12 novembre 2009
C'est une littérature de l'urgence équivalente aux écrits de résistants contre la barbarie
«- Qu'observez-vous à propos de la qualité de la langue, de la tonalité des récits ?»
- Nous recevons de l'étranger des textes étonnants, écrits dans une langue classique, celle du XVIIIe siècle. Certains textes en provenance d'Afrique ou de Madagascar sont sublimes. La langue employée par ces auteurs est celle de leurs études, de leurs écrivains préférés. Les jeunes Français, eux, s'expriment dans une langue irriguée par le vocabulaire de la rue, influencée par le slam et la littérature jeunesse de la France du début du XXIe siècle. La tonalité de leurs histoires est généralement très sombre. Écrire semble jouer le rôle d'une sorte de catharsis où les plus jeunes expriment la peur d'un amour déçu, d'une société sans idéalisme, d'un avenir gris. Les Africains parlent plutôt de la peur de la misère, du sida, de l'exil. C'est une littérature de l'urgence équivalente aux écrits de résistants contre la barbarie. »
Extrait d'un article de Ladepeche.fr Ecrire pour s'évader du quotidien, à propos du 25e Prix du jeune écrivain
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