04 janvier 2007

dernières lectures des libraires

medium_365p.jpg365 pingouins
Jean-Luc Fromental, Joëlle Jolivet
Naïve – 15 €

365 pingouins est assurément l’un des albums les plus innovants de ces derniers mois. A la fois graphique, pédagogique mais avant tout ludique, cet album géant ne ressemble vraiment à rien.
Chaque jour de l’année, chaque matin, un livreur sonne à la porte avec un colis. A chaque fois, dedans, un pingouin et un petit mot. Un, puis dix, puis cent… le nombre augmente et personne ne sait d’où viennent ces mystérieux pingouins. Evidemment, ce n’est pas sans poser de problèmes à la maison. Problèmes sanitaires mais aussi problèmes mathématiques : à compter d’un pingouin par jour, combien y aura-t-il de pingouins au 10 avril ? si chaque pingouin mange 2,5 kg de poisson par jour, à 3 € le kilo, combien faudra-t-il de kilos de poissons pour nourrir 100 pingouins ? Et puis arrive le 31 décembre, il y a bien 365 pingouins à la maison. Une dernière surprise attend la famille…
Cet album est remarquable à tout point. Outre l’aspect pédagogique, c’est surtout un album extrêmement drôle et très bien illustré. Pour cela, Joëlle Jolivet utilise un style très épuré qui se prête parfaitement à l’histoire. La narration est très proche de la bande dessinée, avec l’utilisation du dialogue direct (qui pourrait être en bulles). Les couleurs, limitées, posées en aplat, apportent de l’efficacité dans la narration. Cela donne en plus un petit côté rétro très réussi. Le texte de J.L. Fromental est également très réussi. Très drôle par moments, pas du tout ennuyeux quand il se veut un peu pédagogique ou écolo, cette histoire parvient à rester légère et humoristique tout en n’étant pas futile.
Simon Roguet, M’Lire

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Le grand fariboleur

Marie-Sabine Roger, Arno
Sarbacane – 14,90 €


La couverture, superbe illustration d’Arno, donne envie d’ouvrir cet album. On y voit un homme emmitouflé dans un manteau de couleurs et de tissus qui tient un fil d’or. Quelques étoiles ça et là évoquent la magie. Tout est dit !
Ce livre nous offre un peu de magie, tout simplement. Des couleurs vives utilisées par Arno au texte poétique de Marie-Sabine Roger, tout est mis en place pour faire rêver l’enfant – et l’adulte - qui le lira.
Le personnage de la couverture est en fait le Grand Fariboleur, un personnage qui nous rappelle les anciens dans les contes, un peu rêveurs, mais maîtres de la sagesse de ce monde. Ce vieil homme récolte les fariboles, les pelures des rêves d’enfants qui s’éparpillent dans les chambres d’enfant. Grâce à ses talents, il les réutilise, les assemble et crée des tissus, des oreillers qui réchaufferont le cœur et les rêves des enfants tristes. Bientôt il recouvrira même tous les murs sombres, tout le béton triste de la ville…
Les deux auteurs de cet album ont réussi à réunir le rêve et la poésie. On peut assurément passer des heures à feuilleter ses pages et découvrir, pas à pas, toute la beauté qui en ressort. L’illustration d’Arno est lumineuse, mélange de collages de papiers, de vieilles tapisseries et de peinture. C’est sans doute son album le plus abouti à ce jour. Le texte de Marie-Sabine Roger est comme d’habitude impeccable et on sent vraiment qu’elle s’est fait plaisir dans l’écriture ce conte. C’est en tout cas un réel plaisir de le lire.
Simon Roguet, M’Lire

medium_jenesuispas.jpgJe ne suis pas comme les autres
Janik Coat
Editions MeMo – 14 €


Un imagier vraiment pas comme les autres avec des formes et des couleurs qui rappellent le design des années 70. Un imagier animalier vraiment pas comme les autres tellement il est poétique, surprenant et étonnant, chic et chou… Un imagier animalier sur les différences et les spécificités, sur les caractéristiques et les particularités… histoire que chaque enfant devienne un enfant vraiment pas comme les autres…
Cécile, Le Préau

medium_revesaufd.jpegDes rêves au fond des fleurs
Magali Thuillier, Anah Merlet
Le farfadet bleu, l’idée bleue – 9 €


« jours bénis font vibrer rires avec hiver », des petits blocs de quatre ou cinq lignes avec les mots qui se donnent la main, sans ponctuation, le blanc de la page laisse la place aux rêves, ça ressemble à la campagne, aux premiers amours peut-être, ça ressemble au tourment, aux tempêtes que l’amour dans le cœur balaye. Anah Merlet a planté des moulins à vent et ses radis sont en forme de cœur. Ses illustrations se mangent aussi doucement que les mots de Magali Thuillier se boivent, un flot de mots qui dessine les sentiments ou qui les esquisse, juste.
Madeline Roth, L’eau vive

medium_miche.jpgMiche et Drate, paroles blanches
Gérald Chevrolet
Editions Théâtrales jeunesse – 7 €


A la fin du texte, Gérald Chevrolet raconte la naissance de Miche et Drate, et comme beaucoup de récits de naissance, il vient éclairer ces deux personnages et leur donner une épaisseur supplémentaire qui nous les fait aimer encore plus. Miche et Drate, ce sont « les deux parties du cerveau qui dialoguent au bord du monde » et si Miche est le rond, l’harmonie, Drate est le carré et l’instinct. En vingt-quatre petites, très petites histoires puisqu’elles tiennent toutes sur deux pages, Miche et Drate inventent, questionnent, dessinent des réponses, qui amènent d’autres questions. Petit manuel de sagesse utile à tous. Vingt-quatre dialogues pour dire vingt-quatre fois qu’il est toujours bon d’interroger le monde.
Madeline Roth, L’eau vive

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