08 décembre 2009

Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron

Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron - Claude Ponti

  • Claude Ponti
  • École des Loisirs - 28,50 €

Elle est forte notre petite grande Bih-Bih accompagnée de son ami champignon Filifraiïme. Elle chemine sur le dernier bout de terre que le Bouffron-Gouffron va avaler. Elle était la dernière vivante et la voilà dans son ventre «monstruosideux».

C’est le chaos, toute la terre y est passée, Bih-Bih est happée, envolée, tourneboulée.

Les objets changent de taille à l’infini, des parcelles de monde s’entrechoquent à l’endroit, à l’envers.

Pour sauver la planète, elle va devoir soigner l’Ooïpopoille de la terre avec la première goutte de la première pluie qui est tombée la première fois sur la terre.

Le bon sens et la générosité de notre aventureuse Bih-Bih la mèneront à sauver des êtres pontiesques, son chemin et sa quête seront balisés de rencontres qui la guideront jusqu’au sein de la terre, où après bien des péripéties, elle découvrira enfin ce trésor fragile, cette unique goutte du commencement de l’histoire de notre planète. Dans un méli-mélo, des trésors de l’humanité lui chuchoteront des «visitez nous, explorez nous» et notre petite curieuse interloquée, mangera de ses grands yeux émerveillés, ce bric-à-brac précieux que nous nous amuserons à identifier.

Elle arrive enfin à L’Ooïpopoille, laisse tomber sa goutte; la guérison commence, et des forces retrouvées, s’opèrera l’œuvre de reconstruction de la terre.

Comme dans Blaise et le château d’Anne Hiversère avec le patrimoine littéraire, Claude Ponti joue ici avec l’architecture, et les vestiges des civilisations antiques. De la Grèce, d’Afrique, d’Asie…

Tout ce fatras entraînera le lecteur dans une manipulation du livre: la lecture passe de l’horizontalité à la verticalité quand Bih-Bih descend des escaliers, ou quand elle va s’immerger dans l’eau, pour trouver enfin le cœur de la terre.

Dans son costume d’Alice, elle nous évoque aussi toute la fantaisie de Lewis Carroll. Comme toujours ça foisonne, ça tournicote et ça serpente.

C’est une belle métaphore sur l’avidité humaine à détruire un bien fragile, et sur l’eau symbole de vie et de renaissance.

Un espiègle poussin masqué c’est encore caché dans ce livre!!!!!

Patricia Matsakis, Le Bateau Livre (Montauban)

Écrire un commentaire

Vos commentaires seront publiés après validation par le modérateur, merci d'être patient !