25 août 2007
juste ça, dans une journée (chronique d'été n°21)
Septembre est bientôt là et je sais que chaque année, la fin du mois d'août ressemble un peu à l'attente dans les vestiaires, cette espèce d'envie, de peur, de fatigue aussi, comme si jusqu'à décembre on n'allait pas souffler du tout, pas lever le nez des livres qui arrivent par centaines dans des cartons sur des palettes. Romain déballe une très grosse commande de l'Ecole des Loisirs et entre deux réceptions j'entends les bruits du marteau en réserve. Il fait encore chaud, et il y a du monde, de moins en moins de vacanciers et de plus en plus d'enseignants, on revoit des visages oubliés par l'été et on prépare des commandes de Noël.
J'essaie de faire des retours, mais je les fais au compte-goutte, je butine, j'ignore si c'est le bon mot mais l'autre ne me vient pas. Le livre d'Olivier Adam est plus noir que jamais. Hier j'ai parlé longtemps à quelqu'un du Photographe. Parfois, lorsque je parle de plusieurs livres, j'en glisse un au milieu, plus difficile que les autres, souvent noir. Je laisse la personne avec les livres, décider. Hier, Le Photographe était en concurrence avec Voutch. La dame a finalement pris les trois tomes du Photographe. Ça, juste ça. J'ai juste besoin de ça, dans une journée.
Madeline Roth, L'eau vive
Publié dans CHRONIQUES DE MADELINE ROTH | Lien permanent | Commentaires (0) |
|














Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.