22 février 2010

Je meurs mais j'écris encore (par Thierry Dedieu)

suicide.jpg

Les jours de ma vie d’auteur sont comptés, je suis en sursis. Je me sens dans la peau d’un diplodocus juste après la collision avec l’astéroïde, De Gaule après Mai 68, Mesrine coincé dans les embouteillage,porte de Clignancourt.« On » me fait comprendre que je fais des bouquins comme il y a dix ans, quand on pouvait se permettre de faire des livres sans princesse, sans lutin et sans dauphin. Fini. Terminé. Retour vers le futur.

L’an dernier, après avoir, un temps, essayé de faire dans le « commercial », j’avais pris la décision de revenir à mes principes de bases, ceux pourquoi, la plupart de ceux qui lisent régulièrement ce blog, m’apprécient. J’ai donc « pondu », sans concession : Aagun (prix Chrétien de Troyes) et Dieux (finaliste du Prix Baobab) entre autres. Oui mais voilà, il y a le retour de bâton. Je ne vends pas assez! Être gratifié de prix, ce n’est pas vendre et c’est souvent, hélas,signe du contraire. Je suis à la « ramasse » derrière les livres jolis, ceux qui dégoulinent de miel, avec paillette et tout le toutim ! Lors de certaines conférences, quand je disais que j’allais finir par me renier pour survivre, j’attendais juste qu’on me rassure, qu’on m’oppose des « je t’aime ». Mais là, si je ne fais rien, si je continue dans cette voie, je vais droit dans le mur.

 

Mon éditeur me demande « mon livre de Noël ».

« - Mon quoi ?

- Oui, tu sais bien, Coco, ne fais pas l’enfant, un gentil livre avec pleins de couleurs, l’histoire du poney qui voulait se teindre en blonde, ou bien de la sirène recueillie par une maman dauphin, enfin ! un truc de ce genre, à toi de trouver, c’est toi l’auteur ! Merde !

La suite sur le blog de Thierry Dedieu…

Écrire un commentaire

Vos commentaires seront publiés après validation par le modérateur, merci d'être patient !