26 juin 2008

«Les p’tits gros Olga n’aime pas, les grands secs si !»

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Une dame de l'édition jeunesse, Danielle Dastugue, est à l'origine de cette nouvelle collection du Rouergue que dirige Philippe Meyer. Par Madeline Roth, librairie L'Eau Vive

Julie est arrivée à L’Eau Vive un jour d’octobre avec un baladeur. Dedans, deux chansons, La Complainte du progrès, de Boris Vian, et Les goûts d’Olga, de Gérard Morel. Pendant des semaines, on a écouté ça au matin, avant même de recevoir les livres ! Les éditions du Rouergue, en partenariat avec Radio France, avaient confié à Philippe Meyer le soin de faire chanter dans les librairies…   « Une chanson », rappelle l'animateur de radio, «c’est – comme on le dit souvent – une pièce de théâtre qui dure à peine deux ou trois minutes. ». Le format idéal pour un album… D'où le principe de cette nouvelle collection : trente-deux pages laissées à l’imaginaire d’un illustrateur pour livrer à son tour sa propre partition. La prochaine fois je vous le chanterai organise ainsi la rencontre de la musique, de la voix et du pinceau. « C’est Danielle Dastuge qui a en eu l’idée. Elle écoute régulièrement l’émission, et comme elle est active, et inventive, elle a vite entrevu la possibilité et l'intérêt de ces livres-cd.» Pour chaque titre, Philippe Meyer puise dans le répertoire des auteurs compositeurs si divers et féconds, invités permanents de son cabaret radiophonique sur France Inter. «Plusieurs projets sont en cours : Shah Shah Persan de Constantin, La Vieille de Trenet, Oscar et Irma de Christine Sèvres, La Pluie fait des claquettes de Nougaro...».


 Ces titres succéderont donc aux deux premiers, La complainte du progrès, enregistrée en 1956, et Les goûts d’Olga, en 2007. En plus des univers graphiques en écho de leurs illustrateurs respectifs, Frédérique Bertrand et Lynda Corazza, il y a quelque chose de commun à ces deux livres : la fantaisie. Celle qui fait chanter deux histoires d’amours, l’une sur fond d’inventaire (« un frigidai-reu / un joli scoutai-reu / un atomixai-reu / et du Dunlopillo »), l’autre en la truffant de jeux de mots et de pirouettes (« Mais les p’tits gros Olga n’aime pas, les grands secs si »). «On publiera ainsi à chaque fois un titre "ancien", d’un auteur "établi", et un titre plus contemporain. », précise Philippe Meyer qui, pour chaque ouvrage, peindra en quelques lignes un portrait de l'auteur, et racontera le contexte de la naissance de sa chanson. «L’envie qui nous a animés dès le départ, c’est l’envie du partage. L’envie que les générations, le père, la mère, le grand frère, la grande sœur, se réunissent autour des chansons. Après, ça n’a pas d’âge. Si une chanson est vraiment réussie un enfant n’a pas besoin de tout comprendre. Grâce à l’intelligibilité des textes, tout reste ouvert… La chanson française à texte, c’est un répertoire formidable, du plus émouvant au plus drôle. »

Madeline Roth

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