05 décembre 2008

L’Ange de Saint-Privat

L’Ange de Saint-Privat - Florian Ferrier

  • Florian Ferrier
  • Karactères, Seuil - 11 €

1868. Paris. Antoine et son ami Valentin vivent pauvrement dans un grenier. Valentin a un petit métier. Antoine, lui, peint. Bientôt admis dans l’atelier du plus grand peintre de son temps, Jean-Baptiste Gott, Antoine va l’affronter violemment. Tout les sépare car le maître, quoique talentueux, représente le classicisme abouti mais aussi l’académisme. Antoine incarne au contraire une nouvelle manière de peindre, fondée sur la force de l’expression et non sur le réalisme. L’auteur s’est inspiré de grands modèles puisqu’il cite dans sa préface Ingres, Delacroix, Klimt et Schiele. Le salon de Paris et celui des Refusés sont les seuls repères auxquels un lecteur avisé pourra se raccrocher pour tenter de deviner qui est qui. Mais Delacroix étant décédé en 1863, Ingres en 1867, Klimt étant né en 1862 et Schiele en 1890, on échoue à reconnaître des peintres ayant existé derrière ceux imaginés par Florian Ferrier. L’auteur navigue entre fiction et tableau d’un des grands affrontements ayant marqué l’histoire de l’art. Jean-Baptiste Gott peint avec passion le portrait d’une jeune fille splendide, Clémence Danrémont, mais durant la nuit le tableau se transforme et la carnation superbe du modèle, restituée avec précision et finesse par le peintre, finit par ressembler à celle d’une pièce de boucherie. Qui a osé défigurer l’œuvre ? Antoine, bien sûr, affirme le maître qui n’aime pas la peinture de son apprenti mais est suffisamment intelligent pour en deviner le talent et y voir une remise en question douloureuse de son académisme. Le doute le ronge, la folie le guette et il s’acharnera à briser le jeune artiste talentueux, en profitant de la guerre de 1870 et de ses appuis politiques.
Le scénario est original, l’intrigue intense, mais on tourne vite en rond à force de scènes réitérées où se rejouent à l’identique les affrontements entre Gott et Antoine, comme les délires nocturnes du peintre. Dommage…

Claude André, L’Autre Rive

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