13 mai 2008
Ce que savent les morts
- Charlie Price
- Traduction Pierre Charras
- Thierry Magnier - 11 €
Quand les morts parlent.
Murray déteste son prénom, en veut à sa mère pour ça et pour bien d’autres choses. Elle le laisse souvent seul, ne fait pas beaucoup les courses et consomme beaucoup trop de drogue, d’alcool et d’hommes peu fréquentables. Le seul endroit où il se sente chez lui est le cimetière car il y retrouve ses amis et s’y sent utile. Sans nul doute Murray est un drôle de garçon… Sans compter que ses amis se trouvent six pieds sous terre.
Mi-autiste ou mi-extralucide, Murray parle aux morts et ça n’a rien d’effrayant, jusqu’au jour où une nouvelle voix l’appelle au secours. Avec l’aide de Pearl, la fille du gardien du cimetière, jeune adolescente légèrement fofolle, Murray va vaincre ses peurs et essayer d’en savoir plus sur cette voix.
Dans ce roman choral, plusieurs personnages viennent agrémenter l’intrigue. Nikki, tout d’abord, la jeune pom-pom girl disparue depuis plusieurs semaines que toute la ville et surtout l’inspecteur Gates recherchent sans relâche. Puis le gars des rues, Robert Barry Compton, employé au Taco Burger et dépendant des médicaments, arpente la ville en suivant toujours le même itinéraire, preuve de son instabilité psychologique. Cet ancien accro à l’ecstasy lui aussi entendait des voix. Et enfin Vern Billup, flic alcoolique, qui depuis un certain temps ne se rappelle plus ce qu’il a fait de ses nuits lorsque le jour se lève.
Murray et tous les autres vont évoluer dans une tension permanente jusqu’au dénouement final où chacun se retrouvera relié à Nikki, véritable point commun vers qui tout converge.
L’auteur Charlie Price et son très bon traducteur Pierre Charras nous font passer un incroyable moment autour de la mort, de la folie et de la vie quotidienne de personnages en marge. Entre policier et thriller psychologique, Ce que savent les morts contraste avec la production habituelle (surtout pour un livre jeunesse !) par sa forme originale et un ton oscillant entre humour noir et empathie qui rend chaque personnage attachant.
Céline Gauthier, Les Sandales d'Empédocle
Publié dans DERNIERES LECTURES | Lien permanent | Commentaires (0) |
|














Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.