Accueil - 21 septembre 2007
Échancrure
- Michel Le Bourhis
- Karactère(s), Seuil - 8,50 €
« Droite la route ». Thomas est un écorché vif, un adolescent coincé dans une tour de béton, déchiré par des sentiments sans cesse contradictoires qui, au lieu de le faire avancer, le tiennent figé au même endroit sans aucun avenir possible. « L’avenir (…). Personne n’a jamais compris que je l’aie rayé de mon dictionnaire, que j’aie même déchiré la page ». Un jour, alors qu’il s’apprête à voler un livre dans une librairie, une femme, Micheline, lui prend le livre des mains et lui achète. Cela pourrait être le début d’une belle histoire, une de celles auxquelles on a envie de croire. Mais là où d’autres auraient été tout droit, Michel Le Bourhis stoppe. Il stoppe son récit et laisse une fin ouverte, terrifiante. On pense à Jeu de Massacre, de Henri-Frédéric Blanc (Actes Sud, Babel J), pour cette virée en voiture jusqu’à la mer. « Cette nuit-là, comme une pause dans la course contre la montre. Un arrêt au stand avant de se fracasser dans les rails de la chicane. ». Le dernier roman de Michel Le Bourhis (Les yeux de Moktar, Il y a des nuits entières) n’est pas parfait. Lorsqu’il fait parler Thomas, c’est parfois un peu trop. Mais ce texte a quelque chose d’incroyablement fort dans son dénouement. Ne pas donner de leçons. Michel Le Bourhis le dit en exergue du
livre : « pas d’explications (surtout pas !), pas de jugement ni de caution : une trajectoire, simplement. » Il faut lire Echancrure exactement comme cela : un beau, très beau portrait d’adolescent.
Madeline Roth, L'Eau Vive
Accueil 06:15 Publié dans DERNIERES LECTURES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Je suis en train de le lire et je trouve cela très prenant.
Ecrit par : clochette | 19 avril 2008
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