31 août 2007

à petits pas (chronique d'été n°27)

01e26442deedb0c9267444566192a6c3.jpgMercredi soir. Je suis en avance, devant le cinéma. J'ai trois livres dans mon grand sac. J'en sors un. A corps et à cris, Etre psychanalyste avec les tout-petits, de Caroline Eliachef. C'est un livre qui s'appuie sur des études de cas, des vies bien réelles donc, maltraitées dès les premiers jours d'existence. Et dans les mots de ce médecin, qui parle à la première personne, je reconnais quelque chose de moi, de cette mise en danger quotidienne qu'est l'écriture du quotidien, la mise à nu comme tu dis, l'intime qu'on choisit de donner. Et je sais la tristesse de laisser ça là, aujourd'hui.

Il n'y avait rien de fou, il y a un mois maintenant, à comparer l'amour pour mon fils et l'amour des livres. Je n'ai pas deux vies, une que je laisse à l'entrée de la librairie quand j'arrive et une autre que je retrouverais le soir en refermant la grille. J'ai une vie où les mots, les mots lus, les mots écrits, prennent autant de place que les choses dites ou reçues. Je sais ça depuis longtemps. Qu'il faut exister dans l'instant. Qu'il faut avancer comme ça, à petits pas, une jambe après l'autre, un livre après l'autre.

Noé rentre demain de vacances.
J'ai plein d'histoires à lui raconter.

Madeline Roth, L'eau vive

(l'image est de Hervé Tullet)

Publié dans CHRONIQUES DE MADELINE ROTH | Lien permanent | Commentaires (2) | |

Commentaires

tristesse partagée, aujourd'hui...

Ecrit par : sophiegda | 31 août 2007

merci Madeline de ces délicieuses chroniques, fraîches et nostalgiques, qui nous font tellement sentir ce qu'est le rapport au livre.
j'y découvre vraiment le métier de libraire, (de plus en plus rare malheureusement..) passeur de tant de mots et d'émotion, inventeur de liens nouveaux.
bonne rentrée !

Ecrit par : catherine leblanc | 31 août 2007

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