05 octobre 2007
Les mots, ça m’est égal
- Mélanie Cuvelier
- Exprim’, Sarbacane - 8 €
« Dans la vie, on a beau s’étirer en ribambelles, c’est toujours la même solitude du petit personnage en papier. Faudrait être prévenu, avant d’aimer les gens. Et puis, non, sans quoi, on n’aimerait plus personne ».
Jeanne a dix-huit ans. Elle vient d’entrer dans un hôpital psychiatrique. Ce qui l’a amenée là, on ne l’apprendra qu’à la presque fin de ce texte, et c’est pour cela que l’on s’y accroche. Pour ça et l’écriture. « Ce qui console, c’est de courir aussi fort qu’on peut jusqu’à évanouir le monde ». Le texte de Mélanie Cuvelier n’a rien d’agréable. C’est un texte rêche, auquel on peut reprocher le manque de construction, fait de petites phrases sèches enfilées les unes à la suite des autres comme dans un journal intime, une
suite de douleurs, les entretiens avec les psychiatres, le suicide, la cantine. Et dans ce collier de perles, des petits bijoux de phrases se glissent, assez pour qu’on les note dans des carnets. « Tu crois tellement de choses, et tu n’as pas grandi ».
Madeline Roth, L'Eau Vive
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