22 janvier 2010

Silence, on irradie

Silence, on irradie - Christophe Léon

  • Christophe Léon
  • Thierry Magnier - 8 €

Sven, adolescent secret qui a du mal à dépasser la jalousie que lui inspire sa petite sœur Siloé, vit avec sa famille à l’ombre de La Centrale, une des nombreuses centrales nucléaires qui parsèment ce pays indéterminé.

Presque toute la population travaille à La Centrale, y compris les parents de Sven, et malgré quelques signes alarmants – perte de dents et de cheveux, étranges maladies de peau, recrudescence de naissances d’enfants « différents » – tous veulent croire les propos lénifiants des autorités quant à la sécurité absolue du site.

Un jour, pourtant, survient un accident et l’explosion d’une force inouïe détruit le village et un large périmètre alentour, ne laissant pour uniques survivants que Sven, tombé par chance dans une champignonnière, Siloé, enfermée par punition à la cave par sa nourrice et Grégorias, enfant « différent » du voisinage. Sans trop savoir pourquoi, Sven décide de se cacher quand arrivent les sauveteurs et les trois enfants vont errer plusieurs jours dans les décombres du village, de plus en plus affamés et effrayés. Sven va se découvrir des ressources inespérées et une affection méconnue pour sa petite sœur, blessée, fiévreuse, qui noue un dialogue imaginaire avec un rat. Nous croiserons d’autres personnages qui convergent tous vers les lieux de l’explosion devenus zone interdite : un médecin, un militaire, la sœur d’une institutrice qui emmenait ses élèves visiter La Centrale le jour de l’accident, une ânesse, une nuée de mouches…

La force de ce court roman d’anticipation est de ne pas tomber dans la facilité du livre « à thème » : même s’il est suffisamment réaliste pour nous faire froid dans le dos en nous rappelant que ce genre d’accident est de l’ordre du possible – et s’est déjà produit – , la justesse de l’écriture, le suspense, l’humour, la finesse des relations, la grande tendresse portée aux personnages et à leurs sentiments (ainsi Siloé qui se demande si elle n’est pas responsable par ses bêtises et sa bouderie de la disparition de la nourrice dans un grand éclair aveuglant…) font que l’on ne peut quitter ce livre une fois entamée la lecture, qui s’achève sur une fin ouverte, glaçante…

Claire Poilroux, Tiers-Temps

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