31 mai 2007
Tout doit disparaître
- Mikaël Ollivier
- Romans, Thierry Magnier - 8,50 €
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Professeurs de collège dans le Nord de la France, les parents de Hugo ont obtenu une affectation de quatre ans à Mayotte. À peine sorti de l’école primaire, le garçon appréhende cette vie nouvelle à « l’autre bout du monde ». Et le choc est rude en effet : la chaleur, l’humidité, le spectacle de la misère et de la saleté, la différence des mœurs, la suffisance des Métropolitains, mais aussi les plaisirs de la plongée sous-marine… Hugo réussit progressivement à s’y acclimater, à défaut de réellement s’intégrer (il n’a que trop conscience de n’être que de passage). En classe de troisième, sa découverte de l’amour avec une jeune Mahoraise va précipiter la fin de son séjour à Mayotte : lorsque ses parents apprennent que la jeune fille est enceinte, ils renvoient Hugo en France chez ses grands-parents, en plein milieu de l’année scolaire. Bien que le garçon n’ait jamais vraiment apprécié la vie sur l’île, cette expérience a bouleversé sa perception du monde et des êtres ; le retour en Métropole lui est particulièrement douloureux. Désormais, la société de consommation lui est insupportable : l’affligeante frénésie des soldes, l’invasion quotidienne des publicités, la dictature des modes, le culte futile voué aux marques, l’étalage indécent du superflu… tout l’écœure et l’afflige. D’autant que c’est avec délices que les parents du garçon se vautrent dès leur retour dans ce « bonheur » retrouvé de la consommation. Un fossé s’est creusé entre Hugo et sa famille (« des petits-bourgeois minables ») ainsi que les adolescents de son âge. La correspondance que le garçon poursuit avec la documentaliste de Mayotte, les livres que celle-ci lui fait découvrir et, bientôt, ses recherches sur Internet lui permettent de mettre des mots sur ce qu’il a commencé à ressentir et à penser confusément. Un jour, il s’éprend d’une jeune « casseuse de pub » et décide de la suivre dans ses actions militantes.
Une fois de plus, Mikaël Ollivier se montre un talentueux « raconteur d’histoires ». S’il a pu arriver malgré tout que certains de ses récits manquent de substance ou bien semblent inaboutis, le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le cas ici : les interrogations sur le monde et le sens de la vie, l’amour, la remise en cause de soi et des sociétés occidentales, l’engagement politique et le courage de traduire en actes ses convictions… tout naïf et maladroit que puisse sembler aux yeux d’un adulte blasé l’éveil du jeune Hugo, j’avoue avoir été particulièrement touché par ce roman. Et c’est tout à l’honneur de Mikaël Ollivier d’avoir réussi à ne pas verser dans un didactisme qui aurait pu devenir vite pesant, vu les thèmes abordés. Car ce qui guide Hugo, bien au-delà des idées et des credo altermondialistes, n’est finalement rien d’autre que l’aspiration à vivre en homme libre. Une lecture roborative, à recommander aux adolescents.
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15:45 Publié dans DERNIERES LECTURES, LIVRES EN DÉBAT | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
















Commentaires
Un voyage à Mayotte et le rejet de la société de consommation, ça ne suffit pas pour faire un bon livre ! Comportements et points de vue des personnages sont sans surprise, sans nuance et sans évolution. Hugo n'a que 12 ans. Il regarde le monde comme le ferait un adulte (oeil de l'auteur) ! Et en plus il reste en suspens avec ses questions. L'auteur nous avait donné des textes plus subtils !
Ecrit par : VM Lombard | 31 mai 2007
VM Lombard,
D’accord avec vous pour reconnaître qu’il ne s’agit pas là du meilleur roman de Mikaël Ollivier (« Jack est là » avait placé la barre très haut). Que vous n’aimiez pas ce livre est une chose. Je trouve néanmoins votre commentaire expéditif. Tout d’abord, le personnage est âgé de onze ans au début du roman et l’histoire se déroule sur cinq ans. Il s’agit qui plus est d’un flash-back par un garçon de seize ans – c’est enfoncer des portes ouvertes que de rappeler qu’on ne relit guère son passé qu’en fonction du présent. Pour ma part, je trouve au contraire que le regard que Hugo porte sur le monde est bien celui d’un adolescent, que la maladresse et les excès du personnage sonnent juste. Le manque de subtilité que vous reprochez au récit n’est-il pas justement celui des premières convictions à l’emporte pièce ? Il me semble ici que c’est vous-même, plutôt que Mikaël Ollivier, qui confondez auteur et personnage. Enfin, répondre aux questions en suspens pour le personnage, n’aurait-ce pas été pour l’auteur manquer de subtilité, justement ?
Ecrit par : Thomas Savary | 31 mai 2007
Il y a ici :
http://www.altersexualite.com/spip.php?article245
une critique intéressante sur ce livre.
Ecrit par : Rob | 02 juin 2007
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