Accueil - 25 mars 2008
Frères

- Bart Moeyaert
- Traduction Daniel Cunin
- DoAdo, Le Rouergue - 10 €
Nous voilà au cœur d’une famille ordinaire des années 60. Enfin, pas tant que ça. Elle dénombre sept enfants et plus précisément sept garçons. Par chapitres courts, le cadet de cette tribu décrit sa vie quotidienne de petit dernier de la tribu. Il se considère comme souvent injustement mis à l’écart. Ses réflexions sont irrésistibles de naïveté. Aussi, nous ne résistons pas au plaisir d’en citer quelques-unes, par exemple celle du « rien, nulle part » : « Eux qui savent toujours tout sur tout et sur partout ne savent plus rien sur rien et sur nulle part », ou encore : « Comment est-ce possible, un front pareil et pour ainsi dire pas de cervelle derrière ? ». D’autres sont universelles pour les garçons et les filles sur le départ des vacances : « Non sans mal, « papa-à-nous » case les bagages. Tout ce qui dépasse, il l’écrase ; tout ce qui gène, il l’écarte ; tout ce qui bossu, ça reste à la maison. Il rabat le coffre, colle une oreille contre pour savoir si, sous la pression, rien ne casse, mais il n’entend rien. Son visage s’éclaire. »
Quel plaisir d’avoir lu le texte de Bart Moeyaert ! Il est certes « plus » léger que les précédents publiés par les éditions du Rouergue (Nid de guêpes, Oreille d’homme et C’est l’amour que nous ne comprenons pas) mais d’une saveur exquise.
Julia Giraud, Au fil des pages
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