27 août 2007
une bouteille à la mer (chronique d'été n°23)
J'ai reçu tout à l'heure un message de Stéphane Servant, suite à ma note sur Coeur d'Alice. Ça tombait bien, parce que je ne savais pas quoi dire, aujourd'hui. J'en recopie un bout :"Dès lors comment trouver les mots? Les mots justes. Ceux qui diront sans expliquer. Ceux qui viendront réveiller la curiosité. Ceux qui viendront secouer les habitudes. Coeur d'Alice n'est pas un livre évident. J'ai moi-même du mal à en parler. Comme vous le dites, Alice s'attache avant tout à la vie. Et le fauteuil roulant en fait partie. Au même titre que l'amour, la peine ou les fourmis.
Je fais confiance aux lecteurs pour retrouver cette vérité dans l'album, pour se l'approprier, et pour faire briller tout ce qui peut briller dans ce texte, malgré tout.
Enfin, je pense sincèrement qu'un livre finit toujours pas trouver son lecteur. Même si l'intention première était de célébrer une naissance ou un anniversaire, même si un mot sur une couverture suffit, même si le livre se fait prétexte, j'en suis sûr : un jour il sera lu. Un jour il aura trouvé sa raison d'être. Et un jour il prendra tout son sens.
C'est drôle. C'est un peu comme une bouteille à la mer, non?"
Oui, je pense que c'est ça. Surtout que des bouteilles à la mer, il y en a six mille nouvelles par an, rien qu'en littérature jeunesse. Des années après, j'ai encore dans ma tête des passages entiers de romans jeunesse qui m'avaient marqué, que j'avais recopié dans un cahier. J'ai déjà écrit ça, mais je crois vraiment que la fierté d'un auteur, d'un éditeur, d'un libraire, d'un bibliothécaire, elle est de faire qu'un livre rencontre un lecteur. Et je ne sais rien de plus beau que les conversations qui commencent par "tu as lu ce livre ?".
Madeline Roth, L'eau vive
(l'image, c'est la couverture d'un album qui doit paraître ces jours-ci et que j'attends, vraiment)
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Commentaires
il y a au moins six mille bouteilles à la mer... et combien ne seront jamais repêchées ? devenues à jamais épaves de papier.
il y a l'eau vive, on dirait la SSLM : Société de Sauvetages Littéraires en Mer.
on dit "tu as lu ce livre ?", mais peut-on dire : "tu as bu ce livre ?"
Écrit par : sophiegda | 27 août 2007
"Et je ne sais rien de plus beau que les conversations qui commencent par "tu as lu ce livre ?"."
J'adooore ces conversations. Je les appelle les "conversations ping-pong", parce que ça amène d'autres "tu as lu...", et des "ah mais oui, tu te souviens de...", "non tu connais pas!!! ah ben je te le conseille 1000 fois...", bref, des conversations de passionnés!
Et moi aussi, je l'attends impatiemment le Mercredi à la librairie!!!
Écrit par : Gawou | 28 août 2007
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