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Accueil - 17 octobre 2006

Les lectures de Sitartmag.com

medium_cathrine7.jpgNous ne grandirons pas ensemble
collection Neuf
L'Ecole des Loisirs, 2006
à partir de 11 ans

 L’éditeur a jugé bon d’avertir le futur lecteur (et éventuellement ses parents…), chose suffisamment rare pour être remarquée : le roman contient en effet « des scènes moralement douteuses » et « nécessite (…) un accompagnement parental » car on y parle « d’amour et de déménagement, de vacances à la mer et de baisers sur la bouche. » Un avertissement résolument parodique qui souligne en réalité qu’on ne trouvera là rien de répréhensible ou de condamnable, que les « prescripteurs » pourront laisser en toute quiétude ce livre entre de jeunes mains innocentes… mais la présence de cet avertissement indique en filigrane un certain souci de clarification, face à des adultes qui se montrent parfois trop vigilants (quoique animés d’un désir de bien faire), jugeant que telle ou telle lecture ne serait pas convenable, ou pourrait bouleverser de jeunes âmes en pleine maturation.

Ce court roman aurait dû figurer dans la collection Medium car il s’adresse davantage à de jeunes adolescents (et plus) qu’à des lecteurs de 8-10 ans (cible première de la collection Neuf) – non pas à cause de « scènes moralement douteuses », mais plutôt pour la complexité du texte, de la construction narrative et des sentiments ambivalents du jeune narrateur, à la fois naïf et très mature, et dont la lucidité n’a d’égal que l’amusante insolence, la détermination et un profond désir de grandir vite, trop vite peut-être. Lire la suite

medium_florient3.jpg Danseurs de lumière
de Frédérique Lorient
Illustration de couverture Philippe Munch.
Mango, Autres mondes, 2006
à partir de 13-14 ans

Imaginez une Terre malade et envahie de poulpes dont on sait seulement qu’ils proviennent de la planète Médusa. Ces poulpes appelés Meds par les Terriens méfiants sont combattus par des navettes kamikazes dans lesquelles sont enrôlés de force de jeunes délinquants jugés irrécupérables pour la société. On dit avec un cynisme parfait qu’ils ont là une chance magnifique de racheter leurs erreurs ! Mourir pour sauver la planète ! Quelle belle fin pour de la "racaille" !
Le jeune Triss est l’un de ceux-là, condamné à la mort pour un vol de livres... embarqué pour un voyage sans retour au milieu d’autres compagnons d’infortune.
   
Pourtant, cela ne se passe pas comme prévu : les Meds ne sont pas atteints par les attaques terriennes, les jeunes « volontaires » ne meurent pas non plus. Tristan et ses compagnons se retrouvent vivants au centre de bulles entourées d’eau et rejoignent d’autres jeunes envoyés à la mort lors des expéditions précédentes. Personne ne sait ce qui se passe et pourquoi on est enfermé ainsi. La petite communauté qui vit en vase clos supporte mal cet enfermement et cette promiscuité, et des tensions ont lieu entre les partisans de la force brute et de la loi du plus fort et les adeptes de relations plus humaines et respectueuses, dont Triss se fait bientôt le porte-drapeau. Autour de la bulle, les Meds veillent, tous identiques en apparence, translucides mais énigmatiques geôliers. Lire la suite

 

medium_ilerose1.jpgL’Ile rose
de Charles Vildrac

Thierry Magnier / La Joie par les livres, 2006

Publié en 1924, ce livre a été sélectionné par La Joie par les livres et réédité aujourd’hui pour notre plus grand plaisir. Plaisir d’adultes, tout d’abord, de pouvoir lire ce premier livre de Charles Vildrac écrit pour les enfants et de retrouver le style de l’auteur et celui de son époque : les dialogues entre enfants sont savoureux et rappellent certains films réalistes. Mais un autre plaisir de lecture sera partagé sans doute plus largement : à travers L’Ile rose, on découvre une belle utopie.
Le héros de l’histoire, Fernand (appelé Tifernand), échappe à la misère, à la quotidienneté, à une école austère et à un maître haï en accompagnant l’homme qu’il appelle “ l’enchanteur ” sur une île où vivent de nombreux autres jeunes garçons, tous amenés là par cet homme mystérieux. Ce pourrait être une version moderne du joueur de flûte de Hamelin, ou pire, une histoire sordide de “ voleur d’enfants ”. Ici, c’est un beau rêve, une utopie, qui se réalise : les adultes ne veulent que le bonheur des enfants, l’école est un plaisir et est faite pour l’épanouissement ; on écrit des mots “ avec plaisir et avec soin sur son cahier parce qu’ils rappellent des bons moments ”, on fait “ une dictée sans s’en apercevoir, presque en jouant ”. La nature est accueillante et offre des plaisirs variés, des découvertes infinies pour le petit citadin… Lire la suite

 

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Le Photographe
de Mano Gentil
Syros 2006

Bourreau de père en fils - Un livre décapant sur un thème trop peu souvent abordé, voire jamais. L’auteur réussit un portrait qui interroge et questionne tout autant qu’il répond.Le photographe dont il s’agit ici est d’une tout autre nature qu’un photographe, d’où la surprise du lecteur qui ferait l’achat de ce roman pour son titre où pour la superbe couverture de JF. Martin ! La définition proposée en exergue est la suivante : « Le photographe est le membre de l’équipe qui se tient du côté tête de la guillotine. Il réceptionne le « client » en passant les bras entre les deux montants de la machine, opération éminemment périlleuse… De sa place, il voit arriver le condamné à travers « l’objectif » que constitue la lunette»… En préambule, il s’avère utile de rappeler que la peine de mort n’a été abolie en France que le 9 octobre 1981, par Robert Badinter.Dans le contexte des années 1970, Monsieur Humbert exerce à la fois le métier de commercial, dans le cuir, et celui de « photographe », au rythme des exécutions. L’utilisation de la première personne intériorise le récit, donnant un aspect intimiste à l’ensemble. Lire la suite

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