09 juin 2008
Sur la pointe des pieds
- Natali Fortier
- L’Atelier du poisson soluble - 15 €
Peu de livres avant celui-ci avaient traité de la mort avec autant de force et d’émotions. Natali Fortier et l’Atelier du poisson soluble nous offrent un ouvrage remarquable par sa sensibilité et le choc qu’il provoque. Il est des sujets, surtout en jeunesse, qui se traitent habituellement avec retenue, avec distance voire avec humour. La mort en fait partie. Mort d’un animal, d’un grand-père, mort tranquille, de vieillesse : souvent la mort est apaisée et plutôt douce. Dans cet album au titre énigmatique, Sur la pointe des pieds, Natali Fortier prend le chemin inverse et ne nous ménage pas. Le choc est frontal, la mort de toute la famille dans un incendie ne peut se contenter d’un apaisement. Alors il reste l’émotion, la brutalité d’une telle injustice et cette petite fille qui se retrouve toute seule. Par un graphisme audacieux, lâché et pourtant totalement juste, par des phrases courtes, fortes et poétiques, Natali Fortier ne laisse pas le choix. Ce livre vous prend à la gorge, il vous saisit. L’émotion est intense, immédiate. Ici, pas de pleurnicheries, pas de tricheries, on est pris et on ne peut être insensible. Un ouvrage remarquable à faire découvrir au plus vite.
Simon Roguet, M’Lire
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Commentaires
Entièrement d'accord avec la chronique que vous venez d'écrire...
Je viens de lire "Sur la pointe des pieds" juste après "Prunelle de mes yeux" (trèèès éprouvant), et même (surtout ?) si le thème des deux ouvrages est d'une vraie noirceur, on se rend bien vite compte qu'on ne peut parfois pas y échapper, qu'on ne peut la masquer avec des artifices, et qu'il faut la vivre telle quelle, sans gants ni pincettes...
C'est sans doute aussi ce qui me plait dans certains des ouvrages publiés à l'Atelier : cette volonté de ne rien cacher, de ne pas tomber dans le consensus. Au risque d'ouvrir une porte ouverte, je n'ai jamais pu me résoudre à me dire que le chagrin, le malheur, quand ils nous "tombent" dessus, ne sont que fatalité, qu'on a besoin d'en passer par là pour se resaisir et aller mieux...
J'ai toujours pensé comme cette petite fille que l'on doit saisir tant que faire se peut la tristesse à pleine mains, qu'on doit la vivre pleinement pour mieux l'appréhender, la comprendre,...
C'est surement aussi pour ça que j'ai tant aimé le film "Cria Cuervos" de Carlos Saura !
(désolé pour l'aspect "je raconte ma vie", c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour m'exprimer à ce sujet...)
Ecrit par : Jean | 09 juin 2008
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