mot, une question, un simple merci… Ce jour là, ils furent neuf ados !
L’année dernière, un petit groupe d’élèves - trois ou quatre, je ne sais plus - de l’École secondaire Vanguard est venu à la librairie pour se faire présenter des livres. Je me souviens de leur plaisir (et du mien !) de parler livres, de se faire raconter des histoires. Je me souviens surtout du plaisir de les écouter, d’entendre leurs commentaires, de les voir rire, s’étonner, et même sourciller…
Cette année, à leur demande, ils sont revenus. Le bouche à oreille à l’école sur leur journée en librairie a eu un effet boule de neige et a incité d’autres jeunes à se joindre à eux. Que du bonheur !
Certains s’intéressent uniquement aux documentaires, d’autres adorent la chick lit, d’autres sont des mordus de bandes dessinées, d’autres encore lisent de tout. Certains aiment lire, d’autres moins. Au fond, peu importe ; ce qui compte lors de moments pareils, ce sont les échanges. Et aussi le regard sans jugement que le libraire porte sur leurs lectures, le sérieux qu’il leur accorde. Que de moments délicieux à écouter leurs commentaires, ah non, moi je préfère Jacob, pas Edward, Et quand la libraire y va aussi de son avis, alors là, ils n’en reviennent pas…
Mon rôle est celui d’un passeur, de faire découvrir des auteurs, des mondes, des mots ; je donne mon avis, mais cela ne m’empêche pas pour autant d’écouter les lecteurs, de suivre leurs envies, leurs demandes. L’écoute. Un libraire est un lecteur comme un autre, avec des goûts, des frustrations, des avis parfois péremptoires, mais il écoute aussi.
Il me semble que pour ces ados, ces journées sont synonymes de plaisir car ils sont là, hors des cadres de l’école, dans un univers à part. Ils circulent parmi les livres, ils se font raconter des histoires, et peu importe leurs affinités avec les livres, ils les ouvrent, les ferment, les commentent, rient, soupirent aussi. Lors de telles journées, je raconte, j’explique, mais surtout, j’apprends à mieux écouter.
Alice Liénard, librairie Monet (ici)
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