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Accueil - 18 octobre 2006

Les 25 ans de la loi sur le prix unique du livre

1981… Pour soutenir une création de qualité riche et variée, il fallait maintenir et améliorer un réseau de librairies qui ait les mêmes qualités. La loi sur le prix unique du livre avait cette ambition. Le réseau des librairies spécialisées pour la jeunesse  a d’ailleurs pris son essor dans ces années là. Favorable à cette mesure qui nous permettait de nous battre contre des réseaux ou des chaînes beaucoup mieux armées financièrement, nous nous sommes regroupés pour faire connaître la spécificité de notre travail et demander aux éditeurs de  le rétribuer correctement. La majorité  d’entre eux a bien voulu nous écouter et satisfaire notre demande. Il faut savoir que l’éditeur  fixe le prix de vente du livre et détermine (lui ou son diffuseur) la remise accordée au libraire. Nous avons ainsi réussi à ce que la remise "qualitative" prédomine sur la remise "quantitative". Vingt-cinq ans après notre réseau est toujours là, preuve que cette loi était bonne (quant on voit l’évolution de la condition des disquaires !), et que notre réseau est de qualité. Certes, le pouvoir de l’argent arrive à reprendre le dessus.… Chaînes de grandes surfaces spécialisées dans les produits culturels  et Internet se développent et réduisent nos parts de marché. Mais nous sommes confiants dans l’avenir et croyons au travail des librairies indépendantes, dont les libraires  choisissent les livres qu’ils ont envie de défendre et  proposent une offre variée  à partir d’un fonds qu’ils maintiennent et de nouveautés qu’ils sélectionnent  - et ce sur l’ensemble de nos régions. Pour que cela dure, il suffit que les éditeurs continuent à nous proposer des ouvrages de qualité qui nourrissent l’esprit -  sans rechercher systématiquement les best-sellers - et qu’ils rémunèrent ces libraires pour le travail fourni et non sur des critères de chiffres d’affaires…  Cela dépend aussi de nos clients qui doivent garder leur appétit de curiosité,  leur désir d’imagination  et leur soif de diversité. Nous leur faisons confiance !

Jean-François Sourdais, librairie L’Eau vive

 

Commentaires

D'accord et c'est tres bien, mais cette remise aux consommateurs bloquée à 5%,ne s'applique qu'aux nouveautés" n'est ce pas ?
quelle est la définition des nouveautés ? combien de temps un livre est il considéré comme nouveau ?
et comment se fait il qu'on trouve sur internet des ouvrages tres récents et bradés ?

Ecrit par : VS | 28 décembre 2007

Bonjour à VS ci-dessus à qui je réponds. Alors, il faut bien comprendre que cette remise maximale de 5% aux consommateurs ne s'applique pas qu'aux seules nouveautés. Tous les livres que vous pouvez acheter neufs s'ils sont disponibles, quel que soit leur "âge", ne peuvent être légalement vendus qu'au prix public fixé par l'éditeur, avec éventuellement une remise maximale de 5% appliquée ou non par la librairie ou le point de vente (parfois cette remise est directe, parfois elle s'applique par le biais d'une carte de fidélité). Cette règle d'or (qui a préservé la librairie indépendante tandis que les disquaires disparaissaient) s'imposent à TOUS les revendeurs de livres, qu'il s'agisse du plus petit libraire de France ou de la FNAC ou d'Amazon-France pour la vente en ligne, etc. Ce "prix public éditeur", référence de base, est parfois revu par l'éditeur (la grille de prix des livres au format poche est notamment réactualisée chaque année par leurs éditeurs, mais les variations de prix ne sont pas systématiques).

Ainsi, la question de la notion de "nouveauté" ne se pose pas en ce qui concerne le prix du livre ou les remises possibles. La seule question qui se pose est de savoir si vous achetez un livre neuf ou d'occasion. "D'occasion" signifie que vous l'achetez alors qu'il est déjà passé entre les mains d'un particulier auparavant qui l'a acheté neuf dans les conditions de la loi Lang ; l'état de ce livre peut donc être variable ("comme neuf" ou très usagé..., sans garantie préalable si vous achetez sur le net). Et là, plus aucune règle de prix ni de remise ne s'applique ; c'est juste le jeu de l'offre et de la demande. Il existe des règles spécifiques régissant les ventes de livres d'occasion (un libraire vendant des livres d'occasion doit notamment être enregistré comme tel auprès de sa préfecture), mais il est inutile d'entrer dans les détails.

Alors, comment est-il possible de trouver des livres très récents vendus à un prix inférieur à son prix éditeur moins 5 % ? En fait, que ce soit chez un libraire de livres d'occasion ou sur internet, vous pouvez très bien trouver la proposition de quelqu'un revendant un livre qu'il vient d'acheter (au prix LEGAL selon la loi Lang) et de lire mais qu'il ne souhaite pas garder. Dès le lendemain d'une mise en vente, pourquoi pas. Il se murmure même que certains critiques littéraires indélicats se débarrassent de leurs services de presse reçus gracieusement en les refourgant sur le marché de l'occasion, parfois même avant leur mise en vente, pure escroquerie ! Un revendeur de livres (un bouquiniste, ou un vendeur sur internet) qui tenterait de faire passer comme livre d'occasion (pour le vendre moins cher) un livre neuf qu'il aurait en réalité acquis auprès de l'éditeur en tant que "libraire" serait évidemment passible des tribunaux.

Toutes ces considérations paraissent bien sèches et mercantiles. Dans la réalité, elles permettent chaque jour que perdure, tant bien que mal, une véritable variété éditoriale en France, gage potentiel d'originalité et de qualité, ce qui a été mis à mal dans bien des pays occidentaux. Les grandes entreprises et groupes financiers qui lorgnent le marché du livre en tant que source possible de profits voient dans cette loi à juste titre un obstacle à leur avidité sur fond de libéralisme sauvage, ce qui explique les luttes constantes du Syndicat de la Librairie Française pour contrer les tentatives illégales de frais de port gratuits par les revendeurs en ligne ou d'autres astuces qui visent à contourner cette fameuse loi Lang.

Voilà. J'espère que je ne vous ai pas semblé trop assommant avec tout cela. Au quotidien, nous autres petits libraires sommes d'abord et avant tout des passionnés de livres et d'histoires ! Nous espérons juste le rester longtemps encore pour partager cette passion avec les jeunes et moins jeunes lecteurs fréquentant nos librairies :-) ...

Ecrit par : Olivier ANSELM (Librairie Voyelles - Les Sables d'Olonne) | 29 décembre 2007

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