16 septembre 2009

Dernières lectures (septembre - part-3)

9782844207517.jpgLe Monde attend derrière la porte
Pascale Maret
Éditions Thierry Magnier, 8,50 €

Le monde attend derrière la porte. Pour Sarah, quinze ans, membre de la communauté Rigoriste d’une petite ville de France, le monde c’est vous, c’est moi, ce sont les cinémas, le sport, les amis, la musique, le collège, les sucreries… bref, toutes les bonnes choses qui font la vie d’une adolescente. Le hic c’est que, d’après les enseignements des Saintes Écritures qui l’ont bercée depuis l’enfance, l’enfer, c’est le monde, justement. Et pas qu’un peu! Alors pour éviter aux jeunes brebis «rigoureuses» de tomber dans les travers de cette jeunesse dépravée, on les cache sous des voiles et des jupes trop longues, on les emmène à confesse, on les claquemure dans une école pleine d’autres rigoristes dévots et surtout tellement vide de livres. Mais l’isolement physique et psychologique imposé par le Ministre de Dieu (rien que ça…) et mis en œuvre par un Tuteur et des parents au comble du zèle, n’empêche pas Sarah de jeter un œil par le trou de la serrure. Juste une œillade pour commencer, puis une observation plus longue, à la fois étonnante et effrayante, du monde. Le monde qui l’attend juste derrière cette porte d’intolérance et d’interdits, dressée par sa communauté. Et comme Sarah aimerait la pousser; la faire exploser même. Mais elle le sait: franchir le pas c’est aussi tirer un trait sur sa famille. Sur ce père, cette mère et cette fratrie qui refusent de mélanger les torchons impies du monde, et les serviettes élues de Dieu, comme eux. Et peu importent les liens de parenté. C’est le dilemme de toute une vie qui s’ouvre devant Sarah… En se basant sur la véritable secte des Frères de Plymouth n°4, les durs des durs des communautés protestantes, présente dans plusieurs départements français, Pascale Maret nous plonge dans l’univers obtus et rigide de ces élus de Dieu auto-proclamés. À travers son héroïne elle trouve les mots et les arguments pour parler aux adolescents d’un sujet généralement classé adulte: les sectes. Et c’est réussi. Car, plus que de mettre le doigt sur l’une des plaies de notre société, l’auteur explique à ses jeunes lecteurs une chose fondamentale: quel que soit leur âge, leur milieu, leur quotidien ou leur religion, leur vie leur appartient. Et bien que le chemin de l’indépendance soit parfois semé de doutes et de choix douloureux, il vaut parfois la peine d’être emprunté, au nom d’une chose essentielle: la liberté. La liberté, si ce n’est de mouvement, au moins de pensée.
Sabrina Khenfer, Apostrophe


Le Sabre sacré
Yves-Marie Clément
Karactére(s), Éditions du Seuil, 8 €
Jigoro est un étudiant peu ordinaire. Rendu orphelin et aveugle par un accident survenu trois ans auparavant, il mène un rude combat contre les épreuves de la vie. Pour cela, il trouve des forces dans la pratique du judo, où il excelle. Il utilise et affine les quatre sens qu’il lui reste, ce qui lui permet non seulement d’être un bon judoka, mais aussi de pouvoir sentir avec intelligence les événements. Mais on ne peut pas toujours tout prévoir… À la suite de l’agression de son oncle (son dernier lien familial), Jigoro va être plongé dans une enquête policière aux multiples soupçons, où le courage et la maîtrise de soi sont de rigueur pour rester en vie… Au-delà des agressions, meurtres et autres intrigues, la légende d’un sabre unique, redoutablement puissant, tourne au-dessus des têtes, tel un ectoplasme cherchant à être identifié. Le sabre frappera-t-il? Peut-être bien que oui, ou peut-être que non… Mais ce qui est certain, c’est que l’amour, lui, est au rendez-vous, et sous toutes ses formes… Ce roman a la particularité de suivre l’histoire selon les points de vue des deux personnages principaux. On découvre la vie de chacun, ainsi que les pensées et les sentiments des deux parties. Cette structure permet au lecteur de ne pas perdre une miette des événements. Construit sur des valeurs de tolérance et de respect, le récit fait prendre conscience des difficultés des personnes atteintes d’un handicap visuel en même temps que des facultés qu’elles apprennent à développer. Enfin, le lecteur découvre un pays: le Japon. Coutumes, traditions et vocabulaire y sont bien expliqués et insérés dans un contexte romancier bien construit, contribuant à l’ouverture d’esprit du lecteur, mais aussi au développement de sa culture étrangère.
François, Le Bateau Livre (Lille)

Gueule de bois
Insa Sané
Exprim’, Sarbacane, 15,50 €
Gueule de bois est le troisième roman d’Insa Sané. Le premier, Sarcelles-Dakar, avait ouvert, en 2006, la collection «Exprim’». Gueule de Bois (lendemains qui déchantent) est aussi le premier titre de la collection à être diffusé et vendu dans deux rayons de librairie: en littérature générale et en littérature jeunesse. C’est le même texte, seules les couvertures changent. À ce sujet, il faudrait encore s’interroger. Questionner ce choix d’éditeur, longuement. On se contentera ici, pour le moment, de parler du texte. Et il est très bon. La construction d’abord, implacable. Tout se déroule le temps d’une nuit, la nuit où Barak Obama est élu président des États-Unis. Une multitude de personnages, de décors, de chapitres, et une fin tragique, évidemment. La vraie force d’Insa Sané, c’est cette voix, unique, qui tutoie le lecteur et l’embarque dans cette nuit de chair, de drames, d’espoirs et d’enfers. La vraie force, c’est de parler d’aujourd’hui avec une voix vraie, qui interpelle, qui provoque, qui crie. Insa Sané parle: de la crise (page 39, très fort!), de la Marseillaise sifflée dans les stades, de l’Amour, de musique, de rage, de politique, de racisme, de rêves, de guerre, d’avenir… Et plus encore. Il donne, avec ce texte, cette voix juste et nécessaire. Alors oui, c’est une voix crue, parfois violente, parfois poème. Alors oui, la première scène est difficile, et se pose et se posera encore la question de l’âge du lecteur, mais Gueule de bois est une tragédie antique qui slame aux abords des nuits sombres, et parle d’hier et de demain, avec réalisme et révolte. Ce livre, ce cri, il se lit d’une traite et laisse un peu anéanti. Et c’est, je crois, le propre d’une littérature qui sait être parfois là, à l’endroit précis où ça démange. Dérange.
Madeline Roth, L’Eau Vive

Le Nom du vent
Patrick Rothfuss
Bragelonne, 28 €
Premier tome de la trilogie Chronique d’un tueur de roi, Le Nom du vent est un incroyable pavé possédant le pouvoir peu commun d’empêcher tout lecteur de le refermer une fois ouvert. Tous les ingrédients y sont: une narration mise en abîme savamment rythmée, un suspense insoutenable, des personnages attachants, une histoire d’amour à épisodes inattendus, des méchants plus que mystérieux… Rien n’est épargné au lecteur qui battra sur ce livre tous ses records de vitesse de lecture. Située dans un univers médiéval fantastique relativement classique, l’histoire que nous conte le narrateur, également personnage mythique de ce monde dangereux, est l’histoire de sa propre vie. Dans cette première partie, Kvothe, notre héros étrangement devenu tavernier dans un village reculé, évoque son éducation, de celle de ses parents jusqu’à l’Université. Excellant dans tous les domaines, des arts du combat à la magie en passant par les arts lyriques, on devine déjà de quelle extraordinaire étoffe l’adulte sera fait. Un régal dont la seule amertume est de voir venir inexorablement les dernières pages en sachant que la suite n’est pas prévue avant 2010.
Guillaume Boutreux, M’Lire

Orages
Sonia Ristic
Roman ado, Actes Sud Junior, 11 €
Tamara revient après plusieurs années d’exil à Belgrade, la ville de son enfance et adolescence… Aujourd’hui, les rues ont connu la guerre, la révolte. Elles ne sont plus ce qu’elles étaient. Belgrade est devenue une étrangère à ses yeux et la culpabilité d’avoir fui refait surface, contrairement aux souvenirs qui semblent définitivement enfouis sous les décombres du passé. Tamara retrouve Sacha, son premier amour (hasard ou destin?). Lui aussi, il a été façonné par le conflit: dur, violent et corrompu. Mais dans son étreinte, Tamara va redécouvrir une partie d’elle-même oubliée depuis longtemps. Sonia Ristic était connue pour ses pièces de théâtre Quatre minutes de danse et Le Temps qu’il fera demain. Orages est son premier roman. Il est publié chez Actes Sud Junior dans la collection «Roman ado», dont les ouvrages laissent rarement indifférents (Au rebond, Angélique boxe…). Orages n’échappe pas à cette règle. L’écriture y est violente, hargneuse mais aussi douce et réfléchie. L’orage est celui de l’amour. Celui du pays, celui d’un homme, mais aussi celui que l’on porte à soi même. Les orages de Tamara resteront-ils si lourds et étouffants?
Claire Lefeuvre, M’Lire

La Balade de Sovay
Celia REES
Traduction Anne-Judith DESCOMBEY
Éditions du Seuil, 16,95 €
Voici le nouveau roman de Celia Rees dont nous avions apprécié  Journal d’une sorcière. Avec La Balade de Sovay, on se lance dans une grande aventure romanesque historique, teintée d’espionnage. Miss Sovay Middleton est une jeune anglaise de dix-sept ans au courage impressionnant, de condition bourgeoise, elle aime se transformer en bandit des grands chemins. Pas pour s’amuser mais pour défendre de nobles causes. Elle va devoir défendre l’honneur de sa famille contre laquelle un complot est engagé. Son père et son frère ont disparu, ils sont accusés de trahison, peut être sont-ils en France où les idées de la Révolution Française les auraient attirés? Elle décide de partir à leur recherche. En quittant ses terres pour aller à Londres, elle devra affronter un espion manipulateur et diabolique, Sir Robert Dysart. Elle sera aidée par des personnages hauts en couleur, et passera à travers de sombres intrigues, des manigances politiques, des machinations mais, elle sera contrainte de quitter son pays pour rejoindre la France. Pas de répit pour Sovay, elle est cachée à Paris, les conditions de vie sont difficiles, violentes car c’est le règne de la Terreur, sous Robespierre. Elle va retrouver son père en prison, quand elle-même sera emprisonnée… Je ne vais pas vous raconter tout le livre pour vous laisser le plaisir de suivre cette fière héroïne à travers ses aventures palpitantes!
Carole Lévy, Poco à Poco-Tonnet jeunesse

Le Chagrin du roi mort
Jean-Claude Mourlevat
Gallimard, 16 €
Une petite contrée perdue dans l'immensité neigeuse, deux frères, et le roi qui vient de mourir. La chaleur d'un foyer, la sagesse d'un monarque et la paix sur tout un peuple. Un secret de famille, l'enlèvement d'un enfant, une vengeance assouvie, une guerre des plus cruelle et dévastatrice, une immense bibliothèque anéantie par les flammes, un climat glacial, une nature hostile. Un amour plus fort que la raison, le déchirement d'une séparation, l'amitié qui défie le temps et l'éloignement, le chagrin qui conjure la douleur. Une quête, une recherche de l'impossible et la ténacité des héros. Ce n'est ni une aventure, ni un conte, ni une légende, ni une épopée. Ça peut être tout ça à la fois, une symphonie littéraire où les genres se  mélangent et où le lecteur navigue entre le possible et le merveilleux. Un best-seller… Une aventure qui nous entraîne vers des terres lointaines et inconnues et le froid qui nous tient captif tout le long de la lecture. Là-bas, c'est la nature qui dicte ses règles, là-bas la solidarité est une évidence. Un conte où les héros de Perrault et des frères Grimm auraient grandi et nous aussi. Notre discernement et les aspirations des personnages s'en trouvent accrus. Une épopée où la cruauté, la soif de pouvoir, l'injustice, le désir de  possession des uns n'ont d'égal que la bonté, l'humanité et le respect de la vie des autres. Une légende où se mêlent les aspirations de l'humanité depuis la nuit des temps et notre inconscient collectif. Les mots du conteur qu'est Mourlevat, à aucun moment ne trahissent ses lecteurs. Il nous surprend de cruauté, pour mieux nous rassurer, nous consoler. Mais une chose est sûre, à aucun moment il ne nous déçoit.
Agnès Gizardin, Rêv'en Pages

Rouge crime
Mary Hoffman
Flammarion, 13 €
En Italie, en 1316, Silvano Da Montacuto, seize ans, riche et beau se voit accusé d’un meurtre qu’il n'a pas commis… Il se réfugie au monastère de Giardinetto en espérant être innocenté. De son côté, Chiara, jeune fille vive et intelligente, se rend «à reculons» au couvent des Clarisses qui jouxte le monastère. Elle n’a aucune vocation mais son frère, n’ayant pas de quoi la doter convenablement, lui impose la vie religieuse. Leurs chemins vont se croiser lors d’une étrange et effrayante série de crimes qui surviennent au sein du paisible monastère. Pour Chiara la vie religieuse prend un tour inattendu entre ces mystères et la fabrication des pigments pour les fresques de la célèbre basilique. Elle découvre le monde des images et… Silvano qui lui aussi a été affecté à la fabrication des couleurs pour les artistes peintres. Un excellent roman historique mêlant amour et suspens. On prend plaisir à découvrir les techniques de peinture, les mœurs de l’époque, tout en tremblant pour nos jeunes héros.
Amélie Raud, La Courte Échelle

L’Attrape-rêve
Xavier-Laurent Petit
Médium, L’École des Loisirs, 10,50 €
Une vallée boisée et isolée des États-Unis. Au collège, il y a ceux de la haute vallée, les bouseux, les sauvages et ceux de la ville, ils ne se mélangent pas. Ceux de la vallée ont tous un père qui travaille à la scierie et dès qu’ils pourront quitter le collège, les garçons eux aussi y travailleront, quand aux filles… Seule Louise veut continuer ses études, M. Harrison, son prof de littérature lui a donné le goût des livres, de la poésie et de l’étude, mais il faudra convaincre son père. Un nouveau venu au collège, Chem qui arrive d’on ne sait où, va cristalliser les instincts brutaux des meneurs de la communauté. Louise est partagée entre sa fidélité au groupe et son amitié, son amour pour Chem. La fermeture de la scierie va exacerber les conflits et le désarroi des habitants. Aussi quand des ingénieurs arrivent et font miroiter aux habitants, travail, argent, maisons luxueuses si ils acceptent la construction d’un barrage, seule Dolorès et Chem comprennent ce que cela représente. Mais Dolorès est malade et n’a pas la force de lutter, Chem, lui, fera tout pour retarder le chantier. Xavier-Laurent Petit aborde dans ce roman les problèmes de notre monde en les faisant vivre par des adolescents auxquels les lecteurs pourront s’identifier.
Annie Falzini, L’Oiseau-Lire

La Vie commence
Stefan Casta
Traduction Agneta Segol
Éditions Thierry Magnier, 16 €
Après Faire le mort, j’étais plus qu’impatient de voir à quoi ressemblerait le nouveau roman de Stefan Casta: La Vie commence. Et je ne fus pas déçu. Cet auteur suédois, qui a reçu de multiples récompenses en Suède mérite une entière reconnaissance en France et de vrais succès en librairie. Tout comme dans son précédent roman, Casta décrit un moment de vie, un instant en suspens qui soudain va faire basculer la vie des personnages principaux. Dans Faire le mort, c’était la mise à tabac d’un jeune ado. Dans La Vie commence, c’est l’arrivée d’une fille, étrange, décalée dans la vie du héros qui va tout changer… Véritable maître du «il se passe pas grand chose mais c’est super beau», Stefan Casta est un auteur qui parvient à décrire les sentiments et les relations humaines avec une grande précision, tout en retenue et en petites choses de la vie. Dans La Vie commence, Victor habite dans une ferme paumée au fin fond de la Suède. Vivent avec lui, ses parents adoptifs, Brigitte l’ancienne cantatrice devenue une taiseuse, son père d’origine italienne mais plus suédois qu’un vrai suédois et Picco son chien, l’éternel compagnon de ses escapades. Puis arrive, cette fille, Esméralda, Louise, Alice ou peut-être Caroline –on ne sait pas bien comment elle s’appelle- qui va bouleverser le quotidien de cette famille. Avec sa folie, sa façon d’être et de vivre, ses douleurs et ses peurs, elle va retourner cette famille qui se croyait immuable. Pas grand chose de plus à raconter au niveau de l’histoire, l’intérêt de ce livre se trouve ailleurs: dans la qualité d’écriture, dans le cheminement lent mais important des personnages. Chaque détail est important, chaque petit moment incroyablement bien décrit. Une vraie belle performance d’écriture. Ce roman, pour ados et adultes, saura vous toucher comme il m’a touché, je l’espère, et vous faire découvrir ce très bon écrivain.
Simon Roguet, M’Lire

Les Enfants rats
Françoise JAY
Plon Jeunesse, 17 €
2025, dans un pays qui pourrait être le notre. Crise écologique, crise économique, absence de volonté politique: un monde sépare les nantis des plus déshérités. La pauvreté a explosé et aspire tout ceux qui se retrouvent aux franges du système. À la perte d’emploi succède la perte du logement et une fois dans la rue, les adultes ne survivent pas longtemps. Les enfants se regroupent en bandes et peuplent les égouts. Retournés à l’état quasi sauvage, ces «hordes» d’enfants qui vivent de rapines, dans un univers extrêmement violent, sont appelés les «enfants rats».  Irielle a dix sept ans et lutte depuis une dizaine d’années pour ne pas devenir une enfant rat. Elle a adopté un bébé (les nourrissons indésirables sont jetés dans les égouts), un petit garçon qu’elle a appelé Jode. Il a six ans et leur petite famille s’agrandit avec l’arrivée de Moïsa, une petite fille de quelques jours qu’Irielle sauve de la noyade lors d’une de ses rares mais indispensables, incursions dans les égouts. À eux trois, ils tentent de rester humains, loin du monde des adultes qui se soucient peu de ces enfants errants, et à l’abri des hordes des enfants rats qui tuent tous ceux qu’ils n’intègrent pas à leurs bandes. Mais les rangs des laissés pour compte, salariés pauvres, ouvriers exploités, familles entières jetées à la rue, ne cessent de croître et bientôt, la révolte gronde... En grossissant le trait, dans un hypothétique futur, la science-fiction permet de dénoncer les travers du présent. Les enfants des rues -et des égouts- existent déjà dans certains pays, et les villes d’Occident sont remplies de campements de fortunes. Les inégalités ne cessent de croître. La crise économique est là. La crise écologique est à nos portes. Alors ce monde terrifiant que décrit Françoise Jay c’est peut-être bien celui qui nous attend si nous n’y prenons garde. Et son roman est une manière intelligente de faire réfléchir les plus jeunes, ceux qui demain auront le monde entre leurs mains.
Ariane Tapinos, Comptines

Étranger à Berlin
Paul Dowswell
Traduction Nathalie Peronny
Naïve, 18 €
Piotr vient de perdre ses parents. Nous sommes en 1941, la Pologne est envahie. Le jeune garçon est alors placé dans un orphelinat où il est bientôt repéré par un groupe qui cherche de jeunes polonais au profil aryen exemplaire. Piotr, grand, blond aux yeux bleus et à l’allemand parfait est vite repéré et envoyé dans une famille aisée, les Kaltenbach. Le père, un scientifique connu, se plie volontiers aux désirs de l’état nazi et toute la petite famille est pleinement investie dans l’évolution et le soutien des forces hitlériennes. Piotr, désormais nommé Peter, n’est pas en reste et s’intègre parfaitement dans sa nouvelle vie. Il est heureux dans cette famille et le prouve en intégrant lui aussi les jeunesses hitlériennes avec ambition; il désire devenir pilote de la fameuse Luftwaffen. Sa voie semble tracée. Un jour néanmoins, il rencontre Lena Rieter avec qui il se lie d’amitié très fortement. La famille Rieter, très respectée par le parti, s’oppose en fait à l’idéologie nazie et aide des familles juives en fuite. Au contact de Lena, Peter va découvrir une vie et une jeunesse berlinoise complètement différente. Il sort dans des clubs de jazz, frôle avec l’interdit et développe sa capacité à réfléchir différemment, par lui-même. Il prend peu à peu conscience de toute l’horreur des actes de l’état nazi. La découverte d’une origine juive lointaine déclenche chez lui le déclic et il décide alors de passer de l’autre côté. Il a choisi son camp. Il s’enfuira avec Lena et sa famille… Étranger à Berlin est un livre très fort et original, sur un thème pourtant déjà souvent traité. Le rythme y est enlevé tout au long des 400 pages, faites de rebondissements et de véritables aventures. La lecture en est tout simplement passionnante... même si la vision de l’intérieur des pratiques nazies de l’époque est terrifiante. Les personnages de Piotr et de Lena sont très attachants et on se laisse littéralement embarquer dans cette histoire.
Simon Roguet, M’Lire

On s’est juste embrassés
Isabelle Pandazopoulos
Scripto, Gallimard Jeunesse, 8 €
Aïcha a embrassé Walid. Son amour secret est le frère de sa meilleure amie, Sabrina. Elle a juste embrassé Walid, pourtant dans la cité, c’est une toute autre histoire qui se raconte: Aïcha a couché avec Walid, Aïcha est une sal… Cet évènement, qui va bouleverser sa vie, et les circonstances qui suivent vont la pousser à creuser dans son passé. Ballottée entre rumeur et jugement, Aïcha oublie de se préserver et bascule dans une interminable chute. D’une belle écriture, Isabelle Pandazopoulos nous confronte aux états d’âmes de cette jeune fille de quinze ans qui, de page en page, écrase les mensonges qui ont construit sa vie jusqu’à ce fameux baiser. Les sentiments qu’elle «crache» l’emmènent toujours plus loin. Aïcha va découvrir des vérités qui écorchent mais soulagent. Ce roman balaye différents thèmes. Le premier, déclencheur, est la condition féminine traduite dans l’humiliation publique. S’en suivent l’adolescence et la prise de conscience, la famille, l’amour… Un très beau texte.
Claire Lefeuvre, M’Lire

Les Guerres de Chanda
Allan Stratton
Traduction Sidonie Van den Dries
Millezime, Bayard, 12,90 €
Comment rester insensible à ce personnage de Chanda. Une semaine après avoir terminé la lecture du roman, elle reste dans votre mémoire comme une personne qui vous inspire. Chanda est une jeune fille au caractère bien trempé. Une seule chose compte pour elle, garder son intégrité. Pas facile quand on a perdu son père très jeune, que sa mère que l’on admire est décédée six mois plutôt du sida, et que l’on se retrouve responsable de sa sœur et de son frère de cinq ans. Beaucoup de sacrifices sont nécessaires pour continuer à vivre. Chanda a dû quitter ses études, qu’elle souhaite toujours reprendre quand la famille grandira et qu’elle sera un peu plus autonome financièrement. En attendant elle enseigne aux tout-petits, car elle a la reconnaissance de l’un de ses anciens professeurs, a qui elle se confie et qui a toujours reconnu ses capacités. Vous serez sans doute surpris qu’une jeune fille à peine sortie de l’adolescence puisse déjà enseigner. Il faut vous dire que nous sommes en Afrique sub-saharienne, dans un pays en paix mais victime de raids fréquents de groupuscules qui viennent d’un pays voisin. Un jour, la grand-mère de Chanda qui habite dans la brousse, loin de ses trois petits enfants qui vivent en ville, leur demande de venir. Pour Chanda, la décision est dure à prendre. En effet n’est-ce pas là bas que sa mère est morte, rejetée de cette famille exécrée. N’est-ce pas cette famille qui a voulu imposer un mari à la maman de Chanda, qui avait du s’enfuir pour se marier avec l’homme qu’elle aimait. Après un pardon difficile, Chanda va découvrir la machination de sa grand-mère, comme si le destin repassait le même scénario. Chanda ne se laissera évidemment pas faire. Au travers de cette fresque familiale, on découvre aussi le terrible destin de cette Afrique malmenée par des conflits internes. Chanda verra sa vie bouleversée par l'enlèvement de sa sœur et de son frère par un tortionnaire qui cherchera à en faire des enfants guerriers.
Vous le voyez ce récit est une fresque familiale, et un témoignage sur l’Afrique, extrêmement riche. L’épopée de Chanda pour retrouver ceux qui lui sont confiés fait presque passer le récit vers un roman d’aventure. Lorsque les enfants seront retrouvés, on découvrira les séquelles de cette dure expérience. La mort est partout présente dans ce pays fragile comme un corps agonisant. L’Afrique est plus que le cadre de ce récit, elle en est le sens même. Chanda est courageuse, sincère, intelligente son amour est infaillible. Elle pourrait paraître insupportable, d’ailleurs elle l’est aux yeux d’Iris, sa petite sœur qui n’accepte pas cette jeune fille adulte avant l’heure, presque maman. Cependant on l’admire et on l’aime dans son refus de toute résignation. Chanda, tout à la fois enfant, parent, adulte, est un personnage que l’on n'oublie décidément pas.
Gonzague, Le Bateau Livre (Lille)

Déroute sauvage
Guillaume Guéraud
DoAdo noir, Éditions du Rouergue, 8 €
Si vous aimez les films d’horreur, les frissons dans le dos, l’hémoglobine et les ambiances à la Souviens-toi l’été dernier, alors ce livre est fait pour vous! Un voyage scolaire, un bus plein d’une classe de 4e, une petite route isolée au cœur des Pyrénées et l’accident, en pleine nuit, le sang, la peur et la douleur en pleine forêt à des kilomètres de la première habitation, les portables qui ne captent pas et des bruits, des pas, du mouvement entre les arbres, le cauchemar commence pour les survivants! Guillaume Guéraud écrit là un livre noir efficace qui réunit tous les ingrédients du genre pour faire monter l’adrénaline, à ne pas mettre entre toutes les mains, certains passages peuvent heurter!
Marie Breuillet, Apostrophe

Fuck you New York

Kamel Hajaji
Ex’prim, Sarbacane, 15 €
Malek est parisien, et il a le rêve américain bien ancré dans le crâne. Avec Ben son meilleur ami, ils décident d’aller à New-York pour s’y faire un nom. Le projet est de passer un an dans une université et de cartonner ensuite dans le cinéma ou le journalisme. Et bien sûr de séduire les américaines avec leur accent «frenchy»! Mais la douane en décide autrement. Si pour Ben l’accueil est souriant, pour Malek il est armé de questions et de suspicions. Événement qui va ébranler son identité et son origine tunisienne qu’il avait presque oubliée. Malek est arabe. Malek est un terroriste présumé. Le voyage de ce jeune homme à lieu en 2003, soit deux ans après l’attentat du 11 septembre. Son père lui avait dit «Haich oueldi, fais attention avec ce qui se passe. et ces peurs qu’ils ont…» Par une écriture franche et marquée de références cinématographiques, Kamel Hajaji dans ce premier roman, dénonce la paranoïa post 11 septembre, et le système communautariste destructeur des sociétés actuelles.
Claire Lefeuvre, M’Lire

Les Éveilleurs, tome 1: Salicande
Pauline Alphen
Hachette, 14,90 €
Jad et Claris de Salicande sont jumeaux. Ils ont douze ans et n'ont jamais quitté Salicande, son village et son château. Jad, à la suite de la disparition de sa mère, il y a neuf ans, a été malade. Cela a fait de lui un enfant renfermé, en apparence calme, mais en réalité torturé et souffrant régulièrement de migraine. Sa sœur est une jeune fille volontaire, féministe, remuante, aimant les armes, les chevaux. Leur père ne s'est jamais vraiment remis de la disparition de Sierra, sa femme. Blaise est leur précepteur, et celui de tous les enfants du village. Blaise dit le Mandarin qui connaît tant de choses du passé, qui a fondé Salicande avec Jors, le grand-père des enfants, qui sait communiquer avec les chouettes, au moins avec une et avec son chat, Le Gris. Il a encore la mémoire du passé d'avant Salicande, d'avant... La vie ronronne, un peu monotone, mais Blaise, attentif à son petit monde mais aussi au monde qui l'entoure, sent le changement approcher… Voici un bon roman d'aventure, d'anticipation, de fantaisy. Un roman aux personnages charismatiques et humains. Un roman qui fait des clins d'œil à des œuvres incontournables de la littérature jeunesse.
Leslie Vega, Rêv'en Pages

L’Amour sorcier
Martine Pouchain
Flammarion, 13 €
Quelque part en forêt de Brocéliande en l’an 1097. La jeune Ana vit sur les terres du Seigneur de Lohéac dont elle aime le fils, Luern, qui a soif d’aventures et partira aux croisades. Ana est une jeune fille différente, elle a des visions prémonitoires et un lourd secret pèse autour de sa naissance: c’est Caï le jeune sorcier amoureux d’elle qui lui révélera. Depuis peu dans la région, des fillettes sont retrouvées étranglées après avoir été violées, des visions assaillent Ana qui cherche à les comprendre et maîtriser son don. Bientôt les villageois assoiffés de vengeance, cherchent les coupables et désignent les deux jeunes sorciers, ils s’apprêtent à lyncher Ana et Caï quand la vérité éclate. Un polar moyenâgeux haletant, un récit à plusieurs voix, dans une région chargée de mystère que l’auteur a su replacer dans un contexte historique pour découvrir les différents aspects de cette période.
Laurence Tutello, Le Chat Pitre

Le Monde selon François, tome 3: Le Maître du Temps
Vincent Zabus
Renaud Collin
Punaise, Dupuis, 9,50 €
«Entre rêve et réalité, François ne choisit pas, il veut les deux.» Et pour ce troisième volume, François ne déroge pas à cette règle. Il aimerait bien avoir un papa attentif et, tout simplement, plus présent. Mais son père est pris dans un engrenage… Il doit prouver ses compétences au travail. Pour une hypothétique promotion, il doit relever des défis fous demandés par un supérieur hiérarchique, plus enclin à être exigeant avec ses employés qu’avec lui-même… Le père de François n’a donc plus une minute à consacrer à son fils. Il est pris au piège de son Maître du Temps, dont les mots d’ordre sont rentabilité, efficacité et productivité… Cela vous rappelle quelque chose? Miroir des angoisses de notre société, cette bande dessinée entremêle judicieusement l’imaginaire et la triste réalité de François. Celui-ci est face à un combat de titan, entre logique de productivité irraisonnée et valeurs familiales rognées. Loin d’une analyse idéologique, ce petit gars de huit ans est simplement animé par le désir de retrouver son père. Y arrivera-t-il? Ce troisième volume de Vincent Zabus confirme une série de qualité. Elle sait habilement mêler les préoccupations sociétales des enfants (amour, divorce, monde du travail, liens familiaux…) et leurs imaginaires sans limite… Avec des traits d’inspiration comix, le graphisme tonique de Renaud Collin sied aussi bien à la réalité qu’aux mondes imaginaires. Les tonalités pastel donne de la légèreté au récit et confèrent une touche d’irréel aux mondes parallèles…
Tifenn Bonnaffons, Comme dans les livres

Une sacrée mamie, tome 1
Yoshichi Shimada
Saburo Ishikawa
Traduction Tetsuya Yano
Akata, Delcourt, 7,50 €
Akihiro est un môme de huit ans qui va vivre une séparation assez brutale. Manquant cruellement de ressources pour élever seule ses deux fils, sa mère prend la terrible décision de se séparer du plus jeune des deux et de l’envoyer vivre à la campagne chez sa grand-mère. Akihiro doit donc quitter la grande ville, Hiroshima, qu’il connaît depuis son enfance pour la campagne la plus stricte et une vieille maison branlante où vit sa grand-mère. Le changement est radical et l'adaptation n’est pas facilité par une grand-mère que l'enfant trouve étrange. On comprend rapidement que cette dernière est très pauvre elle aussi et qu’elle ne vit que par un système de combines et de trouvailles plus ingénieuses les unes que les autres. Pour Akihiro, elle devient vite une «sacrée mamie»… Adapté d’un récit autobiographique, ce manga réussit à montrer le contraste, très important, qui existait dans les années 50 entre le Japon rural et urbain. On y découvre une vie à la campagne rude et délicate mais pleine d’humanité et d'entraide. Plus que l’intrigue, ce sont vraiment les rapports humains qui priment dans cette histoire. Ce premier volume nous rappelle l’ambiance que l’on pouvait trouver dans Nononbo (primé à Angoulème en 2008) de Mizuki Shigeru et augure d’une série émouvante, tendre et drôle.
Simon Roguet, M’Lire

Mon pépé est un fantôme
- Saison 2
Barral
Taduc
Dupuis, 9,45 €
Napoléon Tran a vraiment une vie fantastique, et ceci dans le sens littéral du terme! Une maman corse et un papa vietnamien sont en cours de divorce, son grand père paternel est décédé depuis peu… Vous me direz qu’il n’y a rien de très «extraordinaire», que c’est même une situation plutôt triste pour ce garçon de huit ans! Sauf que son Pépé Tran… et bien, comment dire, il est toujours là! Et ce afin de veiller sur son petit-fils, qu’il considère en situation délicate… Alors il erre dans le quotidien de ce dernier ! Il squatte la télévision, joue aux échecs avec Napoléon et lui prodigue des conseils. Ce qui a pour incidence de déstabiliser son entourage: Napoléon parle beaucoup, trop «tout seul». Une consultation chez un psychologue est préconisée, celui-ci conseille à ses parents l’adoption d’un animal de compagnie. Et zou, un petit tour à la S.P.A.: chat, chien, poisson rouge, que nenni! Napoléon va choisir un iguane! Et quel iguane! Iggy est très caractériel, qui  fait des gestes obscènes à Pépé Tran… Il va y avoir du sport entre Iggy et Pépé Tran! La cohabitation ne se fera pas sans étincelles… Qui des deux gagnera le plus l’attention de Napoléon?… C’est avec plaisir que nous retrouvons les aventures amusantes de ce duo insolite. L’esprit y est toujours malicieux, le graphisme plus que sympathique. À lire et relire en attendant la Saison 3 !
Tifenn Bonnaffons, Comme dans les livres

Le Cœur-enclume
Jérôme Ruillier
Sarbacane, 16,50 €
Cet album est un petit bijou. De vérité, d’abord, car il nous montre des moments qu’on ne soupçonne pas forcément, qu’on n’a peut-être pas très envie de voir, qu’on n’arrive pas forcément à comprendre… Le plus beau jour de la vie de certains ne l’est pas forcément pour les autres. Parce que Sara est née prématurément, parce qu’elle est trisomique et que c’est le moment où le monde s’est effondré pour Jérôme et Annabelle. Parce qu’il leur faudra du temps pour encaisser tout ça, pour comprendre et pour trouver leur place, faire une place à ce petit bout dans leur cœur-enclume. Dur d’en parler; une des plus belles choses que cet album nous apporte tient au côté éminemment personnel de son histoire, mais qui parvient malgré tout à la rendre ouverte à tous, en faisant passer une grande émotion, vraie, entière… J’arrête là d’en parler, parce que l’émotion remonte vite au creux de mes yeux, et je vous invite à prendre un moment pour découvrir cette tranche de vie absolument superbe, profondément honnête et courageuse. Un grand grand merci à Jérôme Ruillier de l’avoir partagée avec nous…
Jean Pichinoty, La Soupe de l'Espace

Ticayou
Priscille Mahieu
Éric Le Brun
Petit Bonum, Milan Jeunesse, 9,50 €
À La Soupe, on n’écrit pas souvent de chroniques sur les B.D.; mais, de temps en temps, on tombe sur certaines qu’on a envie de partager un peu plus que les autres. Ticayou est un personnage créé par Priscille Mahieu et Éric Le Brun, deux grands passionnés par la paléontologie (le blog de Ticayou a été créé pour l’occasion, les enfants y apprendront pleiiiin de trucs!). La B.D. nous raconte la vie et le quotidien d’un petit garçon qui vit au temps de Cro-Magnon, et dont on suit les péripéties sur un album sans paroles à lire tout seul, destiné aux enfants à partir de 4 ans. Ticayou est un personnage espiègle, très curieux de tout ce qui l’entoure, et qui aime bien expérimenter ses découvertes. Malheureusement pour lui, il est entouré par une bande de petits lascars toujours prêts à tout pour se moquer de lui. Ce qui ne l’empêchera pas d’aller de l’avant et de continuer à s’amuser et à s’émerveiller de tout ce que lui offrent la nature et ses habitants.
C’est super bien illustré, les petites scènes s’enchaînent très bien, et on prend un vrai plaisir à suivre les aventures de ce petit Cro-Magnon. Et ce sera l’occasion d’en savoir plus sur cette période de l’histoire qui les fascine tant (et ça nous change un peu des dinosaures, pas vrai?).
Jean Pichinoty, La Soupe de l'Espace

Le Garçon du train
Hitori Nakano
Iwataru Watanabe
Traduction Nicolas Pujol
Young Taifu, Taifu Comics, 7,95 €
Alors qu’il rentrait chez lui, un jeune otaku (jeune homme qui ne vit presque que chez lui, souvent fan d’internet, de jeux vidéos) vient en aide à une jeune fille qui se fait agresser dans le train. Cette dernière, pour le remercier, lui envoie une paire de tasses de thé Hermès. Le jeune garçon va alors se confier sur un site de célibataires loosers: 2channel. Les accros de ce site vont vite se prendre de passion pour cette histoire et vont tout faire pour aider et conseiller le jeune garçon. De rendez-vous en rendez-vous, nous assistons à la transformation du garçon du train, à celle de sa relation avec la belle Hermès mais aussi à celle des autres otakus de 2channel. Une série en trois tomes très bien rythmée où l’on rit à chaque page. Les personnages sont, dans leur naïveté, très touchants et on s’attache à eux comme à leur histoire.
Coraline Donain, M’Lire

L’Île sans sourire
Enrique Fernandez
Drugstore, 13,90 €
Lorsque Milander Dean arrive sur l’île de Yulkukany, c’est un homme maussade et rude, brisé par la mort de son fils et la fuite de sa femme. La première personne qu’il rencontre est Elianor, une petite fille à l’imagination débordante et à la joie constante. Très vite, l’enfant cherche à comprendre les raisons de la tristesse du nouvel arrivant. Si Milander commence à s’attacher, sans le lui montrer, à cette petite fille étonnante, tout est bouleversé à l’annonce de la disparition en mer du père de Elianor. Dès lors, nous assistons avec Milander à un phénomène des plus étonnants qui explique les étranges agissements des habitants de l’île. Cet album est une véritable invitation à la joie, au bonheur, qui nous rappelle que, quoi qu’il arrive, il faut savoir garder l’espoir. Le graphisme alternant les couleurs chaudes et froides sert à merveille cette histoire poétique et ses personnages.
Coraline Donain, M’Lire


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