31 octobre 2009
En début d’après midi, une réception sur le stand Alpha pour fêter la sortie du premier livre CD audio en Algérie (Nadia Roman au SILA 09 - 4)
Nadia Roman est de retour au Salon du Livre d'Alger… Comme les années passées, elle nous offre ses chroniques, et nous l'en remercions.
Bonjour !
Il pleut sous la tente et pourtant pas d’orage à l’horizon mais un ciel bleu d’azur, le matin gris puis rose sur la mer. Mon réveil sans pile marche du tonnerre et sans orage je vous assure !
Les livres gondolent c’est vrai, on protège au mieux. Mais tout va bien, les toilettes sont raccordées !!!
Je ne fais pas trop de tourisme, je crois que la circulation est de pire en pire et le trajet pour monter au 5 juillet est interminable. Heureusement, on dit des bêtises dans la voiture avec Amine et Meriem qui s’occupent du stand LLE. On parle aussi souvent de Katek Yacine qui marque la nouvelle génération par le réalisme de son propos de son regard et la beauté de son écriture. Enfin la nouvelle génération qui lit… Il habitait dans un centre de repos et de vacances pour les ouvriers algériens, du temps où on pensait social, transformé en logements tout court depuis, sans compensation ; c’était du temps où les ouvriers étaient ouvriers et où ils prenaient des vacances… pas besoin de traverser la Mer pour ça, en effet. Mais je passe tous les jours devant ce lieu et j’ai une sorte de frisson à penser qu’il faisait là son tour de vélo quotidien, qu’il ne voulait pas plus grand ni mieux, qu’il regardait le monde de là et qu’il l’appréhendait de quelle manière et de le dire aussi et de l’écrire. Le personnage de Lakhdar dans Nedjma me poursuit, la vertu de l’écrivain, distraire les paysans quelques instants de leur tâche…
Aujourd’hui j’ai rempli un panier bilingue en faisant des rencontres à chaque fois, des attendues et des fortuites. De beaux livres au Liban, Samir éditions, les albums de La 7ème couleur bilingues aussi (ça fera plaisir à Eveline Caduc, qui fut mon enseignante en terminale !, spécialiste de Saint John Perse et amoureuse de Camus, auteur également, qui m’avait donné le nom de cette éditrice avant de partir), ceux de Sédia, Les trois pommes, Dalimen entre autres, et Les petits écoliers d’Oran - ha les petits écoliers d’Oran ! cette association fait un travail auprès des enfants sur la lecture qui est remarquable et ce depuis les années 85 : bibliothèques, formation pour l’essaimage, animations, ateliers d’écriture, conte, publication de qualité de contenu à des prix minimes, un travail militant, je ne trouve pas d’autre mot ! Autant dire que j’ai emprunté 3 albums et que je suis restée 2 heures sur le stand ! Rachid, un permanent de l’association, jeune et passionné que je rencontrais là, a choisi à ma demande son livre préféré, édité qu’en arabe et que je compte me faire lire et traduire par les enfants, La lune et le jasmin. Je vous dirai de quoi il parle dès que…
En début d’après midi, une réception sur le stand Alpha pour fêter la sortie du premier livre CD audio en Algérie. Il s’agit d’un livre de textes rangés sous forme d’abécédaire de Hamid Grine, pas lus dans son intégralité mais des textes choisis, pour un début. Pas encore commercialisés, les premiers bénéficiaires sont les élèves d’écoles spécialisées pour enfants aveugles à travers le pays. Le patron d’Alpha, Brahim Djelmami Hani, un homme discret et ouvert, un homme humain en somme, avec qui je parle toujours avec plaisir et considération, semble toujours avoir le souci de faire bouger, avancer les choses. Il y a dans cette grande entreprise business et respect, je trouve ceci suffisamment rare pour l’écrire !
A la fermeture, une jeune femme arrive puis deux et des enfants et leur mère ; elles revenaient d’un tournage d’une émission pour la jeunesse (les enfants d’abord) de la radio Canal 3, de l’imprimerie Mauguin à Blida. Lieu mythique, qui depuis la colonisation continue avec les descendants. Imprimeurs éditeurs comme il est de tradition (Editions du Tell). Pour les émissions les enfants sont associés au déroulement, nous dit Soraya Bouatba, alors que nous disposions des cartons pour protéger les livres de l’humidité ambiante. Et de fil en aiguille on comprend qu’elle cherchait quelqu’un, car Chantal Lefèvre de chez Mauguin avait offert aux enfants un album imprimé chez eux, traduit et édité à Alger : mon Réveil ! Et nous fîmes la fermeture du salon, seuls avec les gardiens de la sécurité, après avoir « fait » l’interview –comment faire lire, qu’écrire, le secret pour écrire en jeunesse !, le bilinguisme, les mots transmed…-.
Il ne nous restait plus qu’à vite quitter les lieux sous peine de dormir là, d’aller manger parce qu’à midi, du coup, on avait oublié ! Et charger les photos du jour, en comprimer certaines pour le blog ( !) hélas mais sinon ça ne traverse pas la fameuse Mer !
Il est prévu que j’aille à Blida demain, car des livres sont prêts.
Prêt aussi le coin lecture, des poufs et un tapis, une table pour les albums, et moi qui vais dormir car demain, rendez-vous avec des élèves de l’école des Glycines, là où j’avais fait les animations l’an dernier. Je vais tout de même doubler mon réveil écolo de mon téléphone filaire comme ils disent !
Il y avait bien aussi les copains qui signaient chez Apic le fruit de leur résidence d’auteur, mais j’en parlerai demain. Il y avait aussi un auteur* de Laghouat chez LLE qui a signé sa poésie vêtu en habit traditionnel, francophone à l’humour d’une grande drôlerie, qui m’a raconté hilare qu’on lui demandait si on pouvait lui parler en français ; et lui de rire à l’idée que l’habit fait le moine, « c’est un burnous pas une soutane » riant aux éclats !
Je n’ai pas encore dit ici –je reviendrai-, mais là oui et souvent !
A bientôt
Nadia
*Amar Belkhodja, La passion de l’autre
Publié dans CHRONIQUES ALGÉROISES DE NADIA ROMAN, DOSSIER FRANCE-ALGERIE | Lien permanent | Commentaires (3) |
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Commentaires
Merci pour cette chronique et le lien vers Samir editions, entre autres. Cette idée du bilinguisme est tellement importante et malheureusement si confidentielle...
Ecrit par : Christine Jeanney | 31 octobre 2009
il n'y a aucune facilité dans le bilinguisme, aucune évidences, de celles qui pourraient nous sauter aux yeux! je me pose des
-pourquoi-, il y a des tentatives de réponses. continuer à proposer les deux écritures les deux langues, comme on donne des livres et laisser germer!!! ici il y a la bilangue, qui fait vraiment penser à la lalangue lacanienne. les puristes hurleront, mais je ne suis que monolangue, malich!!!
bonsoir et merci à vous de votre lecture. Nadia
Ecrit par : nadia roman | 01 novembre 2009
"Je n’ai pas encore dit ici –je reviendrai-, mais là oui et souvent !"
Il m'a semblé l'entendre ce matin pourtant! :)
Bisous,
Liza
Ecrit par : Liza | 03 novembre 2009
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