Accueil - 08 mars 2008
Hooligans

Stéphane Daniel est né en 1961 en Bretagne. Son premier texte, Un tag pour Lisa, est publié chez Casterman en 1993. A ce jour, il a signé une trentaine de livres chez Casterman, Magnard, Bayard, Thierry Magnier ou Rageot, où a été publié son dernier roman, Gaspard in Love. Carton noir (Magnard), lui, décrit l’univers impitoyable des hooligans avec un réalisme étonnant. [Une interview menée par Madeline Roth (librairie L'Eau Vive) et parue dans le dossier DU SPORT DANS LES LIVRES, Citrouille n°47]
L'histoire commence avec Olivier qui voulait simplement assister à un match de foot… Mais dans la tribune, c’est le corps d’un homme qui tombe à ses pieds. Et dans la main de l’homme, c’est un as de pique qui brûle. Olivier va alors être entraîné des semaines durant dans un univers dont il ne contrôle plus rien, au milieu de supporters pour lesquels le sport ne signifie pas grand chose. Rencontre avec l'auteur de ce policier au rythme essoufflant…
- Avant tout, considérez-vous que votre roman est un livre "sur le sport" ?
-Non ! En général, ce que je dis aux personnes qui souhaitent le lire, c’est que c’est un roman qui se situe dans l’environnement du sport. Ce qui m’intéressait c’était la périphérie du foot. Mais je ne parle pas du tout de ce qui se passe sur le terrain. Je parle des tribunes, des supporters, mais pas du jeu.
- Comment ce texte est-il né ? - J’étais assez fasciné par le hooliganisme, par ce détachement de violence assez inouï pour un prétexte futile. Les supporters sont soi-disant défenseurs d’une équipe, d’une nation, mais tout cela n'est que prétexte pour se défouler. Le sport est simplement leur toile de fond. Et puis c’est un thème qui a été très peu abordé par la fiction. Lorsque j’ai cherché des choses, je n’ai quasiment rien trouvé, sauf un documentaire, Parmi les hooligans, dans lequel Bill Buford raconte cet univers qu'il a étudié après s’être retrouvé au milieu de supporters dans un train. Le hooliganisme est un peu organisé comme une microsociété, avec ses propres rites, ses codes. Le roman noir est tout indiqué pour se pencher sur ces microsociétés qui fonctionnent comme les plus grandes.
- C’est un texte très documenté. Comment avez-vous travaillé ?
- Pendant deux ans, j’ai amassé beaucoup de documentation, récupérée essentiellement dans la presse. J’ai été plusieurs fois au Parc, pas très loin de la fosse aux lions… sans pour autant infiltrer un groupe de hooligans !
- Comment ce livre est-il reçu par les jeunes lecteurs ?
- Carton noir a été publié en 2001 dans une collection de policiers pour les plus jeunes, c’était peut-être une erreur. Certaines choses, les renseignements généraux par exemple, ne leur disent pas grand chose. Le roman existe aujourd'hui en grand format, pour les adolescents, et il est surtout lu par les garçons me semble-t-il. Dommage… Il peut aussi plaire aux filles en tant que roman noir.
- Est-ce un hasard si le personnage d’Olivier est moniteur de boxe ? Est-ce que vous avez voulu opposer les deux mondes ?
- Il fallait que le personnage d’Olivier soit crédible. Il devait pouvoir se défendre physiquement, et ne pas être uniquement amateur de Lamartine ! Et, oui, j’ai quand même opposé les deux pratiques. Le milieu de la boxe a une certaine éthique, que l’on ne trouve pas dans le foot.
- Votre roman a été publié la première fois en 2001. Il reste cependant d’actualité…
- Et il le restera sans doute longtemps, je le crains…
Propos recueillis par Madeline Roth, librairie L’Eau Vive
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