02 décembre 2009
Mes deux Allemagne

- Anne C. Voorhoeve
- Traduction Florence Quillet
- MilléZime, Bayard Jeunesse - 11,90 €
Au cours d’une soirée, Lilly ferme les yeux et raconte:
Elle vit en Allemagne de l’Ouest, à Hambourg, elle a une douzaine d’années et accompagne sa mère dans sa fin de vie. Celle-ci lui a raconté comment par amour, elle s’est enfuie d’Allemagne de l’Est. Elle connait la famille de sa mère par les photos, les lettres, puisque jamais elle n’a pu la rencontrer. Sa mère meurt et pour la première fois, à l’enterrement, elle est face à sa tante Lena. Immédiatement elle est attirée par cette femme chaleureuse, malheureusement celle-ci doit très vite retourner en RDA. Lilly se retrouve seule, Pascal, l’ami de sa mère, photographe, voyage sans cesse et ne peut s’occuper d’elle, alors on prévoit pour elle une famille d’accueil. Elle se révolte, et, aidée de Pascal et de Maggie sa meilleure amie, elle passe la frontière et arrive en RDA, chez Lena. Mais cela ne se passe pas du tout comme elle s’y attendait. D’abord, Kathrin, sa cousine, lui claque la porte au nez, et puis, même, si Lena et Rolf, son oncle, sont heureux de la voir, eux savent que ce ne sera pas simple. Il n’est en effet pas facile de rester en RDA, lorsque l’on vient de l’ouest, et de plus, on risque de créer de sérieux ennuis à ceux qui vous accueillent. Lena et Rolf obtiennent pour elle une autorisation de séjour d’une semaine, ensuite Lilly devra repartir, et il lui faudra attendre un an avant de pouvoir revenir définitivement.
Peu à peu, elle apprendra ce qui s’est passé après la fuite de sa mère: Lena étant la sœur aînée, a été «punie sévèr
ement» pour ne pas avoir surveillé sa jeune sœur.
Mais tout cela, c’est du passé, quand Lena raconte, le mur est tombé, l’Allemagne est réunifiée.
Un beau roman, sur le deuil, les secrets de famille et sur le traumatisme causé aux familles séparées par le mur. Ce n’est pas pesant, à aucun moment on a l’impression d’un roman «engagé». C’est avant tout une aventure humaine et c’est ce qui en fait sa force.
Annie Falzini, L’Oiseau-Lire (Évreux)
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