01 août 2007

l'enfant et les livres (chronique n°1 d'été)

3c1f08b38de92ee4cfa9d43bf64019c0.jpgCe soir je ferme la librairie toute seule. Cela m'arrive de moins en moins souvent depuis que Noé est né. Je compte la caisse, éteins les ordinateurs, éteins les lumières, ferme à clef. Je fais tout ça lentement, dans le silence, et j'ai l'impression de refermer la porte de la chambre de mon enfant, l'idée qu'on confie à la nuit tout l'amour que l'on a donné dans une journée, enfermé pour quelques heures dans le corps d'un enfant qui dort ou au milieu des pages des livres qui sont restés sur les étagères. Oui, je crois que c'est le même amour, je crois que je ne sais pas donner peu, donner moins.

Madeline Roth, L'eau vive 

Commentaires

ooohh ! l'amour en marque-page ! c'est peut-être pour ça, que certains livres, on veut les serrer tout contre soi, avant même de les ouvrir. ou alors une fois qu'on les referme, tout doucement. pour pas qu'il refroidisse, cet amour-là...

Écrit par : sophiegda | 03 août 2007

En premier j'ai pensé : celle qui écrit ça est une femme excessive. On ne ferme pas la porte d'une librairie comme on le ferait pour la chambre de son enfant. Puis j'ai pensé : celle qui écrit ça est mère aussi et ce qu'elle compare, elle l'éprouve chaque soir.
Elle ne sait pas donner peu et ça se lit à chaque ligne. Cela s'appelle littérature. Il n'y a pas d'autre mot pour ce qu'elle donne. Et c'est bien son métier qui veut ça, celui de mère, celui de libraire, elle est donneuse de littérature.

Écrit par : Tieri Briet | 04 août 2007

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