Accueil - 21 février 2008
Moi, Dieu Merci, qui vis ici
- Thierry Lenain, Olivier Balez
- Albin Michel Jeunesse - 13,50 €
C’est l’histoire de Dieu Merci, un Angolais qui a fui la guerre et son « pays prison » où chaque visage pouvait être celui de son bourreau. C’est l’histoire de Dieu Merci qui est arrivé ici, en France, sans papiers, sans rien ni personne. C’est l’histoire de Dieu Merci qui a secouru une vieille femme seule et trouvé un nouveau foyer. C’est l’histoire, enfin, de Dieu Merci vivant ici.
Voilà une littérature jeunesse comme on l’aime, celle qui prend parti, qui affiche la couleur, qui s’inscrit dans le bruit du monde et donne à penser aux enfants et aux grands.
La conviction et l’engagement de ses auteurs sont manifestes. Le texte de Thierry Lenain, au plus haut de son talent, est comme porté par son sujet. Il est à lire à haute voix pour entendre la révolte et l’espoir. Les images d’Oliviez Balez sont lumineuses et elles ont aussi quelque chose d’implacables. comme celle sur laquelle se referme le livre : Dieu Merci qui regarde le lecteur et semble l’interpeller, l’inviter à prendre ses responsabilités.
Un splendide album sur l’immigration, sur la fraternité aussi.
Ariane Tapinos, Comptines (lire également, à propos de cet album, la lettre de Comptines & Cie)
12:10 Publié dans DERNIERES LECTURES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Cet album est en effet très réussi tant du point de vue graphique que par son sujet. J'ai particulièrement aimé la présence d'un autre (le grand père) qui accompagne toujours dans sa solitude Dieu Merci.
Je me souviendrais toute ma vie d'un jeune homme kurde rencontré à Calais, qui était hébergé dans une famille d'accueil et qui avait perdu toute sa famille comme de nombreux migrants, il était seul. Il paraissait pourtant le plus interessé de sa classe à la rencontre avec JL Oppel, auteur jeunesse invité par la bibliothèque de Calais. Rien de désesperé dans son attitude. Au contraire, il était le plus présent du groupe, il dégageait une envie de vivre, de comprendre le monde.
Le monde n'appartient à personne, il n'a pas de frontières. Certains pays sont des prisons qu'on ne peut que fuir.
Ce livre prépare les jeunes qui sont et seront confrontés pour le meilleur ou pour le pire (les voyages,les études, le travail à l'étranger mais aussi les gens qui fuient la misère, les guerres ou les persécutions) à ce nouveau monde qui est déjà le notre. Le souffle de la vie qui n'a pas de frontière est présent dans toutes les pages, représenté par des traces. Sur la première page du livre Dieu Merci est vu de dos, il est déjà ailleurs,parti. Sur les deux dernières pages il est là, de face, en très gros plan, vivant, heureusement.
Ecrit par : gonzague | 10 mars 2008
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