15 février 2007
« Le Blanc parle, le Jaune sourit, le Noir rit »… - Un article de Jean Perrot
Pas si loin le racisme !
Africains et Asiatiques dans la littérature de jeunesse de l’entre-deux-guerres d’Alexandra de Lassus (L’Harmattan, 2006)
Il est des livres qu’on aurait voulu écrire. Celui d’Alexandra de Lassus est de ceux-là. Non seulement parce qu’il est rédigé dans une langue claire et élégante, et dans un déploiement logique rigoureux, mais surtout parce qu’il traite de faits culturels qui ont pesé sur nos parents, indirectement sur notre jeunesse et qui ont certainement encore des incidences sur les comportements et pensées d’aujourd’hui. L’historienne rejoint ici l’anthropologue et, sans jouer aux moralistes, sait nuancer un propos littéraire délicat. A ceux qui la liront, je demande de bien surveiller leur lecture et de voir à quel moment ils ont envie de sourire, à quel instant aussi ils seront pris d’indignation. Car le racisme et les séquelles du colonialisme ne sont pas caducs et sont susceptibles de refaire surface dans notre langage, nos fantasmes et nos attitudes qui portent l’inconscient du groupe, avec lequel nous ne sommes jamais certains d’avoir pris nos distances.
«Le Blanc parle, le Jaune sourit, le Noir rit». C’est par cet aphorisme représentatif de Paul Morand qui le formule dans Paris-Tombouctou (1928) (et déjà, vous souriez ou vous riez ?) que s’ouvre une réflexion qui porte sur la période de l’entre-deux-guerres de 1918 à 1939. Le sous-entendu des stéréotypes réducteurs demande à être révélé et c’est à une vaste enquête concernant les formes de «l’exaltation coloniale » qui a marqué « l’apogée du thème impérial » sous la Troisième République que s’attache Alexandra de Lassus dans son étude.
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12:20 Publié dans JEAN PERROT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















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